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NOUVEAU LIVRE !

ULTRA RUNNING MAN

 

LES ETATS D'AME D'UN COUREUR POETE

 

LA RAGE DE COURIR

Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


2017.11.12 Trail des Truffières (Tricastin-F)

Dimanche 12 novembre, la météo exécrable qui a sévit dans notre région n'a pas réussi à descendre dans celle de St-Paul les 3 Châteaux (au sud de Montélimar). Nous avons couru ce trail de 48.5 km et 1600 m de dénivelé au beau et au chaud, avec une véritable journée estivale. Du bonus bien apprécié. Le parcours composé de single tracks en grande partie était très technique, avec beaucoup de passages jonchés de pierres ou de rochers. Certaines montées étaient équipées de supports métalliques pour escalader des rochers ou de cordes pour se tirer dans la pente très abrupte. La région magnifique ne pouvait que nous offrir un tracé de la même veine. J'ai même pu voir des fossiles affleurer sur certains rochers. Nous avons traversé quelques truffières, soit des plantations de chênes verts. Entre les arbres, le sol est sarclé, hersé, de manière à ce qu'aucune végétation ne pousse. J'aurais bien voulu creuser un peu pour voir si je trouvais des truffes.... mais de toute manière, c'est chasse gardée !
Julia termine 3ème V1F, 4ème femme en 5h33.45 à la 37ème place du scratch. Je termine pour ma part 3ème V2, 27ème homme, 29ème du scratch en 5h24.01. Je me trompe 4 fois, de peu mais je perds bien mes 2 minutes et ma dernière erreur se fait à 400 m de la ligne d'arrivée, arrivant dans un cul de sac dans un quartier de villa. Le dernier coureur que j'avais réussi à distancer de 150 m sur le dernier km en profite pour me dépasser. Je n'arriverai plus à le rattraper. J'ai peut-être trop regardé le sol par endroit et pas assez à hauteur de tête, pour mieux voir les banderoles du balisage. J'espérais voir des marques au sol mais semble-t-il que les organisateurs n'en avaient plus le droit. A noter que 12 jours avant, j'aurais gagné en V2 et Julia aurait été 2ème en V1F. Oui, il paraît que les catégories changent en France au 31 octobre! De ce fait, les 2 premiers de ma catégorie étaient de 1968 alors qu'ailleurs, les plus jeunes V2 sont de 1967 jusqu'à la fin de l'année. Idem pour les V1F, la 2ème était de 1978, soit normalement encore senior femme et non-pas V1F. Dommage, car cela aurait fait ma 4ème victoire en trail de catégorie cette année, la 5ème avec l'ultra-Ardèche de 60 km sur route. Le plaisir de partager un repas avec certains organisateurs ou autres coureurs a bien terminé notre petit voyage dans la Drôme provençale. Le retour fut apocalyptique avec un vent très violent et la pluie en rafale, en entrant dans l'Isère, quelques 40 km avant Grenoble et jusqu'à Chambéry. Les week-ends se suivent mais heureusement, ne se ressemblent pas. Si la semaine passée ça s'était mal passé, j'étais très content de mon résultat malgré de grosses douleurs aux 2 chevilles et surtout au bas de ma jambe droite. Mais en trail, les changements de profils, de terrain, de foulées, de types de sols font que les douleurs ne sont pas toujours à la même intensité, donc cela me permet de récupérer par phase. C'est donc plus supportable. A une prochaine!

News postée le : 15.11.2017

4.11.2017, 100 km de la Ronde des Elephants

Chambéry, 8h samedi matin, une bonne centaine de coureurs s'élancent pour la Ronde des Elephants, que nous avons la chance de voir quelques centaines de mètres après notre départ. Ils sont 4 et ils semblent sortir d'un mur. Ce sont des sculptures en fonte de fer qui ornent la Fontaine des Elephants, issue du calcaire de St-Sulpice, non-loin de Chambéry. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fontaine_des_%C3%A9l%C3%A9phants.

Nous partons pour une boucle qui fait le Tour du lac du Bourget, d'abord par sa rive Est et le retour se fait par le franchissement de quelques bosses ou petits cols, dont le dernier, le col de l'Epine nous offre une belle descente de 12 km jusqu'à l'arrivée jugée à Cognin, un des villages collés à Chambéry. J'ai été surpris en découvrant un vignoble assez important au nord-ouest du lac. Je me suis permis de grapiller quelques grappes oubliées de raisins noirs. Les fruits étaient bien mûrs et sucrés. 

Pour ma part, je suis parti à 11.5 km/h environ en compagnie de Jean-Claude Le Gargasson, le 3ème de la TEFR de 2012. Après une quinzaine de km, j'ai commencé à ressentir plus vivement ma jambe droite qui m'a vraiment fait souffrir depuis le 20ème km. Je me suis mis à boiter assez fort et à ralentir d'autant. Ainsi, je me suis fait rattrapé par 20 à 25 coureurs, mon allure ressemblant davantage à un joggeur qu'à un coureur. Depuis le 45ème km, nous avions 1600 m de dénivelé à escalader, avec quelques rampes assez sévères pour une course sur route. Le temps s'est mis un peu à pleuviner, mais il n'a jamais vraiment fait froid. Au 60ème, après un arrêt wc, je repars avec de grosses douleurs dans le genou droit, comme resté bloqué. Il va m'embêter jusqu'à l'arrivée mais j'arriverai quand même à faire une bonne descente finale, vu que j'arrive de nouveau à distancer un coureur.

J'ai rencontré plusieurs amis ultra-marathoniens et ils m'ont bien encouragé à continuer. Certains étaient sûrs malgré tout qu'il me verrait à l'arrivée en étant finisher. Merci à Eric et Luc particulièrement qui m'ont dit de bonnes paroles. Luc, justement qui m'a dit avoir lu mes 3 livres déjà publié... Cela m'a fait un grand plaisir!

Chez les osthépathes, après la course, je suis allé faire une petite visite pour savoir si possible la raison du mal. Il semble que c'était l'insertion des adducteurs et la patte d'oie enflammée, aux genoux, en plus de ma cheville toujours douloureuse qui me transmet des courants électriques, comme des pointes de couteau qui me piquent. Selon les radiographies effectuées il y a quelques semaines en arrière, ce sont des calcifications et il est possible que des nerfs soient pris dedans. Donc, 12h33.42 pour mon 100 km le moins bon de ma carrière, 4h de plus que le plus mauvais jusque-là. Mais si j'ai tenu le choc, c'est que j'avais un but bien précis en courant ce 100 km. Sur ma statistique du DUV, une fois mon trail de la Vallée de Joux et ce 100 km rajouté, j'aurai atteint un de mes buts de la saison: Les 30'000 km de compétition d'ultra-marathon seront dépassés!!!!
http://statistik.d-u-v.org/getresultperson.php?runner=4910
L'inscription de ces 2 courses ne devraient plus trop tarder sur ma statistique. A bientôt pour commencer les prochains 10'000 km?

News postée le : 06.11.2017

29 oct.2017, Verticale d'Hauterive

Une petite verticale entre le lac de Neuchâtel et Chaumont, la montagne qui domine juste en dessus. Que dire sinon que le corps commence sérieusement à être fatigué des nombreuses courses de cette année. J'assure sans être vraiment avec de bonnes sensations, mais ce n'est pas encore trop la catastrophe. Ce n'est pas si facile quand on a l'impression que les jambes sont tout de suite asphyxiées et qu'il faut marcher là où on arrive à courir normalement. La météo était meilleure que prévue, après l'arrivée, on s'est fait plaisir avec Julia en rentrant au départ  en faisant un détour par le Val-de-Ruz, histoire d'avoir nos 20 km. Julia gagne en F 40-50, en 35.30, soit une minute de plus que moi exactement, qui finit 6ème de ma catégorie, rien de folichon. Peut-être qu'il manquait aussi une vingtaine de minutes pour que je me sente un peu plus dans mon élément. Celle-là était vraiment trop courte à mon goût. Mais c'est bon de se faire exploser les puls malgré tout....

