Vous êtes le 232226 ème visiteurs

NOUVEAU LIVRE !

ÂPRE EST LE MARATHON,
SATIRE DE PARTOUT

 

COURIR À PERDRE LA RAISON

 

ULTRA RUNNING MAN
 

 

LES ETATS D'AME D'UN COUREUR POETE

 

LA RAGE DE COURIR
 

Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


SwissPeaks 2021, 367 km non-stop entre Oberwald et le Bouveret par les cols et fonds de vallées, du Glacier au Léman

SwissPeaks 360, édition de 2021. Mon retour pour une 2ème tentative que j’espère à nouveau réussie. J’étais assez nerveux ces derniers jours. L’endormissement perturbé à me refaire le parcours avec les différents points de ravitaillements, les passages de cols, les passages difficiles et techniques. Refaire mon tempo horaire pour essayer de gagner du temps au début sans aller plus vite pour autant, pour essayer de passer de jour la partie Grand-Désert, Col de Louvie, qui reste ma hantise. Cette descente dans la nuit avec du précipice sur notre gauche, le passage des gros blocs de rochers à plusieurs endroits fait pour se briser les os en cas de chute. Du reste ça sentait la charogne et effectivement je découvre une patte d’ongulé avec la dernière partie de la jambe. Bref, l’endormissement va se faire une fois que je me dis, là c’est ok, je crois que je suis au point dans la préparation et que tout paraît sous contrôle et le nécessaire est effectué.
Dimanche matin 29 août, petit déjeuner bien garni au programme. Je mange un petit encas, miche-chocolat peu avant le départ à 12 h sur la route principale d’Oberwald. Les sommets sont un peu saupoudrés de neige. Je suis aux avant-postes pour pouvoir être plus vite à l’aise et ne pas subir le rythme des autres. J’estime aussi être à ma place avec le résultat effectué en 2019, 17ème final, 15ème homme, 1er de ma catégorie.

Cela part bien assez vite mais je ne suis pas trop cette euphorie trop longtemps. Je me calme pour ne pas être trop essoufflé. Je m’amuse à descendre rapidement jusqu’à Ulrichen, au premier ravitaillement. Depuis Reckingen, lieu du 2ème ravito au 27ème km, je suis content de suivre un nouveau tracé plus joli dans une pente boisée. Cela nous fait monter plus haut et effectuer davantage de petites arêtes successives. Un passage aérien en descente me tétanise un peu. J’ai redépassé Adrien Schlüchter dans cette montée. Il m’a dépassé à une allure nettement plus rapide avant Reckingen, 4 km auparavant. Le plateau en légère pente du Chumehorn direction Chäserstatt ne me convient pas, c’est herbeux avec plein de trous et cela me fatigue rapidement avec mon pied droit à davantage lever pour ne pas m’encoubler. Kurt Nadler et Yvonick Chédel me rattrape dans le début de descente sur Chäserstatt. Je vais les revoir souvent, avec Kurt, on n’est souvent pas loin de l’autre en compétition.

A la première base de vie, à Fiesch, au 50.9ème km, nous retrouvons notre sac suiveur et nous devons intégrer à notre équipement de course, une veste Doudoune car de grands froids nocturnes sont annoncés. Je mange en compagnie de Kurt et Yvonick. Arrivés après eux, je repars avant. J’essaie d’être assez rapide aux ravitaillements. Plusieurs vont le constater et m’en parler. C’est toujours ça de gagné.
Au hameau après Fiesch, je pars à gauche à un carrefour, à la montée ne voyant pas de balisage et aucune flèche de marquage au sol. Au loin, ça brille grâce au faisceau de ma frontale. Je fais 200 m et ce sont des bornes de sécurité routière. Retour au carrefour, Laurent (de Bretagne) arrive et il voit un drapeau dans une rigole…Nous restons ensemble pour 40 minutes environ et en discutant, nous ne remarquons pas le balisage qui oblique fortement sur notre droite pour escalader la côte, presque droit en haut. C’est à l’arrivée vers une église qu’on se décide à faire demi-tour. Plus de 700 m pour rien, soit 1.5 km en aller-retour. La montée est longue et raide jusqu’au Saflischpass. Je vois des lumières très hautes et ça sape un peu le moral, il vaut mieux parfois ne pas trop savoir ce qu’il reste à faire et se contenter d’avancer. Et subitement, je suis sur le sommet, un replat, tout en haut et la lumière est toujours là-haut ! C’est en fait l’Etoile du Berger ! Je trottine déjà plus que légèrement sur le chemin d’alpage descendant un peu. Plusieurs barrières de vaches se succèdent, passer dessous, ouvrir, refermer mais surtout passer dessous avec un sac touriste, c’est un bon moyen de constater la souplesse du corps qui s’en va je ne sais où…Dans la montée finale du Saflischpass, Kurt et Yvonick me rattrape alors que je suis assis à manger des biscuits complets, mais trop secs pour les manger sans boire en même temps. Et avec les bâtons dans la main, les biscuits dans l’autre, je préfère m’arrêter pour boire en même temps, poser les bâtons et tenir ma gourde. A moins d’être munis de tentacules, ça m’était difficile. A Fleschboden, je déguste un petit peu la tartiflette qui ne m’avait pas trop convenu 2 ans avant. Je descend jusqu’à Grund sans problème et casse la pointe de mon piolet…Je vais l’utiliser malgré tout, il glisse sur les cailloux mais il remplit son rôle d’aide à garder l’équilibre et je peux aussi m’appuyer dessus à la montée pour me tirer un peu avec les bras. La montée sur le ravitaillement de Lengritz, très raide ne me convient pas mieux cette année. Je suis à 4 pattes pour me tirer parfois. Je suis sans force. Même problème. Cette montée ne me réussit pas et cette année, impossible de dormir un peu, le ravitaillement est sous une tente, assez étroit. Donc je repars à la suite d’Adrien qui vient d’arriver mais qui n’a rien consommer. Je vais l’apercevoir après 250 km, dans la montée de la Fenêtre d’Arpette. Mais on verra ça plus tard. La portion jusqu’à Giw, avec une descente et une remontée au Gibidumpass s’effectue assez lentement. Manque d’énergie, douleurs fortes à l’aine et au genou gauche. Je fais la connaissance et un bout de chemin avec Pirin, de Bulgarie. Il a fait plusieurs éditions de la Swisspeaks. Il me raconte un peu sa vie en anglais. Je l’encourage à me quitter pour aller plus vite à son rythme. Finalement, il s’y décide, je le retrouve au ravitaillement de Giw avec Luca Papi avec qui je discute un peu. Il me dit de ne pas m’en faire pour mon énergie, elle va revenir, me parle de mon expérience etc… Ces mots venant de sa part me réconfortent pas mal, je doutais quand même un peu. Lui est parti très lentement, me disant avoir le temps. Il va enchaîner avec le Tor des Glaciers dans une semaine et demie… 450 km en non-stop dans la vallée d’Aoste dans le cadre du Tor des Géants. Lui est bien un géant. Bircher et café font leurs bons effets respectifs, à savoir bien me remplir l’estomac et me redonner du pep. J’espérais arriver à Eisten à 104 km pour midi au plus tard, j’y arrive à 11h59…Cela veut dire que j’ai été un peu plus rapide cette année de 2 h, et toujours avec des problèmes d’énergie. Après une brève halte pour manger des pâtes, comme à Fiesch, je repars à l’assaut de l’Hannigalp, une belle montée bien raide de 1200 m. Au ravitaillement, Pierre-André Maillard, devant moi depuis le début, est là, et repart illico. Il fait la course pour le podium de ma catégorie. A mi-hauteur de l’Hannigalp, arrivé à 40 m de lui, me voyant, il repart de plus belle. Je le retrouve à Grächen, au ravitaillement. Un rapide en cas et je m’en vais avec les gourdes remplies le plus souvent de sirop. Dans la descente, Pierre-André, me dépasse. Je reviens sur Kurt et Yvonick sans les dépasser, car je m’arrête à la même fontaine qu’eux pour me rafraîchir la tête. Pierre-André est en discussion au téléphone dans le bas de la montée qui mène à Jungu. Je suis Kurt et Yvonick à distance de 3-4 minutes environ. A l’entrée de Jungu, je dors 20 minutes pour la première fois du Swisspeaks, dans l’église, sur une couverture trouvée là et 2 placets en tissu en guise d’oreiller. Au ravitaillement, Kurt et Yvonick repartent avant moi qui m’en vais juste avant Pierre-André. Un Italien est peu devant moi et un peu devant lui, encore 2 coureurs qui avancent ensemble. Des taches de sang jalonnent le sentier régulièrement. Cela va m’arriver de saigner du nez lors de la dernière nuit entre la Porte de l’Hiver, au-dessus des Crosets et Morgins. Celui qui à mon avis saigne du nez et son copain se sont arrêté dans un trou, pour se protéger du vent froid et s’habiller davantage, à une heure de marche du sommet du Augsbordpass qu’on voit devant nous. Une bonne heure de marche si on est habile à sauter d’un bloc de rocher à un autre. C’est presque discontinu jusqu’au bas de la montée finale. Cette année, je m’en sors mieux qu’en 2019. Je rattrape au lieu d’être rattrapé. Je dépasse l’Italien à la fin des pierriers, avant la montée finale au col. Lui comme moi, nous nous arrêtons 2 fois pour remettre une couche. Je remplace mes fins gants de jour (pour me protéger des chutes) pour enfiler les gros gants de ski, bien hermétique à l’air. Le Buff protège en partie le cou, le bas du visage jusqu’à la bouche et la partie entre le cou et le bas du bonnet. Le vent est fort et glacial. J’ai mon sweat-shirt, un coupe-vent, une veste de pluie et ma Doudoune. Et ça va parce que ça monte, sinon, j’aurais froid. J’espérais passer ces nombreux pierriers de jour et c’est réussi. Je sors ma lampe au sommet à 20h30. Je perds 7 minutes à chercher la 2ème en vidant par 2 fois mon sac. Elle est restée autour de mon cou, coincée sous le haut du t-shirt depuis hier soir. Le comble… Je fais une excellente descente, seul un coureur me rattrape dans le bas, peu avant Gruben. Je voyais des lumières derrière moi, mais il faut cacher le faisceau lumineux avec sa main, car sinon on peut croire voir des lampes, donc des coureurs, mais ce sont les scotchs luminescents qu’on prend pour des lampes.

