Vous êtes le 175453 ème visiteurs

NOUVEAU LIVRE !

COURIR À PERDRE LA RAISON

 

ULTRA RUNNING MAN

 

LES ETATS D'AME D'UN COUREUR POETE

 

LA RAGE DE COURIR

Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


SwissPeaks 360, du Glacier au Léman, 362 km, 26'500 m dénivelé

Le Swisspeaks 360 m’a comblé cette année, 1er V3 et 17 au scratch en 112h56 min après une belle remontée depuis le 224e km situé au ravitaillement de Planproz où je fais mon dernier vrai roupillon, d’une heure. Une dernière sieste de 15 minutes à Conches au-dessus de Morgins me permettra de tenir jusqu’à l’arrivée du Bouveret.

J’ai été accompagné par un autre coureur, Benjamin, depuis Champéry pour finir le travail à 2. Les derniers km sont toujours très ou trop longs donc cela nous a bien aidé de ne pas être seul pour ce tronçon que je n’apprécie pas spécialement, car un peu trop tortueux à flanc de coteaux. La pluie et le brouillard et le vent depuis les hauts de Champéry n’on rien arrangé non plus au niveau du plaisir. Les nombreux messages reçus par différents canaux du net alors qu'il me restait plus de 20 km montrent le décalage qu'il y a entre le spectateur et le coureur. Pour moi, tant que je n'avais pas passé la ligne, il n'était pas question d'être euphorique. Il fallait finir avant tout. Une chute est si vite arrivée et j'en ai fait l'expérience encore sur la crête frontière qui domine les pistes de ski, enfin, le domaine skiable de Châtel, quelques kilomètres auparavant. La pluie avait rendu le calcaire particulièrement glissant et par 2 fois, je n'ai rien vu venir, je me suis retrouvé à terre, parmi les roches affleurantes. Elles peuvent vite faire mal si un genou tombe dessus. 

Mais comme je suis heureux d’en être arrivé au bout ! Car c’est assez monstrueux comme effort en dormant un minimum, 7 siestes pour 5h25.

Mais revenons au début de l'aventure; Mon hôtel était situé à 50 m de la ligne de départ. Chambre mansardée du 3ème étage, avec vue sur la vallée descendante et sur la rue principale avec l'arche de départ. A 9h30, mon sac est enfin prêt et je réponds encore vite fait à quelques messages et e-mails sur mon iphone. Dans une demi-heure, on part... je me baisse, me relève un peu sec et me tape la tête sur une arête d'une poutre de la mansarde, un bon coup qui me fait voir un peu les étoiles. 
Je confie mes sacs aux bons véhicules, qui pour l'arrivée, qui pour les bases de vie. Je me place dans le peloton et discute avec Cornelia jusqu'au coup de pistolet libérateur. Je trottine et il me semble ne pas avoir de jambes, la sensation est mauvaise. Est-ce l'appréhension de ce parcours que je trouve monstrueux? Il est clair que ces 2 derniers jours, j'ai profité de travailler dans mon jardin pour penser à autre chose, Est-ce cela qui va me coûter une grossse frayeur? Après 33 minutes 30 et environ 339 m de dénivelé,  c'est le souvenir que j'ai de mon écran consulté juste après l'événement qui m'a presque bloqué le dos en lumbago. En tirant un peu plus pour grimper des hautes marches de pierres, j'ai senti que mon dos se tendait subitement. Je connais bien ce phénomène, car je suis abonné aux lumbagos depuis mes 40 ans. J'arrive à en éviter certains en protégeant mon dos des courants d'air, l'hiver principalement, mais parfois il se bloque par un faux mouvement, comme en 2018, en me relevant des WC, le jour avant les 100 km de Seregno. Durant une heure, je ne sais pas trop ce que ça va donner, mais il va finir par se détendre. Toutefois, je vais ressentir une piquée entre les vertèbres quelques fois durant la course, mais cela ne va plus m'inquiéter. Mais non, pas ça... pas maintenant, non... sont les premiers mots qui me sont sortis quand cet épisode a failli me laisser sur le carreau. 

Une chute qui m’a vu me fêler une ou 2 côtes au début en tombant sur ma gourde. Je vais détendre un peu le serrage du sac pour éviter des frictions douloureuses sur le côté droit, vers les flottantes. A l'heure où j'écris ces lignes, une semaine après mon arrivée, j'ai toujours mal et peut-être davantage qu'en courant! Tant mieux, mais je n'y comprends rien. 

Une autre chute en bas du Col de Barberine qui me fait comme un Caran d’Ache sur la cuisse gauche et où je casse un bâton carbone.
Avec un seul bâton, ce n'est pas facile, donc je vais essayer de trouver un remplaçant. A la vue de piquets pour barriière électrique, en bas du Col d'Emaney qui suit, je me dis que ça peut faire l'affaire. Le fil est entouré autour de cette tige plastique qui a l'air quand même assez solide et haute d'environ 1 m 10. Je me fais secouer 2 fois en essayant de libérer le piquet et j'abandonne. Le courant n'était pas trop fort, au contraire de la barrière à moutons, grillagée en fils, que j'avais soulevée au Chummerfurgge, le Col qui suit la Blinnental au-dessus de Reckingen, le 1er jour. Ce jour-là, j'ai soulevé la barrière en déplantant un piquet afin de la passer par en dessous, c'était un quadrillage et non 2 ou 3 fils tendus. Le hic, c'est qu'en prenant le piquet par la pointe métallique qui sert à le planter dans le sol, j'ai repris une décharge assez forte, j'étais au sol en train de passer et j'ai failli tout lâcher mais au dernier moment, je l'ai encore tenu afin d'être sûr de ne pas être empêtré dans la barrière et de prendre d'autres décharges. Heureusement, l'espace entre les décharges était assez grand pour que je n'en subissie qu'une. Mais elle m'avait bien secoué le bras et l'épaule. 

Retour au bas du Col d'Emaney. Ce piquet électrifié est donc resté en place... mais par chance, en montant davantage, je trouve plus haut quelques piquets au sol. Un est fortement abimé et je soulage un peu ma conscience en me disant qu'il est moins dommageable que les autres. Il va me servir à garder l'équilibre. Je vais le déposer à l'arrière d'une ferme, peu avant Champéry, au côté d'un autre. J'avais un peu mauvaise conscience mais je ne suis pas sûr que sa pointe à qui les renforts latéraux pour la stabilité étaient cassés, le fasse encore tenir correctement. 

Pour en revenir aux 2 chutes principales, aucune des 2 ne m’a vraiment freiné même si par moment j’avais de la peine à lever la jambe gauche.
La petite sieste de 15 minutes m’aura un peu libéré du mal à la jambe qui faisait retenue en escaladant les dernières bosses, dont celle de Bellevue au-dessus de Morgins. Brouillard à nous la cacher intégralement, la vue!. J’aurais dû faire cette sieste à Morgins déjà car le rendement était mauvais avant d’être à nouveau étrangement assez fit après ce quart d’heure à roupiller. C’est assez incroyable de voir les effets rapides du dormir, même très court.

J’ai mangé partout où il y avait du chaud qui nous était proposé. Les pâtes et les pdt sont les carburants que j’ai préféré. La tartiflette avalée goulûment à Fleschboden au km 70.6, à 23h dimanche soir environ, je crevais de faim, m’est restée sur l’estomac. 12 h de temps à avoir de la peine à souffler pour cause de ventre très gonfle pesant sur les poumons. Cela me coûtera momentanément une bonne quinzaine de places de perdues. Je naviguais à ce moment là tout proche de la 70e place. Je faisais ma plus longue sieste à Lengritz de 1h35 pour cette raison, je me sentais mal.

Jusqu’à Eisten arrivé vers 13 h lundi je n’avais pas retrouvé un bon feeling. Soit plus de 12 h après la double portion de tartiflette, par ailleurs très bonne mais indigeste pour moi en courant. J’avais un bloc compact de fondue, me semblait-il. A peine Eisten quitté, où j'ai mangé des pâtes sauf erreur, ou était-ce autre chose, que je remarque un coup de fatigue. La montée à Hannigalp est très pentue par endroits... donc je m'accorde 20 minutes avec réveil du natel par sécurité de me réveiller. Mais 15 minutes plus tard, je me réveille spontanément... enfin, à cause d'un hélicoptère. Un de mes suiveurs sur internet m'a demandé pourquoi mon gps était resté bloqué un moment en sortie de village d'Eisten. C'était ma sieste, tout simplement, dans le parc à dalles de pierres taillées, en attente d'acheteurs potentiels. Vraiment, on est épié dans nos moindres faits et gestes! On savait que l'oncle Sam et l'oncle... disons Vladimir nous espionnaient mais même Paul Jacques et Jean en sont capables. Ok, si on tombe au fond d'un ravin, ça peut être utile...

Au niveau des anecdotes, je me trompe de parcours 2 fois. En montant le Col de la Meina pour me rendre à Chemeuille, nous passons par le lac d'Arbey. Là, le bistrotier me hèle, m'encourage et me demande si je veux boire un coup. Volontiers, dis-je, mais pas un coup de fendant! Un café, oui, très volontiers. J'ai fait vite mais le rythme que j'avais jusque-là depuis Evolène s'en trouve cassé. Je ne retrouve pas ma niaque du début de montée. Un fanion à la croisée de chemins m'induit en erreur, il est dirigé pour la gauche, bien que je sache que Chemeuille se trouve plutôt sur la droite. Mais il ne faut pas se fier trop à ses connaissances du terrain, parfois le tracé prend des détours. Eh bien c'était faux. Après 4 minutes environ de montée, je me rends compte que je n'ai plus vu de drapeaux depuis un moment. Je sors du sentier et essaie de voir à travers la forêt et une combe si je vois le tracé dans le sens opposé, soit sur la droite du carrefour où j'ai eu un doute. Forêt trop dense, combe trop pentue, je me décide à faire demi-tour. Je redescends. Au carrefour incriminé, je me rends compte que le fanion a été déplacé sur le sentier qui part à droite et à 150 m devant moi, je vois 2 coureurs avec qui j'étais au ravitaillement de La Sage, 7 km auparavant. J'arrive juste après eux à Chemeuille, où nous sommes 4 coureurs à manger des röstis. Toutes sortes de boissons occupent la table. Je bois une gorgée de bière d'une petite brasserie valaisanne par curiosité. Je bois de quoi juste humecter mon palais de Jägermeister, pour voir si je retrouve le goût des plantes qui composent ce breuvage soi-disant fait de plantes alpines.

Est-ce cela qui va me faire chanceler 100 m sous le col de la Meina, environ 50 minutes plus tard, au point d'avoir de la peine à passer le col ? Ou est-ce mon attaque assez franche depuis Zinal à l'assaut de Sorebois et ma montée rapide au départ d'Evolène que je paie? Toujours est-il que j'ai de la peine... Mais rassurez-vous, ce devait être de la fatigue, la quantité d'alcool était bien trop infime pour que ce soit ça, mais je me suis posé la question quand même. Toutefois, dans la nuit qui suit et qui me voit gravir les derniers mètres du Col de Louvie, je cale de nouveau à quelques 100 m du passage du col. Même symptôme, je repars presque parfois en arrière, en perte d'équilibre et le souffle est court. Avant Lengritz, c'était pareil la première nuit de la course, mais j'étais mal en raison de la tartiflette. Là, je ne comprends pas trop, sinon que ce doit être la fatigue. J'ai peut-être aussi trop peu mangé au ravito du Grand-Désert. Cela faisait un bout depuis la Grande-Dixence et c'est un petit ravitaillement et j'ai pas été trop inspiré par les aliments proposés.

La vie d'ultra traileur en course non-stop sur de grandes distances est toujours faites d'imprévus, d'impondérables, quoi qu'il en soit... cela fait partie de l'aventure! 

Mais revenons a notre banc de ravitaillement de Chemeuille. La vue est magnifique sur la Dent Blanche et le Cervin un peu plus loin, un peu plus petit, un peu moins impressionnant que dans son angle le plus connu. De là, on voit l'épaule à plat qui part en direction de l'Italie. Question vue, c'était tout aussi impressionnant depuis Sorebois ou le Col du Torrent, en début de journée. C'était le Bishorn, le Weisshorn, le Zinalrothorn et l'Obergabelhorn, le Besso et son glacier assez proche que l'on pouvait admirer. La vue méritait qu'on y consacre quelques minutes aussi pour reprendre son souffle avant de plonger plus bas dans la vallée suivante qui nous happait pour continuer l'aventure Swisspeaks. .
La 2ème erreur de parcours intervient avec un fanion planté devant un tunnel... au-dessus de la Grande-Dixence. Je vais parcourir environ 1 km dans cette douce montée non pas au ciel étoilé mais au plafond rocheux. Regardant derrière moi, je ne distingue aucune lumière. J'étais un peu étonné de n'en pas voir devant moi, car il me semblait suivre 2 gars à 200 m depuis la Grande-Dixence. J'appelle en criant 2-3 fois, personne ne me répond. Bon, me dis-je, tu t'es trompé. Pas de course à la descente, il me faut un peu plus de 6 minutes pour revoir non-pas le jour, je suis parti à 23h45 de l'hôtel situé en contre-bas du barrage, mais la nuit sombre au plafond infini. Une lumière passe devant la porte, juste avant que je sorte de mon tunnel. C'est un Anglais, je vais le rattraper quelques minutes plus tard. On discute, on monte jusqu'à la cabane de Prafleuri ensemble. Plusieurs lampes sillonnent devant moi, la nuit noire, sur ce qui est le sentier que je connais. Je rattrape ensuite Alexandra et Ludovic, du Loir et Cher, on discute un peu jusqu'au ravitaillement du Grand-Désert. Lui avait aussi fait les 24 h de Tullins. Le monde est petit. Il y a aussi Théodore, sur la course, qui était bénévole à Tullins. Mon erreur du tunnel m'a coûté un quart d'heure et celle d'avant Chemeuille 10 minutes à coup sûrs. Au poste du Grand-Désert, le bénévole du ravitaillement m'apprend que le tunnel que j'ai emprunté ressort à la Cabane de Prafleuri et que j'aurais ainsi pu le suivre. Moi, j'avais presque peur d'arriver à Verbier où je ne sais où... C'est ainsi, sur de longues courses je me trompe parfois, je ne contrôle pas tojujours assez bien aux carrefours si je suis sur le bon sentier, la bonne direction... je fais trop confiance à un fanion planté pas forcément à la bonne place et le rappel de la bonne direction par un autre fanion ou autre marquage n'est pas toujours visible sans faire déjà plusieurs dizaines de mêtres. Bien sûr c'est à éviter, car on fait déjà suffisamment de chemin, mais ça ne va pas changer beaucoup au classement, 15 à 30 minutes d'erreur, même si après coup, on se dit ben mince, j'aurais pu gagner 2 places... mais la tactique change alors aussi, car on se retrouve avec d'autres personnes et tout devient différent, 

Sinon plusieurs fois j’ai accéléré après avoir évalué le temps à parcourir pour arriver à passer un col de jour ou en partie de jour, en raison de la technicité du parcours et de la descente. Je pense là au col de la Meina très technique en direction de Pralong et à Bovine depuis Champex pour atteindre le Col de la Forcla à la nuit tombante.

