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Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


2024.06.27 au 6 juillet, Ouest-Est Suisse 517 km 10'992 m D+

De la borne frontière au bord du Rhône, après le village de Chancy, la plus à l'Ouest de la Suisse, jusqu'au poste frontière de Müstair, à l'extrimité Est de la Suisse, en 10 étapes, nous avons traversé la Suisse à 3, et un 4ème coureur, Christian M. de Zürich, s'est joint à nous pour 3 étapes. Les villages étapes : Etoy, Bulle, Boltigen, Iseltwald, Susten Steingletscher, Sedrun Tujetsch, Flims, Wiesen-Davos, Susch et Müstair. La plus longue faisait quasi 61 km jusqu'à Bulle, la plus courte le lendemain jusqu'à Boltigen avec 38 km, sinon toutes entre 45 et 60 km. Du dénivelé tous les jours, de très beaux panoramas, des bordures de routes ou de chemins très en fleurs à me faire plaisir, des animaux de ferme un peu partout, peu de mammifères sauvages apparus, un pic noir au parc national, des vipères vivantes et écrasées le long des routes, un orvet sauvé au bas du col de la Flüela vers Davos en le remettant dans l'herbe, une salamandre dans le lit d'un torrent, des abeilles ou autres insectes, ressemblant et parfois bien gros me font dire que j'ai des lacunes dans ce domaine. Quelques escargots remis dans l'herbe, dont un qui m'a fait rebrousser chemin sur 50 m, car je me disais que j'aurais pu le sauver.... et je l'ai donc fait. Il faisait chaud les 3 premiers jours et ce pauvre escargot avec sa membrane de protection direction soleil, sur la route, était mal barré. Un jour de pluie diluvienne dès le départ jusqu'au Col du Susten, couru avec les habits de pluie. Heureusement, les jours suivants, s'il faisait froid le matin, parfois 6 degrés avec du vent polaire, il n'y a quasiment plus eu de pluie. Des défilés, spécialement le long des cols, de voitures de sports de toutes marques, dont un rassemblement très important de vieilles voitures anglaises uniquement, le dernier jour. Renseignement trouvé sur internet, c'était un rallye au départ de St-Moritz, par Zernez, l'Ofenpass, l'Umbrail Pass, descente du Stelvio et étape à Bormio, avant de retourner à St-Moritz par le Col Foscagno, Passo d'Eira, Livigno, Col Livigno, Col de la Bernina.
Un départ après une semaine de repos après la Mi-Milkil de 500 km, qui m'a vite fait comprendre qu'il fallait que je gère, car après 25 km, j'étais déjà fatigué et n'avais pas trop d'énergie pour courir si la pente s'accentuait un peu. Le 2ème jour, déjà un petit peu mieux mais la dure traversée de Lausanne du bord du lac jusqu'à la Claie aux Moines ne fut pas des plus facile. J'ai marché dans ces secteurs parfois très pentus et les nombreux feux rouges me forçaient bien malgré moi à devoir m'arrêter. Le jour suivant, j'arrivais déjà à trottiner la plupart du temps sur les pentes du Col du Jaun. Les nombreuses petites montées de la piste cyclable de Boltigen à Wimmis m'ont bien éprouvé, elles étaient parfois très raides et ne pouvais courir partout. Il m'a fallu aussi des arrêts, sur les 8 premiers jours, pour aller m'acheter des yoghurts (500 g bien souvent ou 2 x 200 g) et à boire, du coca de préférence, qui me réussit bien lorsque je cours. Un jour, avec les yoghurts du déjeuner, j'arrivais à 1.9 kg de yoghurt. J'avais un gros besoin de calories, vite avalées en courant, de plus il y a des protéines et ça m'était très agréable d'ingurgiter ça... car ça descend tout seul. Les étapes que j'ai préférées sont celles des hautes altitudes, quand ça tourne, que les voitures ne nous passent pas trop vite à côté. Mais il est clair que la Suisse est toute petite, car partout, la circulation est assez dense, en comparaison des routes empruntées dans l'Indre, le Cantal, la Corrèze, les régions traversées lors de la Mi-Milkil, quasi désertes. L'avantage en Suisse est qu'on trouve un peu partout des magasins pour s'acheter à manger, ou dans les nombreuses stations-services vendant le précieux liquide pour faire avancer les autos et motos. J'ai pu découvrir certains recoins de Suisse que je ne connaissais pas, quelques beaux sentiers comme le long du lac de Brienz jusqu'à Giessbach, l'hôtel assez huppé avec un parc d'autos très spectaculaire... Ferrari, Porsche, Aston Martin, Jaguar, Tesla pour le côté bon marché...(relatif)  etc...qui font partie des belles carrosseries que j'aime bien. 
Au final, la forme revient au fil des jours. Les longues descentes finales sont parfois traitres, j'ai fait attention de ne pas dévaler trop vite, pour éviter les courbatures. Le départ du lendemain s'en ressent toujours un peu.
Beaucoup de plaisir, même si après mon étape terminée, c'était retour en bus et train ou les 2 pour aller rechercher mon auto. Donc, j'ai fait la traversée de la Suisse en courant d'Ouest en Est, j'ai traversé la Suisse d'Est en Ouest en transport public et aussi d'Ouest en Est en auto pour me rendre au départ du jour suivant. Je faisais du camping dans mon auto pour dormir, avec tout mon matériel, mes chaussures de rechange, mes semelles orthopédiques modifiées chaque jour à nouveau, car le miracle de ne plus avoir mal comme sur la fin de la Mimilkil s'est évaporé... mais j'ai l'habitude, je fais avec et ferai avec prochainement. La seule chose c'est que ces arrêts refroidissement du pied, à chaque km lorsque ça grimpe fort, me coûtent environ 500 m par heure. Je le vois bien avec la vitesse que j'ai sur ma montre et le total des kms parcourus en 1 heure. Il y a un décalage. Mais au moins, je réalise ce que j'aime faire et c'est là le principal. Question classement, je finis en tête sur 3, mais lors de la 4ème étape, j'arrive la seule fois derrière Pierre et Paola, à 15 minutes environ. J'ai un peu trop merdouillé parfois à trouver le tracé, fait trop d'arrêts joghurts et modification de semelle. Mais c'était une belle journée, comme la plupart. A bientôt.



 

News postée le : 07.07.2024

2024.06.16 au 21 MimilKil, 500 km en non-stop entre le Lac d'Eguzon et le Col de Legal

Dimanche 16 juin à 7 h depuis la base plein Air du lac de Chambon (Eguzon-Chantôme, Indre) 29 coureurs prennent le départ de la Mimilkil, soit 500 km en aller-retour jusqu'à La Croix-de-Cheule, après le Col Légal. Le pont sur la Dordogne avant Mauriac étant fermé, nous avons eu une modification de parcours et nous avons fait le demi-tour au Col de Légal.

1 ravitaillement après 113 km à Faux-la-Montagne, 1 à la moitié.
Assistance fortement recommandée, 4 coureurs le font en solo.

1. René Strosny (D-26.01.73) bat le record de l'épreuve avec 3 jours 01 h 01 minutes
2. Annie Parringaux (F-23.04.65) 3j, 11 h, 51 min    1ère femme
3. Murielle Bourbao (F-28.03.73) 4 j, 01 h, 06 min    2è femme
4. Christian Fatton, (CH, 24.11.59) 4 j, 08 h, 36'
5. Frédéric Borel (F-74) 4 j, 09 h, 37 min
6. Lionel Rivoire (F-13.12.53) 4j, 10 h, 44 min
7. Fabrice Viaud (F-16.12.59) 4j,11 h, 07 min
8. Jean-Noël Bergère (F-24.12.64) 4 j, 16 h, 17 min
9. Jean-Michel Dréan (F-08.06.66) 5 j, 03 h, 26’
10. Mimi Chevillon (F-29.03.63) 5 j, 03 h, 26’       3è femme
11. Jacques Moutier (F-26.04.64) 5j, 5h, 56’
12. Jean-Michel Fremery (F-15.06.56) 5j, 09h, 17’
13. Laurent Saint-Martin (F-06.03.61) 5j, 09h, 18’
14. Jacques Livenais (F-20.06.60) 5j, 10h, 22’
15. Michael Pellieux (F-1974) 5j, 10h, 49’
16. Sandrine Mohedano Lafforgue (F-08.09.71) 5j, 18h, 01’
17. Daniel Mazeau (F-18.11.57) 6j, 0h, 42’
18. Sébastien Chauveau (F-25.06.73) 6j, 15 h,
19. Christiane Deguilhem (F-26.08.53) 7j, 05h, 40’
9 abandons, 1 non-partante

Météo très difficile avec des trombes d'eau qui vous trempent en 1 minute, si vous n'êtes pas couvert.
Mon accompagnateur, Hervé Friquet, connu à la ViaAragon à fin avril 24, m'a prêté une pélerine légère et allant jusqu'aux mollets, très efficace pour être bien protégé.
Super ravitailleur, ça a super bien fonctionné entre nous, il me ravitaillait environ chaque 5 à 6 km jusqu'à la moitié, puis selon la déclivité, chaque 3 km. Sur les derniers 50 km,
je ne portais plus rien, juste une petite bouteille à la main et il me ravitaillait encore plus souvent. Frédéric Borel était revenu à un peu plus de 1 km et il m'a relancé, finalement j'y prends 1 h sur les derniers 15 km.

Dormi 2 h (avec temps de manger et soin pour les pieds 3h30 d'arrêt) au CP 1 à 113 km. Il faut dire que nous étions bien mouillés, la pluie m'a donné mal au dos, autant musculairement qu’ articulairement, ainsi qu'aux hanches et genoux. (problème de polyarthrite rhumatoïde que j'ai depuis une 40 taine d'année mais qui ressortent par temps humide et corps mouillé)
J'avais déjà mis 2 paires de chaussures, Puma nitro 45 km, Saucony Kinvara 68 km jusqu'au 113ème km et le pied me faisait bien mal. Les derniers kms avant Faux-la-Montagne et la décision de dormir, je n'avançais plus qu'à 4 km/h environ, dans les douleurs multiples (dos, hanche, pied g) J'avais le moral assez bas car pour continuer, je ne me voyais pas endurer ces problèmes encore trop longtemps. J'essaie d'enfiler mes Brooks et illico, je me rends compte que ça ne va pas aller. J'enfile les Topo Ultraventure, bien large à l'avant-pied et je me sens assez bien.
Les points d'inflammation ne se font pas sentir au moment où je repars dans la nuit, à 2h30 et en avant pour le lac de Vassivière, Peyrelevade, le plateau de Millevaches. Au 1er ravito, Lionel arrive quelques secondes derrière moi, suivi par Murielle et Laurent ne devait pas être très loin non-plus, tout comme Fabrice. Devant moi, Markus qui ne s'est pas arrêté, je dois être en 8ème position. Beaucoup de coureurs sont suivis par un accompagnateur au volant d'un camping-car, petit ou grand mais où il est possible de dormir à plusieurs, cuisiner, etc...
Au 167ème km, le 1er tiers effectué, légère descente, arrivée à Palisse, douleurs, alerte rouge, je dois me mettre à marcher, un muscle sur le côté de mon quadriceps est sorti. Cela me fait un steak collé sur la cuisse avec une bosse plus importante en haut. Heureusement, Hervé est là à ma rencontre, à l'auto, on constate que c'est bleu-rouge sur le côté. Je décide de coller 2 Tapes, en forme de croix. Cela me soulage un peu, mais je me contente de marcher. Je ne pourrai quasiment pas courir de la journée, jusqu'à la nuit. La douleur s'estompe. Hervé me donne du sporténine et il va m'en racheter une boîte, cela a un effet étonnant et qui redonne espoir. (zinc et arnica)