Avec le froid qui règne chaque nuit et spécialement à chaque passage de cols ou de sommets, et le vent qui souffle, nous souffrons pour la plupart des coureurs que je côtoie durant la course, de langues sensibles, de lèvres comme brûlées, de nez qui saignent facilement, de bronchite. Les crachats suite aux crises de toux sont parfois de vrais œufs au plat. Les écarts de température avec le jour sont assez importants, nous avons la chance d’avoir un temps sec sans précipitations.
Au ravitaillement de Bluömatt, je retrouve Kurt, Yvonick et Anita Lehman, la triple vainqueure du SwissPeaks 360 (et la future quadruple vainqueure, Bravo Anita, fantastique). Je mange une raclette, 5 pdt, et je repars après 2 cafés. J’en bois régulièrement de nuit pour aider à rester éveillé. Une boisson énergisante sortie de mon sac va aussi m’y aider lors de chaque nuit.
Je pars rapidement et Anita me rattrape à mi-côte environ. Nous discutons 3 mots. Je n’essaie pas de la suivre. Mon moteur est d’une génération différente. Je rattrape peu avant le sommet, Gilles Samuel, nous faisons souvent des bouts ensemble, comme au Swisspeaks 2019 ou au Montreux Xtrem 2017 sur les 160. A Forclettaz, à plus de 2900 m, peu de vent et pas trop froid, je n’ai pas besoin de me vêtir pour la descente. Ce sera sans doute le seul col agréable de nuit à passer. Il y a 2 ans, c’était tout le contraire depuis déjà la moitié du col. A Tsahélet, je retrouve Anita au ravitaillement, moi je ne fais que remplir ma gourde, emporter un truc à manger facilement, deux gros doubles carrés de chocolat et je repars. Anita m’emboîte le pas et Gille dit devoir s’arrêter un moment. Il n’y a qu’une tente plantée sur un pâturage. La descente sur Ayer débute par un long parcours à flanc de côteaux mal balisé, les moutons ou les vaches ayant fait leur 4 heures avec les fanions. A Ayer, je me trompe pour la 3ème fois et cela m’énerve. A l’endroit où on devait descendre plus bas, une flèche en sens contraire à notre parcours indiquant ravitaillement, une vieille marque pour une autre course. Les drapeaux étaient cachés par le mur… aucune petite flèche au moins 1 à 2 mètres avant pour nous dire de bifurquer. Ce n’est qu’à la fin du village que je consulte mon iPhone avec le tracé GPS sauvegardé pour voir où est ma position par rapport au tracé qui doit nous conduire à Griment. Peu avant mon retour au bon point, je vois Gilles qui s’arrête et consulte son GPS. J’ai perdu près de 10 minutes pour faire environ 2 x 400 m et consulter mon iPhone. Je rattrape Gilles peu après le pont suspendu au-dessus de La Borgne. Le chemin jusqu’à Grimentz n’est pas le plus intéressant. J’aimais mieux le parcours de 2019 qui nous faisait passer par Zinal.
A Grimentz, je décide de dormir pour la 2ème fois. J’y consacre 30 minutes avant d’aller manger au réfectoire et de m’en aller grimper jusqu’à la Cabane des Becs de Bosson. Un duo me rattrape et me dépasse mais ils grimpent en s’arrêtant parfois, de sorte que je les dépasse au petit col qui précède le promontoire de la Cabane qui nous tend les bras pour un ravitaillement. Le sol est bien gelé et les derniers mètres demande de la vigilance pour ne pas glisser sur une plaque de glace, dans les rochers. J’ai quelques difficultés à manger le pain qui ne veut pas descendre. J’étais aussi particulièrement essoufflé pour gravir les 200 derniers mètres de dénivelé, comme à Langritz, lors de la nuit passée…Nous avons assisté au lever du soleil. La vue est juste magnifique avec plusieurs 4000 m enneigés et d’autres alpes presque aussi hautes. La descente jusqu’au Pas de Lona, à 30 minutes environ nécessite une petite remontée d’une bosse. Etrange de voir que je n’arrive presque pas à souffler. Depuis le Pas de Lona à l’A Vieille, c’est toujours pareil en descente. Est-ce le froid qui me dérange pareillement ? Avant Lengritz, hier, il ne faisait pas si froid en dessous de zéro. Mystère.
La descente jusqu’à Evolène est ensuite en forêt, assez longue mais agréable pour les pieds sur des tapis d’aiguilles ou de la terre mais peu en cailloux. C’est nettement plus agréable pour les pieds. Gros coup de moins bien arrivé peu avant Evolène. Je chute sur un tapis de terre transformé en farine et risque de briser les bâtons car je leur roule dessus et le sol forme un léger creux… et le carbone n’aime pas être plié. Je me relève dans un état déplorable, noir de cette terre en poussière qui colle à mes habits. Je me lave un peu les mains avec le sirop d’une gourde. Les derniers mètres avant Evolène me sont pénibles et je suis encouragé en traversant le village. Les gens me demandent si ça va… je suis sale comme un cochon et j’imagine que ma tête mal rasée et certainement poussiéreuse et marquée les interpelle. Faudra faire avec. Une fontaine fera l’affaire pour laver un peu le pantalon et me rafraîchir le visage. Au ravitaillement d’Evolène, j’ai besoin de souffler un peu. On m’installe dans un fauteuil très confortable et on est aux petits soins avec moi, à me servir et me tenir une très agréable compagnie. Je suis le seul coureur durant un bon moment, avant qu’arrive Katia Fink, la future 4è femme. D’être si bien choyé m’aide à retrouver des forces mais ne m’incite pas à quitter les lieux rapidement. On me propose une bière que je ne refuse pas… bien au contraire, quel bien elle me fait. Et je ne la sentirai pas me faire faire des contours supplémentaires. Julien et Michael repartent de là, une bonne demi-heure avant moi qui m’arrête une heure environ, dont 20 minutes à dormir et encore 10 minutes peu avant de partir, le temps que le café refroidisse un peu.… ils sont arrivés peu avant moi.

IL fait bien chaud lors de la montée sur Chemeuille. Je suis derrière Katia, que je vais voir depuis là durant plusieurs jours. La dernière fois dans la montée de la Fenêtre d’Arpette et sauf erreur à Finhaut mais elle est sur le point de partir quand j’y arrive. A Chemeuille, d’où on peut apercevoir le Cervin, je fais rapide au ravitaillement, car mon but est d’arriver le plus tôt possible à la base de vie de la Grande-Dixence et la descente du Col de la Meina, que j’atteint seul et sans voir quelqu’un derrière moi, est très pénible techniquement dans sa partie supérieure. Ce n’est pas facile d’avancer, le sentier est étroit et bien jonché de cailloux et de blocs de rochers à passer d’un à l’autre. C’est un tronçon assez long et il faut économiser un peu sur la boisson pour en avoir de Chemeuille à Grande-Dixence. De plus, il ne m’amène que peu d’énergie, le coca qu’on m’a donné car il a été coupé à l’eau. Arrivé au pied du becquet de la Grande-Dixence, je retrouve Julien et Michael, qui donnent des gaz et me distancie.
A la Grande-Dixence, je mange des pâtes en changeant les piles de ma lampe pour la nuit à venir. Ma lampe est toute neuve, achetée spécialement pour le Swisspeaks 360, avec 4 piles AA. Cette Black Diamond me permet de tenir une nuit entière de 20h30 à 6h30 ces jours de fin août début septembre. Ma précédente lampe, introuvable sur le marché actuellement était une Petzl avec 3 piles AA et elle tenait déjà une nuit complète. Une sangle passe par-dessus la tête, et cela fait qu’on ne doit pas trop serrer l’élastique du bord de tête et c’est bien plus agréable. Mes gourdes sont pleines de vrai coca. La table est inondée et je ne comprends pas vraiment pourquoi, A-t’on secoué mes gourdes qui pissent par le pas de vis ? Non, en fait, un minuscule trou est situé en milieu de gourde. Sûrement le résultat de ma chute avant Evolène. Je la change avec celle de réserve que j’ai dans mon sac suiveur. Par 2 fois, une dame est venue essuyer cette inondation, ne comprenant pas très bien non-plus. La table et le sol sont bien collant. Après 45 minutes d’arrêt à manger et remettre des victuailles sorties de mon sac, bu mon Monster, je vais prendre l’air sous une minuscule pluie à l’assaut du Col de Prafleuri. Un vieux bouquetin broute à une trentaine de mètres du sentier, seul et il ne daigne même pas tourner la tête quand je siffle un peu et lui dis bonjour. J’arrive au Col à 19h55, il me reste 35 à 40 minutes de jour pour traverser la partie très technique jonchée d’éboulis, de pierres et de rochers jusqu’au ravitaillement du Grand-Désert, peu avant la montée du Col de Louvie. J’y arrive à 20h45, 5 minutes après avoir allumé ma lampe. Très content de mon tempo et du fait de n’avoir pas dormi à Dixence, afin d’avancer au maximum de jour dans cette partie, assez moulin à os… pour les genoux et les chevilles et les pieds qui souffrent bien dans ces cailloux. Rémy, de Voiron, y repart au moment de mon arrivée. Dans la descente du Col de Louvie, je vois sa lampe par moment. Un cadavre, plutôt une patte de bouquetin (selon la faune qui vit dans ces rochers et la couleur du sabot) en décomposition empeste les lieux. C’est encore bien plus difficile d’avancer en bas de ce col que nulle part ailleurs de la SwissPeaks, surtout si l’on y passe de nuit. Déjà en 2019, j’y étais de nuit mais depuis la Grande-Dixence. Cela m’avait coûté davantage de temps, car le Grand-Désert est aussi mieux à faire de jour. La descente paraît interminable à crapahuter entre les blocs de rochers, parfois on passe dessus, parfois sur les côtés et bien souvent le vide est sur notre gauche, prêt à nous aspirer dans son trou noir. Je retrouve Rémy environ 1 heure avant la Cabane de Louvie. Il a dû s’arrêter, me dit-il, 2 fois pour dormir 5 minutes, car avec la fatigue, il avait un peu souci de l’accident et de la chute qui peut être fatale. Mon pied gauche me fait de plus en plus souffrir et peu avant Fionnay, je m’arrête, ouvre ma chaussure gauche et enlève partiellement ma chaussette pour y déposer un liquide graisseux, d’une bouteille trouvée peu avant sur le chemin. Sûrement qu’un coureur l’a perdu auparavant. Une grosse cloque s’est aussi formée à l’arrière du pied gauche,
A Plamproz, atteint en pleine nuit vers les 1 h du matin, je mange plusieurs tranches de tourte aux noix, un de mes péchés mignons, 2 yoghurts et diverses bricoles sucrées salées. Il y a une tente pour dormir avec des lits de camp, mais la tente est grande et non-chauffée et il n’y a pas de couverture. Donc, j’enfile mes 4 couches d’habits pour le haut du corps et j’enroule tant que faire se peut, la couverture de survie autour de moi sur le lit de camp. Rémy et moi avons demandé à être réveillé après 45 minutes. Je demande au réveilleur du ravitaillement qu’il revienne 15 minutes plus tard, avec les douleurs des tendons, des adducteurs et des dessous de pieds, cela m’a empêché de bien dormir. Le froid n’incite pas à rester trop longtemps inactif alors je repars rapidement pour me réchauffer par l’effort. Sitôt que la pente s’élève, je peux enlever les couches supérieures. Je rattrape Rémy après 1h15 peu avant notre arrivée à la Cabane Brunet. Là il s’arrête pour se rhabiller, moi je continue. Jusqu’à la cabane de Mille, le terrain est très varié, des petites bosses, heureusement peu de cailloux, un chemin assez sympa pour nos pieds.
A la Cabane de Mille, je dors dans un sofa sitôt arrivé avec les pieds surélevés sur un tabouret et au chaud sous une couverture, dans le vestiaire des chaussures de la cabane. Ensuite, 2 petits sandwichs au salami, 2 autres au fromage et 2 autres au parfait me remplissent l’estomac pour la longue descente sur Orsières. Et une petite remontée assez sèche pour atteindre Prassurny. J’y mange deux sortes de cake bien bons mais j’aurais aimé aussi pouvoir y manger des pâtes. Il est onze heures et j’ai devant moi la Fenêtre d’Arpette…qui représente une belle montée d’environ 1800 m de dénivelé depuis Orsières. Un petit replat pour traverser Champex Lac, une belle forêt puis une prairie et enfin la montée finale sur un chemin fait d’éboulis et pas facile. Je passe sur les détails, mais j’ai eu le malheur de lire des messages sur mon iPhone… dont un qui me dit que le premier de ma catégorie n’est plus qu’à 25 minutes devant moi à la Cabane de Mille. Et 30 minutes à Prassurny. Bien que j’aie répondu qu’on est des zombies et que si je dois le rattraper, cela se fera naturellement, l’idée d’aller chercher Adrien Schlüchter suite à ces échanges de messages me trotte dans la tête. Un germe qui me sera fatal pour espérer le rattraper définitivement. Sur ce genre de course, on y va beaucoup à la sensation et je dirais même qu’on ne doit pas trop souvent être dans le rouge. Je le savais, je le sais et je fais tout faux. Je commence à tirer sur le corps, les bras qui tire et pousse un peu derrière grâce aux bâtons, les jambes répondent bien et me tirent rapidement vers le haut, le souffle suit mais j’ai chaud… bien assez chaud. A Champex, je m’arrose la tête à chaque fontaine qui borde le lac. Parfois, je demande à des randonneurs s’ils ont vu un gars de mon âge, assez sec. Mais vous êtes tous secs, qu’on me répond. Enfin, un couple me dit, oui, mais ça fait bien un moment… 20 à 30 minutes peut-être. Dans le vallon qui mène au Col de la Fenêtre d’Arpette, je l’aperçois plusieurs fois et il n’est plus qu’à une dizaine de minutes devant moi alors que je ne suis plus qu’à 30 minutes du haut environ. Et puis… je m’arrête, m’assieds, tout tourne autour de moi. J’avais un litre supplémentaire à mes 2 gourdes, mais j’ai beau boire et manger une madeleine, ça ne va pas beaucoup mieux en repartant. Je m’arrête à nouveau 2 ou 3 fois et j’en arrive à presque plus pouvoir avancer. Des randonneurs descendant du col me demandent comment ça va, ouais ça va que je réponds mais ça ne va pas et ça doit se voir. Ils me donnent des gels coup de fouet, une dame me donne un snickers mais je ne tiens pas debout et je me demande même ce que je fais là. Vous faîtes une course, la Swisspeaks… et cela ne me dit rien. Il n’y a pas de coureurs, dis-je, je suis tout seul… Du haut, où il y a un point d’eau 2 bénévoles viennent à ma rencontre et m’aide à gravir ce qui devait se faire en 15 minutes maxi. J’aurai mis quasi une heure pour ce dernier bout. En haut, ils m’arrêtent et me font me coucher sur 2 matelas, recouvert d’un sac de couchage déplié. J’y bois même une rasade de Williamine. Les remèdes du Valais sont naturels… mais je m’endors sur le champ. Il semblerait que j’aie fait trembler la montagne de mes ronflements. Ensuite, un bénévole m’accompagne dans la descente, pour voir si j’en suis capable, c’est raide et peu aisé. Je lui dis que ça va aller, je me suis bien appliqué à le suivre, afin qu’on ne m’empêche pas de continuer. Katia m’a dépassé au début de mes malaises et d’autres évidemment que je n’ai pas vu en dormant. Mais seul dans la descente difficile, je tombe plusieurs fois en pivotant ou en glissant sur les pierres qui roulent sous les semelles. J’arrive enfin dans la partie assez plane, peu avant la buvette du Glacier du Trient. Une journaliste, qui était à la Fenêtre d’Arpette, me rattrape. Nous nous mettons à discuter. Et de fil en aiguille, nous arrivons à la Forclaz… sauf que je n’ai prêté aucune attention au balisage et qu’il n’y en a plus. Elle téléphone à Emily Vaudan, qui a couru le Swisspeaks 360 l’an passé (3ème femme) et avec qui elle travaille partiellement pour savoir d’où il faut descendre à Trient. Depuis la buvette du Glacier… et hop, demi-tour pour ces 3 km environ. Il m’aura fallu plus d’une heure pour l’aller-retour. Je fais faire demi-tour à un Italien qui s’est aussi trompé, mais lui de quelques 300 m seulement. Ce malencontreux détour me réveille un peu de ma torpeur journalière, je n’étais toujours pas au top, car cela m’énerve vraiment d’avoir encore perdu plus d’une heure supplémentaire. Je fais quelques messages vocaux en descendant sur la route menant au ravitaillement de Trient, à quelques amis qui m’encouragent mais à qui je ne réponds jamais en course, sauf à Julia, ma femme qui me passe aussi des renseignements précieux par message. Mon téléphone est en mode avion sans les données cellulaires le plus souvent possible. Je n’ai pas trop le temps de le recharger donc j’économise au maximum la batterie. J’explique simplement qu’ayant eu un malaise, hypoglycémie assortie d’une insolation, j’ai été stoppé durant 1h30, qu’à présent tout va de nouveau et que je suis reparti mais me suis encore trompé de chemin. On peut suivre notre trace sur écran grâce à notre GPS accroché à la bretelle du sac à dos. Et on voit aussi du coup, nos arrêts ou nos écarts, bref, je tiens à rassurer mon monde.