News postée le : 31.10.2017

km vertical de Fully et Belfor'trail 56 km

Le week-end des 21 & 22 octobre a été des plus divers. Samedi 21, grand soleil et chaleur pour le km vertical de Fully, en contre la montre. Avec un peu plus de 43 minutes, je suis environ dans mes temps de ce printemps pour 1000 m de dénivelé, comme au Niesen ou à Réchy-Vercorin. Une 13ème place à une finale du circuit international des km verticaux, face aux purs spécialistes qui ne font pas d'ultra, ce n'est pas si mal. J'ai eu de la peine à retrouver de l'explosivité après le Tor des Géants. La fatigue ne m'a pas permis de m'entrainer beaucoup ni de m'entrainer souvent en résistance. De plus, devant moi au classement de catégorie, il y en a beaucoup qui sont bien plus jeunes en étant au début de la catégorie, au contraire de moi qui n'ai plus qu'une année en V2. (50-60 ans)

Le lendemain, contraste total avec la météo. Départ à 7h du matin pour monter au Ballon d'Alsace et faire une boucle de 56 km avec 3125 m de dénivelé, dont des tronçons aussi raide qu'à Fully, par exemple en montant un téléski, droit en haut la pente. La nuit, en forêt, s'est presque prolongée jusqu'à 8h30, tellement le temps était couvert avec un petit brouillard. Au Ballon d'Alsace et sur certaines crêtes ou passages dans les champs, à découvert, le vent était accompagné de grésil, mi-neige, mi-pluie, mi-grêlons. Il fallait baisser la tête et ne pas trop réfléchir. Les gants et le bonnet, tout comme l'équipement long n'étaient pas du luxe. Comme au TDG, j'avais mis mes Gore-Tex X-odus de Saucony et malgré des passages dans la boue ou des flaques d'eau, je n'ai pas eu les pieds mouillés. De plus, droit en bas ou droit en haut, l'accroche est excellente, il y a longtemps que je n'ai pas chaussé de si bonnes savates. Question forme après une verticale, je sentais un peu mon quadriceps de la jambe gauche au départ. J'ai été prudent avec mon rythme en début de la course, je n'arrivais pas bien à allonger sur les parties plates et roulantes. Par contre, en côte, je n'avais pas de problème, étonnamment. Mais avec le rythme lent de mon départ, je me suis retrouvé en milieu de peloton et dans les bouchons de la première côte. J'ai donc dû prendre des risques et faire des accélérations en côte, pour remonter au classement. J'ai fait pareil dès le 16ème km dans les parties planes et descendantes, car j'étais vraiment trop à l'arrière du peloton et je me sentais de mieux en mieux. Dès le 30ème km, plus une seule personne ne m'a rattrapé, ni suivi longtemps. Je gagne une centaine de places environ, dont une bonne 15zaine sur les 9 km finaux, principalement en descente, avec un long bout bien boueux. Le sol étant mou, c'est donc assez doux pour mes jambes qui l'ont bien supporté. J'arrive à une vingtaine de secondes du 6ème V2, que je rattrapais à grande vitesse. La 3ème place était à 20 minutes, sans Fully, je pense qu'elle était largement à ma portée mais je ne regrette pas d'avoir cumulé les 2 courses, Fully avait la priorité, venant en premier. Le Belfor'trail était planifié histoire de faire un long entraînement en vue des longues courses à venir en novembre-décembre. J'espère juste que ma jambe droite supporte le dur et la route prochainement, car elle me fait mal, même quand je ne cours pas. A bientôt

News postée le : 28.10.2017

Verticale du Suchet et Trail de la Vallée de Joux, 7 & 8 octobre 2017

Samedi, par un super beau temps qui nous a permi d'admirer la vue de toute la chaîne des Alpes, du plateau suisse, des lacs de Neuchâtel et du Léman, j'ai pris part à la Verticale du Suchet, 4 km pour 900 m de dénivelé. Dur dur, les jambes ont été assez vite asphyxiée malgré un départ contrôlé. Mais le Tor des Géants a laissé des traces. Le plaisir était là, c'était le principal. En perdant une minute sur mon parcours test que je faisais en 11.04 en juin-juillet, il ne fallait pas m'attendre à trop espérer. Je perds bien 4 minutes de trop en me comparant à des athlètes avec qui j'ai couru ce printemps. Il est en effet toujours très dur de passer du long au court, explosif qui plus est et de vouloir faire de bonnes performances. Mais ces verticales m'aident malgré tout à retrouver la forme et d'être performant sur les trails de moyennes ou longues distances et de monter à un rythme qui me permet de rattraper des coureurs, pour limiter les pertes de places que je fais en descente technique principalement . http://www.teamsuchet.ch/images/FilesDownloadable/Results/VerticaleResults2017.pdf
Dimanche, le trail de la Vallée de Joux avec ses 54 km et 2400 m de dénivelé m'ont presque mieux réussi... Je souffrais moins des jambes asphyxiées, il est vrai que le rythme est plus lent quand on part pour 54 km. Cela s'est quand même très bien passé pour moi dans les montées, où je remonte une dizaine de coureurs dans l'ascension principale qui nous mène au sommet du Mont-Tendre, au 25ème kilomètre. Ensuite, je gagne encore 2 rangs jusqu'à l'arrivée et j'en perds aussi 2 autres donc status quo sauf erreur. Sauf que le dernier qui me dépasse était un V2 qui paraissait être V1 à mes yeux et que je n'essaie pas outre mesure de suivre, car je subis un peu depuis le 40ème kilomètre, un peu émoussé du jour d'avant et digérant toujours mon TDG. Au final, il me prend 1 min 29 et je finis chocolat en V2 en 6h10.25, 24ème du scratch (112 H, 17 F), comme le dira le speaker à mon arrivée... https://www.mso-chrono.ch/fr/results/866-trail-vallee-de-joux/dashboard

On a eu de la chance avec le temps, sans pluie, frais mais agréable et un sol encore pas trop détrempé. Les quelques tronçons boueux n'ont pas réussi à me mouiller les pieds car avec l'Xodus Saucony Gore Tex, je garde les pieds au sec!  Belle journée suivie de belles rencontres ensuite lors du repas. Un tout beau dimanche! Et pour les amateurs de champignons, il n'est peut-être pas trop tard, il y avait de belles colonies à récolter.

News postée le : 09.10.2017

Fantastique performance de Julia aux 48h du Balatonfûred, Record mondial!

Julia Fatton a parcouru 378 km et 82,9 m (378.0829 km) durant les 48 h du Balatonfüred. Elle a dominé la course et gagné l'épreuve scratch.

C'est la 4ème meilleure performeuse mondiale avec ce kilométrage, de tous les temps, et jusqu'à il y a 4 ou 5 ans, elle aurait été la recordwoman mondiale ROUTE, car les 3 premières ont réussi leur performance sur piste.
Depuis, tout est mélangé, piste, route, indoor.
Toutefois, elle est recordwoman mondiale de sa classe d'âge des 45-50 ans.
Entre parenthèse, pour les coureurs et organisateurs, on parle toujours de record route, ou piste ou indoor, c'est l'IAU (International Association Ultramarathon) qui chapeaute le tout qui ne différencie plus mais sur les listes mondiales des meilleures performances, il est toujours quand même indiqué si la performance a été réalisée sur track (piste) road (route) ou indoor.
Sur la liste des résultats de la course, à droite de sa performance, l'organisateur a bien écrit WR Road......

Les résultats des 48 H de Balatonfüred:
http://www.emusport.hu/en/klub/emu-sport-tv-en

La liste mondiale:

http://statistik.d-u-v.org/getintbestlist.php?year=all&dist=48h&gender=W&cat=all&nat=all&label=&hili=none&tt=netto&Submit.x=26&Submit.y=8

La course n'est pas encore enregistrée sur le site du DUV (Deutsche Ultra MarathonVereinigung) qui gère les classements de chaque coureur d'ultra au monde.
Le départ a été donné vendredi matin à 10 h dans un camping de Balatonfüred, (Hongrie) sur un tracé en forme de U de 926,82 mètres.
Les premiers 24 h, elle les fait sans problèmes en accumulant 205 km.
La 2ème journée s'est bien passée, mais la 2ème nuit est toujours très compliquée à gérer en raison du sommeil qui s'abat sur les coureurs.
Elle a fait 11 pauses, entre 1 minutes 30 (assise sur une chaise) et 10 minutes, pour un total de 45 minutes de pause. Elle s'est couchée uniquement pour les pauses de 5 minutes ou plus sur un lit.
A 3 heures de la fin, je me suis dit que si elle n'accélérait pas, elle n'arriverait pas à battre son record de 367,9 km (Royan 2010). Alors j'ai commencé à l'encourager à tirer sur son corps et ne penser plus
qu'à accélérer, sans arrêt, en se concentrant au maximum et avec cette unique pensée, mais sans tomber dans les pommes.... (elle se demandait pourquoi j'ai dit ça, car je ne montre d'habitude aucune pitié
quand je la ravitaille, mais elle titubait la nuit parfois, elle était blanche comme un linge à ce moment là... et j'avais quand même un peu souci pour elle, pour une fois!!!)

Elle s'est mise donc à penser à cela en se concentrant au moins à ne plus ralentir et je la poussais aussi à remanger davantage, car à la longue, l'estomac en a marre et on a plus envie de rien, mais sans manger, on a plus d'énergie.
Alors elle s'est remise à manger et les 2 dernières heures, elle reconsomme des gels, quand même le meilleur carburant.
En la titillant sur la fierté, vu qu'elle avait battu son record bien avant la fin, je lui ai dit qu'elle pouvait battre le record de Torril Fonn, une Suédoise que l'on connait bien et détentrice du record des 45-50 ans.
D'abord, elle m'a dit, c'est pas possible, son record est trop haut (376.939 km). Mais j'avais touché son point sensible, j'en étais sûr qu'elle tenterait encore un finish endiablé et c'est ce qu'elle s'est mis à faire en faisant un tour très rapide à 40 minutes de la fin et de tenir plusieurs tours presque pareil et de fléchir un tout petit peu les 2 ou 3 derniers. Mais à 10 minutes de la fin, je savais que le record de Torril Fonn serait battu et que Julia aurait le record mondial de sa catégorie d'âge et mondial route toutes catégories.