J’aurais voulu faire pareil avec le Grand Désert et la descente du col de Louvie qui m’ont causé de grands soucis. Le haut de la descente du col de Louvie m’a coûté beaucoup de temps car j’avais sommeil et je ne tenais pas bien debout. C’était un cauchemar pour moi que de passer dans ces blocs de rochers mal empilés.

J'avais mon coach personnel qui me suivait tout au long du parcours. Jusqu'à Eisten, il me suivait mais de ce fait il était moins efficace. Depuis Eisten, il me précédait sans arrêt et ainsi il  me rappelait mieux quand boire, prendre le temps de manger, dormir un peu chaque période de 24h. Il me rappelait simplement Julia, même s'ils ne se ressemblent pas vraiment, hahaha... il est ci-dessous en photo avec mon sac à dos. 

Le balisage était ok malgré beaucoup de manque parfois. Les vaches se servaient des fanions pour en faire des chewing-gums. Le vent a pris sa part aussi et le passage des coureurs avec les bâtons qui traînent en arrachent d’autres.

Mais grâce aux nombreuses, aux innombrables lépiotes élevées poussant le long du tracé, nous n’avions qu’à les suivre, elles me faisaient de l’œil à moi en tout cas. Elles me narguaient comme les autres nombreux bolets des mélèzes orangés, cèpes de Bordeaux, chanterelles, écailleux et tricholomes nus pieds bleus pour les plus remarquables. Ils me savaient dévoué totalement à mon effort et me riaient au nez, qui le seul profitait un peu de leurs parfums. Les yeux étaient comme un chien fou qui ne sait où donner de la tête pour attraper une balle magique qui rebondit ça et là et ailleurs encore et toujours.

Un chat sauvage semble avoir fuit devant moi dans la gorge du Diable avant Finhaut, de nuit. Là, Julia va me renseigner sur ma position de catégorie. Jusqu’alors je n’avais aucune idée qui pouvait-il avoir dans ma catégorie pour m’éviter toute pression. Je ne voulais rien savoir de cela avant le départ et jusqu’à ce moment. Mais je me sentais d’attaque et plein d’énergie. Rapidement je vais combler les 3 km qui me séparent du 1er, Adrien. La nuit était moins froide que les précédentes et propice à l’effort sans avaler d’air trop froid dans les poumons.

Une fois dépassé dans l’ascension précédant Emosson, je vais continuer à faire le trou dans la très raide montée du col de Barberine. J’avais des jambes de feu, j’arrivais à escalader droit en haut.

Je prends pas mal de risques dans la descente car 2 lampes frontales me suivent à 5 minutes environ. Si je sais qui est sous la 1ère, j’ai peur que Adrien ait retrouvé du punch et se lance à ma poursuite. Il m’apprendra qu’il était dans une très mauvaise passe, lors de la remise des prix.Ce n'était donc pas lui. 

J’ai discuté beaucoup dans la première partie de course quand je n’étais pas seul. Un dénommé Laurent parlait souvent tout seul. Moi qui le suivait dans la fin d’ascension depuis Fiesch, je trouvais ça bizarre, ça me dérangeait. Je regrettais ma montée en solitaire dans le calme.

Une raclette à Blüomatt est venue compléter 2 omelettes et ses pdt. Je repars avec 4 pdt dans les poches de mon porte dossard à poches Salomon. j'ai longuement hésité à manger cette raclette, j'avais peur de connaitre un événement pareil à la tartiflette. Mais rien ne se passe. La montée sur Forcletta sera assez désagréable en raison du froid et du vent qui pénètrent dans les poumons. Je me masque avec mon buff et un serre-tête pour protéger la bouche et le nez et respirer le moins possible d'air froid. Je mangerai un des rares gels en redescendant sur le ravitaillement de Tsahelet, 8 km avant Zinal. Dans la dernière partie de descente, à partir de 1900 m environ, le froid cède enfin la place à un air plus doux et agréable. J'arrive à Zinal en fin de nuit, je dors une heure. A Blüomatt, je m'étais allongé 35 minutes, mais la radio qui résonnait dans l'étable empêchait le sommeil profond. 

De Champex, ce sont des macaronis que j’emporte dans un cornet plastique . Pour me requinquer en énergie, j’en mange parfois une poignée. J’en aurai ainsi un peu jusqu’en haut d’Emosson. D’autres fois c’est une banane que je coince en travers de ma ceinture Salomon. Durant les longs trajets entre 2 ravitaillements, j’arrive à manger plus ou moins normalement. Les gels et barres énergétiques que je porte comme réserve alimentaire de secours me dégoûtent toujours davantage.

Une semaine après, j'arrive enfin à trottitner. Le dimanche 15 septembre, je fais mon premier vrai entraînement avec une sortie de 20 km avec Julia, comptant 370 m de dénivelé. Peu, mais assez raide par endroits pour que je voie que la forme n'est pas si mauvaise, car j'arrive à courir le parcours en intégralité, ce que je doutais avant de partir m'entraîner. Je n'ai pas eu de courbatures musculaires ou de problèmes articulaires après la course, même si les derniers kms sur l'asphalte ont mûri le mal aux genoux pour le dernier kilomètre.
Par contre, j'étais assez fatigué et j'avais quelques problèmes d'équilibre en étant statique, debout ou assis sans appui.
Mais les maux disparaissent gentiment et la fierté d'avoir bien fini cette course perdurera... Quelques jours après l’arrivée, l’euphorie retombent aussi inexorablement.
Le plaisir a été intense, grâce aussi à des échanges de conversations très riches avec d’autres coureurs.
Comme toujours, j’étais content d’arriver mais regrettais que ça se termine ! Alors, à une prochaine!

L’image contient peut-être : Christian Fatton, sourit, debout et plein air  

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1130561773806905&set=a.565870560276032&type=3&theater                                                                                                                 

News postée le : 13.09.2019

17 août 2019, Swiss Alps 100 km, 5380 m de dénivelé

Et au final, il y a eu 103 km et 5680 m de dénivelé. A 8 km de la fin lors du dernier ravitaillement, on nous annonce qu’un changement avec 300 m de dénivelé a eu lieu et que ce n’est plus 8 km mais 11 km qu’il nous faudra parcourir pour rallier l’arrivée. Il faut dire que ça ne changeait pas grand-chose même si je n’étais pas enchanté. De nuit, on ne profite pas du paysage, donc je ne voyais pas l’intérêt à nous faire faire une rallonge. Mais revenons au début….

Départ sur la place d’aviation de Mûnster dans la Vallée de Conches, Gomsertal en allemand, à 7 h du matin le samedi 17 août. Le temps est frais, donc j’ai tiré mes chaussettes de compression pas trop compressantes tout en haut et mis mes manchons, un serre-tête sous la casquette et des gants fins. Je déteste avoir froid pour courir. Au fil des kilomètres, je vais enlever d’abord le serre-tête, puis le beuf autour du cou, les manchons et les gants, tout ceci dès le 4ème km jusqu’au 20ème environ. Je vais baisser les chaussettes de compression vers le 50ëme car j’ai l’impression que ça serre trop quand même, pourtant ce sont de vieilles chaussettes de compression qui ont beaucoup perdu leur qualité qui sont pour moi presque un défaut. C’est pratique pour récupérer, pour se protéger des herbes contre des démangeaisons, des ronces ou orties dans les passages sauvages à peine défrichés, du froid et c’est à peu près tout, ou du soleil si on est en train d’attraper un coup de soleil ou qu’on doit s’en protéger en cas de cure d’antibiotiques. Ceci m’était fortement conseillé après une piqûre de tique en 2015 lors du Tour de France FootRace. Donc, par les canicules, je portais mes chaussettes pour me protéger du soleil et les rares endroits, visage et genoux et mains, étaient protégés avec de l’écran total, protection 50.

Revenons au Valais… après les 22 premiers km assez rapides, avec juste quelques montées pour casser le peloton de 154 coureurs au départ, nous avons commencé la première vraie ascension avec plus de 1300 m de dénivelé pour arriver au km 33 au pied du Breithorn. (Il y a plusieurs Breithorn au Valais, celui-là est un petit qui n’a pas bien mangé sa soupe et il n’est pas trop méchant non-plus….à escalader)

Un col pas trop raide plus loin et une descente de 3-4 km nous amène à Fleschboden-Rosswald. On commence là à faire le tour d’une montagne et de monter bien raide en lacets. La vallée du Rhône est à nos pieds, je me sens géant en regardant Brig. Une vallée montant en direction du Simplon me fait un clin d’œil, ce sera une vallée à remonter dans 15 jours lors du Swiss Peaks 360, pour arriver au Bistinenpass. Comme ça à l’air facile quand on est plus haut, la vue écrase les reliefs et les difficultés. Bon, si je regarde devant moi, c’est autre chose, c’est un bon becquet de plusieurs centaines de mètres qui m’attend. Avec la pression du pied au niveau de l’articulation avant les orteils, mon pied droit s’enflamme. J’ai trop mal. J’essaie en compétition une nouvelle paire de semelles orthopédiques déjà testée à l’entraînement, mais je ne l’ai pas portée 8 h d’affilée, ni si longtemps en ascension. J’essaie de desserrer un peu ma chaussure droite, mais le talon ne tient plus assez alors. Cela fait 6 mois qu’ils essaient d’adapter une semelle nouvellement moulée chez un labo d’orthopédiste. Mais ils ne m’écoutent pas assez et je dois sans arrêt retourner pour essayer d’avoir ce que je veux… c’est usant et énervant, avouons-le.

J’avais anticipé le coup, donc je m’arrête, sors une paire bricolée par mes soins et la douleur va nettement diminuer très rapidement, ça ne va plus me prendre la tête. Nous repassons au ravito du 33ème qui devient alors celui du 54ème, après un tronçon en sens inverse sur 5-6 km. On croisait le matin les derniers du 160 km qui venaient de faire la boucle autour de la montagne, et quand je repasse à nouveau dans l’autre sens, je croise les derniers du 100 km. La boucle n’est pas très longue, seulement 5-6 km mais prend beaucoup de temps dans l’ascension très raide où les km semblent en faire 2 ou 3…. J’ai avancé qu’à 3 km/h dans la montée. Mon changement de semelles m’a fait perdre 3 minutes, je pourrais faire mieux !

Depuis le ravitaillement du 54ème c’est une partie à flanc de côteaux, légèrement montant par endroits sur un sentier extrêmement étroits où les 2 pieds ont de la peine à courir.  C’est comme si on suivait une ligne blanche, sauf qu’elle est brune de la couleur de la poussière. Mais il est impossible de poser les 2 pieds en parallèle. Cela demande un bon équilibre et il faut bien lever les jambes, car le sentier est creusé dans le pâturage en forme de U. En prenant le temps d’admirer la vue, je m’arrête quasiment parfois quelques secondes, tellement le panorama est splendide sur les alpes qui font frontière avec l’Italie. Il y a des glaciers suspendus, certaines montagnes semblent très hautes car un peu seule et en forme de pyramide. Grandiose. La descente est très raide par endroits et on voit Binn au fond d’un trou 1000 m plus bas. Là, il fait très chaud, même à 16h. C’est étouffant. Après une rapide halte pour remplir mes 2 gourdes pour 1.5 l, en avoir bu une sur place  et encore descendu le fond d’une bouteille de coca, j’ai absorbé sans problème 1 litre. Je repars bien armé avec un colt jaune dans la ceinture. Au lieu de marquer le pas, ma banane va marquer le coup et m’empêcher d’exploser en la dégustant 800 m plus haut. Prise dans ma ceinture Salomon à poches à treillis qui me sert de porte-dossard, elle ne me gêne aucunement. J’ai mangé au village de Binn quelques bretzels bien salés, une barre énergétique et quelques cacahuètes mais en emportant tout ça dans mes mains. J’ai les mains libres, j’ai fait le pari de courir sans bâtons, vu le profil et le terrain que je connais comme étant pas trop difficile, sauf peut-être la descente sur la Blinnental, dès le 85ème km, mais pour 2 km seulement. Il faut par contre être bien concentré car c’est très pentu et de nuit, elle nécessite encore davantage d’attention, car le torrent gronde sauvagement une cinquantaine de mètres plus bas, sur notre droite.

Un peu de repos avec un chemin facile lègèrement descendant nous amène à Reckingen au 92ème km, lieu du dernier ravitaillement. Et c’est là qu’on nous annonce en fait qu’il en reste 11 au lieu de 8 et que 300 m de dénivelé sont aussi en supplément…. Donc, il ne faut pas trop jeûner, même si je commence d’en avoir un peu assez des gels et autres barres énergétiques. Je repars avec une main pleine de bretzels, j’ai une réserve de gel au cas où. Le balisage est assez mince et demande plusieurs fois de chercher. Je suis peu sûr après de petits carrefours quand les rappels de balisage ne se situent que 200 m après… Mais je finis tout de même par passer la ligne et Julia arrive une minute après moi. Elle était avec moi juste avant de descendre vers le 84ème km, mais peu sûrs les 2 sur le tracé, elle a fait demi-tour alors que je faisais un droit en haut et par chance retrouvait le sentier. Mais même en criant, Julia ne m’entendait pas. Toutefois, elle me suivait ensuite à quelques centaines de mètres, juste avant de basculer au col. Les premières frontales allumées trahissaient la présence de coureurs. Elle s’égarait dans le haut du col en descente, ne comprenant pas le style du balisage. Je connaissais un peu d’y avoir passé lors du Swiss Peaks l’an passé en montant, mais c’est vrai qu’il y avait matière à se tromper. Les balises étaient trop espacées et le sentier change de côté d’une combe…

J’étais pour la 10ème fois de l’année à l’arrivée d’une course de 100 km ou plus. J’ai retrouvé une forme meilleure, ma cheville gauche semble guérie, le sciatique me fait nettement moins mal, les genoux n’ont pas trop touché dans l’articulation mais les descentes étaient assez soft, il ne fallait pas trop sauter dans les cailloux ou sur des rochers, mais essentiellement sur des sentiers poussiéreux de terre. Seul mon pied droit m’embête toujours lors de longues et raides ascensions au niveau de l’articulation et du nerf Morton. Je ne dois pas rêver non-plus, à bientôt 60 balais, il est presque normal que le balai montre des signes de faiblesse ou de fatigue.
Résultat :
Julia termine 2ème de sa catégorie, 3ème femme scratch, 14ème du scratch H/F en 17h14.56
Je termine 1er de ma catégorie, 11ème homme, 13ème du scratch H/F en 17h13.55

News postée le : 26.08.2019

Sud Tyrol Sky Race 121 km, 7556 m de dénivelé

Sud Tyrol Sky Race de 121 km et 7556 m de dénivelé

A Bozen, ou Bolzano, selon que vous optez pour l’allemand des Sud-Tyroliens ou de l’italien, nous avons pris le départ au cœur de la charmante ville, à la Waltherplatz le vendredi soir 26 juillet à 20h.