A Trient, pour me remettre la tête en place il lui faut un petit écart… qui se nomme raclette. 3 belles raclettes, 6 à 7 pdt, un peu de chocolat et c’est reparti. Et sitôt arrêté. Il fait nuit hors éclairage, la nuit tombe et dans la forêt sombre, il me faut ma lampe, que je trouve qu’après avoir quasi vidé mon sac. Frayeur. Bon, j’avais la petite en réserve au cas où. Le rythme est meilleur grâce à un ventre plein mais pas très rapide, car je ne me sens pas en pleine possession de mes moyens, de l’équilibre surtout dans des parties plus techniques. Kurt et Yvonick me rattrapent au hameau de Vers les Ponts. J’arrive à les suivre jusqu’à la route cantonale du Col de la Forclaz qu’on traverse pour s’engouffrer ensuite dans les gorges du Trient avant de remonter sur Finhaut. J’ai perdu contact dans les escaliers très étroits et très raides de la descente et sur le sentier jonché de racines superficielles d’épicéas, rendant l’avancée scabreuse sans une concentration optimale. La nuit est noire profonde. On entend la rivière mais on ne voit rien en dehors du faisceau lumineux. Le couvert d’arbre empêche à la lune d’y envoyer la moindre lueur. La montée a été à mon avis mieux aménagée avec plusieurs nouvelles passerelles et quelques escaliers fait de planches pour retenir le terrain. Cela facilite grandement la marche.
A Finhaut, 5ème base de vie, je retrouve mon sac suiveur. J’y vais boire mon Monster, reprend des barres et des madeleines de ma réserve personnelle et décide de voir ce pied qui me fait mal. Je demande de l’aide pour tirer les chaussettes et le podologue passant par-là, on me propose qu’il me désinfecte et soigne l’ampoule du pied gauche, douloureuse. J’accepte volontiers… mais je suis conscient que ça va me coûter du temps. Il faut changer de bâtiment, aller à la douche, je ne me douche que les jambes, pas le temps… mais je prends la peine exceptionnellement de me changer entièrement, les chaussures également. Au moins un peu de confort nasal… eh oui, le sweat-shirt commençait sérieusement à sentir la bête. Sous le pantalon, à la hauteur des genoux, plusieurs pustules de pus se sont formées. Le frottement du pantalon sale de poussière et de sueur probablement. Il me semble que ça doit être pareil dans le dos et au passage des bretelles du sac. Le soin de l’ampoule va me redonner un certain confort, surtout dans les passages où le pied pose sur les terrains en dévers. Je ne sens presque plus rien. En plus d’avoir aspiré le liquide de l’ampoule, un produit désinfectant a été injecté. Un pansement recouvert de tape protège le tout et va tenir le coup jusqu’à l’arrivée. Je dors aussi 45 minutes puis m’en vais manger au bistrot, un peu plus bas. Discussion sympathique avec les tenanciers. Mais je ne m’attarde pas, parlant souvent la bouche pleine… les coureurs compétitifs sont des gens rustres mais pour ma part très reconnaissant et toujours prêt à discuter, et à bien remercier les bénévoles, de véritables aides sympathiques et appréciées. A notre écoute, prêts toujours à répondre à nos moindres demandes. Merci encore à vous tous.

La montée qui m’attend s’appelle le Col de Fénestral. Je me sens bien mieux mais ne me précipite pas. Cela va bien environ 1 h de temps puis un coup de bambou de fatigue s’abat sur moi. Je peine à garder l’équilibre et les yeux ouverts. Je monte en trébuchant un pas sur deux. Je m’appuie parfois sur mes bâtons pour dormir 30 secondes. Finalement, bien que ça ne soit pas conseillé, je m’assieds pour dormir 5 minutes qui en durent 20, réveillé par le froid. Il me reste 400 m de dénivelé à faire. J’arrive finalement en haut, requinqué de ces minutes de sommeil. Le jour se lève, on distingue les montagnes qui se révèlent toujours davantage, sortant du noir. Le chemin pour redescendre de Fénestral est très pénible pour moi. J’ai faim et je n’ai pas beaucoup d’équilibre en raison de la plante du pied gauche qui me fait très souffrir. Quelques madeleines calment ma faim mais je n’avance pas plus vite pour autant. La descente sur Emaney va me prendre 1h30, alors qu’elle est indiquée 50 minutes. A 8 h, j’arrive à Emaney. Un alpage avec troupeau de vaches où l’on y fabrique du fromage. Une famille déjeune dehors au soleil. Je demande s’il est possible de déjeuner avec eux, payant mon dû évidemment. Une sympathique discussion s’engage, un beau moment de cette Swisspeaks. Je connais le nom de cette famille depuis mes années Junior quand je courais la course de côte Salvan-Emaney qui me convenait bien. Peu après mon départ, je me déshabille rapidement pour ôter le bas training et avancer en pantalon court au tissu léger muni de nombreuses poches, très pratiques comme fourre tout et avoir rapidement des petites choses sans devoir aller dans le sac à dos. Chaque intrusion dans le sac à dos coûte du temps, car en principe il est nécessaire de s’arrêter. Julien et Michaël, qui arrivaient à Emaney au moment où je m’apprêtais à en repartir, arrivent. Je monte le Col d’Emaney à leur suite et redescend avec eux sur Salanfe. Nous discutons, c’est sympathique. Au bord du lac, je me fais distancer dans les cailloux qui réveillent les douleurs de mes pieds et du coup, qui me font ralentir.
Au ravitaillement de Salanfe, atteint vers les 10h15, je mange avant de dormir 30 minutes. Quand je repars, il fait déjà bien chaud au soleil au bord du lac. Les cailloux réverbèrent pas mal et cela me dérange profondément. J’aurais dû emporter mes lunettes de soleil, j’y ai pensé suite à ma mésaventure de hier, mais voilà, avec la fatigue et l’envie de perdre le moins de temps possible, à la base de vie de Finhaut, je n’y ai plus pensé et elles sont restées dans le sac suiveur. Je monte pile poil dans les temps donné sur les panneaux indicateurs. Je redescends pareil en 50 minutes comme le temps donné pour atteindre la Cabane de Susanfe. Mais je me sens toujours moins bien, ayant chaud et froid à la fois avec un bon mal de tête. Je m’arrête pour m’allonger un peu dans l’herbe mais je remarque que le ravitaillement est à une centaine de mètres. J’avale mon paracétamol et j’y vais. Je pose la question de savoir s’il est possible de dormir… non, pas ici. Oui mais dans l’herbe… mais un fauteuil et une couverture me sont plus agréablement proposé. Mais je suis stoppé et dois respecter cette décision. Mon état n’inspire pas confiance pour continuer avec le Pas d’Encel qui suit. Cela ne me fait pas même une réaction de contestation. Je somnole un peu avant qu’une très sympathique discussion philosophique s’installe, sur le sport, la douleur, le pourquoi du comment etc…et des vues parfois opposées malgré tout. Plusieurs coureurs passent, que je reconnais pour avoir fait un bout de chemin ensemble depuis le 1er jour. Et avec certains, il y a eu aussi de sympathiques discussions, comme avec Pierin, de Bulgarie, en montant entre Langritz et le col de Gibidum, avant Giw au 93ème km.

On m’a dit que je ressemblais à une personne de 84 ans en arrivant… mais on m’accompagne sur quelques centaines de mètres quand j’émets le souhait de repartir. Aline, la sympathique responsable du poste de ravitaillement veut voir comment je me porte. C’est ok, je peux voler de mes propres ailes… assez cassées pour descendre le Pas d’Encel. Mais ailes qui se déploient sitôt le sentier retrouvé menant à Bonavaux puis à Barme. Je me mets à passer les bosses à bonne allure, le pied ne m’embêtent pas trop sur ces sentiers plutôt terreux des pâturages et la forme est revenue. Le cake du ravito de Susanfe était-il magique ? J’en ai mangé plusieurs morceaux. Je reprends pleine conscience que je suis en course, fais un message vocal à mes enfants et à ma femme afin qu’ils me renseignent au plus vite de l’avancée de mes concurrents de catégorie. Ils sont à 3 h derrière environ et le 1er est à 5 h devant. Mais je cours comme s’ils étaient à mes trousses, quelques minutes derrière moi. A Barme, je fais hyper vite pour remplir ma gourde vide, demander c’est quoi ça, que j’emporte… 2 crêpes à la confiture et 2 crêpes au nutella et 2 carrés de grosses plaques de chocolat. J’ai une forme qui me fait plaisir, cela fait plus de 24 h que je me traînais durant lesquels je n’ai fait que 37 km officiels, environ 43 avec mon aller-retour involontaire jusqu’à la Forclaz.
Je vais en faire 78 en 21 heures avec plus de 2 h d’arrêt dont 1 h25 à dormir réparti en 3 endroits (1 h aux Crosets, 5 min dans l’herbe avant Conches et 20 minutes à Conches)

Aux Crosets, je mange une grosse et une petite assiette de hachis parmentier. Et une belle tranche de gâteaux au chocolat, décorée de crème. Impeccable pour refaire un bon fond dans l’estomac. Tout en mangeant, je supprime quelques habits non-obligatoire de mon sac de course, divers objets que je ne juge plus utile pour l’alléger un peu. Je remplace les piles de ma lampe et l’essaye. Une fois, elle ne fonctionnait pas et cela m’avait un peu stressé. Finalement, après l’avoir ouverte et refermée, elle s’allumait enfin. C’était à l’Augsbordpass, quand je m’étais mis à chercher ma 2ème lampe, retournant mon sac par 2 fois pour la trouver et qu’elle était restée autour de mon cou toute la journée, n’ayant pas dû l’employer. Nous les coureurs n’avons pas, enfin, je n’ai pas toujours les idées claires en plein effort. Au moment où je me réveille, à minuit, le dos à moitié bloqué. J’ai dormi dans ce garage sous-terrain, sur mon lit de camp sans me couvrir. Je me couche, je dors instantanément. Sauf que mon dos a horreur des courants d’air et là ça me fait souci, j’arrive à peine à me baisser pour ramasser mes affaires. Paul Moog, se lève aussi. Je lui demande si ça lui dit qu’on avance ensemble. C’est plus agréable d’avancer de nuit avec quelqu’un que seul. On peut discuter, le temps passe plus vite. Surtout quand les écarts sont grands entre coureurs et que l’on ne voit pas d’autres lumières de frontales égayer la nuit. Je connais Paul depuis la Swisspeaks 2019. Il descend en général assez vite, c’est souvent ainsi que je le vois. Nous avançons fort jusqu’au haut des pistes, à la Porte de l’Hiver. De là, une assez longue descente d’abord un peu raide puis faiblement descendante nous amène à Morgins. Nous sommes les seuls au ravitaillement. Nous sommes servis comme des rois par les 3 bénévoles qui sont apparemment contentes de s’occuper de nous. Une belle assiettée de pâtes, 2 yoghurts, 2 cafés et ça repart, pas le temps de s’éterniser. On jardine un peu pour trouver le bon balisage avant de sortir du village. A peine au-dessus, les premières attaques de paupières nous perturbent dans notre avancée qui s’en trouve freinée et qui devient un peu cahoteuse. Finalement, nous décidons de dormir 5 minutes. Paul met son réveil, je me laisse tomber sur les bras repliés sous le thorax pour me protéger un peu de l’humidité et je m’endors illico presto. Il me secoue pour me réveiller. Cela a fait le plus grand bien, nous pouvons forcer un peu l’allure et garder à distance les 2 lampes qui trouent la nuit derrière nous.
Le ravitaillement de Conches n’est pas loin devant nous. Nous avons décidé de dormir 20 minutes, il y a des matelas à disposition. Puis Bircher, crêpes, 2 cafés et ça repart… 5 minutes derrière Julien et Michaël qui sont arrivés durant notre sommeil. Ce sont eux qui nous suivaient. Le lever du jour nous a incité à enlever dans la cabane de Conches, le pantalon léger et d’avancer en short. Une montée à la verticale me fait plaisir que j’escalade à fond. Paul cale un peu dès la mi-pente. Plus haut, c’est moi qui freinerai un peu dans des passages techniques sur des crêtes bien semées de pierres dressées. Je tombe et pivote en dehors du sentier. Je risque de me planter la main sur un tronc sec pour me retenir de ma chute. Nous sommes à cheval sur la France et la Suisse. Sur le haut des pistes de ski de Torgon et de Chapelle d’Abondance. Je retombe une deuxième fois dans la dernière crête. Ce n’est pas le moment de se blesser. Une petite secousse dans le dos se fait ressentir en essayant de me rattraper. Nous revenons sur Julien et Michaël et un troisième coureur. Les paupières deviennent à nouveau très lourdes sur un bon chemin, assez monotone. Une lampée de café tirée de ma gourde, combinée à un passage qui demande pas mal d’attention va me sortir de cet état comateux où j’avance à moitié endormi. Un chemin pentu nous élève au ravitaillement de Blanc Sé. Nous sommes 8 à ce ravitaillement où nous retrouvons plusieurs coureurs. Xavier s’en va rapidement. Je mange 3 petites pdt et une raclette, un peu de raisin en attendant ma raclette et décide de m’en aller avec Paul.