Hervé, mon ravitailleur a aménagé un Citroën Jumpy assez âgé, mais qui a bien tenu le coup, avec un moteur changé 3 jours avant le départ de la course. Une seule place pour dormir. 
Je m'arrête à 23h15 environ la 2è nuit à Anglars de Salers, au 210 ème km. Petite toilette rafraichissement, changement d'habits, bain de pied, ils brûlent à divers endroits, repas sommaire et 4 h de sommeil. c'est 4h15 du mat' quand je pars en direction du demi-tour, 20 km devant moi. Frédé me rattrape, nous croisons Annie juste après Anglar de Salers. René a été croisé vers 22h45 hier soir, impressionnant. J'ai mis mes Brooks et au début je me dis, c'est ok mais rapidement ça ne va pas. Je change 2 fois de semelles sur les 8 premiers kms, j'attends Hervé pour changer de chaussures, après 8 km vraiment pénibles, c'est fait je repars en Topo avec la semelle No 2, comme hier. Le muscle sorti ne m'empêche pas de courir, même pas plus loin en montant les pentes du Légal, assez raides par endroit. Je croise Murielle et Markus qui se suivent à 1  ou 2 km à une quinzaine de km du col. Je croise Frédéric déjà dans la descente à 1600 m du haut. Quelques photos, un sandwich bienvenu de Nicole qui tient le ravito du demi-tour et j'attaque la descente en courant à 9 km/h maxi, je ne peux pas donner plus sans prendre alors trop de risque pour mon muscle du quadri. Je croise 5 à 6 coureurs en peu de temps, Fabrice en tête de ce petit groupe étiré. Tout a l'air de bien allé. Puis, peu avant Mauriac, le pied fait vraiment mal, je dois m'arrêter, j'avance que péniblement, à 4 km/h. Je perds beaucoup de temps. Mon ongle du gros orteil qui frotte sous le tissu de la chaussure me fait mal, Hervé m'applique un tape du dessus au dessous, afin que ça frotte pas directement et que l'orteil soit un peu plus à plat. Le moral est très sujet à ces problèmes qui peuvent être signe de grosses douleurs et finalement de cause d'abandon. J'ai aussi recollé un 3ème tape sur mon muscle qui a de nouveau un peu morflé avec ces gros dénivelés et pourcentages élevés de pente.

Ces petits soins ont été bénéfiques, j'ai même fait un petit bain de pied avant, je repars plus sereinement. Fabrice a quasiment bouché le trou des 4 kms de retard qu'il avait. Traversée de Mauriac, descente plus loin sur la Dordogne par le barrage du lac des Aigles (construit durant la 2è guerre sous les ordres des Allemands, fini en 1947) puis remontée et dernier kms de jour avec le passage des 300 km. Quelques kms avant Neuvic, en début de nuit, un automobiliste change de direction et me prend en ligne de mire, frôlant la bordure herbeuse, je dois sauter dans l'herbe, j'y vois rien, il a mis ses grands phares en plus et il accélère, le vrai gros gros con. Il l'a fait exprès, car je suis hyper visible de nuit avec mes bandes réfléchissantes épinglées autour de mon sac. 
J'ai décidé de faire de l'avance de nuit, je me sens en forme, même si je ne force pas trop durant la nuit, très noire, mais sans pluie. J'arrive à Meymac au lever du jour, quelques flèches de direction dans les 2 sens jettent le doute sur quel tracé à suivre. Téléphone à Hervé, il me dit de viser l'église, ok, je le retrouve et j'attaque la raide montée au centre du village. Puis c'est une très longue et raide montée en direction de Millevaches. Puis le profil devient vallonné en direction de Peyrelevade, Faux-la-Montagne. Petite discussion avec un habitant fan de cette course, qu'il suit depuis des années, il sait qui je suis grâce à la balise GPS qui nous situe sur la carte, il connait le nom de tous les coureurs, leur avance, leur retard sur leur poursuivant etc... Le mauvais temps fait son retour avec une grosse averse. Jusqu'à Royère de Vassivière, ça va encore puis gros déluge durant une bonne demi-heure, la route est sous 5 cm de flotte, la température chute, malgré ma pélerine j'ai froid et à nouveau mal partout comme le 1er jour. L'humidité et le froid ne plaisent pas du tout à mon dos qui le fait remarquer. De plus je crève de faim, malgré que je mange à chaque fois que je vois Hervé, chaque 30 à 40 minutes. Le moral refait une profonde chute, je suis aussi un peu confus, je ne sais plus trop où j'en suis avec cette course. A Compeix, je décide de dormir 30 ou 45 minutes, je ne sais plus très bien. La descente sur Bourganeuf se fait au ralenti, pas d'énergie, je m'attends à chaque instant à me faire avaler par plusieurs coureurs.
Traverser Bourganeuf est une horreur absolue pour les genoux et mon muscle à nouveau bien sorti. C'est extrêmement raide mais tout a une fin et une fois au fond du trou, je continue, plus que 80 km. La nuit est noire de chez noire, ça ne présage rien de bon. Je me mets à tanguer grave une douzaine de kms après Bourganeuf, et c'est 1 h du matin. Hervé est arrêté vers une ferme, au sommet d'une énième bosse. J'y dis que je dois dormir, plus d'énergie. 30 minutes de prévue. Une pluie diluvienne me réveille en même temps que la sonnerie du réveil. Exclu d'aller ainsi sous un énième déluge. Je reste au lit allongé dans le Jumpy, Hervé dors sur les sièges avant. Il dort couché quand il m'attend, il a 30 minutes environ chaque fois à disposition. Je le réveille avec un doux toc toc contre la carrosserie, mais une fois, alors qu'il est assis j'ai eu peur pour lui, tellement il a l'air effarouché à son réveil, il ne sait plus trop où il est à ce moment-là. 
La fatigue nous joue des tours, j'étais persuadé d'entendre des voix, que Hervé discutait avec mes poursuivants, Frédéric et Fabrice, et j'ai même entendu Julia, ma femme, et ils causent de mes pieds et du fait qu'ls n'ont pas voulu me rattraper avant. Quand je sors du Jumpy, environ 30 minutes plus tard, averse terminée, je demande à Hervé où sont les autres. J'attends à ce qu'il me disent qu'ils viennent de partir. Quels autres ? me demande-t-il ? Ok, j'ai compris que je déconnais, il n'y avait personne. Il me dit la direction à prendre car j'allais repartir sur mes pas, dans la direction opposée. J'ai ses piolets en mains, je crève de douleurs aux 2 gros orteils, un effleurement me fait affreusement mal. Depuis Faux-La-Montagne du Km 113 à l'aller, j'ai coupé le dessus de mes chaussures. J'ai allongé la coupure pour que ça frotte moins mais c'est encore pas assez, je devrais peut-être enlevé un rond de tissu. 
Je peine donc à avancer à 2 km/h, un escargot par temps sec,  à avoir de l'équilibre, il faut réchauffer la machine, la remettre en route et le miracle comme souvent est bientôt au rendez-vous.
Petit à petit, la foulée se refait gentiment normale, l'enflure des pieds avec le mouvement s'estompe gentiment, je reprends espoir et ma marche en avant. J'ai une dizaine de km d'avance sur Fabrice, 17 sur Frédéric, au moment de mon départ. Tout le monde a dormi, apparemment. 
Puis en début de journée, coup de tonnerre, Frédéric n'est théoriquement plus qu'à moins de 2 kms, 900 m semble-t-il. Un électrochoc qui me relance, qui me fait décider d'abandonner mon sac touriste de trail avec habits de pluie, gels, que des trucs en cas de secours, mais quand même trop lourd pour la situation qui arrive. Je dois accélérer, sinon je vais me faire bouffer. Claudiane arrive à ma hauteur, nous discutons un peu, c'est la femme de Frédéric, je les connais et les apprécie bien depuis la TEFR de 2012, mais la course, c'est la course, plus personne ne doit me dépasser. Je demande à Hervé 's'il est d'accord me suivre davantage à la culotte afin que je boive ou mange sans rien devoir porter, et lui explique pourquoi. Il est d'accord, c'est un super ravitailleur, jamais un mot de rechignement, toujours prêt à me donner ce que je demande, à suivre ma tactique, à abonder dans mes décisions. L'écart sur Fred se creuse en ma faveur jusqu'à 3.5 km, au sommet d'une bosse, où je décide de dormir à nouveau 6 minutes, avec quelques soins, nourriture, 10 minutes de perdues, donc aussi un km. Et cela va être ainsi quelques fois, l'écart descend parfois jusqu'à 2.3 km, car je vais faire encore 2 ou 3 petites siestes de 5 à 6 minutes. Quand je tangue trop, que les yeux se ferment, c'est très désagréable et le rythme chute aussi. 
Finalement, après qu'il m'ait renseigné un grand nombre de fois, à ma demande sur l'écart entre moi et Frédéric, l'écart se monte autour des 5 kms. A l'arrivée, 1 h 1 minute. 
J'ai essayé jusqu'à la fin de donner le meilleur rythme possible mais il y a de nombreuses montées, qui tuent le tempo plus élevé du plat qu'on arrive à tenir. Le temps ne veut plus dire grand-chose, on en perd la notion, si on ne regarde pas sa montre, on est soit de jour soit de nuit. La fatigue est bien là sur les dernières 40 heures. Je le remarque aussi avec Hervé, qui met plus de temps à capter mes demandes, avec moi qui ne sait plus très bien ce que je fais sur certains secteurs et cette fatigue qui devient extrême est aussi responsable avec les douleurs dorsales dues à la pluie aux baisses du mental. C'est toujours pareil dans ce genre de course, il faut alors se reposer et remplir l'estomac. 
De belles girolles ont été vues, même ramassées par quelques coureurs, sur les hauts et dans la descente menant à Bourganeuf depuis Royère de Vassivière. De très nombreuses fleurs nous ont accompagnés durant la course, la Digitale pourprée, Fingerhut en allemand, grande, magnifique était omniprésente. 
Arrivée mémorable avec les 4 premiers qui m'attendent, les organisateurs, les accompagnants ou quelques coureurs-accompagnants ayant abandonnés, cela m'a fait extrêmement plaisir. Discussions d'arrivée pour attendre le, les suivants, douche intercalée pour faire pareil, grosse fatigue durant les 2 jours à attendre la remise des prix, à part flâner, accueillir les suivants, manger aux repas et dormir, rien envie de faire, plus d'énergie, plus d'envie d'entreprendre, service minimum. Les orteils qui frottent font toujours très mal 3 jours après. La rentrée chez moi s'est faite avec un demi-litre de café bu à intervalles réguliers et après la première demi-heure où j'ai pensé ça va être pénible, le retour à la maison s'est fait sans encombre. 
Tellement content d'être arrivé au bout. C'était clairement un immense challenge pour mon pied, j'ai modifié mes semelles sauf erreur 3 fois durant la course, ça a finalement bien porté ses fruits, car je ne devais plus m'arrêter pour le refroidir. J'avais des fois mal, mais ce n'était plus insupportable avec des arrêts d'urgence tellement ça brûlait. 
Tellement content...et avec un résultat que je n'aurais pas osé espérer à cause du pied. Tellement d'émotions depuis l'arrivée et à la remise des prix. C'était le pied géant ! A la prochaine