En tant que ravitailleur, au début, j'éxécute ce qu'elle me demande de lui préparer à manger (purée de pdt, lui tendre un gel, une barre énergétique, la boisson isotonique, le coca ou des panachées sans alcool etc... )
Quand je remarque que cela fait un moment qu'elle ne consomme rien, je lui rappelle de manger ou de boire. Je lui prépare les habits qu'elle rajoute pour la nuit, et qu'elle enfile en courant. En principe, elle ne s'arrête que pour se reposer.
Elle gère elle-même au début son rythme, selon une feuille de papier avec les temps au tour qui lui indique sa vitesse en km/h.
Dès les 12 h de course, je suis plus attentif à son état de fatigue, de tempo et je lui propose souvent de manger ceci ou cela, je coupe ou j'écrase le menu de l'organisateur tout fin, afin que la mastication soit facilitée. (pâte, riz, pdt, parfois avec un peu de blanc de poulet, légume carotte, mais en supprimant les oignons, tomates, poireaux par exemple)
La nuit, je chauffais le coca-cola ou les panachées au micro-ondes, afin que ce ne soit pas trop froid et je les dégazéfie. Je rajoute un peu de sel à la purée de pdt.
Je la renseigne sur son kilométrage en allant consulter le tableau électronique dans une tente, d'abord aux 6h, aux 12h, aux 18h, puis de plus en plus souvent et finalement chaque heure et pour la dernière heure quand je la pousse à son maximum, pour chaque tour, pour la renseigner et je l'encourage sans arrêt à en perdre la voix.Ce qui est bien, c'est d'être occupé, le temps passe plus vite. Je note aussi quand elle mange, quoi, combien elle boit, combien elle dort etc...
Il faut être concentré aussi car quand on court et qu'on fait une demande, on aime bien que ce soit prêt au tour suivant, sinon ça énerve vite, je connais comment ça va. Donc, j'essaie de satisfaire toutes ses demandes au mieux.
A la fin, c'est le ravitailleurs qui pousse à faire manger ou boire et surtout à faire avancer plus vite ou à proposer éventuellement une pause durant la nuit. Quand je vois que son allure baisse trop, je lui propose de s'arrêter et d'essayer de dormir vraiment. Comme elle n'y arrivait pas, le coeur tape trop fort et ça l'empêche de s'endormir, elle se relevait et se remettait en route, souvent après 4 à 7 minutes. Elle n'a fait qu'un arrêt de 10 minutes.
J'ai reçu beaucoup de compliments pour elle des organisateurs et des coureurs, durant la course, ça faisait plaisir à entendre et ils ont vu qu'on était une bonne équipe.
Julia dit souvent que son coach est très dur. Mais elle dit que c'est le meilleur. En course, je n'ai pas de pitié pour elle. Et elle ne pensait pas pouvoir battre ce record, mais de la provoquer en citant le nom de la Suédoise, elle a trouvé les ressources mentales pour le faire. Car à la fin, ce n'est quasiment plus que mental. On est très étonné que le physique puisse faire ses meilleurs tours à la fin. C'est clair, au début on se contrôle, on gère pour durer, tandis qu'à la fin, on ne calcule plus, on se donne à fond afin de ne rien regretter. Elle avoue avoir appris ça de moi, elle a déjà gagné plusieurs places la dernière heure à divers championnats du monde dont une place ainsi au championnat du monde 2015 des 24 h de Turin dans les derniers 100 m et ce printemps à Albi au championnat d'Europe, 6 places la dernière heure....Là pour un record, ça valait vraiment la peine d'être à fond et d'avoir mal....mais à 10 heures du matin, elle savait que cette chance peut-être unique se terminait. !!!

A noter que Bernadette Benson, Canado-Australienne,  était aussi au départ de la course pour tenter ce record. Elle était au début devant Julia avant de se faire rattraper et suite à des problèmes de courir aux wc un peu trop souvent, arrêtait après 18 h. Sinon, la concurrence n'était pas très sérieuse, mais le parcours et l'organisation ayant un label de l'IAU, c'est un parcours qui attire des coureurs en quête de records personnels ou nationaux ou mondiaux etc... Félicitations aux organisateurs qui sont aux petits oignons autant pour les coureurs que les ravitailleurs. Excellente équipe très sympathique qui m'a fait plaisir de revoir après ma participation de 2011.

News postée le : 02.10.2017

Tor des Géants, 339 km, 30900 m dénivelé

Voici le Tor des Géants dans un résumé assez court... tellement il y a à raconter de cette aventure.

Après le trail de Nendaz, je suis parti m'entraîner au Val d'Aoste pour 4 jours. Le dimanche, je souffrais tellement du pied droit que je n'arrivais pas à faire plus de 20 minutes de marche avant de devoir m'arrêter, mettre mon pied à l'air, changer de semelle pour essayer une autre pelote etc.... Je suis monté à Testa Grigia par le Théodulpass. Démoralisé dans la perspective de devoir autant souffrir au Tor des Géants. Les lundis, mardi et mercredi, ça allait un peu mieux mais je devais changer de semelles toutes les 50 minutes environ....et je perds à chaque fois 3 minutes si je suis rapide. J'ai reconnu Valtournenche-Col di Nana-Frachey-Crest-Cunéaz et retour par Champoluc-St-Jacques-Col di Nana et Valtournenche, car le parcours descend sur Champoluc. Le lendemain, je fais Valtournenche-Cuney et retour. Le mercredi le Col de Malatra jusqu'en bas à Malatra et retour. Pas de problème d'altitude, ni de faim, juste le pied... et ça me prend la tête. Le samedi, une semaine avant le Tor, je fais Liliannes-Sassa-Coda-Rif. Barmaz-Col de Marmontana-Crena dei Lei-Col de la Vecchia-Niel-Gressoney Centre du village. Le dimanche, le col Lozon et le Brison en aller-retour. Je me sentais au point pour les habits, les chaussures, le matériel, le ravito... j'avais testé pas mal de choses et éliminé ce qui ne me convenait pas.

Le départ se fait rapidement pour la montée de l'Arp. La descente sur la Thuile aussi. Puis ça se calme insensiblement, avec la montée sur Deffayes et le col du Haut-Pas. Je fais la connaissance de quelques coureurs et on discute. A Deffayes, je suis juste derrière Lisa Borsani, nous sommes montés quasiment ensemble. Par contre dans les pierriers descendants du Haut-Pas, nombre de coureurs me dépassent. Le Col de Crosaties n'est pas facile mais ne fait que 800 m de dénivelé, donc, il le devient en comparaison d'autres....J'arrive à Bonne, au-dessus de Valgrisenche légèrement en avance sur mes prévisions.Je repars précipitamment.... et constate que j'ai oublié de remplir mes gourdes. Bon, la nuit tombe, il ne fait pas trop chaud, et comme j'avais bu mes gourdes pour les vider avant le ravito, je ne vais pas trop souffrir de la soif. La nuit est très fraîche et le ravito du Chalet l'Epée n'est pas si loin, je connais le parocurs pour l'avoir fait en randonnée en intégralité en vacances avec Julia, en 12 jours. Donc pas de panique...je cours depuis Planaval avec Jens Lukas, un ami, 5ème l'an passé. On ne se suit pas mais on se retrouve ici et là, au gré des arrêts, des montées ou des descentes, selon les forces et faiblesses de chacun. Je repars avant lui de Rhême-notre-Dame et me rattrape dans le Col d'Entrelor. Là, je dois m'arrêter pour reposer mon pied 2 fois, tellement il me brûle. Je ne change pas de semelle, bien que j'en ai une paire de rechange au cas où dans mon sac, car je suis parti avec celle dont je souffre le moins. C'est aussi tellement raide que les appuis, davantage appuyé sur l'avant-pied ne me conviennent pas avec mon inflammation du nerf morton. Dans la descente, je dois aussi refaire ma chaussure une fois, ça me brûle. On m'aide à relacer ma godasse. En montée, j'ai parfois tendance à perdre l'équilibre dans le final du col d'Entrelor, et à partir en arrière, tellement ça me paraît raide. Il fait nuit, cela n'aide pas non-plus dans la partie des roches à escalader juste avant le sommet du col. La descente me paraît très longue jusqu'à Eau-Rousse. Le Lozon, je le connais.... puisque je l'ai encore fait une semaine avant. Je l'attaque donc sans être à fond. Un dénommé Giulo me suit jusqu'à la chapelle, après 1h12 de montée, j'avais fait 1h à l'entraînement. Là, il part plus vite que moi pour la partie facile du col, presque à plat durant une dizaine de minutes, un quart d'heure. Au passage d'un torrent, vers la petite maisonnette de ciment (captage d'eau?) je chute en posant mon pied sur la première pierre, pourtant bien large et plate. Je me relève et rechute au passage de la 2ème. Là, je comprends qu'un film de glace recouvre chaque grosse pierre, espacée d'une cinquantaine de centimètre pour laisser le passage à l'eau du torrent de couler sans qu'on doive se mouiller les pieds. Il y en a 5 ou 6 si je crois bien me souvenir. Le sol est gelé et il fait très froid. J'ai mis mes gants chauds recouverts de la protection contre la pluie. Contre 2h35 à l'entraînement, si je me souviens bien, je mets une heure de plus en course. Il faut dire que je fais tous les contours du sentiers, enfin presque... alors que de jour à l'entraînement, il est facile de couper. Le froid me donne mal à la gorge. Je vais développé une bronchite avec des glaires infectés. Je vais tousser chaque fois qu'il fera froid. Au refuge della Sella, je retrouve Jens, mais sans plaisir. Il s'est sérieusement amoché un genou et la jambe en chutant aussi à ce fameux passage de torrent sur les pierres verglacées. Je lui propose de venir avec moi, mais il me dit être très lent en descente depuis sa chute, qu'en montée, ça va. Je crois comprendre qu'il veut continuer mais j'apprendrai que finalement, il s'est arrêté à Cogne. Pas de chance...