Il reste 27 km jusqu’à l’arrivée et j’ai bien l’intention d’y arriver le plus vite possible en laissant le maximum de coureurs derrière moi. Donc je force nettement l’allure. A la descente, Paul suit à mon étonnement, il ne passe jamais devant, lui le bon descendeur. Puis ça remonte assez sec avant quelques à flanc de côteaux et petites bosses qui nous font arriver à Taney. Sergio, un coureur italien nous rattrape. Paul dit que ça va trop vite pour lui, que ça lui est égal d’être 35 ou 45ème. Je m’annonce au ravitaillement mais je fais demi-tour et n’emporte rien. J’ai encore assez à boire et à manger. Xavier, assis au ravitaillement m’emboîte le pas. Je force à la marche sur la légère montée. Il suit toujours. Je continue mon effort jusqu’à ce qu’il lâche petit à petit. Je trottine dans les courbes pour ne pas que cela se voie. Puis c’est bon, un trou est fait. Sergio, qui s’est arrêté, est revenu sur Xavier. Il le dépasse aussi et finit par me rattraper au sommet avant de basculer dans la pente. Une rencontre avec un jeune couple, sa fille, son gendre peut-être le fait s’arrêter. Il perd bien une minute avant de continuer. Le sentier est mauvais, fait de gros cailloux blancs qui roulent sous les pieds, comme du balast de chemin de fer. Une cuvette et ça remonte de 100 à 150 m de dénivelé. Je suis carrément à fond pour essayer de garder l’écart, voir de l’augmenter. Nous rattrapons Frank. Je m’élance dans la pente suivante au sentier très glissant en raison des petits cailloux qui le jonchent mais qui roulent sous nos semelles et risquent de nous faire perdre l’équilibre. Je prends quelques risques en allant le plus vite possible mais aussi lentement que nécessaire pour ne pas tomber. Je suis très penché en avant et mes pas sont très courts mais j’essaye de garder une haute cadence de mes pas. C’est efficace… Sergio ne me rattrape pas. Le 3ème coureur de la 170 me rattrape sur le bas de cette descente à présent dans un pâturage. Nous pouvons augmenter la cadence et la longueur des pas. Il me prend une centaine de mètres. Je lui demande ce qu’il en est du coureur derrière moi. Il me dit, ho, il en est à la bière. Je ne comprends pas trop ce qu’il veut dire. Je me dis qu’il n’y a aucune raison que ce coureur, jeune moins de 30 ans par rapport à moi court plus vite en descente. J’accélère constamment sur la route qui mène à Franet et je le rattrape. Le ravitaillement arrive, je remplis à la hâte une gourde et m’en vais avant le coureur de la 170 km. Il finit par me rattraper et me dépasser dans la légère pente de 2 % environ, sur 3 à 4 km. Je pense constamment à relancer en augmentant la cadence de mes pas. Un becquet met fin à cette longue légère montée et je rattrape presque le coureur de la 170 km sur les quelques 100 à 150 m de dénivelé. Puis une longue partie en forêt, souvent en dévers à flanc de coteaux suit sur 3 à 4 km également. Et enfin une grande descente jusqu’au Bouveret. Je cours toujours comme si j’étais pourchassé et en danger. Je sens subitement un caillou dans ma bouche. Un implant s’est décollé, sorti de sa loge. Je le crache et le met dans une poche. Juste avant la sortie de la forêt, je rattrape Carlos, de Genève. Je fonce jusqu’à l’arrivée.
Depuis Blanc Sé jusqu’à l’arrivée, ce sont 10 places de gagnées. Carlos arrive 14 minutes derrière moi et Sergio 24, moi qui croyais qu’il était toujours à mes trousses. J’aime bien ce sentiment malgré tout d’avancer vite et plus vite que les autres. Le sport c’est ça, avec de belles tapes sur l’épaule ensuite en discutant le coup.
Je termine ce SwissPeaks édition 2021 en 122 h 06 min 33 secondes. 40ème du classement scratch, 36ème homme et 2ème des masters 3
Et malgré quelques déboires qui m’ont fait perdre beaucoup de temps, très content de ma performance. J’ai réussi à tirer le meilleur de moi-même après mon malaise de la Fenêtre d’Arpette. J’étais ensuite un peu tenu à l’œil. J’ai appris qu’ils hésitaient à m’arrêter.
Fidèle à mes habitudes, j’ai réussi à finir à fond, remontant de 10 places au général. Avant mes mésaventures, j’étais même entré dans les 20. Ma seule erreur est d’avoir voulu reprendre Adrien alors qu’il faisait chaud et que je ne me sentais pas au mieux. J’avais envie de dormir mais j’ai attaqué. Rapidement, je m’encoublais partout, ce qui est chez moi synonyme de fatigue.
Magnifique ambiance durant cette SwissPeaks. De très belles rencontres avec d’autres coureurs, des bénévoles, des gens du pays comme à Emaney. Avec de sympathiques discussions. Finalement, peut-être à refaire… même si c’est extrêmement dur et que j’avais dit avant la course, ce sera ma dernière. Tout coureur d’ultra est un menteur patenté. Plus jamais ça qu’il dit, puis il revient et recommence, toujours et encore. C’est ça et c’est beau cette vie.

Un grand merci à Julia qui m’a bien coaché à distance par iPhone interposé, un grand merci à mes enfants aussi, aux amis, la famille, des connaissances et je ne cite pas nommément, car je risquerais d’oublier certaines personnes. Même si je n’avais pas envie de répondre, car je ne désire pas perdre de temps, j’arrivais au moins une fois par jour à lire rapidement vos messages et cela me faisait du bien et m’encourageait. J’ai gardé un tout bon mental, moral, même avec mes mésaventures, mes erreurs de parcours qui me font faire 10 km de plus en 5 erreurs. Juste un peu énervé sur le moment, mais ça m’a sorti de ma torpeur et m’a remis la tête dans la course. Les petites erreurs en raison d’un balisage pas toujours au top et les plus grosses en raison d’un manque de concentration en discutant avec d’autres coureurs et une journaliste. La seule fois où j’ai été un peu découragé a été à Langritz avec la même fatigue qu’il y a 2 ans, et on peut dire qu’il y a 3 ans même si la montée se faisait depuis le Simplon au lieu de Grund. Là, c’est Adrien, qui venait d’arriver qui m’a dit avec ton expérience, tu vas pouvoir gérer ça. Et à Giw, c’est Luca Papi qui me tient aussi des propos rassurants. Merci les amis. Avec la même intensité de fatigue, chaque année au même endroit, ça m’interpelle beaucoup. Si j’y retourne à la Swisspeaks, rebelote ? Histoire de thyroïde et de repas durant la nuit ? Froid de l’air ambiant ? Je me pose beaucoup de questions car en plus de n’avoir aucune force, je n’arrivais pas à respirer normalement. Cela sifflait au passage de l’air, mes jambes semblaient asphyxiées et pesaient une tonne. Ou arythmie d’effort ? Ou ou ou… je n’en sais strictement rien car si ces difficultés à respirer se manifestent encore un peu la seconde nuit, je n’ai pas eu l’impression que ça revenait les nuits suivantes. Ou alors de très courts moments, mais la fatigue est aussi toujours au rendez-vous. Et peut causer les mêmes effets.
 

Et pour conclure, un immense coup de Chapeau à Adrien Schlüchter qui à 67 ans remporte la catégorie Master 3. Un immense Bravo l’ami !

 

News postée le : 06.09.2021

2021.08.21 100 Miles de France à St-Péray/Ardèche

100 miles de France, samedi 21 août à St-Péray. J’ai essayé de reproduire ma course des 100 miles de Berlin courue le week-end dernier. Ça a été quasi pareil… je mets 6 minutes 57 de plus. Soit 18h21.33. Il y avait environ 200 m de dénivelé en plus et surtout une fournaise dans la vallée jusqu’au point du demi tour à St-Martin de Valamas. Très peu d’ombre, quasi jamais un souffle d’air et même la nuit est restée chaude.

Épreuve magnifiquement organisée par Isabelle et Laurent Bruyère et leur team de bénévoles. Accueil parfait et repas d’après course délicieux et impressionnant.

Un tout grand MERCI à JULIA de m’avoir ravitaillé en me suivant à vélo. Je n’avais jamais de temps à perdre aux ravitaillements car elle s’occupait de remplir les gourdes et me donner à manger. Rien de spécial sinon des madeleines qui passaient très bien. 1X du pastèque sur la fin, 3 pdt, 2 sandwichs de Bretzels König amenés. J’ai ainsi pu éviter de trop porter les gourdes pleines. Par sécurité, je portais moi-même mes lampes frontales et réflecteurs de sécurité pour la nuit et une gourde en permanence. Au cas d’une panne du vélo. À nouveau, je me suis abondamment arrosé les bras et la tête. Grâce à JULIA, j’avais assez d’eau et pouvais me rafraîchir souvent, jusqu’à la fin.

Une chute au 128 eme km me fait embrasser l’asphalte rugueux qui voulait se désaltérer avec mon sang 🩸.Genou et coude et main gauche amochés. Paume de la main droite contusionnée. Ça m’a freiné pour un petit moment. Je reviens un peu sur les coureurs placés devant moi sur la 2eme moitié, alors que sauf erreur j’étais 12ème où on tourne à mi-parcours. Je remonte à la 7 eme place finale… 5 eme homme. Au passage 1er des vieux de + de 60 ans. Pas trop de courbatures musculaires mais les jambes bien lourdes et l’estomac pas encore bien remis aujourd’hui.. Souvent à la limite de vomir avec les boissons sucrées qui me font avancer quand j’arrive plus trop à manger à cause de la chaleur. Dans ces cas là, je buvais un peu d’eau gazeuse et l’envie de vomir s’estompait et disparaissait.

Habits blancs de sel de la sueur qui se transforment en râpe… entre cuisses et… quelques parties bien irritées de même que l’arrière des bras aux aisselles. Des giclées d’eau pour diluer tout ça et que ça reste supportable. Il faut dire que j’avais pas pris de vaseline ou crème analogue avec moi.

Un tout beau samedi et une belle nuit à la lueur de la pleine lune. Et content de ma perf même si j’ai espéré casser les 18 h. J’ai juste un peu trop ralenti les 25 derniers kms. Nous avons payé les efforts fait sous le soleil. Ça use quand même.

Presque un
copié collé de la semaine passée.
Qu’aux pieds collent les menus graviers
Qu’eau pied cool l’épreuve!!!
A bientôt...

News postée le : 23.08.2021

2021.08.21 100 Miles de France à St-Péray/Ardèche

100 miles de France, samedi 21 août à St-Péray. J’ai essayé de reproduire ma course des 100 miles de Berlin courue le week-end dernier. Ça a été quasi pareil… je mets 6 minutes 57 de plus. Soit 18h21.33. Il y avait environ 200 m de dénivelé en plus et surtout une fournaise dans la vallée jusqu’au point du demi tour à St-Martin de Valamas. Très peu d’ombre, quasi jamais un souffle d’air et même la nuit est restée chaude.

Épreuve magnifiquement organisée par Isabelle et Laurent Bruyère et leur team de bénévoles. Accueil parfait et repas d’après course délicieux et impressionnant.