Vous comprendrez mieux maintenant pourquoi je courais à droite et à gauche ce printemps, afin de préparer le physique au maximum.
J'ai dormi au total entre 6h30 et 7h, ne me rappelant pas de toutes mes petites siestes ou de leur durée. Les 3 premiers ont dormi entre 3h30 et 4h30, selon ce qu’ils m’ont dit. Ce serait trop peu pour moi. A bientôt

News postée le : 23.06.2024

2024.06.07 22h pour etre precis, Depart des 100 kms de Bienne

100 kms de Bienne, championnat suisse, bon départ contrôlé à un peu plus de 10 km/h , sur les 20 premiers kms, puis début de plusieurs montées et des chemins blancs, peur de m’encoubler avec mon pied droit (que je ne peux pas lever, éviter de chuter comme trop souvent ces derniers temps) et cailloux pointus qui me font mal sous le pied gauche, bref j’avançais pas comme je l’espérais entre minuit et 4 h du matin. De nuit il me semble être moins percutant. Heureusement, la fin plus plate me convient mieux et je me ressaisis et j’accélère continuellement pour les 20 derniers kms, aussi pour revenir sur un coureur qui a l’air aussi vieux que moi, qui me dépasse alors que je change de semelle. En point de mire à 200 m je le garde sous contrôle jusqu'après Büren an der Aare, avant de me décider d’aller le chercher à 6 kms de l’arrivée, j’attaque mais il s’accroche, il passe devant sur 700-800 m je repasse et je durcis le rythme au maximum sur les 3,5 derniers kms et je lance le sprint à 400-500 m de l’arrivée et il n’a pas vraiment pu suivre, j’étais content mais il fallait que je tienne et ça n’a pas été facile… après on a sympathisé avec Albrecht (son prénom) et bu une bière ensemble avec Julia et son pote Hennés, en papotant une bonne heure et plus. La beauté du sport et de la camaraderie. Le chrono de 11:19 pas exceptionnel mais ça a suffit au moins pour être 1er de catégorie. À bientôt

News postée le : 09.06.2024

2024.05.26 au 1er juin, Schwarzwaldlauf die fantastischen Sieben, 7 etapes, 370 km

Schwarzwaldlauf de 7 étapes pour un total de 370 km. Un tour partant de Grüntal-Freudenstadt et y arrivant.
Nous étions 18 au départ, mais sauf erreur nous sommes 16 inscrits pour l’ensemble des 7 étapes.
1ère étape de Grüntal-Freudenstadt à Tennenbronn-Schramberg sur 52.93 km à mon GPS, 815 m D+, 726 m D-, 5h55, 4ème, allure 06’43/km.
Lars qui fait les 3 premières uniquement a gagné en 4h38. C’est le seul sous les 5 h. Je fais 5, donc 4e avec les coureurs de l’ensemble de la course en 5h55.
Il y avait quelques beaux becquets à grimper et un long faux plat montant et usant de 3 kms vers le 40e. Si au début je me sentais vraiment bien j’ai eu quelques peines sur la fin qui m’a un peu fait ralentir mais la semaine ne fait que commencer et il faut gérer et ne pas trop s’acharner quand ça devient dur sur les courses par étapes. Derrière moi il y’a Andreas à 4 ou 5 minutes et après un trou d’une heure environ. Andreas était avec moi du 4e au 33e kms et je le vois arriver au 4e ravito juste avant que j’en reparte.

Beau parcours jusqu’au 37e kms avec beaucoup de passages en forêt où à travers champs sur des pistes cyclables puis après moins intéressant le long des routes. Beau temps et météo idéale pour courir.

Schwarzwaldlauf : 2è étape du lundi 27 mai 24, de Tennenbronn à Feldberg Altglashütten sur 59,5 km, mais avec quelques petites erreurs j’arrive à 59,94 km et 1030 m de D+, 726 m D-, 7h17, 4ème, allure 07’19/km. On doit se diriger au GPS, il n’y a aucun balisage cette semaine, il faut être très attentif à sa montre. C’est le même classement que hier pour moi, 4e, 5e avec Lars le 1er (qui s’arrête demain soir) je prends 10 minutes à Andreas, jamais loin derrière moi, il arrive au dernier ravitaillement quand j’en repars mais depuis là il a pris son temps. Petite pluie à la fin et mon gps déconne quand le verre est mouillé. Je perds facile 2 minutes à faire que je voie où aller en tentant de sécher le cadran et aussi car je me trompe sur l’avant dernier carrefour à 4 branches et 2 erreurs possibles, et je les fais les 2. Parti ce matin avec la semelle no 1 que j’ai mis sur 160 kms à la Tortour de Ruhr il y’a une semaine dans mes Topos. Là après 5 kms j’avais trop mal à l’extérieur du pied donc j’ai changé et mis la semelle no 3 que j’ai utilisé hier avec mes Brooks, aujourd’hui idem. Après 30 kms j’ai commencé d’avoir bien mal, un arrêt repos du pied et je tiens la longue montée jusqu’au 36e kms puis dans la descente qui suit, la douleur revient en force spécialement sous le gros orteil et je dois m’arrêter soudainement car trop mal. Je remets la no 1 et étrangement je la supporte mieux que ce matin et je finis avec. J’ai vu qu’avec mes semelles modifiées dernièrement j’arrive à chausser à nouveau plusieurs paires de chaussures de différentes marques. Mais à chaque semelle correspond une chaussure, elles ne vont pas forcément dans toutes les godasses. J’ai davantage mangé durant l’étape car hier je suis arrivé affamé et je n’étais pas très bien un bon moment avec des étours dû à une pression trop basse. J’avais un gros besoin de sel étant à la limite des crampes en étant couché et en bougeant les jambes.

Schwarzwaldlauf, 3è étape du mardi 28 mai 24, de Feldberg Altglashütten à Blumberg, 56,18 kms, 807 D+, 1080 D-, 6h43, 3ème, allure 07’12/km
7 degrés au départ. Après 2 kms environ de montée, première grande descente sur 8 kms, c’est la 1ere fois qu’on voit des coureurs rapides devant nous après 6 kms encore et Thorsten est rattrapé et se trompe de chemin et nous qui suivons faisons pareil (Andreas et moi). Je suis parti en chaussant une nouvelle paire en prévision de la mimilkil, une pointure plus grande mais elles sont un peu étroites malgré ça et mes 2 semelles différentes emportées ne conviennent pas avec ces pumas. Elles sont très amortissantes comme peuvent l’être les pattes de ce félin mais j’ai mal et je vais perdre de vue Andreas car ça me freine. Rien de nouveau diront les mauvaises langues. Comme je suis prévoyant j’ai déposé mes Brooks dans le panier du ravitaillement 2, pour changer en cas de problème, ce que je fais avec bonheur. Je vais alors partir en chasse-patates et essayer de revenir à vue d’Andreas, et grâce à 2 montées d’un bon kms chacune j’arrive à le voir environ 2 minutes 30 devant moi, en général il marche alors qu’en trottant je vais un peu plus vite que lui, puisque ça fait 2 jours que nous courons souvent ensemble, on commence à se connaître. Au ravito 3, il est là quand j’arrive et Dennis aussi. Andreas et moi courons ensemble pour 10 kms environ avec la 2e grande descente qui nous amène à Stühlingen, avant de faire 5 kms le long de la rivière Wutach très sauvage avec quelques belles accélérations de la rivière quand ça devient plus raide. Elle a dans la région de Neustadt sa source et (où nous avons couru hier) une magnifique et profonde gorge, que nous avons parcouru avec Julia lors d’un week-end d’entraînement il y’a une dizaine d’années. Andreas me lâche d’une trentaine de secondes sur le dernier kms avant le ravito, je suis un peu sec. Mais fidèle à mes habitudes, je repars rapidement après avoir bu une demi-gourde de coca et avoir fait le plein. La Wutach fait frontière avec la Suisse depuis Stühlingen sur quelques kms, le canton de Schaffhouse pour être précis. C’est aussi le terrain d’entraînement d’Andreas qui habite vers Waldshut. Il m’a averti que la montée vers Blumberg est assez sèche. Les 2 kms de montée initiale sont raides mais je m’attendais à pire… là-haut une espèce de plateau bosselé avec beaucoup de champs de céréales. Mais je n’ai encore rien vu… petite erreur de parcours à Fützen où je perds environ 1 minute 30, avant d’attaquer un raidar puis 1,5 kms un peu vallonné et la difficulté du jour arrive, un gros raidillon d’un peu plus d’un kms mais bien 350 m de D+, puis 1 descente raide et Blumberg arrive qu’on doit traverser et la 3e erreur de parcours peu avant l’arrivée.

Ce qu’il y’a d’intéressant avec ces nombreuses courses est la géographie qu’on apprend si on s’intéresse un tant soit peu. J’ai déjà suivi nombres de rivières et passer dans les environs immédiats des sources de nombreux cours d’eau. Et c’est parfois bien étonnant de savoir où se trouvent ces sources quand on sait ensuite où coulent et finissent ces cours d’eau.
J’ai trouvé des morilles sous des écorces de sapin, elles faisaient bien 20 cm de long et elles avaient poussé à plat, empêchées de pouvoir se dresser. Je n’ai pas pu les ramasser car je me suis réveillé trop vite… c’était mon rêve ! Comme ça fait plusieurs jours que je balaie parfois les abords des chemins qui pourraient bien être des biotopes à morilles, en définitive ce sont elles qui me poursuivent jusque dans mes rêves.

Question classement je fais 4 de l’étape en 6h43, mais 3è sans tenir compte du vainqueur, Lars, qui n’est là que pour courir les 3 premières étapes, Dennis arrivant après moi et Andreas à qui je reprends 5 ou 6 minutes.
Demain on va bronzer l’autre côté du corps puisqu’on va gentiment remonter la Forêt Noire après l’avoir descendue ces 3 derniers jours. Grande salle ce soir, ça va atténuer les ronflements ou alors ça va faire caisse de résonance ? A voir

Schwarzwaldlauf, 4e étape du mercredi 29 mai 24, de Blumberg à Horgen sur 46.7 kms, 391 D+, 476 m D-, 5h21, 4ème ex-aequo, allure 06’58/km.
Une petite étape assez plate et pas trop dure mais suffisamment dure quand même, il fallait quand même la passer et nous remarquons tous être quand même plus ou moins fatigué. Pour ma part après une quinzaine de kms un peu rapide grâce à l’énergie renouvelée durant la nuit, j’ai pris un rythme un peu moins dur, Andreas me suivait comme mon ombre et de devoir mettre les fesses à l’air, il s’est retrouvé devant. il m’a fallu 3 kms pour le rattraper et j’ai pu constater qu’il n’avait pas plus envie que moi de trop forcer car il n’a pas profité de prendre la poudre d’escampette. Donc on s’est mis à discutailler de temps à autre. Au début de l’étape j’ai dû cacher que j’avais un peu mal à mon pied g, en le posant plus sur le gros orteil, alors que j’avais le même ensemble que hier Brooks-semelle qui allait bien. Comme le pied est un peu enflammé, ça met du temps pour qu’il s’habitue à la pression de chaque foulée et environ depuis le 14-15e kms ça allait mieux et ne devait plus trop faire attention comment je devais le poser. S’il va gentiment mieux, il y’a des retours de manivelles et c’est d’autant plus difficile à accepter, même si depuis 2 ans je dois toujours m’adapter, je devrais le savoir.