Après 2 km pour nous amener au pied de la première ascension, les choses sérieuses commençaient et le t-shirt n’a pas fait long pour être bien mouillé.
Suite à un départ prudent à plat, c’est naturellement ensuite que j’ai rapidement remonté une grosse partie du peloton puis me suis retrouvé avec des coureurs connus avec qui j’ai déjà concouru.

Après les 20 km de montée et les premiers 2000 m de dénivelé, je pointais à la 40ème place, ayant perdu un peu sur les 5-6 km de quasi plat avant de finir l’ascension nous menant déjà au 2ème ravitaillement et au 2ème contrôle.

La nuit s’est invitée après une heure environ et ma lampe ne fonctionnait pas. J’ai déjà dû changer les piles, soit je ne me suis pas rendu compte qu’une pile était retournée ou alors la lampe a dû s’allumer dans mon sac préparé une semaine avant chez moi, avant le départ en vacances. Le sac étant bien rempli, c’est bien possible qu’elle se soit allumée par une pression extérieure au sac.

Un chaos de gros blocs de pierres nous ralentit drastiquement du 40 au 50ème km. Jusque-là, des parties roulantes entrecoupées de quelques courtes mais raides ascensions, des passages en terrain marécageux et des sentiers encore recouverts d’eau ponctuaient un parcours changeant et jamais ennuyeux. Mais assez vite, je me suis retrouvé assez seul. Julia m’a rattrapé peu avant le premier sommet et elle m’a définitivement lâché au 24ème km. La technicité du chaos des gros blocs de pierres me coûte 2 belles chutes. Haut de la jambe droite comme tordu, pied droit qui se fait racler sur le dessus par une pierre tranchante, je m’ouvre le genou et l’oreille gauche qui tape sur un caillou dressé comme une tranche de pain. J’ai eu de la chance de ne pas taper trop fort mais n’ai pas pu éviter de toucher. Quelques doigts aussi amochés. La plus grande chance a été de m’arrêter sur le coin du sentier, à l’extrême de chuter 3-5 m plus bas, sur d’autres blocs. La moitié du corps dans la pente, la partie droite sur une surface m’empêchant de glisser. Après la surprise, un temps mort et rapidement, un check up pour voir comment ça va… et une bonne braillée pour faire sortir la trouille post-traumatique. La jambe faisait mal, les doigts un peu comme la tête. Mais j’ai eu une sacrée trouille après coup. Je repars boitillant, le temps que le corps redevienne chaud par l’effort et fasse disparaître les douleurs. Je me retrouve une deuxième fois à terre, enfin étalé sur ces blocs, suite au pied droit qui bute sur un rocher. A ce moment, 3 coureurs me dépassent. Aucun ne me parle ni ne me demande si ça va… Je finis par les rattraper dans un becquet et leur dit ma façon de penser sur leur sympathique esprit de traileur venant en aide aux autres ou se renseignant sur un éventuel coup de main.

Le ravitaillement du 50ème arrive juste après et j’arrive à reprendre un rythme sans trop ressentir les aléas de mes chutes. Mais je deviens un peu trop prudent quand le sentier se fait difficile.

Au 60ème km, au PenserJoch, le col routier que nous traversons fait aussi office de ravitaillement et de dépôt de nos sacs personnels. Je change de chaussures et de semelles, les pieds brûlent et mes chaussures se remplissent sans arrêt de cailloux. Je les ai vidées je pense 2 x par heure au minimum. A mon avis, le profil est trop serré et ne se vide pas facilement et des résidus de terre, des petits cailloux giclent dans mes chaussures. J’ai beau me dire, ça va aller, un moment donné, ça gêne et ça énerve alors je m’arrête rapidement et vide la savate.

A partir du 60ème km, ça va se corser… mais c’est encore acceptable malgré une mise en bouche avec une descente qui passe mal. Quelques petits lacets très serrés et à la limite de tenir debout m’ankylosen déjà. Le vide m’attire et me met mal à l’aise mais pourtant c’est encore dans l’ordre du normal sur des courses alpines. Simplement, je ne prends pas de risque et me dit, bon, c’est pas là que je vais perdre une heure, quelques minutes peut-être…. Et en effet, 2-3 coureurs me prennent une dizaine de minutes que je comble avec les 3-4 km de montée qui nous amènent au ravitaillement du 70ème km. -D’où je repars avant le petit groupe formé de ceux que j’ai rattrapé et de 2 coureurs déjà là. J’en rattrape encore 5-6 autres jusqu’à l’arête située environ 700 m plus haut, au 77ème km. De là, je vais clairement être tétanisé par le vertige. Le sentier monte-descend plus ou moins en suivant les courbes de niveau où il est possible de passer selon la pente plus ou moins verticale et les éventuels rochers qui affleurent. Certains passages se font avec des câbles, ça devient de la grimpe. Si ça monte, je gère assez bien mais si c’est descendant ou le pire descendant en biais, alors je suis compacté par la peur de me louper car le vide est là et m’attire et me rigidifie à ne plus avancer qu’à une allure d’escargot sur sable sec. Je fais un petit sommet car je loupe une bifurcation menant à un passage hyper délicat et aérien câblé. Je jure devant un tel passage car je ne trouve pas normal d’emprunter des voies pareilles où une erreur peut être fatale. Mes chutes en début de parcours ne sont pas là non-plus pour me donner confiance. Avec un terrain si difficile, c’est peut-être mieux aussi. Je mise sur la sécurité et j’ai envie d’atteindre l’arrivée par mes propres moyens mais pas en hélicoptère ambulance.

Des câbles nous aident encore à passer un col dans la dernière ascension toujours plus à la verticale à mesure que l’arête se rapproche. Mais en montant, ça joue. Par contre, de l’autre côté, sans câble et sur une centaine de mètres, il faut longer la paroi sur une trace étroite taillée dans la pente. Je suis littéralement tétanisé et j’avance au ralenti, complètement grippé m’agrippant aux roches les plus saillantes. Celles qui avancent trop sur cette petite trace nous obligent à nous tenir droit, ce qui signifie pour moi, de me rapprocher du vide. J’ai vraiment une peine incroyable. Un couple me dépasse, lui non-coureur, soutient sa femme moralement depuis le dernier ravitaillement. Je suis avec elle depuis le 50ème km, parfois devant et prenant de l’avance dans les montées, elle me rattrape presque toujours en descente. Là, je vais la perdre de vue et pourtant je finirai avant elle sans savoir où je l’ai dépassée. Sûrement dans un refuge-ravitaillement ou alors elle s’est mise à l’abri quelque part durant l’orage qui va nous surprendre 2 heures plus tard.

Je suis encore à moitié ankylosé après des tronçons si aériens et peine à descendre détendu. Ce qui n’aide pas pour descendre où il vaut mieux être souple et agile.

Au ravitaillement du 93ème km, j’enfile ma veste pour contrer le vent froid et violent qui s’est mis à souffler. J’entends le responsable qui dit au talkie-walkie que la course risque d’être arrêtée pour cause d’orage. Ayant vécu pareille mésaventure au Scenic trail de 113 km au mois de juin, alors que je me situais aux environs du 100ème km, en 39ème position sur 800 partants, donc une bonne course pour moi, je ne tiens pas à revivre cela et courir les 9/10 d’une course pour des prunes.

Mais les pruneaux vont bien me tomber sur la tête… depuis le ciel, 5 minutes à peine après être reparti du ravitaillement de la Meranerhütte du 93ème km. Des grêlons me font mal à la tête, malgré la casquette et le capuchon de ma veste de pluie. Je me protège un peu avec une main posée sur le crâne. Les éclairs et le tonnerre sont quasi couplés, le sentier rendu en quelques minutes en un torrent glacé. Par 2 fois, je jette mes bâtons à terre, la foudre ne frappant jamais très loin. Là, je me dis que j’ai peut-être fait une connerie de repartir. Dans ma foulée, un coureur italien et une coureuse russe m’ont suivi. L’Italien s’envole en descente, j’essaie aussi d’aller le plus vite possible mais les genoux sont coincés par le froid. La Russe s’abrite sous un maigre avant-toit en tôle auprès d’une cabane-restaurant d’altitude pour l’hiver et les skieurs. Rétrospectivement, je voulais faire pareil mais l’avant-toit était trop étroit et pas assez protecteur. Je trouvais également que l’eau pissant du toit m’aurait davantage frigorifié. Même en courant, je gelais… donc je m’appliquais à courir le plus rapidement possible tout en prenant bien soin de ne pas trébucher dans ces ruisseaux-sentiers. De plus, la tôle n’est pas la meilleure matière pour se préserver de la foudre. J’avais déjà souci avec mes bâtons carbone. Est-ce que c’est conducteur d’électricité ? Je n’en avais pas la moindre idée.

Malheureusement, une Norvégienne va payer au prix de sa vie, cet orage violent et soudain. Elle se trouvait aux abords d’un lac de montagne. Ses piolets dans son sac à dos. Ont-ils fait antenne ? C’est une grande fatalité car où elle se trouvait, elle n’avait pas d’autre choix que d’avancer. Il n’y avait rien pour s’abriter. Le parcours du 82ème au 93ème km ne comportait aucune maison sauf erreur et le terrain si technique avec un fort dénivelé positif et négatif nous prenait beaucoup de temps pour une maigre moyenne horaire. Pour avaler ces 11 km avec plus de 1000 m de dénivelé, j’ai mis plus de 3 heures. Il est vrai que la partie aérienne nous freinait beaucoup.

L’orage va durer 2 bonnes heures. Ma veste de pluie ne tient pas toutes ses promesses. Mes bras sont mouillés et glacés. J’ai des manchons et un t-shirt au-dessous. C’est limite. Je n’ai pas envie d’enfiler mon pull technique longues manches car il serait vite trempe en le mettant et le fait de m’arrêter me frigorifierait davantage. Les doigts engourdis ne seraient pas des plus habiles pour ouvrir et fermer le sac non-plus. Bref, la meilleure option sans protection est d’avancer tête baissée pour maintenir le corps le moins froid possible. Pour ne pas arranger les choses, l’altitude de cette partie de course varie entre 2000 et 2300 m d’altitude. J’ai hâte de descendre pour gagner quelques degrés.

Au ravitaillement du 104ème km, placé à l’intérieur d’un refuge-restaurant pour l’occasion à cause de l’orage, je retrouve quelques coureurs emmitouflés sous des couvertures. Je leur demande s’ils veulent repartir avec moi car je sens qu’ils ne sont plus trop motivés. En effet, rien à faire, ils ont décidé d’arrêter. J’essaie de les convaincre de repartir, on n’abandonne pas si près du but. Et ça va faire que descendre jusqu’à l’arrivée. Mais rien n’y fait et moi j’ai hâte de repartir donc j’arrête de les encourager. C’est vrai que ça ne fait pas que descendre, il y a un long plat avec même une remontée d’environ 200 mètres. La nuit est tombée peu de temps après que j’ai repris mon chemin. La Russe pétouille et piétine en descente avec une lampe minuscule. Plus tard à l’intersection d’une route, elle retrouve un ami et elle va me redépasser. Je la retrouve à 5 km de l’arrivée, au dernier ravitaillement qui se trouve avant la descente finale très éprouvante car extrêmement raide. Dans la seule partie non-asphaltée de cette fin de parcours, en forêt, un caillou roule sous mon pied et il me faut une dizaine de pas incontrôlés pour éviter la chute. La cheville droite a quand même un peu ramassé. Sur l’asphalte, les pieds glissent en avant dans les chaussures et ça brûle sous les pieds. Les quadriceps déjà mis à rude épreuve sont au taquet pour freiner et maintenir une vitesse sous contrôle. Le dernier km est comme je l’avais prévu, à plat. Comme il paraît long ! Surtout que j’ai cru apercevoir une lampe à une centaine de mètres derrière moi. Mais ce n’est qu’à l’arrivée que je me rendrai compte qu’il n’y avait pas de raison de stresser et de donner le maximum pour finir. Je ne verrai personne arriver dans les 15 minutes qui vont suivre mon finish. Un vélo ou un piéton équipé d’une lampe probablement, m’ont fait vibrer plus que de raison pour sauver ma place au classement.

Seul encore 9 coureurs atteindront l’arrivée. La course ayant été stoppée suite à l’accident pour les personnes se trouvant encore en altitude.

En l’honneur funeste de cette malheureuse coureuse décédée, la proclamation des résultats et la remise des prix prévue pour le dimanche matin est annoncée annulée par sms au milieu de la nuit.

Nous nous rendons dans la matinée du dimanche sur le lieu d’arrivée et apprenons un peu plus des circonstances dramatiques. Les discussions vont bon train entre coureurs rescapés et présents. A noter que Julia finit 3ème femme. Elle avait rattrapé la 3ème coureuse autour du 70ème km. Elles se sont fait un chassé-croisé pour cette 3ème place mais Julia va la distancer définitivement dans la descente finale qu’elle fait à fond. Durant cette descente, elle rattrape la 2ème, la dépasse, la maintient à distance suffisante dans le dernier km et au sprint. Arrivée, youpie, Julia pense être 2ème. Elle s’arrête sous un arche gonflable, passage de câbles au sol, elle est sûr que c’est terminé. La 3ème repasse 2ème car il fallait faire 4-5 m de plus, tourner autour d’un pilier d’arche gonflable et encore parcourir environ 5 mètres… Dommage, rien n’y fera, elle sera 3ème, ses timides explications ne lui donneront pas le droit d’être au moins 2ème ex-aequo. Mais elle accepte. Sachant le déroulement de cette arrivée rocambolesque, j’essaie de défendre ses intérêts auprès du boss de la course. Mais rien ne changera. La première avait 40 minutes d’avance sur Julia. Elle a eu la même réaction en passant sous la première arche. Leur contour à 180 degrés quelques mètres avant la ligne n’était vraiment pas indispensable ou alors il aurait fallu un officiel qui fasse un peu la circulation….