Un tout grand MERCI à JULIA de m’avoir ravitaillé en me suivant à vélo. Je n’avais jamais de temps à perdre aux ravitaillements car elle s’occupait de remplir les gourdes et me donner à manger. Rien de spécial sinon des madeleines qui passaient très bien. 1X du pastèque sur la fin, 3 pdt, 2 sandwichs de Bretzels König amenés. J’ai ainsi pu éviter de trop porter les gourdes pleines. Par sécurité, je portais moi-même mes lampes frontales et réflecteurs de sécurité pour la nuit et une gourde en permanence. Au cas d’une panne du vélo. À nouveau, je me suis abondamment arrosé les bras et la tête. Grâce à JULIA, j’avais assez d’eau et pouvais me rafraîchir souvent, jusqu’à la fin.

Une chute au 128 eme km me fait embrasser l’asphalte rugueux qui voulait se désaltérer avec mon sang 🩸.Genou et coude et main gauche amochés. Paume de la main droite contusionnée. Ça m’a freiné pour un petit moment. Je reviens un peu sur les coureurs placés devant moi sur la 2eme moitié, alors que sauf erreur j’étais 12ème où on tourne à mi-parcours. Je remonte à la 7 eme place finale… 5 eme homme. Au passage 1er des vieux de + de 60 ans. Pas trop de courbatures musculaires mais les jambes bien lourdes et l’estomac pas encore bien remis aujourd’hui.. Souvent à la limite de vomir avec les boissons sucrées qui me font avancer quand j’arrive plus trop à manger à cause de la chaleur. Dans ces cas là, je buvais un peu d’eau gazeuse et l’envie de vomir s’estompait et disparaissait.

Habits blancs de sel de la sueur qui se transforment en râpe… entre cuisses et… quelques parties bien irritées de même que l’arrière des bras aux aisselles. Des giclées d’eau pour diluer tout ça et que ça reste supportable. Il faut dire que j’avais pas pris de vaseline ou crème analogue avec moi.

Un tout beau samedi et une belle nuit à la lueur de la pleine lune. Et content de ma perf même si j’ai espéré casser les 18 h. J’ai juste un peu trop ralenti les 25 derniers kms. Nous avons payé les efforts fait sous le soleil. Ça use quand même.

Presque un
copié collé de la semaine passée.
Qu’aux pieds collent les menus graviers
Qu’eau pied cool l’épreuve!!!
A bientôt...

News postée le : 23.08.2021

2021.08.14 Mauerweglauf, 100 miles du Mur de Berlin

14 août 2021, les 161.3 km des 100 Miles du Mur de Berlin

Très beau parcours surtout dans la nature avec toutes sortes de revêtements, pavés, dallés, sentiers de sable ou terreux, asphalte… heureusement parfois pour se reposer tant physiquement que pour la concentration, très bonne organisation.

Nous courons avec Julia dans le même groupe qui s'est formé au gré des attentes aux feux rouges. Ce groupe s'effiloche au fil des kilomètres. Nous discutons avec plusieurs coureurs, coureuses que nous connaissons et d'autres pas. Nous allons même par hasard nous retrouver avec certains après la course, le dimanche et partager un repas ensemble. C'est sympa. Nous longeons un bout du mur conservé et magnifiquement tagué,  en ville de Berlin. Dès le 32ème km, je fais cavalier seul, Julia ne suit plus et les autres sont derrière, un peu plus lent au ravitaillement. J'imagine qu'ils vont me rattraper enocre une fois. Mais non... Je rattrape Simone après 55 km, qui était aussi avec notre groupe de départ. En croisant d'autres coureurs lors d'un aller-retour sur 1 km vers le 59ème km, je remarque une autre coureuse, Luise, qui était aussi avec nous. Elle a bien ses 6 minutes d'avance sur moi, je ne la reverrai pas. 

Obligation de s'arrêter aux feux rouges, sous risque de disqualification et cela arrive chaque année Les arrêts aux feux rouges, assez nombreux en début de parcours nous font perdre du temps. Le plus souvent c'est une vingtaine-trentaine de secondes maximum. Mais par 3 fois, dont un passage à niveau dont le train se fait attendre, cela va dépasser la minute. Les trous qu'on a fait sur certains concurrents leur profite... ils peuvent nous rattraper. J'en ai un peu bénéficier aussi au début, je n'essayais pas d'accélérer pour prendre le feu au vert... c'est fatigant et risqué... au Japon, à la SakuraMichi en 2019, c'était pareil et cela coûte des forces à la longue. Autant être plus zen et moins stressé, cela est plus garant de ne pas exploser quelques kms plus loin.
On perd le Nord, car il y a de très nombreux changements de direction.De nombreux tronçons très agréables, le long de rivières, de lacs. La tour TV de l'Alexanderplatz est visible depuis de nombreux endroits.

Un départ assez prudent me fait tenir très longtemps au même rythme et me fait remonter au classement jusqu’à la fin. Mon rythme connaît une moyenne de 9.3 km/h jusqu'au 100 km. Ensuite, avec la fatigue, je pétouille toujours une vingtaine de secondes de trop aux ravitaillements. Au début, cela ne me prend pas plus de 20 secondes pour remplir ma gourde, voir la 2ème gourde d'eau pour m'arroser. Un moment donné, j'oublie une de mes gourdes au ravito, je vais la rechercher, j'ai déjà fait une bonne centaine de mètres. La concentration avec la fatigue commence à s'éroder. Les calcules de rythme, toujours ces calculs qui occupent ma tête... et les résultats de simples multiplication, ou addition, varient... la tête connais des ratés. Heureusement, le corps répond bien, ce n'est que tout à la fin, à une trentaine de km, avec la nuit qui arrive que le tempo baisse un peu. Mais je rattrape malgré tout des coureurs, toujours moins, toujours plus espacés, mais je rattrape jusqu'à la fin. Aucun individuel ne me rattrape. Seulement des relayeurs.

J’échoue de faire moins de 18 h pour moins de 15 minutes mais m’étant égaré à la tombée de la nuit, peu après le ravitaillement du 133 eme km, je fais 1450 mètres dans le vide… qui me coûtent ces 15 minutes. Je questionne 3 groupes de personnes pour savoir s’ils ont vu des coureurs passés… finalement, je rebrousse chemin mais je sais que ça va être serré pour y arriver en moins de 18 h… soit une arrivée avant minuit. Et effectivement avec la même énergie ou même davantage, le rythme baisse un peu trop sur les derniers kms … je savais qu’avec mon tempo ça allait être dur, alors avec une erreur de parcours, ça n’a pas été possible. J’avais 8 minutes d’avance au 133 eme km sur un coureur qui finit en 17:58… et surtout que j’avais dépassé 8 km avant. D’abord un moment découragé, je me suis repris et j’ai lutté jusqu’au bout.

Content malgré tout de ma gestion de course et du résultat, 1 er de ma catégorie, 12 eme homme, 17 eme du scratch, 550 dossards qui partent le jour de l’ouverture des inscriptions. Et une fois n’est pas coutume, mes pieds n’étaient pas en feu à l’endroit du nerf morton, car il n’y avait que 535 m de dénivelé avec des ponts et quelques buttes à passer. Ça aide aussi quand ça va normalement… A la fin, j’ai estimé que les distances en km étaient plus sympa qu’en miles. Ben oui, quand il n’en reste plus que 10, avec des km tu es plus rapidement à l’arrivée qu’avec 10 miles…

Julia arrive 3ème de sa catégorie en 18:50, 27ème du scratch et 6ème femme, nous étions ensemble jusqu’au 32eme km.

J’ai adopté mon concept anti chaleur avec mes brassières blanches que j’arrose de temps en temps, portant une gourde d’eau exprès pour cela, m’arroser un peu la tête et les oreilles, ce qui est très efficace pour conserver une température corporelle qui ne surchauffe pas. Comme au Tour de France footrace 2015 en pleine canicule ou à la Badwater en 2007. Du plaisir, beaucoup de plaisir!
Résultats: https://statistik.d-u-v.org/getresultevent.php?event=61858

Mes pensées en rimes bavent de ma bobine…..euh mes pensées en rimes babebines :

Les coureurs se hâtent
Mais tous, qui vous êtes ?
Suivre le même but, quel hit
Surtout sous ce soleil très hot
Seule l’arrivée est la bonne hutte

On n’y échappe pas
Si l’âme ne veut être happée
Et réduite en charpie
Non, non chapeau
Vous, les finishers de joie, repus

    Julia escalade le mur d’enceinte du stade, notre entrée-sortie étant fermée et nous ne voulons pas faire un détour de plus d’un km après notre arrivée pour rejoindre notre hôtel.

 

  

Elle imite en quelque sorte, le gars sur le t-shirt qui escalade le mur. On ne plaisante pas, respect pour toutes ces personnes qui au péril de leur vie ont bravé l’interdiction de sortir de l’Allemagne de l’Est emmurée. Avec ou sans succès. Heureusement, le mur n’est plus qu’un mauvais souvenir, mais d’autres s’érigent ça et là sur la planète, c’est triste. L’humain n’apprend que ce qu’il veut bien mais il est encore loin de l’harmonie et de la tolérance.
A bientôt