A Cogne,je commence à être fatigué, j'attaque la longue montée de la Fenêtre de Champorcher avec une énergie moindre et peu de coureurs sont avec moi. Un prénommé Delfino me dépasse et me dit on n'arrête pas de se dépasser. Une coureuse a de grande peine d'avancer aussi, comme 2 autres que je dépasse peu avant le haut du col. Par contre dans la descente, je n'ai pas de jus, mais la fatique se fait vraiment sentir. Je dors un peu en cabane et bois plusieurs café après une brève sieste de 20 minutes. Je commande aussi des oeufs au plat et une panachée, le serveur n'en croit pas ses oreilles. Je ne dois rien payer, malgré que cette commande spéciale ne fait pas partie du ravitaillement. Cela change beaucoup d'un coin à l'autre, mais à Niel, à Refuge Tournalin et à Crest, mes demandes spéciales seront exaucées sans que je doive débourser quelque chose.Je paierai à Lo Maggia, mais les pâtes étaient délicieuses et la portion très grosse. Vous l'avez compris, si vous vous baladez au Val d'Aoste, ce sont des lieux à recommander, il y en a d'autres, bien sûr, mais je n'avais pas faim partout ni envie de m'arrêter trop longtemps certaines fois. Je retrouve une pêche d'enfer dans la longue descente sur Pontboset et Bard. Je rattrape étrangement en descente plusieurs coureurs, d'habitude, c'est moi qui me fait rattraper dans les descentes. A Donnas, je retrouve Kurt Nadler, qui m'a rattrapé au refuge Dondenna quand je mangais. Il était bien parti un bon quart d'heure avant moi et j'ai vraiment pu accélérer peu avant Chardonney. Donc depuis là, ça signifie que j'avais vraiment un bon rythme. J'étais aussi poussé d'avancer avant que la nuit ne tombe, car immanquablement, on va moins vite, surtout si c'est technique avec nombre de roches, pierres, racines etc...Kurt me dit vouloir dormir, moi je n'en ressens pas le besoin, après ma petite sieste, pourtant très perturbée par des spasmes nerveux au pied droit. 

J'attaque après la traversée de Donnas et de Pont-St-Martin, la montée raide ponctuée de beaucoup de marche d'escaliers, en direction de Perloz. Personne ne va me rattraper, ni dans la montée suivante sur Sassa, toujours très raide avec de nombreuses marches d'escaliers, droit en haut dans la pente. De Sassa à Coda, 2 coureurs me rattrapent, mais ne font pas partie de la course. Ils s'entrainent tout en regardant les coureurs à certains endroits. La crête de 20 minutes à parcourir avant le refuge Coda est un vrai calvaire. Le vent souffle si fort que j'ai de la peine à tenir debout. C'est la premiière crête de montagne depuis la plaine du Pô. On voit très bien l'agglomération de Biella et autres cités. C'est la 3ème fois que je passe là, et ça souffle toujours fort, mais à ce moment, c'est le couronnement de ce que j'ai vécu ici. Je ressens le besoin de dormir un peu mais le dortoir est si glacé qu'après 30 minutes je vais dans la pièce d'accueil du refuge et commande 5 oeufs et n'en reçois que 2 pour 5 Euros... chère omelette qui n'en est en fait pas une. Le café tiède genre incarom n'est pas terrible non-plus. Enfin, je repars avec 2 autres coureurs dont un gars d'Aix en Provence. Je chute 2 fois lourdement de manière très rapprochée. Heureusement, sans trop de gravité, mais je pense que je n'étais pas trop bien à mon affaire, un peu fatigué et il fait toujours nuit. Le jour va se lever pour moi sauf erreur en commençant la montée depuis le lac Vargno en direction du refuge Barmaz. Depuis Coda, j'ai même pu distancer un coureur en descente! Puis je suis longtemps tout seul avant qu'un groupe de 5-7 coureurs me reviennent de l'arrière. Deux vont bien me distancer dans la montée du Col Marmontana. Pour ma part, je ne veux pas me mettre dans le rouge, donc il faut les laisser aller. Je maintiens bien ma position jusqu'au haut du Crena del Lei, le petit col très pentu après le Marmontana, mais dans la descente c'est revenu très fort derrière moi. La descente du Crena del Lei et la montée facile en direction du Col de la Vecchia, dans les cailloux ne me sourit guère, mais je ne perds pas encore trop de temps. C'est depuis la descente de la Vecchia, depuis l'embranchement pour Niel, que ma forme se gâte sérieusement. A Niel, je dors 20 minutes sous tente. Comme le jour avant en montant la fenêtre de Champorcher, j'ai un peu mal à la tête, Hier, j'avais presque une insolation je pense, car ma casquette, avec la visière en arrière et le soleil de face, j'étais très exposé au soleil. Aujourd'hui, la seule explication est je pense la fatigue qui s'installe.

La suite reprend ce que j'ai écrit sur Facebook, donc ça peut se recouper un peu au début des prochaines lignes qui ne parlent pas du début. La voici:

Bonjour, après un moment de silence radio sur FB et mon site, voici quelques nouvelles. Avec le Tor des Géants qui était mon but principal de l'année, j'avais quelques trails de préparation en juillet, août et 6 jours au Val d'Aoste pour faire des repérages d'entraînement. Le but était aussi de m'acclimater à l'altitude, de parfaire ma technique sur les sentiers techniques en descentes et de repérer le tronçon de la Tour d'Herrera à Gressoney, car je pensais devoir courir de nuit.

En effet, la nuit a commencé alors que j'étais dans la dernière descente en forêt avant Bard. La montée sur Persoz était attaquée dès 21h30 et tout allait bien jusqu'au Col de la Vecchia, puis j'ai connu un immense passage à vide, même en descente, je n'avais plus la force de courir. Mes jambes me tenaient à peine. Le col Lazouney fut difficilement franchi. Kurt Nadler me rattrape au début de la descente de col, peu pentu direction Greyssoney. Je fais une dégustation de fromage à l'alpage ravitaillement de Loo. Cela ne me conviendra pas trop, car ils sont assez vieux, donc secs et bien gras. Ils sont bons mais pas adaptés à mon estomac de coureur. Tout comme les yoghurts mangés ailleurs le premier jour, ils seront longs à digérer.. A Gressoney, je dormais une heure, je mangeais des pâtes avant et après cette sieste et me remettait un peu d'aplomb pour escalader le Col Pinter. Là, c'est le froid qui m'a vraiment gêné, le buff sur la bouche pour essayer de respirer un peu de chaud ne m'a pas empêché d'attraper une bronchite. Les cafés bus à Gressoney ou à Alpenzu me remontent sans arrêt, mais c'est un goût d'incarom qui me revient sans cesse. Plusieurs fois, je rote à la limite de vomir. J'aurais peut-être mieux fait. Ce seront les derniers cafés sauf erreur que je boirai car je me renseigne ensuite si c'est du vrai café ou de l'incarom.

La descente nocturne sur Crest m'a paru très très longue car le haut est très technique et très raide. Avec mon pied que je ne peux relever, j'ai toujours la trouille de m'encoubler car là, cela ne pardonnerait pas. (Quelques chutes, dont 2 en redescendant du refuge Coda m'ont d'ailleurs laissé des traces sur le corps, à l'épaule droite et au quadriceps gauche. J'ai fait un tour et demi avant de m'arrêter sur le sentier, plus bas. C'était dans une courbe descendante.) A Crest, frigorifié, j'ai fait une sieste d'une heure et bu soupe bouillante, 3 laits bouillants mais rien n'y faisait, j'ai grelotté 3 heures de temps. Je repars à 6h du matin, dans le froid de canard du lever du jour. A Champoluc, j'ai demandé un bouillon, mais il n'était pas terrible, pas assez chaud et en demandant qu'il ait davantage de goût, en fait après il était surtout tellement salé qu'il était imbuvable. Je repars et à la sortie du village, je commence à tituber de sommeil jusqu'à St-Jacques. Je monte honnêtement une heure de temps puis je commence à peiner sérieusement à nouveau. Au refuge du Grand-Tournalin, je constate à midi que j'ai oublié mon médicament pour la thyroïde. Je fais une petite sieste juste avant le Col di Nana et descend sans énergie jusqu'à Chéneil, au ralenti. A ce moment, je mettais en doute mes capacités à finir le Tor dans les délais samedi à 16h à Courmayeur. J'ai dû faire guère plus de 37 km en 24 heures. La nourriture ingurgitée à Grand-Tournalin ne m'a pas donné l'énergie voulue.