Nous finissons ensemble, je l’ai attendu au dernier ravito car il prend toujours un peu plus de temps et lui m’a attendu en marchant au lieu de courir alors que j’ai un arrêt technique dans les buissons.
Donc pas d’attaque, entente tacite sur les 10 derniers kms ou on continue à barjaquer. Et pas d’erreur de parcours malgré ça. Une première !!!
Aujourd’hui question géographie nous avons quitté la région de Wutach qui se jette dans le Rhin au Sud de l’Allemagne, pour suivre un bout le jeune Danube qui part à l’Est (nous avons passé tout près de sa source le 2e jour vers Furtwangen). avant de retrouver le bassin fluvial du Rhin grâce au Neckar qui se jette dans le Rhin plus au Nord à Mannheim. Beaucoup de champs de céréales avec des trèfles en fleurs, magnifiques, qui ont la forme de grappes allongées, d’un violet foncé très beau. Avec le nombre, ça en jetait !!!
Belle halle de gym avec les commodités sur le même étage, très appréciable. La première nuit il fallait descendre un étage pour aller au wc et la nuit dernière il fallait en monter un. Et ça fait vite des mètres… de longs couloirs parfois.
Aujourd’hui j’ai la place idéale, j’ai pu rehausser mon matelas avec plusieurs matelas de gym, j’ai une prise de courant et des espaliers pour sécher mes affaires !!! Du luxe !
Pour ceux qui n’ont pas d’expérience des courses par étapes, à l’arrivée il y’a quelques règles d’usage pour essayer d’être bien : le choix de l’emplacement est influencé fortement par la proximité des prises électriques à disposition:
On passe la journée en courant, puis on recherche du courant pour se tenir au courant et mettre nos proches au courant grâce au courant, pour ce coup rendez-vous par WhatsApp. Puis après le choix de l’emplacement avec le bagage ou le matelas court en place (mince dirais-je plutôt que court en hauteur 🤣🤣🤣) il faut se fourguer quelques choses derrière la cravate pour se refaire la cerise. Et là tout est bon, il ne faut pas faire son difficile avec ce qu’il y’a à disposition.

2 ex æquo pour la victoire d’étape avec Michael et Thorsten, à qui j’ai donné le truc de réhausser ses talons car il avait mal aux tendons d’Achille. Je lui ai dit que ce truc je l’avais appris dans le livre La grande course de Flanaggan, de Tom Mc Nab, qui parle de la TransAmerica de 1920 sauf erreur. Il m’a dit avoir commandé le livre hier soir, après que je lui en ai parlé. Et je vous le conseille.

Dennis qui s’envole, finit environ 15-20 minutes devant nous, nous pas dans le déni de dire que les muscles ont des nids de noeuds. Mais d’haine y en a pas malgré tout. Ne dénigrons pas notre sport, on sait à quelle sauce il nous bouffe. (En italique dans le texte quelques sonorités identiques pour m’amuser)

Schwarzwaldlauf 5e étape du jeudi 30 mai 24, de Horgen à Horb, 49.4 kms sur le road book 49.9 kms sur le site (51,58 pour moi à cause d’une erreur) 511 m D+, 603 D-, 5h40, 4ème, allure 06’37/km. Tempo nettement plus rapide avec une belle bosse pour finir l’étape.
Drôle de journée… départ avec une côte de plus d’un km assez raide, le peloton est tout de suite étiré et les positions reflètent le classement général.
Cette fois c’est moi qui devient l’ombre d’Andreas durant les premiers kms, je le suis à une vingtaine de secondes en observation. J’ai chaussé mes Topos, et j’ai 2 semelles de rechange avec moi. À la Tortour de Ruhr j’ai fait quasi 100 kms sans trop de problèmes avec ces Topos et la semelle no 1. Après 5 kms je dois changer de semelle, trop de douleurs. Après 10 kms encore trop de douleurs avec la No 2 qui était longtemps ma favorite. L’autre semelle ne va pas mieux. Je serre les dents jusqu’au 2e ravito où mes Brooks sont déposées. À chaque changement je perds une bonne trentaine de secondes et j’arrive à revenir à chaque fois à quelques secondes ou à la hauteur d’Andreas, mais ça coûte un peu d’énergie ces changements de rythme. Arrêt buisson au 12e kms et Andreas accélère, je m’en rends compte car avec le temps perdu et mon accélération pour revenir ne change pas l’écart entre lui et moi, et c’est la course poursuite jusqu’au 2e ravito ou donc je change de chaussures, lui repart quand j’arrive mais j’arrive déjà à grignoter une trentaine de secondes pour réduire l’écart et ça continue ainsi jusqu’au 3e ravitaillement ou on arrive à quelques secondes près ensemble. Je fais vite et repars en même temps que lui avec un tempo qui fait directement le trou, il n’arrive pas à suivre. Une petite montée m’aide aussi. Et je trace, je trace et le trou s’accentue… mais mais mais malgré que la piste cyclable est en lisière de forêt et qu’il n’y a pas d’autres chemins, en contrôlant la trace gps, je constate avec stupeur que je suis faux, hors circuit ! Comment est-ce possible ? Je retourne donc en arrière et questionne un cycliste que je viens de croiser quelques minutes avant. Il me confirme que j’avais la bonne direction et qu’il a effectivement croisé quelques coureurs (3 : Dennis, Michael et Thorsten) Mais alors je n’y comprends plus rien. À ce moment arrive Ulrich que j’avais laissé sur place au 3e ravito, 2 kms avant. Je reprends la direction de Horb et je pige l’erreur, un sentier herbeux monte dans la forêt sur 150 m peut-être et redescend… Dans mon erreur je n’ai pas croisé Andreas, ce qui signifie qu’il a pris une bonne avance. Un peu découragé, j’ai un peu baissé mon rythme sur environ 2 kms où je peux constater dans un champ où l’on voit à 5 minutes environ devant qu’il n’y a pas d’Andreas à l’horizon. Et je me reprends. J’accélère dans l’espoir d’y revenir dessus. J’arrive au ravito 4 et on me dit qu’il a 10 minutes d’avance mais les ravitailleurs n’ont pas l’air d’être sûrs. Mais j’ai compris qu’il avait une bonne avance. Donc j’avance avec ma meilleure volonté, j’ai un 3e arrêt buisson et 2 arrêts refroidissement du pied qui brûle. Mais je suis content de mon rythme, et une belle montée est en vue, je la connais depuis l’an passé (Neckarlauf). Elle est raide et arrivé en haut je constate que le final est autre que l’an passé, ça continue dans une autre direction avec la montée qui continue. Et je vois maintenant devant moi à 2:30 Andreas, selon un pointage. Et ça remonte après une petite descente, excellent pour moi. 2 kms plus loin, j’arrive à une 15 zaine de secondes derrière lui et j’observe une petite pause refroidissante pour mon pied. Je suis persuadé qu’il ne sait pas que je suis tout près derrière lui. Il me faut ensuite 500 m pour le rattraper dans une petite côte et il sursaute quand il entend ma chaussure râper l’asphalte de la route. Je lui dis m’être trompé, lui demande combien de kms il a, car mon kilométrage n’est pas juste avec mon aller-retour, j’apprends qu’il reste 2 kms maximum et continue sur ma lancée, il y’a 3 petites bosses jusqu’à l’arrivée, je les passe vraiment bien et fais le trou… mais un caillou me fait mal dans ma chaussure gauche sous le gros orteil, mais c’est exclu que je perde du temps pour l’enlever donc par moment j’ai vraiment mal puis il se déplace un peu et ça va mieux plus revient etc comme ça 4-5 fois, et enfin l’arrivée. Andreas arrive 2 minutes après. Aujourd’hui pas eu trop le temps d’observer quoi que ce soit, hormis quelques beaux escargots sortis pour profiter d’une météo qu’ils affectionnent particulièrement. Pluie intermittente, quelques grosses flaques d’eau qui recouvrent l’entier de la piste cyclable à plusieurs reprises.
Une grosse portion de salade de pdt et quelques tomates bouts d’avocats pour me recharger d’énergie.
J’ai mangé différemment plusieurs matins de suite, hormis le pain et j’ai chaque jour ces problèmes de digestion qui m’envoient m’alléger d’urgence.. je me doute que ça vient peut-être du pain longue conservation avec les E suivis de quelques chiffres…
J’ai aussi abandonné de manger des bananes à chaque ravitaillement, sauf au dernier où je prends des petits salamis et des carrés de chocolat joghurt ritter sport, mélangeant tout ça en même temps. Et j’ai pu faire les derniers 12 kms sans être dérangé de l’estomac.
Dennis a mit tout le monde d’accord aujourd’hui, derrière lui Michael à 6 minutes et Thorsten à 31 minutes, moi à 50 minutes… mais je peux m’estimer content que la dernière ascension, (les 4/5e du dénivelé du jour) m’a permis de revenir à la 4e place. C’est pas compliqué, j’ai 1600 m de plus que les autres… ça fait bien 10 à 13 minutes d’égarées, qu’il a fallu reboucher. Je me sentais bien heureusement et j’ai retrouvé la niaque nécessaire pour y croire jusqu’au bout.

Schwarzwaldlauf 6e étape du vendredi 31 mai 24 entre Nordstetten-Horb et Herrenberg, 56.8 kms, 368 m D+, 470 m D-, 6h24, 4ème ex-aequo, allure 06’44/km

Ce jour représente mon dernier jour d’employé, à moi la retraite, après une dernière semaine consacrée à ces vacances passées à la Schwarzwaldlauf. Eh ben, si c’est ça les vacances… et la retraite, c’est pas toujours facile !
Une météo inamicale avec des fortes pluies depuis le 30e kms, qui m’oblige à enfiler la veste imperméable. Jusque-là il pleuvait mais modérément, les escargots étaient en grands nombres sur la piste cyclable, pour remplacer les cyclistes qu’on a pas vus aujourd’hui. Ma tactique du jour prévue et réalisée: suivre Andreas le plus longtemps possible, à une 15 zaine 30 taine de secondes derrière, en fonction des arrêts pour faire redescendre les douleurs de dessous mon pied gauche. Cela m’obligeait à suivre son rythme et tous les 4 à 5 kms à accélérer durant 2 à 3 kms pour reboucher le trou des 40 secondes environ. Il ne s’en rendait pas vraiment compte et ainsi il n’essayait pas de forcer le tempo pour essayer de me lâcher. Le rythme était déjà assez élevé pour notre niveau, entre 9 et un peu plus de 10 km/h, pour une 6e étape. Gros merdier, c’est le terme pour environ 4 kms de sentiers boueux avec des grosses bauges à sangliers barraient le sentier à intervalles réguliers, il était quasiment impossible de pas passer à travers car les buissons faisaient une haie de chaque côté. Avec mes savates de route sans profil, ce qui devait arriver arriva: j’ai comme été éjecté sur le côté à travers des buissons d’épines blanches et me suis retrouvé la tête en bas le talus les pieds plus haut. Difficile de me remettre debout, et le pire c’est qu’il restait une cinquantaine de mètres sur ce tronçon boueux et étroit. 2 kms plus loin au ravito, ils m’ont ddit que j’avais du sang au visage, 2 balafres vers le haut de la pommette. Rien de grave mais une belle frayeur, et l’épine blanche ça pique!