News postée le : 16.08.2021

17 au 18 juillet 21, Ultra Boucle des Ballons, U2B, 208 km, 5000 m D+

Au départ de Münster, en Alsace, à 5h30 du matin ce samedi matin 17 juillet., nous sommes une cinquantaine à se lancer le défi de cette boucle de 208 km avec 5000 m de D+ et D-. 
Le sens du parcours a été inversé cette année et cela commence donc par la montée du Petit-Ballon, assez raide. 
Reposé par une première semaine de vacances où nous avons fait seulement quelques randonnées mais aucune sortie de course à pied. Les montées de plus de 1200 m de D+ sac au dos m'ont convenu et je me sens en grande forme. Selon Julia, cela peut être dangereux... attention à ne pas partir trop vite. 
Revenons à Münster, effectivement, je me sens en bonne forme dans la 1ère montée du Petit-Ballon et je laisse dérouler dans la descente avec des tronçons à plus de 13 km/h. J'attaque la 2ème grosse ascension dès le 21ème km du Platzerwiesel avec la même énergie, qui me semble pouvoir être longtemps tenue. Je suis sauf erreur à la 5ème place au sommet autour du 33ème km vers le monument des chiens. Un concurrent à l'air en difficulté quelques centaines de mètres plus loin. Je le verrai dans une auto au 39ème km, alors qu'il a abandonné. Pour ma part, David, avec qui j'étais au début de course me rattrape au Markstein au 35ème, je reste un peu avec lui, mais il va un peu trop vite pour moi. Les 20 ans de moins qu'il a sont en sa faveur pour être plus frais et mieux enchaîné. Je reste dans son sillage sur plusieurs km. Au 39ème, une forte contracture au quadriceps gauche me fait souci. Le muscle est devenu dur très subitement. Je bois davantage, je n'en avais pas trop envie dans la fraîcheur du matin et le brouillard régnant par endroit. Je sors aussi ma salière et lèche 2 bonnes fois ma main dans laquelle j'ai mis du sel. Une pastille de magnésium complète cette agape de secours. J'arrive malgré la contracture, courir à 9 km/h, en légère montée jusqu'au sommet du Grand-Ballon. Je ne m'attarde jamais longtemps au ravitaillement, Guillaume Renard m'a rattrapé juste avant, il est toujours au ravito et je repars avant lui, ayant juste refait le plein des gourdes. Il va me rattraper 2 kms plus loin. Dans la petite remontée depuis le Col Amic pour aller au Hartmannswilerkopf, au col du Sllberloch, j'aperçois Julia, que j'estime à 6 - 7 minutes derrière moi. Je ne m'excite pas et pense qu'elle risque bien de me rattraper. Je descends à ma main, sans trop tirer. Peu avant le bas de la descente, à Uffholtz au km 64, je sens que la chaleur est montée à un niveau que je redoute. Je me ravitaille rapidement, je repars avant Guillaume qui est encore là. Et la chaleur est rapidement étouffante en plaine. Sur le plat nous menant à Vieux-Thann, je bois déjà un peu trop si je pense que j'ai 2 gourdes, soit 1.5 litres pour tenir jusqu'à Bourbach le Haut, au 85ème km. Et il y a un petit col à passer avant depuis Bitschwiller lès Thann. Un petit arrêt WC me fait directement perdre contact avec Guillaume qui vient de me rattraper. Dans les méandres du parcours à travers Vieux-Thann et Thann, je ne parviens plus ensuite à l'apercevoir. Je m'arrose la tête dans un filet d'eau coulant des vignes, une petite source me rafraîchit bien. A Thann, je m'achète 2 cocas de 0.5 l dans un kiosque à journaux. J'en bois un directement et transvase le second dans une gourde vide. Julia arrive à ce moment. Je m'accroche pour rester dans sa foulée à une vingtaine de mètres et reviens sur elle. A la sortie de Bietschwiller, Christophe Henriet, l'organisateur nous demande, depuis son auto si nous avons besoin de quelque chose. Je lui réclame une gourde de coca... Julia de l'eau. Je n'arrête pas de boire, je transpire énormément, j'ai de la peine à manger avec cette chaleur à laquelle cette année, nous ne sommes pas habitués. Julia entame la montée un peu plus vite que moi, nous voyons Guillaume un peu devant et il s'accroche à Julia mais il va céder. D'un coup, je le revois et il vient de derrière... il s'était arrêté dans la montée, il n'a pas l'air au mieux. Il va s'arrêter plusieurs fois, à chaque fois je le redépasse. Je vais arriver avant lui à Bourbach le Haut, au prochain ravito. Au moment où j'en repars, il arrive. Julia est partie environ 10 minutes avant moi. Je vais encore souffrir du chaud dans le long faux plat à partir de Masevaux jusqu'à Seewen, au pied du Ballon d'Alsace. A Masevaux, je bois de l'eau légèrement gazeuse offerte par Luc Valzer, qui se rend au départ de son relais qu'il devra prendre à mi-parcours, à Pont-sur-l'Alfeld, au km 104, dans le début de la montée du Ballon d'Alsace, que j'atteins en 12h04. Mais peu avant, souffrant de mon pied droit principalement qui s'enflamme comme toujours au niveau du Morton, j'ai changé de semelles, espérant une amélioration avec une simple semelle sur laquelle j'ai collé une pelote plantaire. Cela va me soulager momentanément, mais à l'attaque des premières pentes après Seewen, soit une bonne heure après mon changement de semelles, la brûlure revient et plus forte encore. Guillaume Laroche me rattrape, un ancien coureur de l'équipe de France du 24h, que je connais un peu pour l'avoir déjà vu aux mondiaux des 24 h. Il arrive peu avant moi à mi-parcours. Là je rechange mes semelles, un peu dépité de ces douleurs qui me freinent car je ne sais pas trop comment poser mon pied pour qu'il ne s'enflamme pas trop. Mes semelles orthopédiques avec la pelote me conviennent un peu mieux semble-t-il. Il me faut 8 minutes, je repars à 12h12, quelques secondes avant Luc qui vient de recevoir le témoin de sa relayeuse mais qui ne fait pas long pour me rattraper et me laisser sur place... je ne vais pas pouvoir m'accrocher à lui, il est frais. Guillaume Laroche me rattrape plus haut, en fin de montée. Il a fait une petite pause à mi-parcours. Je suis monté lesté que d'une gourde, pour ne pas devoir tirer trop de poids. Mais ma gourde est quasi vide au passage du sommet du Ballon d''Alsace. Il est aux alentours de 19h15. Heureusement, un bar-restau est encore ouvert, le barman me remplit mes gourdes d'eau à ma demande. Il me souhaite bonne route...je lui en suis très reconnaissant, je bois à mon envie et relativement beaucoup jusqu'à St-Maurice sur Moselle, au bas du Ballon d'Alsace. Bussang et le prochain ravitaillement suivent 4 km plus loin et là, je m'équipe pour la nuit. Je perds passablement de temps, une vingtaine de minute à prendre mon gilet, ma frontale, à changer de chaussures, mettre les bonnes semelles à l'intérieur, manger en même temps, tenter de lacer mes chaussures, assis sur une chaise, avec ma souplesse légendaire... je vais être aidé pour cela... merci les ravitailleurs. Je repars juste derrière Guillaume Laroche, que j'ai retrouvé là. Je venais de m'être arrêté pour un 2ème arrêt WC juste avant le ravito, cela veut dire qu'il n'a pas avancé très vite dans la descente ou qu'il s'est arrêté à nouveau assez longtemps. Cela me laisse de l'espoir de rester à son contact. La montée du Col du Page n'est pas très longue, mais elle me semble interminable dans sa partie supérieure, un long faux plat de 2 ou 3 km. La nuit tombe, j'enfile mon gilet, que ne n'ai pas voulu enfiler avant la montée pour ne pas trop transpirer. Je fais cela en courant, en portant le sac par les dents. Cela me fait un peu ralentir, mais je reste avec l'idée de perdre le moins de temps possible. Le rythme a bien chuté, j'ai de la peine à courir quand ça monte, c'est un style qui n'est ni de la marche ni de la course, un mélange des deux, à la manière d'un singe avec un grand balancement des bras. La descente est assez raide, enfin, c'est l'impression que j'avais l'an passé quand nous faisions le tour dans l'autre sens, donc à la montée. Mais je n'arrive pas vraiment à me lâcher, je ne vais pas très vite pour autant. Nous longeons ensuite le lac artificiel formé par les eaux de la rivière Thur, entre Kruth, et Wildenstein. Cela me semble interminable, car mon rythme est lent et il fait nuit noire. Je demande à un jeune couple qui marche si c'est bien la route qui mène à Wildenstein. Je me demande si je ne me suis pas trompé quelque part.  Heureusement, le ravitaillement est atteint quelques dix minutes plus tard. Guillaume Laroche est là. Je fais assez rapidement le plein de mes gourdes, je prends un gobelet de pâtes que je mange en marchant et repars peu après Guillaume, pressé de me laisser derrière lui, je crois. La montée du Col du Bramont est assez raide, j'essaye de marcher le plus vite possible. Trois autos font du rallye à la descente, je les entends venir et tremble de les voir arriver. Je me mets côté montagne pour ne pas être de leur côté de route. Je vais les voir défiler à toute allure, j'entends les crissements de pneus dans les épingles à cheveux qui suivent plus bas. Je m'attends presque à entendre un immense crash... d'autres coureurs vont faire la même expérience plusieurs heures plus tard, ce qui veut dire que ces chauffards font des aller-retours sur ce col durant la nuit... car il est déjà autour des 2 h du matin environ. Michael Misteli me rattrape dans la petite descente après le Bramont, juste avant d'attaquer la route des Américains qui monte sur la route des Crêtes. Il fait la U2B en 2ème relayeur, ils sont 2èmes en relais, mixte, comme le seront les 3 premières équipes, toutes composées d'abord de la coureuse, puis du coureur. 
Je croise le regard brillant d'un cerf, qui broute juste au-dessus de la route, peu avant d'atteindre le haut de l'ascension. A la sortie de Wildenstein, c'était le regard brillant d'un renard qui m'a fait que je l'ai vu entier dans le faisceau de ma frontale. 
Un tronçon de plats et de faux plats légèrement montants, descendants remontants, se succèdent. Vers le Rainkopf, j'ai subitement de très fortes douleurs dans le tibia de la jambe gauche. La pose du pied me fait très mal. Je me mets à boiter lourdement, je fais quelques pas en marchant, je jure un peu inévitablement, et ça disparaît aussi mystérieusement que c'était arrivé. La montée au sommet du Hohneck finit par arriver, je croise Michael qui finit sa descente alors que je l'entame. C'est un aller-retour de 3 km au total, mais ça monte bien. Le brouillard est si épais que je ne vois même pas les bords de la route si le grimpe en son milieu. Il fait très très humide. J'arrive au ravitaillement, mais il faut d'abord aller au sommet, accompagné par un ravitailleur. Je me dépêche de faire le plein, de prendre un peu à manger et de reprendre des gels et poudre hypotonique dans mon drop-bag. J'ai déposé un drop-bag pour les ravitaillements des kms 40, 80, 120, 160. Avec 2-3 gels, une barre énergétique et de la poudre hypotonique Hammer. Je vais quand même une fois ou l'autre manger autre chose, dont des pâtes ou des pommes de terre en robe des champs, du chocolat ou des biscuits salés ou sucrés. 

Ayant croisé Guillaume Laroche en milieu de descente alors que je montais, il a environ 20 minutes d'avance sur moi. Il me faut 29 minutes exactement pour l'aller-retour au sommet du Hohneck. J'ai l'espoir de revenir. Quand j'arrive tout proche du bas, je croise Guillaume Renard suivi de Qi Ray. Cela signifie que j'ai environ 30 minutes d'avance sur eux. J'ai plus de 1h30 de retard sur Julia au Hohneck. Je n'arrive pas à retrouver un vrai rythme à partir de la Schlucht et la longue montée qui suit jusqu'au Gazon du Faing, sur 9 km environ. Je croyais que c'était quasi plat, je me suis trompé... la moindre pente, en étant fatigué, devient difficile et semble bien plus raide. Je cogite dans ma tête et me dis que je vais être rattrapé au Col du Calvaire, station du Lac Blanc, si je continue à mon petit 6 km/h et que les 2 poursuivants, Guillaume et Qi font du 8 km/h. Et c'est exactement ce qui se produit, à 500 m près. La descente qui suit jusqu'au ravitaillement du Lac Noir  ne me permet pas de revenir ni même de les voir. Je bois, je remplis vite une gourde, l'autre étant encore pleine, un peu de chocolat, une madeleine, je repars. Dans la montée du Col du Linge, 5 km, je maintiens toujours mon rythme qui oscille entre le 5,5 et le 6 km/h. Je calcule qu'à ce rythme, j'en ai encore pour 2 heures pour la descente et je n'en ai vraiment pas envie. J'en ai un peu marre de me traîner. J'essaie d'accélérer quand le 3ème relayeur me dépasse à un peu moins de 2 km du Col du Linge. Depuis là, j'accèlère continuellement pour atteindre du 12 km/h pour certains km, que je contrôle sur mon GPS Suunto, qui vibre à chaque km, avec le temps effectué.  Je fais un ultime arrêt WC à moins de 2 km de l'arrivée, ça ne va pas aller pour tenir jusque-là. Je vais perdre moins de 2 minutes, mais je vais louper de voir Julia devant moi, dans le dernier tronçon où l'on peut voir 2-3 minutes devant soi. Je force bien jusqu'à l'arrivée pour arriver le plus vite possible et tenant compte de la demi-heure de plus pour monter au Hohneck par rapport à l'an passé, j'aimerais finir avec moins de 30 minutes de plus. J'y arrive en 28h43.57, à quelques secondes près... Julia est assise dans un fauteuil de camping et me dit qu'elle vient d'arriver. J'ai de la peine à y croire, mais c'est vrai.
Elle a eu de gros problèmes pour s'alimenter sur les derniers 60 kms, qu'elle a presque tout fait en marchant. En vomissant plusieurs fois. Elle a juste accéléré à l'approche de l'arrivée, pensant me voir revenir. Mon arrêt WC, m'a bel et bien coûté l'éventualité de finir avec elle ou de la battre au sprint.... hahaha... C'est ainsi entre nous, et nous en rions les 2.  La Course est La Course !
Très belle compétition, super bien organisée par Christophe Henriet et son équipe, avec des ravitailleurs à notre écoute, prêts à nous aider et qui le font volontiers réellement, qui nous encouragent. Le parcours est dur mais de toute beauté.
Il est plus dur dans ce sens car nous abordons la plaine en pleine journée alors que dans l'autre sens, nous sommes en pleine journée quelques kms seulement à 600 m d'altitude au minimum. Dans le sens de 2021, nous avons une quarantaine de km en étant bien plus bas, aux alentours de 300-400 m d'altitude. De plus, l'ascension du Petit-Ballon est d'entrée raide, puis nous attaquons la première descente en étant trop frais et à mon avis trop vite, ce qui nous coûte des douleurs musculaires à plusieurs, après une trentaine de km. Depuis le Hohneck, les 48 derniers kms ont l'air facile mais les montées qui suivent la Schlucht et le Col du Linge sont tout aussi pénibles qu'une franche montée. C'est ce qui ressortaient des dires de plusieurs coureurs après la course, et c'est vraiment ce que je pense aussi. Même si je me réjouissais de le faire dans ce sens et de vivre cette boucle différemment. 
Au final, je finis 8ème, en 28h43.57, premier des plus de 60 ans. (Au Chrono officiel, 28h44.36 et j'aimerais bien savoir d'où tombent les 39 secondes de différences avec mon chrono. Le même problème est survenu après le Hard 100, sur les résultats officiels, j'avais quasiment 1 minutes de plus.... Je ne sais pas si cela vient de mon chrono ou du temps officiel). Je ne suis pas très loin des 2 Guillaume que j'ai vu plusieurs fois dans la course, de Qi revenu sur la fin et David, qui finit 3ème est à seulement 1 h 10 devant moi. Hormis Philippe Verdier, magnifique 2ème, né en 1962, tous les autres coureurs sont plus jeunes que moi entre 12 ans et demi et 30 ans. Difficile de lutter contre des gars si jeunes, Julia étant celle qui a 12,5 ans de moins.
Julia finit 1ère et unique femme en 28h41.21, toutes les autres ayant abandonné.

50 % d'abandons sur l'ensemble des coureurs. Cela montre la difficulté de l'épreuve, mais je dirais la difficulté de supporter le chaud en faisant de l'ultra, car cela provoque des dérangements stomacaux à de nombreux coureurs et sans manger sur un ultra... cela devient très compliqué, car on finit par manquer de force. 
Les résultats : https://statistik.d-u-v.org/getresultevent.php?event=70704

 

News postée le : 08.08.2021

25-27 juin 2021 Witiker Backyard Ultra

Tout d'abord, qu'est-ce qu'une course Backyard ? La règle est des plus simple. Il s'agit de courir un parcours de 6,706 km en moins d'une heure. Et on remet ça l'heure suivante. Et l'heure suivante... etc... Il faut savoir gérer son effort et sa fatigue. Il y a ceux qui vont assez vite pour bénéficier de temps pour se reposer voir dormir une dizaine-quinzaine de minutes et il y a ceux qui vont tourner assez lentement pour juste avoir le temps de se ravitailler, aller aux wc, éventuellement apporter quelques soins au corps avec un minimum de temps, afin que le corps ne se refroidisse pas trop. 