Finalement, je pense que le médic a fait son effet, car sans manger autre chose qu'une barre et boire un petit peu (je ne voulais pas trop porter pour la descente qui aurait dû durer 1h 15 environ au lieu des 3h30...., donc j'ai aussi souffert de la soif) je retrouve de l’énergie pour finir la descente toujours plus rapidement… A n’y rien comprendre !

A Valtournenche, une grosse assiette de pâte et un magnum acheté dans un petit magasin m'ont permis de repartir à fond. Je voulais arriver de jour à la Fenêtre de Tzan soit à 20h et j'y arrive 1 minute avant! Excellent temps de montée, très bonne descente ensuite au refuge Lo Maggia où je remange une grosse assiette de pâte (payée car pas prévu à ce ravito, mais ça m'est bien égal, j'ai vu que ça me donnait la pêche) Je dors 1h30 avant d'attaquer la montée sur le refuge Cuney à nouveau en pleine forme, d'attaquer la descente jusqu'au refuge Clermont, pâtes à nouveau en vitesse, puis attaque du dernier col avant la descente sur Oyace. Là, je remplis en vitesse mes gourdes et repars à l'attaque du col Brison.Un Chinois (la trentaine d'année) essaye de me résister mais explose après 40 minutes d'ascension et il était parti 15 minutes avant moi. La descente du Brison, je la fais en compagnie du vice-champion du monde 24h 2017, le Suédois Johan Steene et on n'arrête pas de bavarder, tout en descendant rapidement. Il me largue sur les 2 ou 3 derniers kils du gros chemin caillouteux pour les 4x4. A Ollomont, je le retrouve et mange rapidement quelques pâtes. Je mets le reste de ma portion dans un sachet plastique dans ma poche cargo. Je mangerai tout en marchant en attaquant à fond la montée à nouveau. Je suis hyper motivé car je ne fais que rattraper, aucun coureur n'arrive à me suivre en montée ni ne me rattrape en descente depuis Valtournenche. On m'apprend que Thomas Vetterli est parti d'Ollomont 30 minutes avant moi environ, un copain suisse. Donc ça motive pour essayer de boucher le trou.. je le rattrape après le ravitaillement de Goilles inférieur, et nous trottinons jusqu'à St-Rémy. Je dois juste marcher le dernier kil avant le ravito, ma jambe droite me fait souffrir comme si elle était cassée, en fait c'est les nerfs qui se réveillent, donc, quand la douleur est trop forte, je ralentis malgré ma bonne volonté, sinon ce sont de telles douleurs que j'arrive presque plus à avancer. A St-Rémy en Bosse, je mange à nouveau mes pâtes, mais mouilé par la pluie, je grelotte rapidement, donc je m'habille davantage et me remets directement en route. Thomas dit devoir dormir. Quelques Italiens, dont une femme repartent quelques minutes avant moi. Je suis sûr que je vais les bouffer rapidement. Mais voilà, ma respiration, avec la bronchite contactée les jours avant commence sérieusement à me gêner. Cela me fait même mal en respirant dans la cage thoracique. Je monte honnêtement, mais je n'arrive plus à tirer sur la machine. Une tempête de neige dure 30 à 45 minutes, je grelotte malgré la montée et l'air froid me gêne toujours davantage et j'ai toujours plus de peine à respirer. Au refuge Frassati, la Dr. trouve pas très prudent de continuer, tellement je siffle en respirant. C'est comme si je ne trouvais pas d'air. Elle me fait respirer 2x du Ventolin. Je ne vois pas vraiment de différence pour gravir les dernier 500 m de dénivelé avant le Col Malatra. Il y a 10 cm de neige et pour tenir debout, il vaut mieux marcher dans l'herbe recouverte de neige que sur le sentier devenu très boueux et glissant. Je peine vraiment dans la partie sommitale du col, très raide pour les derniers 70 m de dénivelé. Au versant sud, heureusement, il y a nettement moins de neige. La partie avant le refuge Bertone me semble interminable et malgré 3 gels depuis Frassati, je crève de faim. Je me rappelle alors mes pâtes dans mon cornet plastique et je les mange. La descente de Bertone à Courmayeur me semble même facile malgré un sentier pleins de cailloux fixes, surtout. A Courmayeur, je me trompe au premier rond-point, comme d'autres et fais un détour de 500 m environ. Sur le moment, j'ai cru que ça faisait un kilomètre.... Je suis stressé de savoir que je risque de perdre une place à cause de cette erreur. Alors j'essaie de courir aussi vite que possible jusqu'à l'arrivée, après avoir stoppé une auto en me mettant en travers de la route, les bras écartés avec mes bâtons pour la forcer à s'arrêter. Le jeune m'indique la route à prendre au prochain carrefour et de suivre tout droit. Je risque de confondre le tout droit avec la droite et je lui fais remarquer que c'est à sinistra (à gauche) pas destra (droite) mais lui, il m'a dit tutto dretto.... comme quoi, si j'arrive à me débrouiller en italien, il est des moments de stress où on risque de faire tout faux car on ne comprend pas tout exactement. Ce stress de finir en trombe me fait respirer de plus en plus mal, jusqu'au point de ne plus pouvoir courir. Je me vois contraints de marcher les 200 ou 300 derniers mètres, à la limite de l'asphyxie. Enfin, la ligne, c'est terminé.... Une tente chauffée m'aide à patienter en buvant du thé bien chaud avant que je me fasse rapidement conduire par un bénévole jusqu'à mon hôtel. J'avais réservé une chambre depuis le jeudi.... mais j'espérais arriver avant 10h du matin, pour finir en moins de 4 jours

Finalement, je peux m'estimer heureux d'avoir terminé en 107h39 minutes et 43 secondes, car lors de mon passage à vide, le fait de vouloir finir avec mon tempo de 1.5 km/h était complètement utopique. Je finis 7ème en V2 après avoir couru longtemps, en se passant et se repassant avec Delfino, le 4ème, juste sous les 100 heures, aussi une barrière enviée par beaucoup de coureurs. A retenter... il a fait froid mais nous avons eu la chance qu'il y ait que très peu de précipitations. Le départ a été paraît-il très rapide par rapport aux autres années. Je me sentais bien en montée, mais j'ai peut-être aussi été un peu rapide ou plutôt stressé dans les ravitos où je ne me suis pas correctement ravitaillé les premières 24 heures. Les gels et barres ne me conviennent pas vraiment sur du si long. Ce peut-être des encas entre deux, mais il est nécessaire de manger des pâtes et de prendre le temps d'avaler de bonnes portions. La pêche que j'ai eu sur la fin le prouve. Idem pour dormir, pour moi, ne dormir que 20 à 30 minutes sur cette course ne m'a pas suffit au début, car l'énergie était rapidement loin. Avec mes problèmes de nerfs qui me font sursauter au pied droit quand je suis couché, il me faut au moins 30 minutes pour que ces spasmes se calment et s'espacent suffisamment pour que je puisse m'endormir, même si mon sommeil en est toujours perturbé. Soudainement, je tressaute à nouveau....Enfin, l'oubli de mon médicament pour ma thyroïde ne m'a pas aidé non-plus. Avec la fatigue, on n' est pas toujours suffisamment conscient. Cela m'a obligé par exemple d'avoir ma réserve de piles dans mon sac, plutôt que de prendre le nécessaire pour chaque nuit. C'est ce que j'ai fait dès la 2ème nuit. J'espèrais terminer avant 20 h à Courmayeur, mais je ne savais pas que c'était si long sur la fin. Quand j'ai mis ma frontale vers 20h15 après Malatra, en forêt avant Bertone, j'ai vu que les piles étaient presque plates, je ne les avais pas changées. Mais heureusement placées dans ma poche de pantalon, je n'ai pas perdu trop de temps car je n'ai pas dû les chercher dans le fouillis de mon sac. Au niveau équipement, après bien des essais d'habits et de chaussures, et selon la météo assez fraîche annoncée, je suis parti en pantalon salomon assez léger. L'avantage est que je n'ai pas dû m'arrêter en cours de route pour m'habiller le bas, hormis pour me protéger de la pluie le dernier jour et pour passer le Col Lozon où il avait fait très froid, en passage nocturne. Des gants de jardinage en caoutchouc et tissu m'ont protégé continuellement les mains contre la dégradation de la poignée des bâtons qui rendent les mains noires et contre les chutes et le froid. De plus, la tenue des bâtons est meilleure, ils glissent moins en mains. Depuis Greyssonet, j'ai même pris un pull de plus au matériel obligatoire car j'avais vu au Lozon que c'était limite. Avec la fatigue, on est aussi plus sujet à avoir froid. Et même lors de la montée du Pinter, avec 4 couches, je grelottais, alors que j'essayais d'aller aussi vite que possible pour me réchauffer. Le buff et un bonnet et même le capuchon de la veste couvraient ma tête. Mais le vent fort qui y souffrait nous transperçait.