Le bras fait mal quand même et 2 balafres aussi au genou gauche. Du 3e ravitaillement à la fin, même tactique sauf que nous sommes plus souvent ensemble avec Andreas, mais le pied m’oblige toujours à faire des stops et ça me devient toujours plus difficile de revenir mais je pense que lui fatigue aussi davantage que sur les 30 premiers kms. Les 11 derniers kms comportent plusieurs petites montées, le rythme est quand même toujours assez soutenu, on ne s’est pas octroyé un final plus reposant, on ne s’est pas mis d’accord de finir ensemble mais aucun des 2 n’a lâché. Mon dernier arrêt effectué à 5 kms de l’arrivée, de 45 secondes m’a coûté pas mal d’énergie pour revenir, mais cette durée est toujours dépendante de l’ondée du sang qui recircule, comme après avoir eu des mains gelées qui se réchauffe. Sur les 1500 derniers mètres, étant seul je me serais de nouveau arrêté mais j’ai dû serrer les dents et prier que j’arrive à tenir jusqu’à l’arrivée. Heureusement qu’il y a eu quelques feux rouges qui nous ont stoppé 2 ou 3 fois ou fait ralentir car j’étais à mon maximum pour endurer ces douleurs. On arrive ensemble.
Il est clair que le cumul des kms enflamme mon pied qui peine à récupérer d’un jour à l’autre. Plus qu’une étape.

Schwarzwaldlauf 7ème étape du 1er juin 2024 et classement final. 
De Herrenberg à Gruental-Freudenstadt 46.7 kms, 841 m D+, 672 m D-, 5h22, 4ème à 20 minutes des 3 premiers, allure 06’55/km

Premier départ à 5h, 2è à 6h et les 5 premiers nous partons à 7h. Afin que les arrivées soient assez groupées. Nous devons donner nos sacs pour le transport à 6h dernier délai. Je l'amène à 5h54, je suis le dernier et le camion est déjà fermé. J'apprends aussi que le déjeuner est déjà rangé. Donc je vais dans mon sac pour y prendre 1 farmer et une madeleine, Dennis nous offre 1 barre énergétique aussi, de sa réserve. Je bois le coca de ma gourde prévue pour aller au 1er ravito. J'ai quand même l'impression d'avoir l'estomac vide. Je vais constater avoir aucun problème d'estomac aujourd'hui et donc pas d'arrêt buisson. 
On prend la tactique de hier et c’est plus ou moins pareil, je fais mes arrêts de récup’ pour le pied et je reviens à chaque fois, de longues montées jamais très raides mais usantes en début de journée, fin de parcours plus marqué par les changements de pente et le dernier raidar sur 200 m environ je mets les gaz et termine à fond pour prendre plus d’une minute sur le dernier km à Andreas, pour le plaisir de finir en beauté, petite finale bien sportive et jouer un peu. Mais les temps ne tiennent pas compte des secondes, seulement des minutes.

Andreas a été un excellent concurrent, sympa, mais qui m’a obligé à rester à un rythme pas toujours facile, spécialement le 6e jour après mon effort du 5e pour le rattraper après mon erreur de parcours. Sur 5 étapes j’y prends du temps et sur les 2 autres j’ai réussi à ne rien lâcher. Mon bilan me satisfait pleinement. J’aurais juste bien voulu trouver une morille, avec cette météo je suis sûr qu’il doit encore y en avoir… pour le fun évidemment.

Lors de la dernière étape, les 3 premiers courent et finissent ensemble. Je fais 4e comme à chaque étape hormis la 3è où je finis 3è, Dennis ayant eu un jour difficile, avec ceux qui ont fait les 7 étapes. Les coureurs qui sont venus en faire 1 ou 2 ou 3 parfois devant pour certains ou derrière. Anecdotique.

Classement : 1. Michael Kiene 32h46, 2. Thorsten Gratzel 34h05, 3. Dennis Jakob 34h53,
4. Christian Fatton 37h20, 5. Andreas Hausy 37h47, 6. Tanya Ostapenko, 1ère F, 41h23,
7. Wolfgang Schulz 41h32, 8. Christoph Holzapfel 42h44 9. Ambros Mühlbachler 42h52 10. Heinz Nagel 44h59, 11. Sabine Schlegel 45h59 12. Mélanie Schulte 47h24
13. Friedhelm Hofmann 14. Ulrich Tomaschewski 49h51 15. Viktoria Doll 59h42 16. Edda Bauer 80 ans, 76h37.

Aussi très content de retrouver mes montagnes avec le Creux du Van… et ma Julia. A bientôt

News postée le : 03.06.2024

2024.05.18 et 19. TorTour de Ruhr 230 kms

2024.05.18 et 19. TorTour de Ruhr 230 kms de la source à l’embouchure dans le Rhin, de Winterberg à Duisburg par une magnifique campagne parfois bien sauvage avec nombres d’oiseaux aquatiques. Le réseau des pistes cyclables a été mis à contribution et nos corps à rudes épreuves.

Au début, je pars dans le milieu du peloton, à environ 10 km/h, c’est la partie descendante de la course sur les 15 premiers kms environ. Il y a bien quelques petites montées pour couper notre élan parfois, dans les villages ou pour aller chercher la piste cyclable, parfois en hauteur par rapport au fond de la vallée et de la Ruhr, qui grossit au fil des kilomètres. Au 27ème km, je vais à l’auto pour faire une petite modif’ à ma semelle gauche. Julia passe à ce moment, je fais le plus vite possible et je fais l’effort de la rattraper en 1 km. Nous discutons un peu sur nos sensations et le début de course. Je reste avec elle une bonne douzaine de kms, puis au 40ème environ, suite à un ravitaillement de nos aides, elle me distancie un peu, je dois retourner à l’auto pour mon problème de pied. Je change de semelle, mais après une vingtaine de mètres, retour à l’auto, je remets ma semelle d’origine, sentant que la nouvelle ira moins bien. Dès lors, Julia est déjà à 200 m devant moi avec un petit groupe et je vais la perdre de vue, avec le parcours qui devient moins rectiligne. Je vais régulièrement revenir sur quelques coureurs plus rapides que moi apparemment, mais qui s’arrêtent souvent, pour différentes raisons, besoin de s’asseoir, de se rechanger (pourquoi) de manger assis, de se reposer, de dormir la nuit quelques minutes sur des bancs (j’en ai vu 2 à 2 endroits différents) etc... Et au final, je serai devant malgré mes problèmes qui m’obligent bien à contrecœur de m’arrêter une quarantaine de secondes, toujours plus fréquemment. Je tiens à peine 2 kms sur les derniers 30 kms sans devoir m’arrêter. J’aurai de la peine à marcher jusqu’au mercredi matin suivant, l’extérieur du pied me faisant bien mal. Nous nous dirigeons au GPS et cela induit aussi quelques erreurs de parcours. Je vais me tromper le plus souvent lorsque les chemins sont presque parallèles et que l’on ne voit pas vraiment quelle branche emprunter. Ce n’est qu’une fois que l’on s’écarte trop du parcours à suivre que le GPS indique que nous sommes hors itinéraire. J’aurai un bon km de plus à l’arrivée, pour plusieurs erreurs ou parfois des hésitations qui font perdre autant de temps à des carrefours compliqués avec des tours par-dessous ou par-dessus des routes importantes à traverser en sous-voie ou sur des passerelles. Julia, avec 4 autres coureurs vont même bien se tromper sur plus d’un km, avant de s’en rendre compte.

Julia s’en sort super bien avec une belle 2ème place en 29h13.37, 10ème du scratch H/F, moi très content d’être finisher en 34h47.28, (31e sur 71 hommes partant, 37ème du scratch sur 51 classés, 87partants, 1er de ma catégorie M65) avec beaucoup de problèmes d’échauffement du pied gauche sur les 60 derniers kms durant lesquels les nombreux arrêts me font perdre beaucoup de temps, ainsi que la pluie qui me met en hypothermie sur les derniers 9 kms. Il me faut environ 20 minutes sous l’abri d’un pont pour réussir à enfiler 2 habits, qui collent sur mes bras mouillés, avec les doigts engourdis et mon état fatigué fait que je pétouille gravement. Vu qu’il n’y a rien pour poser mon sac à hauteur, je le tiens entre les dents. Ce n’est pas ça non-plus qui m’aide à être plus rapide pour m’habiller.

Mon rythme tournait entre 6.5 et 7 km/h à la fin, quand j’étais en mouvement, mais les nombreux arrêts pour le pied font chuter la moyenne kilométrique. Je m’en rends compte en consultant après coup les temps aux kms, sur mon GPS. Cela signifie que j’ai de la marge encore par rapport au temps limite. Si j’arrive à régler mes semelles afin d’avoir moins mal sur les courses, j’arrive quand même encore à régater pour les 1ères places de ma catégorie. Même parfois avec des douleurs et des arrêts. Je suis très content et j’ai eu beaucoup de plaisir d’avoir tenu, d’avoir découvert ce parcours, cette course avec une bonne notoriété, l’ambiance est en effet assez festive avant, pendant aux ravitaillements et après lors de la remise des prix.

La TorTour de Ruhr est assez plate et ce n’est pas forcément un avantage pour moi. Les foulées sont trop régulières et je préfère nettement quand il y a des changements de rythme avec des profils plus vallonnés, avec de vraies montées et descentes. Sur ces parcours assez plats, les faibles dénivelés, les faux-plats montants ne me conviennent pas trop. Il me semble que ça fatigue davantage qu’une bonne montée et ensuite une descente qui permettent de changer ses foulées, de faire travailler plusieurs muscles différemment. https://statistik.d-u-v.org/getresultevent.php?event=89214

Je dis un grand merci pour les nombreux encouragements à tous les promeneurs, accompagnants, spectateurs, reçus tout le long du parcours et surtout sur les 60 derniers kms. Grâce à Tom qui m’a ravitaillé et à Silke qui s’est occupé de Julia, toujours très disponibles et à nos petits soins, nous avons pu participer à cette course et savourer cette ambiance particulière et être finisher. Un immense MERCI, Tom et Silke, vous avez été particulièrement efficaces, toujours avec le sourire malgré les nombreuses heures à vous occuper de nous. A bientôt

News postée le : 03.06.2024

2024.05.10 Ultra XXL Bielersee, 120 km, 4e scratch, 3e h, 1er M60

Vendredi 10 mai à 12 h, départ d’une 15zaine de coureurs pour la XXL Bielersee. Soit 3 ou 4 ou 5 tours de 40 kms autour du lac de Bienne.
Pour ma part je pars pour 3 tours et on verra comment ça va si j’enchaîne un 4e. Dans une semaine j’ai la TorTour de Ruhr de 230 kms et je tiens à le finir donc pas de fatigue inutile… d’autant plus qu’un ultra marathon m’attend dans le pourtour de la maison avec beaucoup de travail d’entretien… un seul ravitaillement par tour à Bienne, au Lodge, près du lac, sinon quelques fontaines jalonnent le parcours donc je pars avec 7,5 dl de sirop salé et un fond de gourde avec du sirop et du sel.
Le 1er tour et demi je crève toujours de soif et m’arrête à toutes les fontaines pour boire et me rafraîchir. (6 x). Je ne suis pas habitué au coup de soleil de cette journée. Je suis parti très prudemment à 9 km/h et je me retrouve en avant dernière position dès le départ et les coureurs devant moi sont rapidement hors de vue. Au début du 2e tour je rattrape déjà 6 coureurs, j’ai rattrapé mon 1er coureur après 13 kms et il reste avec moi 4 kms avant que je prenne le large. À la fin du 2e tour je fais un arrêt un peu prolongé contraire à mes habitudes mais, wc, changement d’habits pour la nuit et je m’envoie une belle portion de spaghettis et des pdt en robe des champs avec du sel, des fruits, 6 dl de coca et 5dl de bière sans alcool. J’ai fait le plein car je sentais que j’en avais besoin. La ViAragon a quand même laissé quelques traces, dont 2.5 kg de perdu selon la pesée de vendredi matin. Il m’a fallu 4 jours pour que mes chevilles et pieds perdent l’enflure d’après course et donc l’eau qui m’avait fait prendre 3 kg !!!
J’ai pu faire mes 10 kms les plus rapides pour finir la course en accélérant continuellement de 8 à plus de 10 km/h, grâce à un retour de bonnes sensations avec la fraîcheur de la nuit. Quelques heures de sommeil et boulot boulot autour de chez moi… bien obligé avec les week-ends pris par les compets…😊😊😊 finalement 3e h, 4e scratch, 1er M60 dans un temps qui ne m’a pas trop tué j’espère pour la semaine prochaine. A bientôt !