Si le tracé est plat, cela peut durer très longtemps... la meilleure marque est tenue par le Belge Karel Sabbe en 2020 avec 75 tours effectués, donc durant 75 heures d'affilées, il a fait son tour de 6.706 km, ce qui fait 502.95 km au total. Il a arrêté, car une autre règle indique qu'il faut au minimum 2 coureurs en course. Si un des deux arrête ou n'arrive pas à finir son tour dans l'heure, le coureur n'a plus qu'un tour à faire, comme un tour d'honneur, pour être déclaré finisher et vainqueur. Tous les autres coureurs ayant arrêté avant sont déclarés DNF, did not finish, non finiher. 

La meilleure femme sur ce genre d'épreuve est l'Américaine Courtney Dauwalter, avec 68 tours, soit 456 km. Contrainte de s'arrêter après 68 tours, car le coureur encore en course avec elle, Harvey Lewis, s'est arrêté au 67ème tour. Ses 68 tours étaient du reste la meilleure performance mondiale avant que le Belge Karel Sabbe fasse mieux... aidé en cela par le 2ème meilleur coureur, Merijn Geert, son compatriote qui a tenu durant 74 heures. Donc pour essayer de battre le record, il vaut mieux y aller à deux et que chacun puisse tenir aussi longtemps que l'autre. Vous avez compris, c'est réservé à quelques coureurs exceptionnels de courir si longtemps.
C'est donc une course tactique pour athlètes ayant une endurance phénoménale. Il vaut mieux avoir un estomac à toute épreuve et ne pas être sujet aux bobos qui peuvent devenir un frein. 

Avec Julia, nous avons donc pris part à notre première course Backyard à Witikon, vendredi 25 juin. Départ à 18 heures, pour moi après une journée de travail et un lever à 5h28. J'ai opté pour un rythme contrôlé qui me permette d'avoir 6-8 minutes de repos couché sous une tente. On pouvait se tenir debout dans la partie centrale et nous avions chacun un côté pour nous coucher et déposer notre sac d'habits. Dans la partie centrale, nous avions une table avec nos propres affaires de ravitaillement personnel, nos boissons, les choses à avoir rapidement à disposition, comme la lampe frontale, des crèmes anti-échauffement, des gels et barres pour manger à l'emporter si le temps à disposition était utilisé pour essayer de dormir. 
Tout a assez bien fonctionné pour moi durant une quinzaine d'heures, soit dans la matinée de samedi. Puis j'ai commencé à courir à peine plus lentement car j'avais une grosse envie de dormir, étant debout depuis presque une trentaine d'heures. J'essayais de dormir mais je n'y suis jamais arrivé. J'ai longtemps tourné en 47-49 minutes. A l'arrivée, je buvais rapidement quelque chose, et je mangeais un peu. Il me restait alors entre 5 et 7 minutes à disposition pour me coucher. Notre tente était à une bonne trentaine de mètre de la ligne de départ. Mais il fallait soit passer sous une barrière métallique (qui enserrait le terrain de football transformé en camping, pour moi qui ne suis pas souple, ça n'était pas indiqué) soit il fallait contourner d'autres pavillons ou tentes et faire un détour. Cela coûtait vite une minute pour l'aller-retour. Avant chaque nouveau départ, des coups de sifflet  anonçaient le futur prochain départ, au 57, au 58 et au 59 de chaque heure. Je me levais au 58 et j'allais au départ. Je remplissais et j'emportais avec moi une petite bouteille de 1 dl de boisson hypotonique pour reboire en milieu de parcours. Chaque tour avait 120 m de dénivelé. Après 24 h, mon GPS indique 2916 m de D+. Cela raccourcit drastiquement la possibilité  de durer en comparaison d'un parcours plat.  
Durant la journée, j'ai pris une bouteille de 5 dl de boisson hypotonique en courant. Après 2 km, il y avait une fontaine et j'ai profité de rapidement me rafraichir en m'aspergeant la tête. Les cheveux mouillés donnent une impression de fraîcheur et la température corporelle redescend un peu. Cela me faisait le plus grand bien.

L'envie de dormir s'accentuant au fil des heures, quelques courbatures arrivant dans les quadriceps et sifflements dans les articulations des genoux, immanquablement, j'ai commencé à courir dans les 50-52 minutes. Plus trop le temps d'essayer de dormir, même pas toujours le temps de manger correctement les pâtes ou le risotto proposé à certaines heures. Je me suis mis à m'alimenter avec une barre ou un gel pris en courant. Un arrêt involontaire pour aller au wc en forêt me coûte 2 minutes dans le 20ème tour alors que je n'allais déjà pas très bien. M'étant fait des repères chronométriques à quelques endroits du parcours, j'ai vu que j'étais assez en retard et beau dernier. Avec le risque d'arriver hors délai. Je ne voyais personne devant moi à 300 m. Heureusement pour moi, le retour était principalement en montée et je montais mieux que beaucoup de coureurs qui privilégiaient la marche. J'ai donc forcé et j'ai rattrapé le temps perdu pour boucler un tour en 56 minutes. Mettre des gaz m'a permis de totaliser ce tour commencé. Cela m'a inévitablement coûté des forces et de la fatigue supplémentaire. Je voulais arrêté... J'avais toujours cette grosse envie de dormir, plus un certain ras-le-bol de sentir des douleurs aux genoux et aux quadriceps...même si ces douleurs étaient encore supportables. Julia m'a convaincu pour au moins finir les 3 prochains tours, donc rester en course pour les 3 heures à venir et boucler mes 100 miles, mon objectif premier.
Nous étions 49 au départ. On ne se rend pas vraiment compte des premiers abandons. 
Au 100 miles, donc après 24 heures, 24 tours de 6.706 km,  9 coureurs ont arrêté. Un classement est fait alors selon le nombre de tours effectués et le cumul du temps de chaque tour.
On peut donc constater la différence de temps entre le plus rapide et le plus lent des coureurs qui ont le même nombre de tours. Pour ceux qui ont fait 24 tours, il y a 2 h11 minutes de différence.
Une règle bizarre est le fait de ne plus pouvoir courir si on se retrouve seul. Imaginons que 2 coureurs veuillent essayer de battre le record. Un des deux est au plus mal et se rend compte qu'il ne pourra plus suivre et donc n'aura pas le record, car l'autre coureur a l'air encore assez bien. Il va peut-être abandonner pour empêcher l'autre de battre le record, à un tour près...
Le fondateur de ce concept, Lazarus Lake, un Américain n'a à mon avis pas réfléchi à toutes les subtilités pour permettre à quiconque, même seul, de courir jusqu'à épuisement total, sur ce principe d'un tour de 6.706 km en moins d'une heure et à perpète... s'il est le seul à pouvoir le faire. Il est donc impossible pour les meilleurs coureurs de prévoir combien de temps va durer la course, vu qu'ils sont tributaire d'avoir au moins un coureur qui puisse courir au même niveau.

Ce fut une première expérience pour nous et une découverte. Après course, si je devais reprendre le départ d'une autre Backyard, j'opterais pour un rythme de 53 - 55 minutes au tour, histoire d'avoir le temps de se ravitailler et juste s'asseoir quelques minutes éventuellement. Le corps se refroidirait moins et ce serait moins dur à repartir. Et se mettre dans la tête de peut-être passer 2 nuits... Choisir un parcours peut-être moins traumatisant pour la musculature, donc assez plat. Avoir son petit stand, chaise - ravito personnel à proximité immédiate de la ligne de départ - arrivée, pour éviter des pas inutiles et ne pas perdre du temps à se déplacer.
Avec une heure à disposition pour 6.706 km, le rythme paraît très lent... cela favorise les discussions entre coureurs. J'ai été très content de faire la connaissance d'une bonne douzaine de coureurs, en faisant une partie ou un tour complet à discuter. 
Julia a pris un rythme un peu plus lent que moi dès le début. Nous courons parfois des bouts ensemble et une fois un tour complet mais elle trouve que c'est un peu vite... donc je ralentis pour rester avec elle. Subitement, elle s'est sentie mal après avoir bouclé son 25ème tour. Nausées, maux de ventre, vomissements ou envie ensuite de vomir avec quasiment rien qui ne sort. L'estomac vraiment en délicatesse, elle n'arrive plus rien à avaler. Elle tourne alors 5 minutes plus lentement, en 56-58 minutes... Son aspect ne respire pas la santé, blanche de visage, je sais que pour elle ce n'est pas bon signe. Après son 28ème tour bouclé juste sous les 58 minutes, elle reprend le départ mais va devoir rapidement se mettre à marcher. Sur la ligne de départ-arrivée, après 1h05, nous commençons à nous faire du souci. Un cycliste part à sa rencontre, elle va finir le tour sur le vélo en plus d'une heure quinze, le cycliste finissant en courant... Hors délai, ce 29ème tour n'est donc pas compté.
Nous sommes assez satisfaits de notre prestation, je totalise 24 tours, je suis classé 20ème, nous sommes 9 à avoir réalisé 24 tours du 15ème au 23ème. Julia termine en 7ème position, avec 28 tours, soit 187,768 km, c'est dommage pour elle d'avoir eu ces problèmes d'estomac, je la voyais courir encore la nuit entière. Mais l'alimentation fait partie de la course intégralement en ultra, des fois ça va bien et d'autres fois moins bien. Certains ont des problèmes à chaque fois, et d'autres digéreraient même des clous.
A refaire ? La question reste ouverte... 
Les résultats https://backyardultra.ch/live/ 

News postée le : 27.06.2021

Swiss Canyon Trail 112.3 km et 5500 m de dénivelé annoncé

Samedi 4 juin, 5 h du matin. Il pleut des cordes sur le stade d'athlétisme de Couvet. Je n'ai pas enfilé ma veste de pluie, car je sais qu'on a tout de suite trop chaud. Et qu'on perd forcément du temps à l'enlever et à la ranger dans le sac. Il pleut à rendre les routes en ruisseaux. Impossible de ne pas avoir les pieds mouillés très rapidement. Ceux qui les auraient eu en quittant l'asphalte après les 2 kms de chauffe servant à décanter le peloton, les auront rapidement dans les champs. 

Je fais un début de course comme souhaité, dans mes temps de 2019. Je sais qu'il ne faut pas trop partir vite sur ce parcours exigeant jusqu'à la fin. Je me sens très bien, sans fatigue apparente liée à mes 4 étapes courues à la Geh-Heim Lauf de dimanche à mercredi. Je prends quelques risques à courir vite dans les descentes du début, sur un tronçon asphalté, ou sur chemins forestiers. Après 40 km commence la descente du Chasseron sur Vuiteboeuf. Je ne sais pas si c'est le froid relatif qui règne sur les hauteurs, j'ai comme des crampes dans les muscles des bras. Et je sais ce que ça signifie pour moi.... Souvent, ce sont des crampes ensuite aux jambes, principalement à l'intérieur de la cuisse. Et Bingo, je gagne au loto. Une crampe bien forte me tétanise l'intéreur de la cuisse gauche. Je sors mon sel illico presto et sale abondamment l'intérieur de ma paume. Une bonne léchée, à l'image des vaches sur leur pierre salée, et je peux repartir. Je vais répéter l'opération 2 fois en descendant, sentant que ça va peut-être revenir. Mais je vais être tranquille avec les crampes pour le restant de la course.

Mon dessous de pied droit commence à s’enflammer dans cette descente assez raide où on peut aller assez vite. Dans la montée encore plus pentue qui suit qui mène aux Monts de Baulme et à l'Aiguille de Baulmes à 1580 m d'altitude, la pression sur l'avant du pied est forte. Cela me brûle d'autant plus vite à ne pas trop comment savoir poser mon pied. À mon avis cette ascension est la plus exigeante, après le Soliat et le Chasseron, les 2 précédents sommets. Et la descente qui suit est très aérienne à l’entame et très technique, d'autant plus cette année car elle est très très glissante après la pluie diluvienne qui nous a arrosé depuis le départ à 5 h du matin. J’imagine que je boite en courant davantage sur la jambe gauche car le mollet devient dur au point de m’inquiéter sérieusement. Il va se détendre quelques heures plus tard avec les 40 derniers kms moins traumatisants du parcours à partir de Noirvaux. Là après une descente depuis le Chasseron dans sa pente Nord, faite en mode équilibriste et ponctuées de nombreuses glissades,vu la forte pente sur un terrain terreux détrempé, j’avais des pensées à me faire couper le pied. J'arrive à Noirvaux un peu dépité. 

Jusqu’à l’arrivée j’en ai souffert hormis les trop rares tronçons boueux de la fin du parcours. 