Julia finit 2ème de sa catégorie, 3ème femme scratch, 24ème du scratch H/F en 22h43
Je finis 1er de ma catégorie, 40ème homme, 45ème du scratch H/F en 27h27.

Je n’avais pas l’impression d’être hors de forme, je faisais des remontées au classement grâce aux montées mais le terrain aérien et les parties de varappes m’ont ankylosé et me font perdre beaucoup de temps. J’étais clairement choqué dans certaines parties de ce tracé.
A bientôt pour une prochaine aventure, le Swiss Alps 100 km

News postée le : 21.08.2019

6-7.07.19 X-Alpine Verbier 111 km, 8400 m dénivelé

6-7 juillet 2019, X-Alpine de Verbier (La Boucle) 111 km et 8400 m de dénivelé

Afin de dormir davantage et pensant ne pas être trop en mauvaise forme, je décide de prendre le départ de 5h et non celui de 3h. La nuit sera bonne à partir de 23h en raison d’une température plus fraîche et adaptée à cette nécessité réparatrice. Mon auto est ma chambre d’hôtel qui est lui un parking. Nous sommes presque une dizaine à avoir opté pour cette solution. Un Belge et surtout des Français avec qui je discute un peu.
A 5 h, il fait chaud, les brassières sont déjà de trop et je les replie sur les poignets. J’arrive à Sembrancher après 1h25, assez content de mon corps qui à l’air assez bien. La descente est assez agréable pour mes genoux et mon dos, car le sentier est terreux mais très sec, ce qui nous fait bouffer la poussière soulevée par nos pieds. Je fais très vite au ravitaillement où je range ma frontale dans mon sac à dos. Je sors un bout de cake que je sors de mon sac, cake qui m’avait assez bien convenu à l’Ultra Marin. C’est le reste du prix de Julia, qui faisait bien 40 cm… J’en ai un 2ème bout en réserve. La montée du Catogne me voit remonter gentiment sur quelques coureurs, je gagne plutôt des places même si je me fais aussi rattraper, notamment par la future 3ème femme, Emily, avec qui j’échange quelques mots. Dans le haut, la vue est imprenable et magnifique jusqu’au Bouveret, où on voit le bout du Léman et toute la vallée du Rhône qui y mène, avec une vue plongeante sur Martigny. Plusieurs fois, je lance mon regard au risque de m’encoubler sur des pierres plantées sur le sentier. Quelques gouttes font leur apparition, très timide et finalement préfèrent rester dans leur nuage. Cela ne donnera rien. Heureusement, car la descente est déjà tellement technique et difficile, à la limite de l’adhérence sur le sentier qui trace droit en bas, que si la pluie était venue s’en mêler, nous nous serions emmêlés les jambes et l’équilibre déjà bien mis à mal. La petite remontée avant la descente finale sur Champex a quelques passages délicats aussi, avec quelques câbles pour s’assurer et ne pas tomber dans le vide. Bien vite, je remarque que je descends mal, mon rythme n’est pas propice à une haute performance. Trop technique, ma jambe droite ressentant des douleurs lorsque je saute un peu trop au niveau de mon sciatique et de ma chute d’une semaine en arrière. Immanquablement, j’assure pour éviter ces douleurs et préserver aussi mes genoux. Ma jambe droite n’apprécie pas toujours mon pied droit tombant de devoir être si levée pour que le pied ne trébuche pas sur ces difficultés jalonnant le sentier. Il ne m’est pas possible de m’encoubler et de tomber en avant ou sur le côté, c’est trop raide pour s’en sortir indemne. Cela m’arrive quelques fois quand même sur des problèmes d’équilibre mais au ralenti, pas à pleine vitesse et mes mains réceptionnent mon corps avant qu’il ne tape n’importe comment. Mon temps sur la limite n’a plus que 35 minutes d’avance sur le délai. 4 heures depuis Sembrancher, je ne trouve pas cela bon. L’impression est mauvaise. La montée en forêt après Champex est assez fraîche mais au soleil, on sent vite la chaleur. Qui est bien présente, lourde, dès qu’on dépasse la limite forestière et qu’on se retrouve dans les pierriers. Il faut économiser sa boisson, j’ai 1.6 litres avec 2 grandes gourdes mais on aurait envie de boire plus souvent et davantage. Plusieurs coureurs sont assis pour reprendre leur souffle tout au long de l’ascension. Je mange mon 2ème bout de cake après 2h de montée, soit au 2/3 de ce tronçon menant à la Cabane d’Orny, lieu d’un petit, petit petit ravitaillement. Il reste 2 barres aux céréales farmers sur la table avec quelques misérables carrés de chocolat. J’espère qu’il y a de la réserve cachée pour les suivants, car même le sirop n’a pas de goût de sucré, donc quasiment aucune calorie de fournies par le ravito. Il était annoncé léger, il a la consistance d’un nuage, qui nous nargue toujours ici et là. Dans la descente, je glisse sur la neige et je perds le contrôle au moment de m’arrêter sur le replat du sentier, je fais un tour, perd une gourde qui miraculeusement suit la trace du sentier et s’arrête dans un trou. Si elle avait pris la trace de droite, je pense qu’elle descendait le névé et j’aurais pu y dire Adieu…, car je ne serais pas aller la recherchée 300 m plus bas en tout cas.
Si le paysage est de toute beauté, il ne m’est pas plus facile de désescalader cette montagne que celle d’avant, Le Catogne. Trop de pierres, de cailloux, d’aspérités diverses et mon orthopédie étant ce qu’elle est, j’adapte mon rythme à celui qui me donne le plus de chance d’arriver entier en bas et non-blessé. Chose faite, mais en un très mauvais temps. Je paie cher cette technicité et l’agilité manquante à mes capacités du jour. La fringale me freine encore davantage quand j’arrive au bas avant de repartir en légère montée pour La Fouly. Quelques tucs salés et un biberli appenzellois me font le plus grand bien. Merci Eric de m’avoir procuré cela, l’entraide est parfois providentielle. Mon portable sonne dans mon sac, d’habitude je ne réponds jamais en course mais il sonne longuement, longuement et j’ouvre mon sac pour faire cesser cette sonnerie qui me dérange. Julia ? J’ai répondu, voyant que ma femme m’appelle. Elle se fait du souci pour moi, voyant que ma position n’a pas bougé depuis longtemps...sur le suivi live consultable sur internet. Dans 100 mètres, je passe le contrôle de La Fouly, lui dis-je, tout va bien, enfin si on peut dire ainsi… je suis toujours en course et veut le rester mais c’est vrai j’ai vraiment merdouillé depuis Orny, pourtant sans jamais m’arrêter à part un arrêt WC en forêt.
Comme d’hab’, je fais assez vite pour remplir mes gourdes, je bois un café, en verse un dans ma gourde contenant du coca, repars avec 3 tranches de pain en réserve et en mange avec du jambon, du fromage, un peu de saucisse sèche en marchant. Le jambon passe bien car le salé satisfait un besoin sournois. Le bas du Col de Fenêtre est long avant d’entamer la véritable montée. J’ai retrouvé du punch et là, je remonte clairement au classement. La descente sur le Col du Grand-Saint-Bernard est assez courte et me convient mieux. J’essaie d’encourager à rester en course, un ou 2 coureurs parlant d’abandon. Je fais un peu de pub pour mon livre qui leur ferait le plus grand bien pour savoir gérer les situations de crise en course, par exemple. En en parlant ainsi cette année dans mes compétitions, déjà plusieurs l’ont acheté et les remarques reçues ensuite étaient très positives. Certains trouvent même à rire en lisant quelques anecdotes. Donc, si jamais…
Courir à perdre la raison est peut-être le livre qu’il vous faut pour vous motiver comme jamais !
D’avoir écrit sur la motivation m’aide à rester en course. Je me dois de rester crédible et de montrer le bon exemple. Plusieurs fois j’en ai eu marre aussi et plusieurs fois je me suis dit arrête de trop réfléchir et arrête de regarder ta montre et arrête de te plaindre et arrête d’être négatif et arrête de trop calculer ton temps d’arrivée, car oui, tu vas devoir mettre plus de temps que voulu pour atteindre l’arrivée. Et oui, avec un ventre qui a quelque chose à malaxer, cela va déjà mieux. Et oui, de discuter avec les autres fait passer sympathiquement le temps. Et oui, de s’imprégner du paysage et de l’environnement alpin que j’aime fait ressortir des sentiments positifs. Et oui, d’admirer la flore me fait plaisir. Et oui de penser que je serai hyper content d’être finisher me motive. Et oui, cela est plus fort que les états mentaux qui m’incitent de jeter l’éponge. C’est surtout dans la partie Champex-La Fouly que j’ai eu le plus de doute. Après, ça s’est bien passé à ce niveau-là, même si j’ai eu de la peine à finir la montée sur la Cabane de Mille. J’ai fait une bonne montée du Col des Chevaux, je suis descendu assez bien dans la première partie raide en lacets accompagné de Franck, qui va me lâcher une fois arrivé dans les pâturages où son agilité lui permet de courir plus vite que moi. 20 ans d’âge de différence, ça compte aussi. Une coureuse que je viens de dépasser me crie quelque chose, je m’arrête et constate que je n’ai pas vu un brusque changement de direction. Il est 22h et n’ai toujours pas allumé ma frontale. Erreur qui aurait pu me coûter cher. Je l’allume et distingue immédiatement les parties luminescentes collées aux fanions rouges, qui sont indistinguables dans la presque nuit sans source de lumière.
Depuis Bourg Saint-Pierre, je suis peut-être parti un peu fort jusqu’à la fin du chemin carrossable. J’avale plus de 5 km mais d’un coup me retrouvant sur le sentier étroit, j’ai un immense coup de mou et il me faudra encore 2 heures quasiment, comme l’indique les panneaux pour marcheurs, pour arriver au ravitaillement de la Cabane de Mille. Là, je pense qu’avec la même peine et comme un point sur le poumon droit, j’aurai de la peine à passer de Lourtier à La Chaux dans cette belle montée de 1200 m pour 4 km. Mais il faut d’abord redescendre. Encore une fois, je perds bien du temps en descente, me trompe avec 2 autres dans la pampa sur 200-300 m avant qu’on fasse demi-tour. Nous avons suivi une sente à peine visible à l’endroit de l’indication de bifurquer à gauche, mais l’indication disait dans 100 m paraît-il… Donc, nous avons tourné trop vite. Cela a vite fait 10 minutes de perdues, car on ne savait pas trop où mettre nos pieds dans des parties marécageuses et un terrain en dévers très inamical. Enfin, on a quand même rebroussé chemin et retrouvé le bon marquage. Une grosse envie de dormir m’envahit sur la partie du chemin qui finit cette descente et qui nous mène à Lourtier. Pourtant, je ne m’attarde pas, je repars avec un magnifique bout de tarte aux pommes à l’attaque de cette terrible dernière montée. Mais je l’aime. Il y a 9 ans, je faisais le meilleur temps à égalité avec celui qui avait gagné l’épreuve, mais quelques heures derrière lui. Donc, je suis plutôt positif. Mais l’envie de dormir m’incite à me coucher dans l’herbe, j’ai des pertes d’équilibre. Je me fixe déjà d’atteindre le quart de la montée, non ensuite le tiers, soit 400 m car je consulte mon gps pour voir mon avancée. Cela me motive. Finalement, je me dis je dormirai après une heure de montée, je veux faire mes 500 m. J’y arrive, ce n’est peut-être pas très rapide mais je suis content car j’ai déjà plus de 24h dans les jambes et plus de 100 km et plus de 7000 m aussi.
Et je remarque que mon envie de dormir disparaît petit à petit. Cela va mieux. J’avance ensuite à un rythme de 600 m à l’heure. Le haut est moins pentu et donc cela va modifier un peu mon espérance de temps jusqu’à La Chaux. Mais je repars du dernier ravitaillement bien décidé à me dépêcher pour passer sous les 29 heures qui me semblaient promises en descendant de Mille, au vu de mon tempo misérable. Je rattrape une coureuse au bas de la forêt avant le dernier km sur route nous menant à l’arrivée.
28h23.31 au final. Je suis très content d’avoir tenu le coup. Le speaker annonce que je suis 2ème V3. Classement inespéré et quelque peu dommage d’échouer à 2 minutes 34 du premier. Sans notre erreur en bas Mille, je ne regrette rien d’autre. Le 1er, que je n’ai jamais vu est arrivé 2h avant moi, car il est parti à 3 heures du matin. Un peu dommage que ces départs différés possible. Cela fausse la course, question température plus fraîche, nuit plus longue à courir aussi, peut-être moins de bouchons au début, d’autres paramètres dont on ne peut pas connaître l’influence font que la lutte pour une place n’est pas égale. Le duel n’est même pas connu à 2 heures d’intervalle. Bon, me direz-vous, ce n’est que pour les V3, la dernière catégorie en lice… Ok, mais une victoire fait davantage plaisir qu’une 2ème place et il faut croire qu’avec autant de temps au compteur, il y a des paramètres incontrôlables à gérer quand on atteint l’âge de cette catégorie. Le corps a quelques chantiers, ça grince du bas en haut, la souplesse n’est plus présente qu’au niveau du cerveau qui s’adapte si le corps veut absolument continuer, mais la raideur des membres et du tronc empêche de se prendre pour le chamois ou le bouquetin quand on vole plus qu’on ne court à dévaler les pentes. La volonté et l’entraînement ne peuvent plus compenser tous ces bobos récoltés au long de la vie et des kms parcourus.
C’est accepter cela où alors on ne fait plus partie des pelotons. A la prochaine, à bientôt ! Pour le moment, je continue.
La seule chose est peut-être de ne pas exagérer dans le nombre rapproché de compétitions d’ultras. Cette année j’ai fait fort. J’étais peut-être un peu gourmand cet hiver au moment de planifier ma saison 2019. Il faut dire que pour avoir un dossard sur les courses les plus réputées, les plus belles, les plus dures, les plus ceci ou les plus cela, il faut s’inscrire quand les inscriptions s’ouvrent pour pouvoir avoir le droit de courir. Le succès de l’ultra trail est immense et se développe de manière incontrôlée. Il y a de plus en plus souvent des tirages au sort. Quand je suis inscrit, quand j’ai eu mon dossard, je le respecte et respecte ceux qui n’ont pas eu cette chance. Il faut aller au bout. C’est aussi meilleur pour mon humeur et mon état mental. Là est ma faiblesse, je n’aime pas abandonner. Je digère mal ce que je prends pour un échec personnel. Donc je m’accroche. Heureusement ma deuxième partie de saison sera plus soft. Les 360 km et 26'000 m de dénivelé annoncés du Swiss Peaks seront déjà un défi immense que je réessayerai de mettre à mon tableau de chasse, après mon arrêt de l’an passé. Alors je me répète : A bientôt !