News postée le : 03.06.2024

2004 du 26 avril au 5 mai, ViAragon de 7 etapes, 425 km au total.

La ViAragon est une course par étapes de 7 jours sur 425 km. Elle démarre à Urdos, sur France, avant de passer la frontière pour rentrer en Espagne par le Col Somport, dans les Pyrénées. Elle prend fin en Castille La Mancha, après avoir traversé l’Aragon. 25 coureurs au départ, dont 7 femmes. La plus petite étape est la 1ère avec 46.4 km, la plus longue fait 75.7 km, la 6ème. Chaque jour, les plus lents partent 1 heure avant les plus rapides, de sorte que les stands de ravitaillement ne doivent pas rester ouverts trop longtemps et cela réduit aussi le temps des arrivées, un peu plus groupées. 21 classés final. https://statistik.d-u-v.org/getresultevent.php?event=99757

Étape 7 de la ViAragon de Calatayud à Fuente de Vadillos 56.1 km 1000 D+

Va dit l’os et va dit l’articulation et va dit la pompe alors comme j’avais dit à Gwen hier soir au souper je suis parti en échappée dès le départ. Ok, après 220 m Markus et Gwen m’ont dépassé et on peut même dire déposé. Ça montait d’entrée à un bon pourcentage sur environ 2 kms. Suffisant pour moi aussi pour ne pas être le Yo qui joue au yoyo comme hier matin. Je voulais faire ma course et donc ne pas être avec quelqu’un tout près qui me remonte en descente et moi qui redescend ma position au classement en montée. L’effet yoyo quoi.

La route était parfois de très mauvaise qualité question granulométrie des cailloux dans l’asphalte. Mon pied n’aimait pas trop, je cherchais les rares bandes réparées de meilleure qualité. À partir du R1, j’avais 4 minutes environ d’avance sur Fabrice Viaud et Christian Fouillet était hors de vue donc à plus de 5 minutes derrière. Avec les 2 déjà cités après le départ nous étions 5 à partir dans le groupe « rapide ». Seul Philippe et Hervé sont partis à 6h30, le gros de la troupe (et les sveltes et athlétiques) s’en est allé à 6h.

À partir du 16e km ça montait bien de nouveau. J’ai commencé à peiner un peu car le pied faisait mal et je tenais maximum 4 kms avant de devoir m’arrêter pour le refroidir. Autour du 20 e km une terrible descente à 13% s’offrait à nous mais ce n’était vraiment pas un cadeau. J’ai assuré à un petit 8.5 km/h et du coup au 25e, suite à un arrêt technique et refroidissement de pied, qui vois-je arriver ? Christian Fouillet ! Ça m’a fait l’effet d’un électrochoc ! Donc j’enclenche le turbo (ou ce qui était jadis ça) et je tente de recreuser un écart le plus vite possible pour ne plus être à vue.

Pour arrêter le temps j’aurais bien voulu bouffer une spécialité suisse, non pas du Torino (chocolat Camille Bloch qui était aujourd’hui mon ravito perso avec des gels pour non pas geler le chrono mais geler les hypo dans l’œuf du corps) non pas non plus du gruyère que j’aime mais une montre… sauf que ça doit stopper le temps une bonne fois pour toute et non pas seulement de la course. Le temps filait trop vite par rapport aux kilomètres avalés. Il faut dire qu’à 13% de pente ça va pas très vite quand on a déjà près de 400 kilos dans les jambes (kilomètres donc mais avec des jambes 2 x plus lourdes que d’habitude)

Après 5 h il me manquait 200 m pour avoir une moyenne de 8 km/h. À ce stade j’étais en haut de la dernière montagne à 1400 m d’altitude. Donc le final en descente était la dernière difficulté pour autant qu’on veuille bien ou qu’on puisse encore mettre les gaz à fond avec des bielles parfois récalcitrantes (mécanique des genoux). Ça a fonctionné mieux que j’osais l’espérer avec quelques kms à 11 km/h à la fin, pour espérer passer sous les 6 h40… avec les 40 mètres de trop 56.140 mètres contre 56,100 annoncés, je loupe le coup pour 6 secondes puisque je mets 6:40.05, une seconde devant Brad Pitt (voir photo d’arrivée de Gil)

Question potin du jour, la bécane de Stéphanie notre princesse démoniaquo s’est déjantée dans la première descente à 13%, au moment où elle me dépasse. Elle couinait le 2e jour, elle couinait grave avec sa chambre sortie (la bécane couinait je précise) chambre à air qui galère. Les gars l’air fort du vent les font aussi bien galérer. Le peneu (comme prononcent les Vaudois du gros de Vaud qui respectent en gros dévots leur accent) de la bécane à plat elle était happe là le téléphone pour appeler là l’aide nécessaire pour se faire embarquer. (on était dans un canyon mais je crois qu’elle a choisi l’auto plutôt qu’une embarcation)

Gwen gagne la dernière étape, Markus 2e , je finis 3e de l’étape. Fabrice Pellefigue avait encore beaucoup de peine à avancer, je le rattrape après 36 kms environ et lui prend encore 54 minutes jusqu’à l’arrivée sur les 20 derniers kilomètres. Il perd donc 1h 54 sur moi aujourd’hui.

Podium final 1. Markus Jörg 2. Gwen Quéant 3. Fabrice Pellefigue qui sauve sa place pour environ 40 minutes sur moi, 4e final.

Chez les femmes, 1. Laurence Fagnon 2. Isabelle Nedelec 3. Marie Jeanne Simon

Une toute belle course, au total 425 kms bien montagneux, de très beaux paysages, merci à Gil, merci aux accompagnants et bénévoles, merci à tous les participants coureurs et bénévoles pour la toute belle ambiance de la semaine, de très beaux souvenirs en perspective. Une très belle expérience humaine toute teintée d’amitié et de respect.

Étape 6 de la ViAragon entre Calatayud et La Molina de Aragon 75.7 kms et 1090 D+ annoncé.

C’était dur aujourd’hui, 1236 D+, 688 D-, donc surtout en montée.

Philippe et Hervé partent à 5h30, Bernard ne prend pas le départ.

À 6 h, 13 coureurs dont toutes les femmes.

7 à 7 h, Markus et Gwen prennent les devants, Fabrice Pellefigue a les 2 releveurs bien enflammés et traîne derrière, ça me fait mal pour lui, ça doit être dur physiquement et moralement. J’ai connu ça personnellement en 2009 lors de la TEFR Bari Cap Nord. D’un jour à l’autre tu passes de tout devant à derrière en perdant beaucoup de temps dans la douleur de chaque pas. Il faut vraiment en vouloir pour continuer. Bravo Fabrice !!!

Christophe qu’on rattrape au R2 à 28 km ne termine pas l’étape pour cause de releveurs enflammés. Je me demande si le fait de courir toujours à droite des routes en dévers ne peut pas favoriser ce genre de blessure.

Vent toujours mais moins fort aujourd’hui, jolie étape mais grande route au début avec longue ligne droite, pied qui a fait mal cette nuit et directement ce matin, 3x je mets de la crème hyper hydratante pour pied sur ma semelle mais je perds trop de temps (2 minutes) releveur qui me fait mal la nuit et problème sur les 38 premiers kms après un peu mieux, 3e aujourd’hui car Fabrice Pellefigue ne pouvait pas courir à son niveau ( les 2 releveurs bien enflammés). Au début je joue au yoyo avec Luc et André qui montent moins bien mais descendent mieux que moi. Fabrice Viaud à notre vue pour les 17 premiers kms puis il prend le large, moi perdant trop de temps pour essayer de régler mes problèmes et la forme n’est pas optimale non plus.

J’ai tenté d’accélérer depuis le R2, où je laisse derrière moi Luc, André et Fabrice Pellefigue pour rattraper Fabrice Viaud et le rattrape au R4, mais au R3 il repart quand je suis à 1 minute du ravito. Depuis le R4 où on repart en même temps, ça monte et j’en profite pour appuyer le rythme. Mais parfois j’ai l’impression d’avoir le tibia cassé avec une douleur vive. Fabrice P a un tape qui l’empêche de plier la cheville et j’essaye alors de modifier ma foulée pour simuler un tape et moins utiliser la poussée de la cheville. Mais je dois rester concentré et mon rythme n’est pas aussi rapide que hier. Je fais un final assez rapide depuis le R6 à 10 kms de l’arrivée car Christian Fouillet (parti à 6 h avec le 2e départ) a passé il y’a 56 minutes. Ça fait que je n’ai que seulement 4 minutes d’avance sur lui à 10 kms de l’arrivée. Ça m’a motivé à fond pour essayer d’être le 3e de l’étape mais ça risque d’être dur demain… où je vais devoir gérer au départ comme ces 2 derniers jours jusqu’à ce que la machine soit chaude et plus prompte à accélérer sur la 2e moitié. Demain 56 kms avec plus de 1000 D+, passage à 1400 m d’altitude. Aujourd’hui une 40 taine de kms sur les hauteurs vallonnées à 1000 m environ. Repas au bistrot et chambres d’hôtel, comme hier. C’est quand même plus agréable pour être un peu mieux.

ViAragon, étape 5, Fuendejalon-Calatayud 75.73 kms à mon gps pour 75.6 kms annoncé, 1187 D+

Il fait froid au départ, pas bcp plus que 5-6 degrés. Faux plat montant avant une dizaine de kms de montée pour passer le 1er col. Je suis Fabrice Viaud à 100 ou 200 m, selon comme il met la pression, moi je monte tout en contrôle sans m’exciter, Jean-Michel et Laurence suivent pas trop loin jusqu’au 1er ravito au 15.2 km. Fabrice Bellefigue, Gwen et Markus ont rapidement disparu de notre vue. Nous étions 7 à partir à 7 h du matin.

Premier départ à 5h30 pour 5 coureurs. 11 coureurs à 6 h.