Quand ça allait mal, je me suis souvenu qu'au Spartathlon, un finish d'enfer m'avait valu de rattraper 22 coureurs sur les derniers 39 km. Là j'en rattrape plus d'une quarantaine sauf erreur sur les derniers 100 km. Il n'y a eu que les 3 coureurs partis juste avant moi à St-Rémy que je n'ai pas rattrapé. Le Français qui termine derrière moi montait mieux que moi Malatra, mais peinait en descente sur Courmayeur. Sans mes pâtes ressorties de ma poche avant Bertone, j'aurais eu de la peine à finir, car Bertone était un peu loin pour attendre de me ravitailler. En tout cas, j'ai fini plein d'énergie et au final, je passe au-dessus de la douleur pour les derniers 2 kilomètres sur l'asphalte à Courmayeur. Après, c'est autre chose....La première nuit, assommé, j'ai dormi comme un chef. La deuxième, les spasmes des nerfs m'ont régulièrement réveillé. Musculairement, ça va, c'est une grosse fatigue qui s'abat, donc, coool pas de stressss, bien mangé, beaucoup discuté avec les copains hier et aujourd'hui, j'ai récupéré mon sac et je vous livre mes impressions, tranquille en chambre. Je ressors tantôt pour voir les derniers arriver et aller croquer un morceau avec les copains.

Cette préparation m'avait bien pris du temps, c'était la raison pour laquelle, FB et mon site internet avait été laissé de côté, sinon, c'est vite des heures de sommeil en moins.... A la prochaine!

News postée le : 16.09.2017

Trail de Nendaz du 26 août 17

3ème de ma catégorie, en 10h45.17, 18ème du scratch, j'étais assez content compte tenu des problèmes avec mon pied droit qui s'enflamme dessous et dessus au niveau du gros orteil et de l'orteil d'à côté. J'ai même changé de semeilles en cours de route, car l'inflammation du nerf Morton était trop violente. C'est juste intenable. Je naviguais en 3 ou 4ème position de ma catégorie presque jusqu'au sommet de la course, au 30ème kilomètre. Finalement je faisais une fin de course bien meilleure avec la partie roulante et revenais sur plusieurs coureurs à Siviez, à 7 km du but. J'attaquais franchement sur cette partie très roulante, avalais de concert la méchante petite bosse finale et plongeais sur Haute-Nendaz après avoir dépassé 4 coureurs, dont un de ma catégorie, assurant ma place sur le podium. Il m'a bien fallu 30 minutes pour que les douleurs au pied droit me permette de retrouver la paix, malgré un bain dans le petit torrent adjacent pour tenter de refroidir le pied. J'ai appris par un coureur qu'il était possible de se faire opérer de ce nerf Morton sans le risque de ne plus pouvoir courir. J'ai le nom d'un spécialiste... je vais en parler à mon médecin. A bientôt, Tor des Géants....

News postée le : 16.09.2017

Ultra Trail du Barlatay 87 km, 5400 m dénivelé

Vendredi soir à L'Etivaz, l'orage gronde très fort et les pluies sont torrentielles. Avec la météo qui se déchaine de la sorte et le parcours déjà partiellement marécageux, rien de bon ne se présage pour les pieds premièrement et l'entier du corps. Un premier départ à 21 h sera suivi par des trombes d'eau et un nouvel orage vers 21h40. Moi j'attends sagement le départ de 23 heures, couché dans ma voiture, avec le bruit des gouttes s'écrasant sur la carrosserie. Rien qui ne me donne envie d'aller courir. Il fait nuit, bien évidemment et la promesse d'être trempé en moins de temps qu'il ne faut pour le dire annihile ma meilleure volonté. Toutefois, à 23 heures, je suis au départ avec une petite vingtaine d'autres passionnés. Le gros de la troupe s'est élancé 2 heures plus tôt. J'ai choisi le départ de 23 h pour courir un peu moins longtemps de jour, pensant pouvoir atteindre les Diablerets et la limite horaire dans les délais. Je cours avec un imperméable mais il fait vite chaud dans l'ascension de la première bosse. Toutefois, je suis content d'être un peu au chaud, même si ça me fait transpirer davantage. Par moment, je mets aussi le capuchon, lorsque la pluie reprend de l'intensité. Avec le brouillard qui s'installe au Col d'Arnon, on ne voit pas toujours d'une balise à l'autre, pourtant assez rapprochées. Mais en suivant la direction générale, on n'a pas de risque de se perdre. Aux Diablerets, j'arrive avec plus de 50 minutes d'avance sur le cut off. J'ai couru depuis le Pillon avec un coureur et on profite de discuter et de faire mieux connaissance. Je repars à l'assaut de la montée de La Palette et en forêt, malgré les bâtons, on fait parfois du surplace tellement c'est gras et pentu. Les bras font un gros travail pour éviter de glisser en arrière. Il faut aussi bien choisir ses appuis, de préférence sur des cailloux, des minis replats ou des racines apparentes et éviter les parties terreuses, glissantes comme une savonnette mouillée. Au sommet et sur la crête qui suit, c'est le brouillard, il faut être bien attentif. Toutefois, il y a de nombreux bénévoles et ils nous donnent la direction à suivre avec quelques explications pour éviter toute erreur. Je n'aurai pas de problème si ce n'est un changement de direction pourtant bien indiqué, mais je suis focalisé sur des drapeaux plantés sur un promontoire, vrai cul-de-sac, donc mon erreur ne m'aura coûté que 300 m aller-retour. Je connais quelques soucis avec ma jambe lors des descentes, elle me fait mal à nouveau depuis la semaine qui a suivi l'Xtrem de Montreux, avec la reprise des entraînements. J'avais espéré qu'elle était guérie, mais il paraît qu'on ne guérit jamais vraiment de nerfs détériorés. Donc, cela m'empêche de descendre aussi vite que je l'aimerais, des appuis trop forts accentuent la douleur. Et plus on va vite, plus les chocs se font ressentir. Je monte heureusement bien, et rattrape pas mal en montée. Un problème d'estomac me perturbe durant 3 heures de temps en fin de nuit - lever du jour. J'ai de la peine et du dégoût pour manger. Du thé sucré dont je remplis une gourde me fera le plus grand bien et me remettra l'estomac en place. Après avoir fait le Pic Chaussy en descente direction les Diablerets lors de l'Xtrem de Montreux, cette fois on l'attaque à la montée, donc en sens inverse. On passe sous les paravalenches, attention parfois à la tête. Cette montée abrupte me convient assez bien. Les seuls coureurs qui me rattrapent sont ceux du 46 km et ils en sont environ qu'à mi-course alors que nous, les coureurs du parcours de 87 km,  avons 52 km au bas de l'ascension.Au 3ème ravitaillement, au Col des Mosses, mes pieds étant plus que mouilés et ressentant quelques problèmes de plis je décide de changer de chaussettes et de chaussures. Il était possible de déposer un sac pour les 4 ravitaillements de la course. J'ai opté pour le 1er et le 3ème, sans devoir utiliser l'option de changer quoi que ce soit aux Diablerets. J'avais bien entendu déjà les pieds mouillés, on pataugeait depuis le départ sur certains tronçons dans des champs détrempés, dans des parties marécageuses parfois, sur des sentiers défoncés par les vaches avec aucune variante possible sur les côtés car le sentier taillé dans la pente. On avait évidemment aussi nombre de nouveaux torrents à traverser ou les existants si grossit par les eaux que les cailloux prévus pour les passer sans trop se mouiller les pieds étaient sous l'eau. Heureusement, en mode compétition, on ne réfléchit pas trop et on y va, tout en essayant de choisir ce qui est le moins boueux possible. Aux Mosses, il me faudra bien 15 minutes pour effectuer le changement de chaussures. J'avais tellement de peine à enlever ma première chaussette, raideur oblige et chaussette mouillée assez moulante, que j'ai demandé de l'aide à un ravitailleur personnel de coureuses du 46 km. J'ai gagné 4 minutes rien que pour ça. Les problèmes vont venir pour finir la course avec d'intenses douleurs sous le pied droit, pourtant habitué à ces semelles orthopédiques et la pelote qui me permettait de courir depuis novembre 2016. Là, les pieds vont me brûler. Je vais m'arrêter plusieurs fois, ponçant sur des arêtes de cailloux ou le coin de planches de banc en bois le dessus de la pelote. A chaque fois, cela va mieux mais ne dure qu'une vingtaine à trentaine de minutes. Je recommence l'opération 3 fois encore jusqu'à arracher le fin reste de ce support collé sur l'avant-pied de ma semelle. Je finirai les 2 dernières heures avec des douleurs supportables. Le fait aussi d'être arrêté, le pied à l'air durant mes interventions sur ma semelle aidait à mon pied de retrouver une situation non-douloureuse. Mais après un pic de douleurs juste après avoir enlevé la chaussure. Un moment, je me suis demandé si j'allais pouvoir terminer. Mais à une vingtaine de km de l'arrivée, après 13 heures d'effort, je ne tenais pas à saboter les efforts fait précédemment jusque-là. Donc il me fallait trouver une solution. Un moment, j'ai même pensé d'enlever mes semelles. Sans semelles orthopédiques, il y a encore 2 mois, mon pied brûlait déjà après une douzaine de kilomètres courus. Je ne comprends donc pas très bien mon problème. 