News postée le : 11.07.2019

28-30.06.19, Ultra Marin Grand Raid du Golfe du Morbihan 177km, 1100 m déniv.

C’est la semaine des canicules en Europe avec un vent chaud venant du Sahara. 34 degrés à l’ombre.
Le départ est reporté de 18h à 19h. Si on gagne un peu de fraîcheur en partant une heure plus tard le vendredi soir, ça ne va rien changer pour le samedi qui sera plein pareil à courir sous le soleil, hormis pour quelques élites arrivant dans l’après-midi.

2 semaines après le Scenic Trail de 113 km et 7400 m de dénivelé, (oui, course arrêtée j’en ai fait que 101 avant qu’on puisse rentrer en bus) je ne me sens pas en pleine forme. La chaleur étouffante ne m’inspire pas, car nous devons attendre dans le gazon une heure de plus le départ reporté. Je m’endors même 2 heures de temps à l’ombre et me réveille un peu nauséeux. La pizza de midi mangée dans le bus venant de Nantes n’est pas complètement digérée. Elle était très bonne, mais c’est gras quand même et la chaleur n’aide pas. Dès le départ, je ressens un point sur le haut du mollet droit. Sûrement une suite de mes seuls entraînements possible cette semaine, à savoir du stepper élliptique. Je me suis fait un lumbago dimanche en déplaçant des choses assez lourdes en aidant chez ma sœur, victime d’un raz-de-marée de ruz débordants et inondant leur rez-de-chaussée d’un mètre d’eau et de boue en quelques heures. Donc j’ai fait du stepper car courir m’était impossible avec les chocs et me pencher en avant sur mon vélo spinning l’était aussi. Je suis encore sous l’effet de médicaments pour faire passer le mal et ceux qui détendent sont sujets à donner des somnolences.
Je ne peux pas me plaindre pour autant, c’était soit avoir des effets d’endormissements et courir ou ne pas les avoir et ne pas courir du tout. Je suis donc au départ et mon but est de venir à bout des 177 km. La plus grosse difficulté n’a pas été la longueur, mais les misérables 1100 m de dénivelé. Car redescendre les nombreux escaliers ou trous assez raides menant aux plages ou en forêt exigeaient souplesse et sauts possibles, ce qui n’étaient pas à l’ordre du jour de mon état. Il faut s’adapter…

Venir à bout du parcours me paraît bien vite de l’ordre de la science-fiction ! Je peine à 10 km/h en vitesse maximale ! Après 24 km, j’ai déjà mal aux vertèbres dorsales, cela me fait comme des crampes dans le dos. Le lumbago est plus ou moins passé, seul un point reste présent sur le côté droit, où il était le plus douloureux mais c’est acceptable, ce n’est qu’une gêne qui me rappelle de faire attention. Le nerf sciatique, lui, est tout de suite à l’appel. Il se fait un malin plaisir de se manifester dès que ça monte un peu ou si je dois surélever ma jambe pour passer des écueils traînants sur le sentier ou escalader les nombreux escaliers qui nous font quitter la plage à maintes reprises, jouant au yoyo pour y descendre et en repartir. Les roches marines coiffées des algues laissées par le reflux des marées n’inspirent pas trop confiance pour savoir si ça glisse ou pas. Je ne m’y risque pas trop, surtout si ces rochers sont encore humides ou lisses, pas trop rugueux. La nuit va s’inviter lentement à partir de 22h20 environ dans les passages boisés. Dans les parties dégagées, il fera jour quasiment jusqu’à 22h45. J’allume ma lampe frontale à 22h50. Le profil n’est pas très important mais il est casse-pattes quand même car les petites bosses sont parfois bien raides et cassent le rythme. Les marches d’escaliers très étroites et irrégulières, sont dangereuses à la descente. Avec mon problème de sciatique qui m’empêche de bien soulever ma jambe droite, je peine et suis très prudent.
Au 60ème km environ, un petit tronçon de boue que j’ai mal distingué de nuit, me stoppe net. Mon pied gauche fait ventouse lorsque je veux faire mon pas et je trébuche en avant, la jambe droite déjà presque posée et celle-ci m’arrache un cri de douleurs. Je ressens une piqûre à l’endroit de l’insertion du nerf sous la fesse. Je reste au sol, la douleur est forte. Mon cri a fait faire demi-tour à une coureuse une trentaine de mètres devant moi qui venait de me dépasser. Le petit groupe de 3-4 coureurs que nous avions dépassé peu auparavant arrive. Ils m’aident à me relever en me soulevant par les épaules. Ils me demandent si c’est ok. Oui, c’est ok pour vous pour continuer, mais pas ok pour moi, mais je vais continuer quand même. Je clopine, je boîte, j’avance comme je peux durant 10-15 minutes et ça finit par diminuer de douleurs. Je marche ensuite toujours plus vite. Je boîte toujours et plusieurs s’enquièrent de mon état et me proposent des dolipranes. J’aurais pu ouvrir une pharmacie avec tous ceux qu’on me proposait. Certains me demandent pourquoi je n’appelle pas le no de secours. Je veux finir répond-je chaque fois. Comme ça ? Ben oui, enfin, j’espère que ça ira mieux…. Va voir le médecin au poste me dit-on aussi. Non ce n’est pas la peine, dis-je de go, il ne pourra rien faire sinon me dire ou conseiller d’arrêter et je ne le veux pas. En général, les samaritains, les médecins sur les courses sont tout contents d’avoir des clients. Si tu as cette malchance de devoir leur demander de l’aide, ils sont très enclins à bien faire leur travail, qui prend du temps… beaucoup de temps, bien trop de temps quand tu es en course et que tu veux repartir. Le mieux est de se débrouiller sans eux. Si t’en as vraiment besoin mais que ça peut attendre un peu, l’arrivée sera le moment idéal. Là, ils auront le temps de te bichonner. Là, j’apprécie leur travail même s’il prend du temps. Tu fais de belles rencontres en général très sympathiques. S’ils sont là, c’est qu’ils aiment le sport et donner de leur personne. Donc, tout est réuni pour passer un bon moment.

Ma blessure à la fesse me ralentit énormément. La nuit de 23h à 5h30 dure 6 heures 30. Je n’ai pas fait mes 30 km ! Mais plus ça va en avant, mieux je me sens. J’ai profité de dormir après le passage en mer à bord du zodiac, durant la neutralisation. C’est toujours 20-30 minutes de gagnées et rien ne l’interdit, à l’image de ceux qui m’en ont donné l’idée au débarcadère. Je m’achète dans une boulangerie un chausson aux pommes et une tranche de quiche. J’ai faim. Quand on est lent, le temps entre les ravitos est d’autant allongé mais l’estomac ne se contracte sur rien, d’autant plus s’il est vide et cela forcément si on traîne. Les gels de secours que j’ai sur moi ne me donnent pas envie de passer ma faim, comme mes barres énergétiques que je ne connais que trop bien. Si la forme est là et que je fais la course à fond, je n’ai pas le temps de me poser ce genre de question, à savoir de quoi ai-je envie de manger si l’opportunité d’acheter quelque chose est possible. Je fonce et avale soit une barre soit un gel sans me poser trop de question. Je réfléchis à cela avant de préparer mon sac et cela détermine ce qui sera à disposition.

J’essaie à chaque ravitaillement de ne pas trop traîner, car j’aimerais bien ne pas passer 2 nuits dehors et la seconde nuit sera semble-t-il très courte au vu de ma vitesse horaire. Je fais mes calculs de prévision et avec la fatigue, je m’embrouille souvent dans les chiffres qui me donnent plusieurs heures d’arrivée. Mon cerveau est fatigué. Finalement, j’arrive à prendre le rythme d’une coureuse, Nathalie, et elle me remet dans un tempo de plus en plus rapide jusqu’à ce que ce soit moi qui m’envole. A une trentaine de km de l’arrivée, j’accélère de plus en plus. Les 10 derniers kms me voient rattraper une floppée de coureurs de différents parcours, mais il y en a beaucoup du Grand Raid de 177km. J’en reconnais quelques-uns que cela fait des heures que je n’avais plus vu. Je suis proche du 10 km/h et la plupart traîne moitié moins vite et se plaignent un peu que ça devient long. Mais à la différence de vitesse, ce n’est que quelques bribes de paroles que j’entends quand je les encourage ou que je demande si tout est ok, s’ils sont arrêtés, certains faisant même une petite sieste. Je n’ai pas trop souffert du manque de sommeil durant la seconde nuit, demandant assez souvent du café samedi après-midi et dans la seconde nuit, faisant même un mélange café-coca dans une de mes 2 gourdes. Je buvais par petite gorgée quand je sentais un coup de mou. Le goût ressemble davantage à du café mais dilué ainsi, l’estomac a bien supporté ce curieux mélange.

Arrivé vers 3 du matin, mon chrono me donne 31h41, le temps neutralisé déduit. A cette heure tardive pour se mettre au lit, la nuit sera très courte. D’autant que pour me rendre à l’hôtel avec ma médaille autour du cou et après avoir essayé la bonne taille du gilet finisher, après avoir pris une douche et rincé mes chaussures couverte de poussière, qu’il me faut pouvoir enfiler le lendemain pour voyager sans avoir honte de leur saleté, le temps passe vite et ce n’est que vers 5 heures du matin que je peux mettre mon réveil pour 9h30, afin de pouvoir encore déjeuner…
La rentrée est épique, l’avion est annulé au moment où on va passer la douane. Retour en arrière, explication de l’hôtesse de la compagnie qui nous informe de nos droits si on veut rentrer avant que l’avion de remplacement soit disponible, 2 jours après ! Rentrée le lundi après-midi en TGV avec une escale de changement à Paris entre la Gare Montparnasse et la Gare de Lyon, avec le temps à la minute pour pouvoir monter dans celui qui nous mène à Bâle. Aucune agence de location ne voulait nous louer une auto, car nous la voulions en aller-simple. Certains n’en ont plus à louer mais vous laissent poireauter dans la file d’attente avant de vous dire, non, nous n’en avons plus ou non, nous ne louons pas si vous ne pouvez nous la ramener à Nantes. Le plaisir d’écouter les discours des autres clients potentiels qui s’impatientent ou qui racontent leur mésaventure au téléphone… La seule chose positive dans ce contretemps mal apprécié au travail est que nous avons pu en vitesse, lundi matin, voir l’Eléphant de Nantes et parcourir la vieille ville à pied, tout en faisant un tour express au Château et dans le Jardin des plantes, à proximité de la gare.
Vive l’aventure ! A bientôt

News postée le : 11.07.2019

8 juin 2019, Swiss Canyon Trail de 112.3 km, 5550 m dénivelé

Swiss Canyon Trail 8 juin 2019, couru bien sûr avant le Scenic Trail dont le compte-rendu est déjà en ligne...

LE trail de MA vallée, qui passe dans MON village.

Pour la 15ème fois en 24 éditions, je faisais le parcours le plus long. J’avais tâté aussi le parcours du marathon par 2 fois sauf erreur, 1 fois le relais, 1 fois « l’étape » d’une douzaine de km. Me manque encore le semi pour avoir toutes les distances de cette organisation.

Actuellement, depuis l’an passé, la plus longue distance a grandi de 75 km à 112.3 km. Le dénivelé a pris l’ascenseur de 2950 à 5550 m pour la grande distance du Trail de l’Absinthe qui du coup a pris le nom de Swiss Canyon Trail. Il faut dire qu’on parcourt quelques belles gorges humides jurassiennes et qu’on longe le Creux-du-Van, célèbre pour son cirque semi-circulaire avec des falaises hautes de 200m. Un, si ce n’est le plus beau canyon de Suisse.

Jusqu’alors, j’ai toujours réussi à tirer mon épingle du jeu et sortir un bon, voir un très bon résultat, à savoir ma 2ème place scratch de 2008, ou ma victoire en V2 de 2018 pour ma dernière année dans cette catégorie. J’espérais donc que le fait de courir A LA MAISON, me conviendrait à nouveau et ferait qu’en principe, ça joue….

Cela s’est bien passé jusqu’au Creux-du-Van, au-dessus de mon village, sur je peux dire mon terrain d’entraînement habituel qui monte au Soliat, autre nom pour le sommet du Creux-du-Van. La descente sur Môtiers m’a déjà vu un peu souffrir des genoux, comme sans amortisseurs. Immanquablement, ça me freine car c’est un peu douloureux, surtout quand subitement les os se touchent l’un sur l’autre. Cela incite à la prudence, qu’on le veuille ou non.

La montée du Chasseron s’est mieux passée, pour preuve l’hémorragie des coureurs me rattrapant s’est bien calmée et j’en rattrape aussi quelques-uns. Julia, ma femme, me rattrape peu avant le sommet. J’espérais garder contact dans la descente, mais les genoux ne vont pas mieux et un arrêt wc me font perdre toute chance de la revoir à Vuiteboeuf, le point le plus bas du parcours, aux abords de la plaine à 609 m d’altitude. Les gorges de Cottavanaz en montée me conviennent assez bien car le sentier n’est pas trop technique et je maintiens ma position, cela ne revient pas de derrière et ceux de devant n’augmentent pas leur avance, mais je peine à vouloir les rattraper. Arrivé sur les pâturages du Mont-de-Baulmes, mon pied et surtout l’articulation de la cheville gauche me font mal. Je dois desserrer le laçage jusqu’à presque en perdre le soulier quand ça devient raide. Je devrai plusieurs fois ajusté le laçage, mon pied ne supportant pas de pression à l’endroit de l’articulation de la cheville. Je vais perdre 4 fois du temps pour ça. Je trébuche quelques fois sur la crête assez technique parsemée de cailloux calcaire sur le sentier étroit. La descente sur le col de l’Aiguillon qui termine ce passage en crêtes est très abruptes et il faut être bien concentré pour désescalader certains passages scabreux fait de hautes marches ou goulets entre des rochers. On emporte avec soi la vue sur le plateau suisse, le Léman et la chaîne des alpes au loin qui est juste magnifique. La montée en direction du Chasseron, après une brève incursion au nord pour une splendide petite gorge, pour la 2ème fois mais par le côté ouest, nous permet d’admirer un paysage à couper le souffle ce jour-là, avec une luminosité très nette qui annonce un mauvais temps à venir. Je vais même me retourner quelques fois pour admirer un bout du Léman. La mosaïque des champs aux différentes couleurs est contemplative. C’est de toute beauté. Le final sera fait de hauts et de bas au niveau de mon rythme, avec des descentes catastrophiques pour les 2 dernières, en direction du village de Fleurier parmi quelques paravalanches contre les cailloux et l’ultime dans les escaliers et le sentier assez raide menant à Couvet. Je perds beaucoup de temps dans ces passages comme la descente du Chasseron sur Noirvaux.