J’arrive juste derrière Fabrice au ravito et repars devant et lui prends environ 2 minutes que je reperds très rapidement en 2 kms de descente, j’arrive pas à courir vite les genoux sont comme bloqués, c’est mécanique, il me faut toujours 2 à 3 kms pour pouvoir me lâcher en descente. Ça sera ainsi jusqu’à la moitié au 3e ravitaillement en bas d’un petit col où j’arrive 1 minute après Fabrice Viaud. Au sommet du col au 30e km, le vent contraire est si fort que j’arrive péniblement à avancer, je trottine autant que je peux à ce moment mais ça me fatigue bcp et je trébuche à peine je commence à descendre et m’étale, tapant bien le genou et la paume de la main gauches. Ça pisse le sang et une belle frayeur car le genou fait mal et ça va durer quelques kms. Hématome à la main droite. Le releveur a commencé hier à me faire mal, je suis parti avec une socquette coupée pour la cheville gauche. La douleur s’accentue depuis le 20e km environ et surtout dans la descente arrivant au 38e km, ravito 3. Sébastien, l’ami de Laurence a des ciseaux et coupe 4 cm supplémentaire. Ça va mieux aller un moment et de là je me sens un peu libéré question difficulté de l’étape alors je mets les gaz pour la 2e moitié, l’arrivée me semble assez proche (38 kms) pour me le permettre. Une montée passe ainsi très bien sur une grande route et dans la descente de 4 kms environ le releveur recommence à faire mal. Au ravitaillement du 47e, Sébastien me recoupe 2 cm à ma socquette. Ça va mieux et je reprends mon rythme décidé. Je rattrape les coureurs de 5h et 6 h depuis le 22e km et là j’en rattrape 4 en peu de temps. À peine 5 kms après vers le 52e, douleurs aiguës au releveur à nouveau. J’enlève la chaussure et défait les lacets et passe la languette plus bas entre les lacets afin qu’elle ne me frotte pas la cheville. Douleurs différentes sur 400-500 m, puis quasiment plus rien jusqu’à l’arrivée 25 kms plus loin.

Nous rentrons dans un magnifique canyon avec bcp de vergers d’abricots et de poiriers, d’amandiers, selon ce que j’ai reconnu. Je rattrape à l’avant dernier ravito au 57e, Wilma, Marie Jeanne et Jos. Mon pied a réagi comme hier, 1er arrêt au 24e km. Problème technique d’estomac 3x aujourd’hui, j’essayais de combiner un arrêt pied en même temps… mais j’espère à chaque fois pouvoir faire au moins 4 kms. Puis sur la fin j’arrive presque à finir sans m’arrêter mais un sentier de 100 m de long bien caillouteux me fait me stopper immédiatement, la douleur monte en flèche. Arrivée un miles plus loin devant notre hôtel. Agréable d’avoir un lit après 3 nuits en gymnase sur un matelas. Luc et André que je vois à 6-7 minutes devant moi dans le dernier col à 10-11 kms de l’arrivée vont descendre comme des fous les 2 kms de descente alors que moi je dois m’arrêter 1 minute tellement mon pied brûle. Au dernier ravito du 67e ils ont 8 minutes d’avance. À l’arrivée il y’a 8 minutes. J’ai juste l’arrêt de la fin qui me coûte mes 40 secondes au minimum, ça veut dire qu’on était quasi à la même allure sur les 9 derniers kms.

Très belle étape aujourd’hui, une des plus belles mais le vent était de nouveau terrible, il nous stoppait par moment.

Demain de nouveau quasiment pareil

Étape 4 de la ViAragon Castejonde Valdejasa à Fuendejalon 61.3 km, 262 D+.

Autant dire que c’était quasiment plat. La pluie était présente pour le 1er départ à 6:30. À 7:30 c’était quasiment sans pluie mais avec du vent froid. Avec les centaines d’éoliennes qu’on a vu hier et aujourd’hui, ils commandent du vent 🤣🤣. Il nous a énervé et bien retenu car nous l’avions de face et par moment en rafale. C’est parti à 9.5 voir un peu plus vite pour Fabrice que je suivais à 50 m, Christian nous suivait. Devant Markus, l’autre Fabrice et Gwen nous ont rapidement lâché. À 10 kms je passe Fabrice qui ralentit un peu. Je serai 4e jusqu’à l’arrivée, en 7:09, 13 minutes devant Fabrice Viaud. Fabrice Pellefigue gagne l’étape en 6:12, 6 minutes devant Markus et Gwen en 6:45.

Bricolage de mes semelles plus ou moins réussi, je m’arrête pour la 1ere fois après 24 kms et en règle générale ensuite tous les 4.5 à 6 kms.

Longs bouts droits aujourd’hui, pas toujours le plus intéressant, bcp de champs de céréales pour les 20 premiers kils, assez monotone toute la journée.

Le peloton s’est aminci: Mireille s’est fracturé un poignet hier après 2 kms en chutant sur une route bien léprosée.

Jean-Michel M, n’a pas pris le départ ce matin.

La moyenne d’âge du peloton est celle de coureurs d’élite + 30 à 50 ans.

Bernard est le doyen avec 77 ans. Laurence est sauf erreur la plus jeune avec un peu plus de 50… mais tous des élites question ambiance, volonté et rage de courir, de participer. Il y’a un robocop, son surnom pour Philippe avec ses hanches métalliques.

Tous font partie des Tamalou pour ceux qui n’ont qu’1 ou 2 problèmes. il y’a aussi le groupe des Tapamalou, ou il est plus simple pour abréger la discussion de savoir ce qui va bien. Certains évoluent d’un groupe à l’autre.

La distance totale déjà courue en compétitions et le nombre des années n’est pas forcément synonyme de faire partie d’un groupe ou de l’autre. Plusieurs facteurs influencent l’appartenance à un groupe ou l’autre.

Mais on peut dire que la banane habille bien des visages, et remplit bien des estomacs aux ravitaillements.

Pour un potin supplémentaire, Stéphanie, notre princesse a cassé sa roue arrière de vélo avant hier. Enfin elle s’est disloquée au moyeu ( la roue pas la princesse)

La moitié des kilomètres sont fait en 4 étapes, il en reste 3 et donc les 2 prochains jours vont être costauds avec 75.6 ou 8 au menu avec davantage de D+.

Étape 3 de la ViAragon, 51.1 km 502D+, de Ayerbe-Castejon de Valdejasa

Un petit col sur la fin d’où on peut encore voir les Pyrénées au loin. Beau temps. Vallonné aujourd’hui depuis le 16e km. Je finis à nouveau 4e mais longtemps je n’ai pas cru que c’était possible. Après 400 m je change déjà de semelle, la no 1 ne me convenait pas. Du coup je me retrouve dernier avec 1 minute de retard. Je ne m’excite pas mais je constate que tout le monde avance à plus de 10 km/h, sauf Luc et André qui ont attaqué à 11 km/h. Je rattrape d’abord Laurence vers le 7e, puis Fabrice Viaud au 9, et Christian Fouillet au 11e. Au ravito du 14.6 km, Isabelle et Jean-Michel qui repart 30 secondes avant moi. Jusque là un bon 10 km/h, j’ai rattrapé la minute de perdue sur ce rythme. Mais ça va changer… pas que je me sente mal, mais trop de douleurs à mon pied gauche et aujourd’hui je n’ai pas envie d’avoir autant mal que hier alors je m’arrête, je mouille mon pied, je scotche un bout de semelle au milieu de la semelle dessous après 2 essais sans scotch pour voir si ça peut améliorer la chose et faire diminuer les douleurs. Tout ça entre le 22 et 25e km environ. Je revois donc arriver Isabelle qui me dépasse et Fabrice et Christian à 50 m. Je reprends rapidement Isabelle. Ça à l’air d’être efficace mon collage. Mais j’ai complètement perdu de vue Jean-Michel. Grâce à une longue ligne droite, je le revois à 3-4 minutes et avec un meilleur pied je reviens à 2 minutes environ au R2 (2e ravito) du 28e km. Je reviens ensuite plusieurs fois à moins d’une minute, à 30 secondes même mais je dois quand même à nouveau gérer une douleur brûlante sous le gros orteil et je manque même de tomber dans le bas côté en remettant la chaussure après arrosage. C’est ainsi jusqu’au 38e km où je retrouve plusieurs coureurs, Jean-Michel, Luc et André, Mimi et Christophe, partis les 2 à 7:h30 comme 12 autres coureurs coureuses. À 8h30 nous étions 11 à partir. Grâce au petit col, 7 kms plus haut dont les 4 derniers kms sont les plus pentus, j’arrive sans le chercher vraiment à faire un trou sur Jean-Michel, Luc et André qui marchent parfois. Les 6 kms de descente m’obligent à m’arrêter 2 fois pour mon pied, avant avec la côte j’ai pu faire 9 kms sans m’arrêter hormis pour le ravito. En descente j’essaye de porter la semelle de hier mais ça ne va pas mieux , à 2 kms de l’arrivée je dois refaire un arrêt ça brûle trop.

Derrière ça va arriver régulièrement sans qu’il y ait de gros écarts aujourd’hui entre les coureurs du groupe de 8h30. Laurence fait une belle remontée, finissant devant Isabelle. Luc et André tout près du 12 km/h en descente, ils avaient la niaque les Francs-Comtois aujourd’hui. Photo prise par Gilles vers le 6-7e km et mon bricolage du jour pour espérer avoir moins mal demain.

Je vais essayer de pas trop souffrir et donc faire un peu comme aujourd’hui, sur les 61 kms au programme avec très peu de D+. Car les étapes 5 et 6 sont à 75.7 kms chacune et j’espère que mon pied ne soit pas trop enflammé avant.

Étape 2 de 59.8 kms de la ViAragon de 425 kms au total entre Urdos (F) et Puente de Vadillos. Aujourd’hui Jaca-Ayerbe, 59,8 kms officiel, 59.9 à mon gps Suunto. (pour souligner sa précision.) Une côte de 8 kms après le 1er km fait en descente. Puis une vingtaine en descente sur une route très peu fréquentée. Temps couvert mais très agréable pour courir. Depuis le 30e kms un peu de plat jusqu’au 35 et après du vallonnement avec quelques assez longues côtes de 2 kms qui demandent de l’énergie après des kms faciles. Hier soir j’ai bricolé la semelle no 2 qui n’allait pas hier sur les 4 kms quand je l’ai utilisé. J’ai tout fait avec, hier j’ai couru avec la semelle no 3, mais si les douleurs ont été supportables, depuis le 14e km quand ça commence à faire mal jusqu’au 35, ( la pause faite au ravito du 30e m’a permis de tenir jusqu’au 35 mais j’avais bien mal depuis le 25e) après j’ai vraiment eu de fortes douleurs mais je voulais aller jusqu’au prochain ravitaillement et je croyais qu’il était vers le 40, mais il était à 41.6 kms. J’arrose mon pied sorti de la chaussure et pour 4 kms je vais vraiment être soulagé mais ça recommence et je l’arrose à nouveau pour tenir jusqu’au ravitaillement du 50e. En gros je tiens 3 kms sans trop de douleurs puis je serre les dents pour tenir 1 ou 2 kms de plus. Ce n’est pas dur j’ai dû m’arrêter au 54e et au 59e, là je tenais plus alors que je savais qu’il ne restait plus qu’un kms jusqu’à l’arrivée. Une fois que c’est enflammé c’est rapidement douloureux.