Je vois défiler une bonne trentaine ou quarantaine de coureurs pour la 2ème partie de la course. C'est du moins l'impression que j'ai après la course. Mais en consultant la situation de temps et de rang disponibles après course, je me rends compte qu'au début j'étais 117ème au classement après 12 km et que je suis remonté au mieux à la 86ème place avec une fluctuation entre la 86ème et la 93ème le plus souvent. Ce qui veut dire aussi qu'il y a ceux qui vous dépassent et s'arrêtent longtemps aux postes de ravitaillements. C'est vrai que certains, ou certaines m'ont dépassé plusieurs fois. Et il y a aussi quelques abandons j'imagine ou ceux qui s'arrêtent de si longs moments qu'ils n'arrivent plus à rattraper ensuite. Bref, pour en revenir à mes pieds, je dois trop chercher comment les poser, car le gauche commence aussi à me faire sérieusement mal. Forcément ça limite quand même pas mal le rythme. Un moment donné, j'ai pensé lever le pied, couper l'effort et finir pour finir, en essayant de me ménager et surtout en espérant que j'aie moins mal. Mais j'avais une envie de podium de catégorie sur cette course, et pourquoi pas viser la 1ère place. Donc, ça me relançait dans ma motivation à tenir malgré tout, du mieux que je pouvais. Après avoir été largement rattrapé, c'est moi qui arrive à revenir sur 4 coureurs sur les 4 derniers km, dont un à 500 m de la ligne. Ma motivation était aussi d'améliorer mon chrono de 2019. Réussi pour 2 minutes. Les descentes boueuses nous ont fait perdre du temps car il était difficile de rester debout, et nous freinaient malgré notre meilleure volonté de bien faire.

J'étais toujours très rapide aux ravitaillements, ça me permettait de rester au contact avec quelques coureurs, qui prenaient davantage de temps, qui pétouillaient selon moi...

Au final, 89 eme et 2 eme de ma catégorie sur 600 coureurs au départ. Je me suis parfois haï de supporter ces douleurs au lieu d’arrêter. Mais si on vise un résultat et que malgré des problèmes on est toujours quand même dans le coup, le choix se fait de lui-même, il faut rester en course et serrer les dents. Mais j’ai pesté ma rage de souffrir quand ça devenait vraiment trop douloureux. Cela dépendait beaucoup de la nature du terrain. J’avais pourtant testé mes semelles et chaussures ces derniers temps. Jamais cette année ces semelles ne m’avaient fait souffrir. J'ai fait différentes compétitions sans avoir de véritables problèmes. Mais des montées et descentes raides sur plusieurs heures ont vite fait de m’enflammer le nerf "Morton", qui m’embête depuis 2016. Peut-être qu'il aurait été judicieux cette année de courir avec les bâtons de trail, pour gagner en équilibre dans les descentes glissantes. Cela aide aussi à monter et peut-être que la pression sur les pieds auraient été moins forte ? A voir... 

Finalement, je suis très content d'avoir tenu le coup. Ça me ralentissait quand même pas mal d’avoir mal. Et si on arrête à chaque fois qu'on a mal, on risque de ne plus finir de courses, en ultra-trails, ou ultra-marathons. Ce qu'il faut savoir !
A bientôt

News postée le : 06.06.2021

Geh-Heim Lauf Freudenstadt/D, du 30 mai au 5 juin

Profitant d'une semaine de vacances, de mon vaccin anti-Covid et d'une belle envie de courir dans la Forêt-Noire, je suis allé courir les 4 premières étapes... jusqu'au 2 juin, en essayant de ne pas me donner à fond. Enfin... avec un dossard sur le ventre, forcément qu'on est à fond de temps en temps. De magnifiques parcours, une météo parfaite, c'était une belle mise en jambe pour refaire un bond fond de volume. La première étape à 2 minutes du 1er, la 2ème je gagne, la 3ème on décide de la faire ensemble avec Sascha, le gars avec qui je me tire la bourre.et la 4ème je finis 2ème derrière Dominique, un coureur venu faire 3 étapes dès ce jour. Après un jeudi à paresser avec les jambes surélevées et à me reposer au maximum, j'ai senti vendredi 3 juin que la forme devrait être similaire pour les 112.3 km du Swiss Canyon Trail du samedi 4 juin.Enfin, c'était mon impression.
Les étapes faisaient 46, 48, 46 et quasi 50 km et entre 700 et 900 m de dénivelé à chaque fois mais avec des profils bien différents. Parfois en 3 bosses bien pentues pour la 1ere étape, et un faux plat montant sur 40 km avant un dernier becquet de 360 m environ de dénivelé sur 2 km maximum pour la 4ème étape. 
Une belle ambiance au long de ces 4 jours. J'ai regretté de ne pas pouvoir finir la course, mais je voulais aussi honorer mon dossard du Swiss Canyon. Lisez la suite dans la nouvelle qui suit.

News postée le : 06.06.2021

HARD 100, Zunzgenberg BL, 100 km et 1450 m de dénivelé

Samedi, sur la montagne de Zunzgen (Zunzgenberg, à proximité de Sissach, BL) nous avons couru la course de 100 km "HARD 100" Parcours en boucle, 20 x 5 km, très vallonné avec 2/5 de routes asphaltées et 3/5 de chemins forestiers. 

1450 m de dénivelé au total avec 4 montées distinctes et 2 descentes assez casse-pattes par tour. Ce qui nous obligeait à de fréquents changements de rythme. Une montée avec pas mal de cailloux apparents nous demandait d'être attentif afin de ne pas trébucher et de choisir la meilleure ligne. Temps très agréable jusqu'à 14 h, puis dégradation avec du vent et une petite pluie fine qui incite la plupart des coureurs à enfiler une veste.
Très fortes crampes dans les jambes pour moi après la course. Je peux la résumer ainsi: Tempo régulier durant 50 km que je passe en 4h53. Léger moins-bien ensuite, avec des douleurs dans le genou gauche spécialement, dans les descentes sur asphalte. Ce qui me freine. Depuis le 70 ème km, je cours 4 tours au contact de Claire Bannwarth, pas au mieux ce jour pour des douleurs au niveau du fessier. Cela me relance car j'étais en train de me laisser un peu aller. Je refais du 10 km/h pour les 10 derniers km, en relançant sans cesse. Je fais mon kikomètre le plus rapide du 98 au 99ème. Le dernier étant en côte et avec la montée caillouteuse, le rythme cardiaque battait peut-être même encore plus fort, mais le rythme était forcément plus lent. Cela me fait toujours bien plaisir de finir à fond. J'ai réalisé au passage des 90 km, que je n'avais pas envie de faire 10h30 ou juste dessous, si je continuais sur mon rythme. Donc j'ai accéléré et me suis motivé pour aller le plus vite possible. Une "bizarrerie chronométrique" nous a tous gratifié de 32 ou 33 secondes supplémentaires par rapport au temps qu'on nous a annoncé à l'arrivée et aux résultats. D'ailleurs nos montres donnaient à quelques secondes près, le temps annoncé à l'arrivée. Pour moi 10h21.33

Julia Fatton gagne la course en 9h38.02. La 2ème des 24 h Freelap EspaceVal Couvet, Claire Bannwarth, fait 11h01.23. Elle était en difficulté avec des douleurs dues probablement à une surcharge d'entraînement (1354 km en avril)

Je termine 4ème, 3ème homme en 10h22.13. Pas très bien cette semaine et encore moins après ma 2ème dose de vaccin contre le Covid reçue mercredi, ce résultat m'a convenu sur ce parcours exigeant mais de toute beauté.

Une course de 50 km a aussi eu lieu avec le vainqueur, Severin Lang, qui réalise un très bon chrono en 3h19.28

Les résultats: https://www.mso-chrono.ch/fr/results/1514-hard100/dashboard

News postée le : 16.05.2021

24 h Freelap EspaceVal Couvet des 24 & 25 avril de 12 h à 12 h

Comme les courses tombent à l'eau en raison du Covid et que nous ne faisons pas de natation, nous avons décidé d'organiser le Covid... euh, le coup,.... vide de tout regret de ne pouvoir courir où on voulait participer.

13 coureurs dont 4 femmes. Je crois que tout s'est bien passé. La météo a joué au yoyo en nous donnant des coups de chaleur le samedi après-midi et le froid glacial durant la nuit descendant vers les 5-6 h du matin proche du zéro degré. Beat a vu de la glace sur sa table.
De magnifiques performances, de belles batailles. Claire Bannwarth qui mène le bal durant 22 h, Julia Fatton tout en métronome refait son retard de 10 km aux 12 h en 10 h de temps, toujours régulière et remonte d'abord Dominik Erne 5 km devant elle aux 12 h, puis donc finalement Claire Bannwarth, qui a bien impressionné. Tout comme Julia, avec son rythme sous contrôle,

Le chronométreur Freelap m'a toutefois envoyé le commentaire suivant :
il faudra quand même noter que Julia a légérement faibli entre le premier et le 573 ème tour:

Tour 1:     2 minutes 30 secondes 24 centièmes
Tour 573:  2 minutes 30 secondes 40 centièmes

Sans commentaires...

Fidèle à mon habitude de donner le maximum à la fin, j'ai fini très fort la dernière demi-heure, après avoir déjà repris un rythme plus élevé à 1h45 avant la fin, suite à une accélération de Matteo Tenchio qui me suivait au classement.
Alors que Julia, Dominik et Mattéo comptabilise chacun 37 tours, Claire 36, j'ai le meilleur score pour la dernière session de 1h41 avec 38 tours. 

Voici un reportage de Sandra Stehli de CanalAlha, présente sur les lieux durant 24 h, de l'émission Canal Sportif
https://www.canalalpha.ch/play/le-canal-sportif/episode/22493/stephane-frossard-pilote-de-moto

et celui de Margaux Deagostini de la radio RTN :
Une course hors du commun - RTN votre radio régionale

Bientôt quelques articles de journaux en complément.
Les Résultats
1 Julia Fatton 229.345 km
2 Claire Bannwarth 228.424 km
3 Dominik Erne, 1er H, 223.084 km
4 Christian Fatton, 2è H, 196.443 km
5 Matteo Tenchio, 3è H, 188.417 km
6 Eusebio Bochons, 4è H, 149.799 km
7 Marc Graf, 5è H, 148.518 km
8 Emilia Rais, 3ème F, 143.399 km
9 Beat Knechtle, 6è H, 132.918 km
10 Edda Bauer, 4ème F, 103.682 km
11 Pierre Fournier, 7è H, 91.748 km12 Roland Barbezat, 8è H, 88 km
13 Markus Jörg, 9è H, 64 km
Bravo à tous les participants, dont 2 faisaient la découverte de ce genre d'épreuve, dont Pierre, qui normalement fait du 800 m en 2 minutes...et qui n'avait donc pas l'entraînement adapté. Mais puisqu'il ne trouvait pas de compétitions sur stade ouvertes aux amateurs, il s'est lancé... Quel Courage ! Non, de l'inconscience, m'a-t-il dit. Certainement un peu des 2, j'ai souvent réfléchi à ce qui nous poussait dans ce genre de course. On souffre, on se dit plus jamais, mais après la course ou le lendemain, on sait déjà qu'il y en aura d'autres.
Merci à tous nos bénévoles qui nous ont permis de courir le Jour J, ils ont été aimables en plus à nous encourager et ont fait un travail indispensable et donc très apprécié.

Un grand merci à Freelap SA, à EspaceVal de Couvet et la Commune de Val-de-Travers pour leur soutien généreux, ainsi qu'à LBG Génie Civil et DUV Statistik et CDS Automobiles.
A remercier aussi les médias CanalAlpha, la radio RTN, les journaux Courrier du Val-de-Travers hebdo et ArcInfo.

 

 

News postée le : 26.04.2021

Canal Alpha, la TV régionale de NE-JU-JUBE et Yverdon parle des 24 h Freelap Espace Val Couvet

https://www.canalalpha.ch/play/le-canal-sportif/episode/22451/christian-et-julia-fatton-organisateurs-des-24h-freelap-espaceval

de samedi 24 à midi à dimanche 25 avril à midi.
Merci à Canal Alpha et Thierry Siegfried

 

News postée le : 22.04.2021

Noiraigue-Lucerne et Tour du lac des 4 Cantons en 7 jours

Durant nos vacances de Pâques, nous nous sommes rendus à Lucerne en 3 jours en courant, 179 km en utilisant au maximum les pistes cyclables ou les sentiers pédestres quand ils longeaient l'axe d'une route assez directe.
Ensuite, en 4 jours, nous avons fait le tour du lac des 4 cantons, à la marche et à la course, selon l'état des sentiers, notre envie du moment et les conditions hivernales revenues. Bientôt, sous Expérience--Tour d'entraînement particulier, un résumé avec quelques photos de notre périple. 335.5 km et 4790 m de dénivelé, avant de faire un 51 km à fond quelques jours plus tard. Il faut bouger pour garder la forme, alors on essaye de bouger...
Je mettrai le lien pour faciliter la recherche.
Christian Fatton - Noiraigue-Lucerne et Tour du Lac des 4 Cantons en 7 jours, du Vendredi Saint 2 avril au jeudi 8 avril 2021

A bientôt

News postée le : 11.04.2021

Voir les archives     

Dernières mises à jour :

11.10.2021:

- Nouvelle expériences : 3 nouvelles Courses sur route de plus de 175 km
- Nouvelle expérience : 1 nouveau tour particulier
- Nouvelle expériences : 4 nouvelles expériences (Swiss Peak, Swiss Canyon, Scenic Trail)