Je serai le chanceux qui voit et cueille une belle morille jaune, une grosse boule oubliée et pas vue probablement par les coureurs du 75 km (qui en fait 82) et les concurrents du 105 (qui en fait 112.3) qui ont passé avant moi, soit environ 280 personnes ! Je confie ma morille à une amie au poste de ravitaillement de Noirvaux que je retrouve 500 m plus bas. Elle sera mangée le lundi suivant avec d’autres sur d’excellentes crôutes aux morilles, cuisinées par une amie cuisinière professionnelle. Mes enfants et leurs conjoint(e), Julia et moi avons savouré la différence de ma façon de faire, un peu basique !

Ou ça va mieux pour moi, c’est l’ascension du Chasseron et les quelques bosses qui suivent jusqu’à la fin. Je rattrape juste quelques coureurs mais n’arrive pas à reprendre tous ceux qui m’ont devancé sur les secteurs descendants. Le débours n’est pas en ma faveur. Je manque de fraîcheur aussi certainement, je ne me sentais pas dans une forme olympique. Tout ceci fait que je termine 50ème du scratch, 47ème homme et 2ème V3. Je perds une trentaine de rang depuis Vuiteboeuf. Je perds surtout de 2h à 2h30 sur des coureurs à qui je prenais 20 à 40 minutes l’an passé. La facture est salée.
Un peu de méforme peut-être mais la raison principale est je pense des problèmes orthopédiques des chevilles, pieds aux genoux, sciatiques à la fesse droite, les vertèbres un peu douloureuses aux dorsales surtout et des contractures de crispations aux épaules. Quand ça coince dans les jambes quelque part, la position corporelle n’est peut-être pas optimale et je le ressens dans le haut du corps qui se met à coincer aussi…. L’effet cascade. Je vous l’ai dit, son nom est Swiss Canyon trail. La plus belle cascade est celle de Môtiers. A l’an prochain ?

News postée le : 11.07.2019

15.06.2019 Scenic Trail 113 km, 7400 m dénivelé

A Tesserete, au nord de Lugano était donné dans la nuit de vendredi à samedi, le départ de ce trail. Initialement prévu à minuit, le départ est reporté à 1 h du matin pour orage annoncé et bien présent. Quand nous partons, il ne pleut plus, le sol est bien mouillé et les chaussures glissent sur l'empierrement du sentier fait de gros pavés irréguliers, soit des pierres naturelles. Je pars dans la masse, car une semaine après le Swiss Canyon trail de 112 km, j'ai un doute sur ma forme.

L'air est très lourd, épais, humide et je transpire abondamment. Petite alerte avec ma frontale qui n'éclaire pas bien alors que j'avais mis des piles neuves après l'Ultr'Ardèche, peut-être que ma lampe s'est allumée dans un sac. Heureusement, j'en ai une autre mais j'ai oublié de tourner les piles, justement pour pas qu'elle s'allume. Je perd un peu de temps pour essayer de l'ouvrir. L'élastique sort de la fixation de la pile et je vais descendre, la lampe à la main. Au moins, elle éclaire bien avec ses piles neuves.

Après la première montagne escaladée et redescendue, une longue ascension nous amène au Mont Tamaro au 31ème km. J'y arrive alors qu'il fait déjà jour depuis une heure environ. Je suis remonté au classement au fur et à mesure de l'ascension mais je dois être dans le premier tiers seulement. La descente est longue jusqu'au Monte Ceneri et parsemée de nombreux cailloux et rochers que mes genoux n'apprécient pas. Mes jambes ne sont pas souples et comme sans amorti et de plus, tous ces cailloux m'empêchent de bien courir autrement qu'un escargot sur terrain sec à la montée. Oui, je perds énormément de rang et de temps. En bas, je me sens fatigué et les jambes en compote. Le changement de rythme et la transition terrain-route est difficile. Je me sens courir carré. Après avoir passé le ravitaillement du Mt. Ceneri du 41ème km, la route quitte notre programme qui retrouve ses sentiers et je me mets à rattraper plusieurs coureurs, déjà motivé d'avoir retrouver au stand du ravito plusieurs personnes qui m'avaient dépassé en descente. Au 51ème km, beaucoup de monde à la cabane de montagne qui fait office de base de vie et de ravitaillement. Je n'ai pas déposé de sac, je remplis mes gourdes, bois une bière sans alcool et repars avec des petits sandwichs au fromage et au jambon. Ils passent bien et je me ressens le ventre à nouveau habité. Je commençais sérieusement à avoir faim. Pourtant à chaque poste, j'avais mangé mais je ne trouvais pas des choses qui me convenaient, hormis la boisson isotonique. Des pains au nutella ne m'ont pas trop convenu avant, alors que j'aurais voulu du salé.

Je laisse sur place une bonne trentaine de coureurs, peut-être davantage et en rattrape encore une vingtaine dans la montée très raide, avec des bouts de câble, de corde ou de chaîne qui suit sur les prochains 600 m de dénivelé. Et je résiste dans les parties planes et dans la descente qui suit en forêt, d'abord peu raide avant de trouver de fortes déclivités et de slalomer dans les prés recouverts de fougères. La raison de ma bonne descente, comme plus tard aussi, est que le terrain est terreux, couvert de feuilles ou de brindilles de sapins, ou herbeux et que les parties techniques sont rares et cela convient mieux à mes genoux et à mon pied droit.

Je remonterai encore plusieurs coureurs au classement avec la très longue montée qui nous mène jusqu'au 80ème km. Le soleil tape fort sur la route et sur les prairies sans arbres. La vue depuis le matin donne sur plusieurs vallées et j'y perd mon Nord. Nous avons vu Lugano et la vallée du Ceneri, le bout du lac de Locarno et la vallée remontant à Bellinzona, des vallées italiennes vu que nous longeons la frontière sur la ligne de crête nous faisant redescendre du Mont Gazzirola situé à 2115 m, sommet du trail.
Dans le village d'Isone, une vipère repte sur la route, bien vivante, alors qu'une autre, bien plus grosse était morte dans les lacets nous menant à l'alpe del Tiglio. Mais la morte, ça ne se voyait pas qu'elle avait passé le dernier cap, m'a plus surpris que l'autre. J'ai aussi vu un rassemblement de chanterelles peu avant Isone et ses camps militaires. Juste sous un hêtre, bien visibles car toutes groupées serrées, comme une trop belle cible à ne pas louper, pour un champignonneur. Mais je n'avais pas envie de changer de métier à ce moment de la compétition. J'étais bien occupé à ne pas perdre des rangs en descente et à rattraper même d'autres coureurs.

Peu après San Lucio, ravitaillement du 85ème km, nous apprenons que la course va être stoppée au prochain ravitaillement pour cause d'orage. Orage prévisible, précisons-le. J'arrive au 91ème km, il y a des coureurs qui attendent devant le refuge-bistrot de Pairola. Pourtant le ciel est clair dans la direction où nous allons et nous pourrions profiter encore des heures de jour, car il est 19h25 quand j'arrive. Mais nous devons attendre. On entend que la course va peut-être être arrêtée. Pourtant, avec un ciel qui s'assombrit, à 19h30, nous pouvons reprendre la course. Déjà 20 minutes plus tard, des coups de tonnerre résonnent à une dizaine de km. Puis se rapprochent toujours davantage. La nuit tombe, nous allumons nos frontales et croisons dans un pré un membre de l'organisation qui nous dit que c'est l'avant-dernière bosse, que toutes 2 font environ 350 m de dénivelé. Nous devons être autour du 96ème km lorsque nous sommes presqu'au sommet et qu'il pleut depuis quelques minutes à verse avec des coups de tonnerre très locaux. La foudre s'abat une fois à quelques mètres de nous, à l'épingle d'un sentier. Les coureurs plus rapides ont fait demi-tour et redescendent de notre côté. Il semble que quelqu'un a reçu par téléphone l'odre de faire demi-tour. C'est la débandade jusqu'à ce qu'on se réfugie sous un abri pique-nique, dans le pré. De là, nous devons rejoindre le poste de ravitaillement du km 100, situé à quelques 300 m, à travers le pré. Re-attente d'une heure environ. Finalement, nous devons tous descendre à pied, compétition stoppée jusqu'à Villa Luganese, le village plus bas. Nous aurions facilement eu le temps de passer si nous n'avions pas été bloqué quand on nous a stoppé la 1ère fois. Le ciel n'était pas sombre, l'air pas électrifié, l'orage était bien loin et au nord à ce moment-là.

Ensuite ça a été un peu la panique dans les ordres reçus.
Mais vraiment incompréhensible dans l'élaboration du classement. 22 coureurs ont terminé les 113 km. La course a été stoppée à 3 endroits différents, selon l'avancée des coureurs. Moi j'étais à Parailo, au 90ème avant que les 23 ayons le droit de continuer. Même si nous avons tous été crédité du même temps de 25h00.02 secondes, des coureurs qui ont mis 19h de temps ou plus pour 62 km sont classés avant d'autres qui ont fait 96 km en 18h de temps ou selon le dernier temps pris par le contrôle des gps-chips, 16 h à 17h30 de temps pour 84 km. Totalement dans le désordre et arbitrairement. Il serait  facile de classer les coureurs selon le nb de km parcourus et le temps qu'ils ont mis comme dans une course horaire de 6, 12 ou 24 heures par exemple.

J'ai donc été classé 187ème sur 241 finishers en 25h00.02, temps qui ne correspond à rien sinon qu'il fallait écrire un temps quelconque. Sauf erreur, il y avait 400 dossards de vendus.Il y a eu énormément d'abandon ou de mise hors course pour délai dépassé à certains postes. J'étais pointé 46ème au 84ème km, arrivé à la fin d'un petit groupe légèrement éclaté. Je suis 18 secondes derrière le 45ème. J'en laisse plusieurs sur place car je faisais assez vite aux ravitaillements, profitant que certains mettent le temps pour les dépasser. J'en rattrape 5 jusqu'au 90ème, dépassant même 3 coureurs en descente après avoir réduit l'écart dans une petite ascension de 150 m. J'estime ainsi que ce serait plus juste de nous classer selon notre temps au dernier poste avec contrôle officiel de San Lucio pour notre groupe, puisqu'à Parailo, aucun contrôle ni ordre d'arrivée des coureurs n'est fait. Pourtant à Parailo, j'étais certainement autour de la 36ème place. Mais ça a fini dans une grosse farce de gestion des temps. Si je me permet de l'écrire, c'est que je dis aussi quand ça va bien. Pour le reste, c'était bien balisé, l'organisation tient la route pour la prise des dossards et on trouve réponse à nos questionnement en lisant le matériel concernant la compétition, le réglement, l'horaire du week-end etc...Le paysage m'a offert la découverte que j'étais venue chercher dans ce coin de pays que je ne connaissais pas. Une belle balade, voilà finalement ce qu'aura été notre compétition qui s'est terminée en eau de boudin.

News postée le : 16.06.2019

18-19 mai 2019, Ultr'Ardèche de 222 km et 4500 m de dénivelé

Week-end chargé en Ardèche avec un départ à 6h du matin samedi pour une boucle de 222 km avec 4500 m de dénivelé, tracé dans le nord du département. (presque 4700 m à mon gps pour le dénivelé)

Julia Fatton gagne chez les femmes en 30h12.39 secondes, 8ème ex-aequo au scratch H/F. (elle a attendu peu avant l'arrivée le coureur qui l'a suivait (l'ami Jean-Louis Vidal) car ils avaient couru longtemps ensemble)

Je termine 18ème scratch, 17eme homme, 2è de ma catégorie (le 1er finit avec Julia) en 32h29.36

A noter qu'un coureur, Gérard Denis qui a 75 ans, avec le dossard 00 ne rentre pas dans le classement, il a fait le parcours en trottinette. Chapeau à lui tout de même. Il était en 2009, à 65 ans finisher de la TransEurope-FootRace au Cap Nord.

Enormément d'abandon pour raison de course dure, rendue encore plus dure avec des conditions météorologiques difficiles avec la pluie, le froid, l'impression d'être toujours mouillé et avec le vent frais sur les hauts (à 1400 m d'altitude), c'était un peu la valse pour enlever et remettre, ou ouvrir et refermer la veste de pluie.

J'ai fait un détour de 3.4 km, car peu après le contrôle - ravitaillement no 20 à 117 km, à 21h40, donc de nuit et farfouillant dans mon sac, je n'ai pas vu une marque au sol qui nous faisait tourner à gauche et j'ai continué jusqu'à un cul-de-sac 1.7 km et 180 m de dénivelé plus haut qui donnait sur la forêt. Heureusement, j'avais à ce moment de l'énergie et j'avais couru toute cette montée, mais j'ai bien perdu 25 minutes. Le pire, c'est qu'une auto me dépasse alors que je suis au début de cette montée et qu'elle me recroise alors que j'en suis environ à la moitié et elle s'arrête pour me croiser, la route étant étroite à voie unique. Je suis persuadé que c'était une voiture de suiveurs et les 2 personnes à l'intérieur ne m'ont pas averti que ce n'était pas le tracé, que cela ne menait nulle part.