J'atteins l'arrivée après 16h02.05, 21ème du scratch, 4ème homme 2 (V2) un peu déçu du classement car j'aurais pu accrocher le podium sans mes problèmes qui m'ont fait perdre pas mal de temps. La forme était bonne, je l'ai constaté lors des montées mais je n'avais pas les moyens avec le bas de ma jambe et mon pied droits de courir à ma guise en descente. Le premier, Jean-Philippe Tschumi met 11h10, 52 minutes devant le 2ème, un sacré temps! La première femme, Vanessa Armelao, que je n'ai vue qu'après 500 m de course finit une minute derrière moi en 16h03. Quelques uns n'ont pas pris le départ et il y a plus d'une vingtaine d'abandon. Course très bien organisée dans un village de 200 habitants et il y a 220 bénévoles ! Juste magnifique! Mais c'était dur, en raison des conditions nocturnes de pluie et du terrain hyper gras qui nous abiment les pieds. https://www.mso-chrono.ch/fr/results/786-super-trail-du-barlatay-181908/dashboard

News postée le : 20.08.2017

Xtrem Trail de Montreux, 163 km, 12'000 m de dénivelé + -

Chateau de Chillon, vendredi 28 juillet, 6 heures du matin, environ 160 coureurs s'élancent pour le tour des alpes vaudoises. Soit, comme le mentionne le speaker, un coureur par kilomètre. Le temps est couvert mais agréable, les lampes frontales sont allumées car c'est encore un peu sombre. Le début de l'effort débute par une mise en bouche d'un peu plus de 1'000 m de dénivelé jusqu'à la Dent de Jaman. Suivront en grande ligne, La Lécherette, Le Pic Chaussy, Le Col du Pillon, Les Diablerets, Le Col de la Croix, Solalex, Anzeindaz, Le Col des Essets, Le Col des Pauvres sur l'arête des Savoleyres, Frénières, Gryon, Villars, Le Chamossaire, La Forclaz, Leysin, Berneuse, Le Col des Chaudes après une arête bien technique au sentier étroit, Les Rochers-de-Naye, Caux et l'arrivée à Montreux. Des paysages à couper le souffle, sur le Léman depuis plusieurs points de vue, ou sur l'arrière pays, bien vert et montagneux ou sur les falaises des Diablerets, des Muverans etc....
Me sentant en forme, c'est tout naturellement que je me suis rapidement retrouvé 7ème dans la première ascension, profitant des passages bien pentus pour dépasser de nombreux coureurs. Comme j'avais reconnu dans ces coureurs, Andrea Huser, je me suis dit que je partais peut-être un peu vite et que je risquais de le payer cash ensuite avec une baisse de régime. En fait, j'ai bien tenu toutes les montées, rattrapant toujours ceux qui me dépassaient en descente ou dans les parties très techniques. Quand Andrea Huser me rattrape, à La Lécherette, je repars du poste juste avant elle. Elle ne me dépassera que grâce à une partie plane sur une portion de route avant l'entame de la montée du Pic Chaussy. Je ferai cette ascension dans sa foulée, 30 mètres derrière, au même rythme. Au sommet, alors que je m'arrête une dizaine de secondes pour boire à ma gourde, je la perds de vue. Le sentier très aérien, même des cordes sont posées pour nous aider sur certains tronçons, demande de l'attention de notre part et il n'est pas trop conseillé de lever la tête pour observer la concurrence. Je ne la reverrai pas, elle descend comme un chamois entre les paravalenches dans la pente. Je gère assez mal ma boisson sur ce tronçon, car je le croyais plus court et j'arrive au col du Pillon avec une grosse soif. Auparavant, je me suis trompé de chemin, comme d'autres et doit monter droit en haut la pente pour retrouver le sentier. De boire au ravitaillement de grandes quantités de liquide me met au bord du vomissement, mais ça passera sans que cela arrive. L'Isostar était peut-être aussi un peu trop concentré. A Solalex, au km 70, nous avons nos sacs qui nous attendent à la base de vie. Je change de chaussures, de semelles orthopédiques aussi car mon pied droit chauffe terriblement dans les montées, au niveau du nerf Morton, à l'avant-pied. Ce sera un changement pour rien car il ne m'apporte aucune amélioration. Dans les montées, ça me fait mal quand la pente est très raide et que les appuis sont donc plus appuyés sur l'avant-pied. Je navigue de la 6ème à la 9ème place en fonction du profil. Arrivé à Pont-de-Nant, une terrible montée nous attend pour finir sur l'arête des Savoleyres avant de redescendre au Col des Pauvres. Je rattrape 2 coureurs dont un Irlandais avec qui j'étais parfois depuis le début de course. Je crois qu'il abandonnera par la suite. La nuit m'accueille alors que je suis quasiment hors de ce tronçon très technique, dangereux par endroit si on ne fait pas attention aux nombreux trous entre les blocs de rochers à escalader. La lumière de fin de jour est magnifique, presque irréelle, donnant une teinte spéciale aux rochers des Muverans. Le Léman est aussi visible et paraît immense. Je me trompe à nouveau au Col des Pauvres, cherchant le balisage. Je fais demi-tour assez vite en apercevant un panneau qui indique Nant, soit un retour en arrière. Je remonte un pierrier sur 300 m et trouve le panneau et le balisage indiquant la bonne direction. Dans la nuit, il n'est pas toujours facile de trouver son chemin. Arrivé à Frénières, en compagnie de Gilles, nous nous trompons en suivant la route en direction de Bex, ne voyant pas la flèche peinte au sol, à côté de la route où on doit bifurquer, car pour ma part, je cours du côté gauche et l'indication se trouve à droite. Et quand on est deux, le deuxième suit parfois bêtement le premier... et s'il se trompe, eh bien le mouton se trompe aussi.

Nous perdons temporairement 3 places selon la bénévole du stand de Gryon et elle est toute fière de nous dire que 2 femmes sont devant. Oui, lui dis-je la deuxième, c'est ma femme. Elle pensait nous vexer, mais je suis moi, fier de la mienne, donc son petit accent et effet n''en a pas sur moi. Bien sûr, nous sommes déçus d'avoir perdu environ 12-14 minutes dans l'aventure. Je repars seul en montée, Gilles me rattrapera à la faveur de la descente en forêt avant une remontée sur Villars-sur-Ollon. Nous rattrapons Julia. Nous continuons ensemble jusqu'au ravitaillement et des banderoles de chantier, similaires au balisage nous induisent en erreur dans le village. Nous cherchons la suite du chemin, on reperd vite 5 minutes avec des aller-retours. Avec Julia, nous sommes très rapides au ravitaillement et repartons devant Gilles. Nous mettrons 50 minutes de plus que lui pour rallier La Forclaz, nous trompant 6 fois.... et nous téléphonons 2 fois au PC course. A Frénières, nous avions déjà appelé le PC course, cela fait 3 appels. Mais ne sachant pas bien expliquer où nous nous trouvons, cela prend toujours un certain temps pour se faire comprendre et savoir la direction à prendre. Il semble qu'il y ait eu du débalisage sur ce tronçon. Parfois, durant plus de 10 minutes, nous n'en voyons aucun. Puis un petit bout de rubalise est à nouveau présent ou un fanion dans l'herbe. On pense que la course est fichue pour nous, on enrage un peu, mais moi je suis déterminé à vouloir aller au bout de toute manière. J'espère juste que je n'ai pas perdu ma place de premier V2, que j'occupe depuis la Dent de Jaman, soit le début de l'épreuve après la première montagne à escalader. Je vais bien sûr perdre la grande partie de mon avance sur le futur 2ème. Depuis Leysin, le 125ème km, 2ème base de vie où nous pouvons à nouveau profiter de notre sac personnel, nous changeons rapidement de chaussettes, de chaussures et pour moi de semelles orthopédiques, car le pied me brûle toujours en fin d'ascension. Les passages dans la rosée de l'herbe non-fauchée nous détrempe les pieds et les passages boueux n'arrangent pas les choses non-plus, comme les traversées de ruz ou de torrents. Nous mangeons quelques pâtes, le tout en vitesse, je recharge mon sac de gels et de pâtes de fruits pour avoir du carburant rapidement assimilable et facile à avaler. Julia me propose d'aller de l'avant dans la montée sur Berneuse, maintenant qu'il fait jour et que le balisage semble de nouveau au point. Elle m'avait déjà proposé cela de nuit, mais je ne trouvais pas que c'était bien quand on se perdait tout le temps. Là, j'accepte et je suis conscient que mon avance ayant fondu sur Kurt, il me faut préserver cette maigre avance du mieux possible, car je suis persuadé qu'il descend plus vite que moi. Et la course finissant par 12 km de descente depuis les Rochers-de-Naye, il me faut avancer le plus vite possible dans les montées afin d'augmenter si possible l'écart avec Kurt. Julia ne peut suivre mon rythme en montée et elle se trompera encore une bonne fois, perdant environ 15 minutes à un petit col où moi, je cherche aussi mon chemin, perdant bien 5 minutes. J'aurai encore quelques hésitations mais la suite sera mieux marquée. Une arête très technique avec un sentier très étroit au-dessus d'une pente de plusieurs centaines de mètres de haut me voit encore pétouiller, parfois pris de vertiges et de début d'insolation. Je n'ai pas remis ma casquette le matin après avoir enlevé mon buff qui coiffait ma tête la nuit, pour être plus à l'aise avec la lampe frontale. Donc, je m'arrête, je prends ma casquette et profite de boire de petites gorgées, bien conscient qu'à ce rythme, il me faudra plus de 2 heures pour arriver au prochain ravitaillement depuis le dernier, donc il me reste encore une bonne heure sous le soleil de midi - treize heure. Je crois savoir d'après des amis que je n'ai plus qu'une dizaine de minutes d'avance sur le 2ème V2. J'ai repris encore Gilles dans la dernière ascension et on m'indique que le coureur portugais Bérek Moraix n'est que quelques minutes devant,pas bien du tout.