Au départ à 6 h du matin, je me sentais bien et j'avais bien commencé la course et me trouvais aux alentours de la 15ème place sur les 30 premiers kilomètres, jusqu'au poste 2. A partir de là, mon pied gauche et la malléole me sont devenus toujours plus douloureux au point de boîter passablement et me faire drastiquement ralentir pour me retrouver au poste du 57ème km autour de la 60ème place. Mon rythme n'était plus qu'à 6-7 km/h. J'ai pensé que c'était peut-être ma chaussette de compression qui me serrait un peu trop, pourtant je les avais mises une semaine avant pour les essayer à nouveau, elles ne sont pas neuves et n'avais pas eu de problème. Je voulais les couper. Des bénévoles me prêtent une paire de socquettes. Merci Brigitte et Philippe.

La pression a diminué, je pouvais courir presque normalement après quelques kilomètres, une fois que le pied s'était décompressé. Mais à la moindre descente, le mal revenait et sur une descente de 1000 m de dénivelé et quelques 15 km, j'avais à nouveau très mal et n'avançais guère plus vite que des marcheurs...
Finalement, au km 117, au poste 12, j'avais une paire de socquettes très large qui ont mis fin à mes problèmes. Stressé de changer de chaussette gauche, si peu souple et quémandant un peu d'aide, j'en oublie mes piles pour ma lampe et je finirai la nuit, juste de juste, ma frontale n'éclairant quasiment plus rien. Julia a plus de 3h10 d'avance sur moi autour du 140 ème kilomètre. Je vais retrancher une heure jusqu'à l'arrivée mais dans ces 3h, il y a aussi mon erreur de parcours qui me coûte du temps.

Je cours de longs tronçons en compagnie d'un coureur depuis le km 120 environ. Nous sommes vraiment ensemble pour 35 à 40 km jusqu'au 207ème. Avant, on se rattrape à tour de rôle, selon aussi le temps passé ou non aux ravitaillements. Lorsque les problèmes sont plus présents comme pour moi avec mon orthopédie, je gère un peu moins bien et prends parfois quelques minutes de plus sur les ravitaillements, m'asseyant même parfois 3-5 minutes pour une soupe, du café et manger un peu. La concentration se relâche un peu trop.

Si je lâche mon compagnon de route à la fin pour lui prendre plus de vingt minutes sur les derniers 15 km, c'est qu'on nous informe qu'une personne revient et n'est pas loin derrière. Ne m'avouant jamais vaincu sans essayer de me battre, je force jusqu'à l'arrivée courant à nouveau les montées. L'information était erronée... mais cela a diminué mon débours et je finis fort, comme j'aime le faire.Selon les temps du CP 3 situé à une 60taine de km de l'arrivée et au temps final, je réalise le 6ème meilleur temps. Cela me réconforte un petit peu de savoir que j'avais une forme pas si mauvaise, mais voilà, je dois faire avec mon corps qui connait de plus en plus souvent quelques problèmes orthopédiques et je suis bien obligé d'accepter ça si je veux concourir.
Course difficile rendue plus dure en raison des conditions météos. Mais ça a passé et au final j'étais content d'être autant remonté au classement, car je me voyais plus proche de l'abandon ou de la mise hors course pour délai pas tenu avec les problèmes du pied-malléole-cheville gauche. En boitant, j'avais ensuite des douleurs assez aigues dans le genou droit sous la rotule et le dos m'électrifiait aussi dans les vertèbres dorsales avec des torsions involontaires. Je me voyais mettre un terme à mes courses d'ultra de plus de 100 km avec ces douleurs généralisées. Mais comme tout coureur d'ultra qui se respecte... ces idées passent assez vite. Est-ce un bien ou un mal?

News postée le : 20.05.2019

3ème Ultra Montée de Thollon les Mémises, samedi 4 mai 2019

Le concept : Courir durant 8 h maximum le plus de montée entre le bas et le haut du télécabine, distant de 3 km et de 562 m de dénivelé. L’altitude du départ se situe à 1028 m et celle d’arrivée à 1590 m
https://www.l-chrono.com/resultats-ultra-montee-thollon-les-memises-2019/

https://www.umtlm.com/

Lorsque nous atteignons le sommet, le temps est saisi par puce, nous pouvons nous ravitailler et nous redescendons en télécabine. Temps de descente, environ 6 minutes 30. Une cabine toutes les 20 secondes environ. On ne doit jamais vraiment attendre, sauf une fois pour moi quand je me suis retrouvé avec le peloton des 4 h que j’ai vu partir depuis la télécabine alors que j’allais en sortir. Un petit rush au sommet m’oblige d’attendre la cabine suivante, car les 10 personnes autorisées occupaient déjà celle en partance.
Celui qui accomplit le plus de tours est le vainqueur et ensuite les coureurs sont classés selon leur nombre de tours complets (montée complète) et leur heure d’arrivée pour départager les coureurs ayant effectués le même nombre de montée.

Il s’agit de doser son effort, car les muscles sont mis à sérieuse contribution et la pente est suffisamment raide en certaines parties pour obliger chacun à devoir se mettre à marcher au fil de l’épreuve. Certains marchent d’entrée, avec ou sans bâtons, d’autres, les meilleurs courent beaucoup mais finiront par marcher en tout cas dans certains secteurs.

Il y avait aussi une course de 4 h, 3 coureurs font 7 montées, le 1er, Thomas Terretaz en 3h46.19
la première femme, Hélène Darragon, fait 6 montées en 3h39.58, 11ème du scratch H/F (164 classés)

Egalement une course de 2h, le 1er, Thibault Mouchard fait 3 montées en 1h32.50
la 1ère femme Anaïs Boucansaud, fait 3 montées en 1h43.19, 5ème scratch H/F (34 classés)

Aussi une montée sèche, le 1er, Robin Schmitt fait 22 minutes 57 sec, la 1ère femme Chloé Bened, 29 :52. 6ème scratch H/F (27 classés)

Revenons à la course des 8h solo: Christophe Nonorgue, traileur neuchâtelois réussit une magnifique performance en prenant la 3ème place scratch et de sa catégorie avec 12 montées en 7h47.50.

Je termine 1er V3, 22è scratch, 21ème homme avec 11 montées en 7h48.13

Julia termine 3ème V1F, 4ème femme, 37ème scratch avec 10 montées en 7h38.17

Les 2 premiers, Nicolas Duhail en 7h47.59 et Lionel Poletti en 7h50.45 font 13 montées.
La première femme, Mélanie Rousset, aussi 1ère V1F, fait 11 montées en 7h28.04, 10ème du scratch

Il y avait 111 coureurs classés sur le 8h solo.
Il y avait aussi un 8h en duo, dont les vainqueurs Victor Germain et Rémi Bibard cumulent 14 montées en 7h57.38 (12 équipes classées)

Sur le 4h, j’aurais été classé 25ème au scratch sur 164 partants avec 6 montées en 3h54.
La 2ème partie des 8 heures est de plus en plus difficile pour les quadriceps qui s’asphyxient d’acide lactique. Les jambes me brûlent et je piétine un peu lors de la dernière ascension. Pour ma part, j’ai perdu au moins 3 rangs car je me suis fait dépasser par des coureurs avec qui j’avais fait connaissance dans une cabine et qui m’encouragent quand ils me dépassent, moi, complètement cramé dans la dernière montée. Le coeur ne pouvait plus monter dans les tours. Lors de la 9ème montée, je me suis senti mieux que lors de la 8ème et j’ai voulu remettre des gaz, sentant la fin de l’épreuve puisque je savais que j’avais le temps d’en faire encore 2 mais pas davantage, car je pensais finir en 7h38-7h40. Mais très vite mes jambes sont devenues comme asphyxiées et j’ai même connu des étours au milieu de la dernière, aux endroits les plus raides. Au lieu de rattraper sur la fin, cette fois c’est moi qui perds quelques rangs. J’ai toutefois géré pas trop mal, car je remonte des concurrents jusqu’à la fin du 9ème tour et je creusais sur mes poursuivants immédiats. Je pense que je n’ai pas assez mangé lors des 2 dernières montées au ravitaillement, car je me nourrissais de biscuits salés, TUC, et de jambon cuit, aussi pour le côté salé de l’aliment. Depuis les 12 h de Brescia, je n’avais quasiment plus fait de dénivelé et il nous a manqué certainement un peu d’entraînement spécifique. Toutefois, 2 semaines après la Sakura Michi, je n’ai pas ressenti de fatigue pour cette raison ou à cause du décalage horaire. Mais le mercredi, le jour de notre inscription, j'étais crevé et n'avançait pas bien vite. Je doutais de ma capacité à tenir correctement plus de 1 ou 2 heures. Mais il faut bien se préparer.pour l'ultr'Ardèche et les trails de cet été, me suis-je dit avec Julia, un peu dans le même état que moi.

Le concept m’a beaucoup plu et le temps m’a paru passer très très vite. Nous avons opté pour courir sans bâton, car nous les avons oublié à la maison… Il n’y a que lors des 2 dernières ascensions ou je les ai regretté, car les bras tirant et poussant mon corps m’auraient certainement aidé, mais auparavant, je pense qu’ils ne m’auraient pas fait aller plus vite.

La météo a été très hivernale avec plusieurs moments de chutes de grésil-neige et le vent froid m’a incité à enfiler un coupe-vent pour la dernière ascension. Je n’allais plus assez vite pour me réchauffer et la température baissait aussi. Le haut du télécabine était assez exposé aux vents à 1600 m d’altitude environ.

Je dois dire que j’étais aussi très content de ma perf, malgré une baisse de régime à la fin. J’aurais été 3ème en V1 (40-50 ans) et sur le podium en V1, V2 et 1er V3 sur les 4h, avec ma performance de la mi-course. Le panorama est à couper le souffle depuis cette station supérieure de Thollon les Mémises sur le Léman, Lausanne et la riviera et l’arrière-pays vaudois jusqu’au Jura.
La course est organisée par une équipe très sympathique et compétente. Beau samedi avec des morilles trouvées par hasard le soir avant… avec un biotope qui me fait dire « ça c’est un terrain à morilles » en sortant de l’auto pour arroser le terrain…. Et bingo, j’en trouve 3 ! Et une de plus, énorme, le dimanche dans un biotope très étonnant pour moi, dans un amas de feuilles de hêtres, sous le producteur de cet immense tas de feuilles. L’œil traînant avait buté contre !

A bientôt pour l’Ultr’Ardèche de 222 km et 4500 m de dénivelé, les 18 et 19 mai prochains.

News postée le : 07.05.2019

Sakura Michi, 250 km de Nagoya à Kanazawa avec env. 1850 m de dénivelé.

La Sakura Michi, du 20 au 21 avril 2019

Course qui célèbre les cerisiers en fleurs, dont l’idée initiatrice est de commémorer un chauffeur de bus qui a sauvé 2 cerisiers 4 fois centenaires qui devaient se faire submerger par les eaux, suite à la construction d’un barrage et à la condamnation d’un village à être englouti. Ces cerisiers poussaient aux abords d’un temple. Ils ont pu continuer à vivre ailleurs grâce son intervention. Par la suite, ce chauffeur de bus a planté plus de 2000 autres cerisiers le long des routes de son trajet entre Nagoya et Kanazawa. Il est mort prématurément à 47 ans.

Les cerisiers sont partout au Japon. Les pétales de ses fleurs font un tapis blanc-rose très enjoliveur au sol et bien entendu, les arbres magnifient le décor. C'est un festival de fraîcheur et de plaisir oculaire.

La course « Sakura Michi » signifie en japonais, la course des cerisiers en fleurs.

Le départ se trouve dans le lieu symbolique du parc du château de Nagoya. C’est un espace de verdure et de tranquillité au sein de cette grande ville bourdonnante. Le tracé est assez simple pour sortir de la ville, nous suivons le trottoir qui jouxte une grande artère et qui sort de la ville dans une longue ligne droite de plus d’une trentaine de kilomètre. Ensuite, nous avons quelques contours pour un total d’une cinquantaine de kilomètres en milieu urbain.L'arrivée est jugée à Kanazawa, en face d'un monument séculaire, qui sert de base à un temple, au sein d'un parc de verdure.

Mais revenons à la sortie de la ville de Nagoya. Quel plaisir de se retrouver le long des routes en pleine nature ou à traverser de simples villages ! Fini de s’arrêter à chaque feu rouge qui nous stoppe dans notre élan qu’on essaie d’avoir régulier. Au début de la ville, on essaie parfois de sprinter pour passer au vert dans les ultimes secondes, mais bien vite on se rend compte que de faire du fractionné au départ d’une épreuve de 250 km, peut vite devenir suicidaire. Donc, il faut sagement attendre que l’onde verte arrive à nouveau et espérer qu’on atteigne le prochain croisement avec elle. Mais les arrêts sont fréquents sur une si longue distance en milieu citadin. De brûler un feu rouge pouvait être disqualificatif, donc il valait mieux respecter la consigne. A quelques 500 m de la ligne d'arrivée, je vais me faire remettre à l'ordre, m'élançant pour traverser la route alors que le feu est déjà rouge pour les piétons, mais que les voitures n'ont pas encore démarré. On me crie de faire demi-tour et je suis bon pour attendre à 2 feux rouges successifs, me faisant perdre il me semble une éternité, peut-être 2 minutes au total, car l'heure tourne au chrono que j'aimerais voir s'arrêter sous les 32 heures. Et je ne sais pas combien de mètres il me reste à parcourir. Finalement, j'atteins l'arrivée après 31h52 minutes d'effort et de privation de sommeil, à la 36ème place, 31ème homme. Aucun devant moi n'est plus âgé que moi, c'est un petit plaisir.
Julia termine en 32h32 à la 44ème place scratch, 8ème femme. Dommage qu'elle ait eu des problèmes, je la voyais sous les 30 heures après ses résultats de cet hiver.

Nous pouvions déposer des sacs d’affaires personnels sur les ravitaillements. Pour ma part, j’en avais un au 67ème km, un au 96ème, un au 156ème, un au 186ème et un petit dernier au 212ème. Tous étaient destinés à me compléter mon ravitaillement personnel en barres et en gels énergétiques. De plus, avant la nuit, j’avais au 96ème km un sac d’habits avec gants, bonnet, coupe-vent imperméable et ma lampe frontale avec des piles de rechange. Pour me délester de ma lampe frontale et des habits superflus au matin, un sac quasiment vide m’attendait pour recueillir ces affaires au 186ème km. La nuit tombait vers 18h30 et le jour se levait de très bonne heure vers 4h45. Mais il fallait rester habillé de chaud encore quelques heures, la température nocturne étant descendue à 4° Celsius. Je croyais avoir un couvre-tête « Buff » dans la poche de mon imperméable mais c’était du papier wc. Comme j’avais froid au cou et craignais un refroidissement, j’ai pris mes tubes de compression pour les jambes et les ai rappondus avec un nœud plat et à l’autre extrémité, une épingle de nourrice. Drôle de look, mais efficace à l’image du Buff à tout faire.