Je fais très vite au ravitaillement du Col des Chaudes pour attaquer la dernière ascension menant au Rocher-de-Naye. Je vois des coureurs qui arrivent à toute allure, et je crois d'abord que c'est Kurt qui fonce sur moi.  En fait, c'est le premier de la course des 60 km et un gars qui le suit pour s'entraîner, enfin, qui tente de le suivre... car il file léger comme l'air dans les cailloux du sentier montant. Depuis les Rochers-de-Naye, je tente d'accélérer progressivement au fur et à mesure que le sentier se fait toujours meilleur. Je suis sur le point de rattraper le 6ème mais en me voyant, il se remet à courir comme un dératé. Il va me prendre 20 minutes sur les 9 derniers km de descente. A Caux, je me ravitaille encore et me renseigne des kms restants. Je m'étonne par mon rythme rapide dans certains secteurs délicats, techniques et pentus. J'ai aussi la trouille qui me poussse à me surpasser. Je ne tiens pas à me faire rattraper si proche du but, ayant été en tête toute la course en V2. Les gorges qui nous amènent à Montreux sont de toute beauté, sauvages avec de nombreux pontons. Des randonneurs sont présents et m'encourage. D'autres coureurs du 60 km me rattrapent et me disent qu'il n'y a personne derrière, que je ne dois pas m'inquiéter. Mais si Kurt descend quasiment aussi vite qu'eux depuis qu'il a été dépassé dans le haut, cela signifie qu'il n'est pas loin derrière non-plus... et qu'ils ne peuvent pas le savoir donc ne pas pouvoir me renseigner correctement. L'excès de confiance n'est pas ma tasse de thé et je sais que seul le franchissement de la ligne d'arrivée me soulagera, donc je ne baisse pas l'intensité de mon effort, de ma concentration, de ma volonté à rester devant malgré les parties techniques et la descente qui le favorise. Sur certains tronçons très technique, comme l'arête des Savoleyres, nous mettons environ 30 minutes pour 500 m. Cela fait drastiquement baisser la moyenne et d'autres passages sont aussi bien dévoreurs de temps.

J'arrive à 16h06 après 34h06.02 d'effort à l'arrivée, 7ème du scratch, premier V2, avec 7 minutes d'avance seulement sur Kurt Nadler, un peu plus d'une heure sur Pascal Pittet, 3ème que j'ai vu entre La Lécherette et le Col du Pillon, parfois à ma hauteur après des descentes. La concurrence rapprochée de ces 2 coureurs m'a obligé à rester concentré tout au long de la course et l'arrivée a été une réelle délivrance. Les parties techniques me font perdre pas mal de temps sur des coureurs de même niveau, car je peine toujours plus à lever davantage ma jambe droite qui ne peut relever le pied.

Julia termine 2ème femme, en 34h51.56, 10ème du scratch. Ce fut un tout bon week-end au niveau résultat, au niveau paysage, joie de courir malgré quelques couacs de balisage, que s'est-il passé entre Villars et la Forclaz? Il semble que des menaces anonymes concernant du sabotage serait entreprise, selon les dires d'un ami coureur bénévole sur la course. Je pense que cela a été une des raisons de certains problèmes de manque de balisage. Mais c'est une toute belle course qui je pense est bien partie pour grandir encore. Andrea Huser gagne chez les femmes, 2ème du scratch à seulement 4 minutes du vainqueur Sangé Sherpa qui met 29h35.40. Ce sont les 2 seuls coureurs qui terminent sous les 30 heures  http://cmontreux-trail.ch/fr/courses/la-mxtrem-160/

http://montreuxtrail.livetrail.net/classement.php?course=MXT160&cat=scratch

News postée le : 01.08.2017

K2 vertical de Villaroger (Tarentaise) du 23 juillet 17

Le dimanche 23 juillet 17, dans la Tarentaise, nous avons avec Julia participé au double kilomètre vertical, soit 2000 m de dénivelé pour 7.6 km. Le départ à eu lieu à 1220 m à Villaroger et nous avons atteint l'arrivée au sommet de l'Aiguille rousse à 3220 m, après avoir escaladé les pistes de ski bien pentues, de vrais murs par endroit qui m'ont bien convenu. C'est là, dans ces passages que je rattrapais le plus de coureurs suite à un départ où bon nombre partent trop rapidement, et qu'il faut ensuite dépasser, à travers l'herbe, car le sentier était alors occupé par une file indienne. Jusqu'au premier tiers environ. Un passage sur glacier m'a fait perdre quelques 50 secondes sur un concurrent que je suivais. Après le glacier, notre écart s'est stabilisé, j'ai un peu manqué de confiance dans l'accroche de mes chaussures. Nous finissions par un névé et une partie rocheuse et de nouveau un petit névé. En 1h46.22, j'ai avalé cette ascension où on a pas trop le temps de reprendre son souffle, c'est vraiment de l'intensif. Cette course comptait pour l'European Challenge K2 et la concurrence était rude. Je termine 46ème au scratch, 6ème V2 à 3.52 du podium de ma catégorie. 385 coureurs classés sur 387 au départ. Le vainqueur, Yoann Sert a mis 1h23.34 et prend 6.09 minutes au second! Un vrai bouquetin!!!! Preuve que le K2 était relevé au détriment du K1, avec mon temps à mi-parcours, j'aurais été classé à la 5ème place sur le K1, manquant de concurrence. Julia termine 6ème femme, 3ème de sa catégorie en 1h58.43, 107ème du scratch. La descente s'est faite en téléphérique jusqu'à Arc 2000 et la fin s'est déroulée à pied. Le vent contraire nous a parfois retenu lors de l'ascension. Il était parfois violent et au sommet, les coureurs ne s'attardaient pas au ravitaillement, mais se dépêchaient de s'engouffrer dans un téléphérique.

http://www.l-chrono.com/resultats2017/tps_k2.pdf  http://live.l-chrono.com/raceevent/tps-k2-2017/

News postée le : 31.07.2017

Sky Race de Montgenèvre, 60 km et 4050 m de dénivelé du 15 juillet 17

Magnifique trail tracé dans de superbes paysages à cheval parfois sur la frontière et en Italie voisine. La montée initiale pour se dérouiller les jambes et les poumons jusqu'au sommet du Chaberton nous a très vite agréablement réchauffé. Le thermomètre affichait 10 degrés et le petit vent nous glaçait dans nos cuissettes et t-shirt. La descente de la dernière partie dans la caillasse exigeait des talents d'équilibriste pour ne pas partir avec les cailloux. Trail avec de nombreux passages dans les rochers, mais sentiers en général assez larges et avec peu de secteurs vertigineux, dangereux. Toutefois, les descentes sont toujours assez casses-pattes avec de nombreux cailloux ou des racines qui n'attendent qu'à tordre des chevilles. Météo ensuite très agréable, repas d'après-course très convivial Belle journée bien réussie avec une deuxième place pour moi en V2, 18ème du scratch en 9h38.52, à 10 minutes du 1er V2, 17ème.
Julia termine 1ère de sa catégorie V1F, 2ème femme, 20ème du scratch en 9h45.58. Le vainqueur Nicolas Lambert a bouclé l'affaire en 7h20.03, la première femme Christelle Bard fait un résultat canon en se classant 4ème en 8h18.02.
J'ai bien souffert du dessous de pied droit avec de nouvelles semelles orthopédiques. Par chance, j'avais prévu une semelle de rechange dans mon sac et après une vingtaine de km, je me suis arrêté dans la descente avant le 2ème ravitaillement pour faire le changement. Par la suite, c'est mieux allé. A remarquer que ma jambe droite me fait de moins en moins souffrir au niveau du péroné-tibia ou des tendons, nerfs, devant et derrière la jambe. Seul le nerf Morton de dessous le pied ne veut rien savoir pour ne pas se faire remarquer. Les longs appuis en côte me donnent la sensation de brûlure et parfois en descente aussi.

http://www.trailenbrianconnais.com/sky-race/resultats    

News postée le : 31.07.2017

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