Une des grosses particularités de cette épreuve devenue une classique de l’Ultra Marathon est la traversée de nombreux tunnels routiers. Le Japon est un véritable Emmental et nous avons visité un grand nombre de ces galeries. Le plus long tunnel, juste entrecoupé de 2 ou 3 passages à l’air faisait 7 km. Entre 5 et 6 h dimanche matin, soit après 23h de course, je tombais de fatigue alors que je me trouvais dans un tunnel. Mon rythme s’en est trouvé naturellement fortement réduit par les zigzags bien involontaires les yeux mi-clos ou fermés par intermittence. Il m’était impossible de me reposer à cet endroit. Ensuite, nous longions une rivière avec une barrière en bordure de trottoir et cela m’aidait à rester debout en m’y agrippant parfois. Heureusement, le grand nombre de ravitaillements, distants en règle générale de 5 km en moyenne m’a permis de manger un peu de chaud, de boire un café et de repartir. Environ un km plus loin, je m’arrêtais une nouvelle fois pour m’acheter un café chaud dans un des nombreux automates que l’on trouve un peu partout au Japon.
Puis un arrêt pour besoin naturel dans une forêt. Cette heure-là, c’est certainement celle qui m’a vu parcourir la plus petite distance. Julia me rattrape une seconde fois suite à mes pertes de temps à ne pas courir. Elle qui m’avait rejoint la première fois au 125ème km et m’avait distancé pendant une quinzaine de km. Ensuite, j’étais probablement environ à 15 minutes devant elle avant que je pétouille de fatigue au lever du jour.
Nous courrons un moment ensemble à se raconter nos impressions et notre déroulé de course. Julia m’apprend qu’elle a dû se faire masser les mollets déjà après 30 km pour raison qu’ils étaient durs à craquer. Elle est contente que son problème se soit en partie résorbé, avec aussi la prise de magnésium. Il faut dire que j’étais étonné de la savoir derrière moi avec les résultats qu’elle avait accomplit cet hiver à Belgrade et à Brescia principalement. Je la distancie petit à petit depuis un des nombreux villages qui ont Shirakawa dans leur nom (voir un reportage d’ArcInfo du samedi 4 mai 19, de www.pichonvoyageur.ch), dont les maisons sont recouvertes de toits de chaumes et que nous admirons tout en courant, classé à l’Unesco. Les suiveurs ont pu apprécier de faire quelques visites culturelles dont celle de ce village qui maintient des coutumes d’habitations et d’architectures ancestrales de plusieurs siècles.
Aux alentours du 192ème km, nous avons une puissante montée de quelque 5 km. Ce sera le seul tronçon que je ne courrai pas entièrement, me mettant à avancer avec mon style qui balance les bras, le corps penché en avant et en faisant de longs pas forcés en avant. Il paraît que j’ai l’air d’un ours… selon ma femme. Julia, elle, a la force de courroter des petits pas et me rattrape à nouveau aux 3 quarts de l’ascension. Un tunnel nous évite de monter plus haut sur cette montagne pour la traverser en légère descente. A la sortie de ce boyau dont les motos aux moteurs puissants nous cassent les oreilles de résonance, je retrouve Julia. Nous discutons jusqu’au ravitaillement du 208ème km, qui arrive quelques minutes plus tard. Ce que nous avons escaladés, nous allons le redescendre tout aussi vite fait, sur 4 km. Julia dit, eh bien il ne reste plus que 42 km. Sur ce je dis, bon eh bien moi j’y vais et j’accélère, me sentant encore suffisamment en forme pour donner ce que j’ai encore sous la pédale ou plutôt sous les semelles. Je vais rattraper plus de 25 coureurs jusqu’à l’arrivée. Aucun ne va me suivre plus de 1 km et tous disparaissent assez vite de mon champ de vision si je me retourne. Deux à trois bosses nous attendent encore une quinzaine de km plus loin et se font sentir quand les jambes ont déjà parcourus plus de 220 km. Je ne fonctionne plus qu’au Coca légèrement salé. De toute la course, j’ai mangé 2 fois des pâtes, 2 fois des boulettes de riz et une fois une soupe de riz mi-épaisse mais sans aucun goût, sans sel…. J’avais quelques barres énergétiques et quelques gels dès le départ et grâce à mes drop bag, mes sacs déposés à 5 ravitaillements, j’ai pu recharger mes poches de sac à dos de traileur. Durant la journée, les fraises bien mûres et de la pastèque m’ont bien convenu et rafraîchi. Sinon, j’ai goûté à quelques biscuits, chocolats fourrés d’amande entière, à des bouts de bananes et j’ai englouti vite fait 2 flans en début d’épreuve. Un des problèmes qui nous fait perdre du temps est qu’il y avait rarement la même chose d’un ravitaillement à l’autre. Après avoir trouvé parfois quelque chose de plaisant, je me disais, j’en reprend au ravitaillement prochain. Mais la chose en question n’apparaissait peut-être plus du tout. Pour exemple, une saucisse grillée de la grandeur d’une chipolata que je savoure et qui me fait le plus grand bien après 96 km, au moment où je m’équipe pour la nuit. J’ai hésité à en manger une mais j’avais envie de salé… mais ni de chips ni de tucs. Je vais redemander des saucisses grillées jusqu’à l’arrivée, mais n’en trouverai plus du tout. Donc, nous perdons du temps à savoir qu’est-ce qu’on va bien pouvoir manger et bien souvent, je ne mangeais pas. Les bouteilles toujours fermées et la difficulté à se faire comprendre perpétuaient toujours à nous faire perdre du temps. Pourtant, tous ces bénévoles étaient très prompts à nous aider, ils nous tendaient nos sacs mis en dépôt à notre arrivée au stand et les refermaient à notre départ. Ils étaient toujours très enthousiastes à vouloir nous faire avaler des pâtes ou des soupes.

A l’arrivée, nous sommes emmenés dans des bains thermaux pour quelques heures avant un transfert dans un hôtel où on dort sur un tatami, à la japonaise. Le souper à 22 h se fait engloutir malgré la grande diversité des choses à manger. La fatigue d’être debout depuis 43 h sans dormir avec 250 km dans les pattes est un puissant somnifère. Le tatami s’est révélé excellent en tout cas, sauf pour se relever le matin, un peu perclus de raideurs et de courbatures avouons-le. Toutefois, j’en avais des explicables et elles me faisaient moins peur que celle contractée au réveil du samedi matin avant la course. Durant la nuit du vendredi au samedi, je n’arrivais pas à m’endormir. Je sentais la tour de l’hôtel vibrer sous ma tête, dans l’oreiller, au passage des autos dans certains moments. L’air était trop chaud. J’ai drastiquement baissé la climatisation de la chambre, qui pour une fois, fonctionnait. Mon dos a souffert je pense d’un courant d’air durant la nuit devenue fraîche par ma faute. En sortant du lit, je me suis fait un tour de rein et j’étais partiellement bloqué. J’ai couru avec un support dorsal de motard pour garder mon dos au chaud et m’aider à me maintenir d’aplomb. J’ai senti une gêne durant une centaine de km, puis ça a fini par disparaître. 10 jours plus tard, le 1er mai, mercredi soir de la fête du travail, je me le rebloque après quelques travaux d’entretiens dans mon jardin. Et ça disparaît subitement le jeudi, après une nuit de douleurs si je voulais me retourner. A n’y rien comprendre.
Le diplôme est une planche de cyprès pyrogravée du plus bel effet, avec mention en écriture japonaise et en anglais heureusement de notre temps de course et de notre patronyme. Les cyprès des forêts chatouillent le ciel de leurs cimes élancées à 30 – 40 mètres du sol, avec leurs fûts un peu rougeâtre, filandreux, bien droits et souples pour danser avec le vent. Le plaisir du forestier m’a retrouvé à admirer ses belles futaies aux arômes résineux ensorceleurs.
Comme d’habitude dans ce genre d’événement d’ultra-marathon, après la remise des diplômes et l’apéro dinatoire composé entre autres choses, de sushis et spécialités japonaises, les « aux revoir » n’en finissent pas et on est là à envisager d’aller courir ici ou là-bas afin de se revoir avec un tel et celui-là. C’est là une saine motivation pour oublier qu’on en bave quand même et que très vite on est prêt à remettre le couvert. Ou quand la mémoire du poisson rouge sert l’ultra marathonien. Le plaisir domine les difficultés qu’on est prompt à minimiser puis qu’on oublie ou qu’on croit naïvement qu’elles ne se représenteront pas lors de futures épreuves, tout en sachant qu’on occulte la réalité.
Mais l’essentiel, finalement est que l’on recherche de telles aventures, même pénibles. La magie de l’effort et de l’ambiance propre à ces courses opère chez moi depuis 23 ans successivement. Et ce au rythme emballé du nombre de compétitions qui s’enchaînent toujours plus. Vive le mouvement perpétuel ! (enfin presque, de l’ultra-marathonien) Alors à bientôt pour de nouvelles aventures et de nouveaux récits.

News postée le : 07.05.2019

2019.04.6 au 7 aux 24 h de l'Isère à Tullins

De samedi 10 h à dimanche 10 h, nous avons couru 24h.http://www.24hisere.fr/resultats-troisieme-edition-2019/

Je termine 6ème homme sur 76 partants, 2ème de ma catégorie, 7 au scratch h/f.

Julia s'est arrêtée après 125 km, soit la moitié de notre prochaine course, la Sakura Michi ou course des cerisiers en fleurs, au Japon dans 15 jours, afin de ne pas trop s'entamer. Elle est surtout venue pour m'accompagner, moi, je tenais à courir encore 24h, car au Japon, il y aura 250 km en 36h maximum.
J'étais très régulier et au rythme voulu d'à peine plus de 9 km/h afin de durer le plus longtemps possible.
Des ennuis gastriques ont commencé à me perturber avant le passage des 12h que je passe avec 108 km.
(Pile dans mon plan, même si j'aurais pu espérer 110.5 sans ces ennuis)

J'ai ensuite dû me résoudre à marcher plusieurs heures pour raison de manque d'énergie, ne pouvant pas m'alimenter comme je le désirais. Il a fait très froid le soir avec du vent et un peu de pluie, ainsi que la nuit depuis les 2 heures du matin jusqu'à l'arrivée. Je me demande si ce n'est pas le froid que j'ai bu durant 13 h de temps qui m'a dérangé l'estomac, avant que je passe au thé chaud et à la soupe.

J'étais 3ème scratch durant 2 ou 3 tours après 14h30 environ, mais je vais perdre 2 places puis plus tard encore 2 car je n'arrivais plus trop à me ravitailler sans être mal, donc j'ai dû marcher depuis la 17ème heure environ jusqu'à 1h30 de la fin, pour cause de manque d'énergie. Les gels et des barres énergétiques ont assez bien passé un moment donné à quelques heures de la fin et la dernière heure, je totalise ma meilleure heure avec 10 km.
J'étais content de finir plus vite, et fort les 10 dernières minutes, et d'avoir su garder le mental durant ces
pénibles heures, ceci en prévision de voir comment gérer des crises qui peuvent souvent arriver dans ce genre d'épreuve. De toute manière, je ne sais pas si j'ose encore espérer atteindre plus de 216 km, soit du 9 de moyenne. J'étais un peu rassuré, car même en marchant durant ma crise (comme on dit dans de pareils cas), j'avançais pour une fois à 5.5 km/h
J'ai dû m'arrêter pour dormir quelques 15 minutes environ, juste avant le lever du jour car je n'arrivais plus à garder les yeux ouverts. Cette micro-sieste m'a fait du bien et je n'ai même pas eu de peine à repartir.

Magnifique équipe organisatrice et de ravitailleurs, très bien organisé, avec un gros choix d'aliments (mais je me suis contenté de soupe, de purée de pdt, et de jambon pour le goût salé, j'avais aussi mes propres pommes-de-terre en robe des champs, qui m'avaient bien réussis à Belgrade et Brescia.... sur 12 h) Un parcours mesuré avec des barrières marquées au sol... Il y a bien 3 contours assez serrés mais en forme d'arrondi quand même assez fluides. Revêtement tartan sur le stade, un peu d'asphalte en bordure de stade et une allée en aller-retour sur du sable compressé, tout cela parfaitement plat, sans accroc qui aurait pu nous faire trébucher.

J'ai connu quelques problèmes avec ma cheville gauche dans le contour le plus serré avec quelques frayeurs quand j'avais l'impression que ça touchait dans l'articulation. J'ai changé de semelle pour une autre qui me soutenait mieux la voûte plantaire et c'est ensuite mieux allé. Après 4-5 heures de course, je ressens souvent des maux à plusieurs étages dans les articulations puis heureusement, ça finit par passer. (cheville, genoux, colonne, nerf sciatique, trapèze épaule gauche), soit des endroits localisés que je connais qui reviennent souvent.

Vive le sport, on sent qu'on est en vie!

News postée le : 08.04.2019

Mes plus de 32'000 km d'ultra en compét'

Enfin, j'y suis arrivé avec 3 mois de plus que prévu. J'espérais les atteindre, ces 32'000 km de compétition d'ultra à fin 2018 lors des 24 h de Barcelone. Mais avec l'os fissuré dans ma cheville gauche, j'avais dû me résoudre à différer ce plaisir... qui pour moi représente 1000 fois la distance de Chaumont-Chasseral-Chaumont de 32 km, course (trail) la plus longue que j'ai commencé à faire à 16 ans. La course était organisée par mon ski-club, le SC Chaumont, qui m'a vu commencé la compét à ski de fond vers l'âge de 12 ans. Mon père était bien impliqué et c'est peut-être ce genre d'épreuve, avec rapidement Sierre-Zinal aussi, qui m'a donné le goût du plus long à l'époque. Cela était du long... on me disait de faire attention car ça bouffait la vitesse! C'est vrai qu'au 100 m, un escargot aurait eu ses chances contre moi! Voici la liste: http://statistik.d-u-v.org/getresultperson.php?runner=4910

News postée le : 01.04.2019

Voir les archives     

Dernières mises à jour :

18.12.2018:

- Nouvelle vidéo : 2018.11.05 TV Canal Alpha, sports, Présentation livre Courir à perdre la raison
- Nouvelle interview : 2018.11.09 Radios RTN RJB RFJ, Format A3, Présentation livre Courir à perdre la raison