Magnifiques paysages de canyons avec des kayakistes, de montagnes rouges en forme de pics, des genêts en bordure de route en début d’étape au parfum assez fort comme hier, quelques belles bandes de coquelicots bien rouges en bordure de route et de champ.

La voie de chemin de fer qui allait jadis en France (qui n’a plus été exploitée côté français) et dont la gare transformée en hôtel côté espagnol est un dernier vestige visible, avec quelques ponts toujours intacts, était en partie empilée vers le 35e km de notre étape. Une grosse grosse montagne de traverses de chemin de fer en béton pour être plus précis. Je n’ai pas vu de rails, probablement qu’ils ont aussi été enlevés et refondus, c’est du moins à espérer.

Petit rayon de soleil sur les 10 derniers kms qui font tout de suite monter la température. Mais j’ai couru toute la journée en t-shirt avec des manchons et les jambes à l’air. À demain

1er jour sur 7 étapes de la viAragon, Urdos-Jaca 46.4 kms dont 14.6 de montée pour passer le col frontière Somport. En Espagne je constate qu’ils ont une bonne descente, le rouge est à l’honneur sous mon pied qui chauffe et en général sur les tables. C’est aussi la 2e fois que je rentre en Espagne en courant et effectivement c’est toujours par une descente. Et en France aussi le rouge est à l’honneur, la montée jusqu’au col nous donne des couleurs au visage, mon pied s’échauffe depuis le début de la route plus raide après environ 7ou 8 kms et à table ils savent bien lever le coude. Il n’y a pas à dire, le régime méditerranéen a du bon. C’est clair qu’il ne faut pas exagérer pour désinfecter la gorge, mais santé à vous tous quand même.

Après la grosse descente du col, le sentier de St. Jacques était au programme avec plusieurs tronçons de cailloux difficiles à courir, des fois ça a même ressemblé à un lit de rivière à sec et si c’était sympa de ne pas suivre la route, mon pied avait bien de la peine et plusieurs arrêts ont été nécessaires, sans doute un arrêt de trop puisqu’à 400 m de la fin je me fais rattraper par Isabelle qui me prend quelques secondes. J’étais parfois avec Christian Fe…. Les 3 premiers nous ont mis la patée, environ 40 minutes. J’étais pas trop content de voir que mon pied m’a quand même bien fait mal depuis la moitié. J’espère que ça ira mieux les jours prochains, vu qu’il n’y aura plus que de la route.

La neige recouvre bien les sommets et le paysage était joli. Nous traversons Canfranc-Estacion où une ancienne gare a été transformée en hôtel. La particularité est que c’était la 2e plus grande gare d’Europe, 241 m de long et transformée en un 5 étoiles. Voilà, j’ai appris quelque chose aujourd’hui, l’ambiance est parfaite, à demain

La ViAragon est une course par étapes de 7 jours sur 425 km. Elle démarre à Urdos, sur France, avant de passer la frontière pour rentrer en Espagne par le Col Somport, dans les Pyrénées. Elle prend fin en Castille La Mancha, après avoir traverser l’Aragon. 25 coureurs au départ, dont 7 femmes. La plus petite étape est la 1ère avec 46.4 km, la plus longue fait 75.7 km, la 6ème. Chaque jour, les plus lents partent 1 heure avant les plus rapides, de sorte que les stands de ravitaillement ne doivent pas rester ouverts trop longtemps.

News postée le : 13.05.2024

2024.04.13 et 14 Ultrabellifontain de 205 km, Fontaine-le-Port (vers Fontainebleau)

Ultrabellifontain de 205 km, samedi 13 avril. Pour une boucle qui tourne autour de Fontainebleau, par des jolies petites routes de campagne, des tronçons dans cette forêt célèbre pour ses blocs de grès à escalader. Et nous avons compris pourquoi nous croisons des gens avec de gros matelas pliés en deux et portés comme des sacs touristes. En cas de chute, cela va amortir le choc. Quand ils grimpent leurs blocs, donc, pas quand ils marchent. (Quoique… ça peut servir aussi)

Revenons à nos affaires. Au départ, tout se passe bien pour moi, je fais causette avec Ray et Alex sur les 14 premiers kms forestiers.

Arrivés au 1er ravito du 21ème, ils repartent quand j'arrive. Mon pied gauche se manifeste déjà. Il commence à faire chaud que je ne suis pas encore arrivé au 2ème ravito et j'ai hâte d'y arriver. On n’a pas choisi d’aller à l’école, mais sois-y sur l’Ecole. Enfin, Soisy sur Ecole est le village bordé par la rivière Ecole où juste au-dessus se trouve le ravitaillement.

 

Alex et Ray ne sont étonnamment qu'une bonne centaine de mètres devant moi, dans la petite montée qui nous y amène. Quand j'arrive quasi en même temps que Stéphane et Damien, qui me rattrapent, Ray vient de repartir. Nous sommes 5 au ravito, car Alex est toujours là et Julia se pointe aussi juste quelques mètres derrière. Je repars le premier, Julia me rattrape 1 km plus loin, ainsi qu'Alex, Damien, Stéphane. Une belle chute sur le petit chemin 1 km plus haut va me laisser quelques marques aux paumes des mains avec un genou écorché et des douleurs aux poignets, encore présentes 2 jours après. Puis c'est Stéphane que je rattrape 1 km plus loin, arrêté momentanément pour une cheville foulée dans un nid de poule. Il commence vraiment à faire chaud.

 

Autour du 44ème km, je suis tout étonné de voir 2 coureurs à peut-être 500 m devant, qui partent sur la droite. Je me souviens de l’an passé qu’à un moment donné, effectivement, nous partons sur la droite. Le premier doit être Ray, en noir, mais qui peut donc bien être le 2ème aussi en noir ? Je regarde assez attentivement, ils avancent, puis d’un coup ils semblent être arrêtés. Et là…. Je réalise que mes 2 coureurs à 500 m environ sont en fait 2 corneilles qui ne sont qu’à une cinquantaine de mètres dans un champ de terre, dépourvu de végétation… Coup de chaud, hallucination, ou quoi ?

 

Mon pied s'enflamme plus que d'habitude, les petites pauses lui permettent juste de tenir 3 à 4 kms avant de devoir à nouveau le soulager par un arrêt. Vers le 56ème kms, 3 coureurs me rattrapent en peu de temps. (Popol, Christophe et Nicolas ? Je n’ai pas bien vu qui c’était, j’étais en train d’aller m’asseoir sur une glissière de sécurité en bois, pour faire une pause pour mon pied, sans avoir su que j’étais en train d’être rattrapé.) Je suis presque à sec, bien déshydraté alors que j’avais 1.5 l à boire, Christophe me propose de me donner quelque chose, que je refuse, ne voulant pas le priver de boisson. Je vais gérer par petite gorgée ce qu'il me reste pour les 5 à 6 km jusqu'au prochain ravitaillement. De là, je repars avec 1.5 l et un bon fond de bouteille de coca de 5 à 7 dl. J'ai bu sur place plus d'un litre, entre du coca, de l’eau et un café.

12-13 km plus loin, à Milly la Forêt, je crève à nouveau de soif, et je décide de finir les 4 dl qu'il me reste des 2.2 litres que j'avais emporté. Je sais qu'il y a des magasins sur la place de la ville, pour y avoir acheté l'an dernier un chausson à la viande dans une boulangerie. Cette année, je vais m'acheter 1 grosse pomme Golden (grosse envie en les voyant) 1.5 l de coca et 7.5 dl d'eau Hépar et pars réhydraté à l’assaut des derniers kms avant le prochain ravito, 8 kms plus loin. C’est le 4ème, ils sont distancés de plus ou moins 20 kms, donc nous sommes au 80ème km. J'ai déjà tout avalé mes boissons de Milly (et Milly jolie, je repars vers l’essentiel, avancer dans ce qui est ma vie. Clin d’œil à Emilie Jolie de Philippe Châtel). Je rebois bien sur place et je repars avec 1.5 litres dans mes 2 gourdes, plus ma bouteille d’eau de 7.5 dl pleine de coca, soit 2.25 litres. Avec la chaleur, j'ai de la peine à m'alimenter avec du solide qu'il faut mâcher. Donc riz au lait, banane et ça repart. 3 biscuits bâtonnets aux noisettes sortis de mon sac ont failli me faire vomir en pleine chaleur. J'avais essayé une rondelle de salami, j'ai dû recracher une partie qui bien que plus que mâchée ne voulait pas descendre. Un bout de fromage avait déjà été très difficile d'avaler autour du 22ème km. Depuis le 60ème km, je m'arrête environ chaque 3 km pour faire redescendre la pression de mon pied gauche, qui me brûle. Depuis le 80ème, j'essaye de tenir autant mais n'y arrive plus, c'est plutôt 2 kms et les douleurs me font aussi bien ralentir. De plus, ces arrêts me font perdre bien du temps. Je me concentre sur le rythme pour malgré les arrêts, essayer de faire au moins du 6 km/h. Donc un km parcouru doit faire dans les 9 minutes car avec un arrêt, ça me fait tout de suite 10 minutes le km. A ce rythme, je me mets déjà à calculer que j'en aurai pour 33 heures minimum, vu qu'en début de course, j'étais à 9.5 km/h sur les 40 premiers kms. Dans ma tête, je dois tenir au mieux jusqu'au 100ème km pour pouvoir changer de chaussures, qui m'attendent dans mon drop bag du ravito. A Milly, lorsque j'ai fait mon arrêt magasin, Fred m'a dépassé car j'arrive derrière lui au ravito du 80ème. Damien est là aussi. Fabrice également mais il me dit être arrivé en auto, ayant arrêté à Milly-la-Forêt, en panne d’énergie. Je repars après avoir avalé du riz au lait et fait le plein de mes gourdes, une banane en main. Pas même 1 km plus loin, arrêt déjà pour délacer mes chaussures et donner de l'air aux pieds. Les arrêts sont souhaités mais j'essaie de les repousser de quelques centaines de mètres. Vers le 93ème Fred et Damien me rattrapent, ils n'étaient pas loin derrière moi depuis 3 km. Ce qui m'a motivé pour tenir plus longtemps pour mon pied mais finalement une douleur trop vive m'arrache un cri et me stoppe net alors que j'essayais, enfin j'espérais, pouvoir rester dans le sillage de Fred et Damien. Ils me demandent en gros ce qu'ils peuvent faire pour moi... c'est sympa, mais je leur dis d'aller pour eux, j'essaye de gérer au mieux mon pied avec mes pauses. Et 2 km plus loin, je réalise que dans mon drop bag du 100ème, il n'y a qu'une petite frontale pour le cas où je serais plus lent que prévu et que mes chaussures de rechange sont dans mon gros drop bag du 120ème km. Un coup dur, car ça signifie que j'ai encore 25 à 26 km à parcourir avant de pouvoir espérer avoir moins mal au pied avec d'autres savates. Je vais perdre de vue mes 2 compagnons 2 à 3 kms plus loin alors qu'il y a un long bout droit pour voir loin devant. Et peu avant le ravitaillement du 100ème km, je les revois à une centaine de mètres environ devant moi. J'ai conscience au ravitaillement que je ne dois pas trop pétouiller, donc je remplis mes gourdes, m'équipe de ma frontale, prend les 3 gels à la caféine prévus pour la nuit, essaye de manger 2 petits financiers fait par Marie l’organisatrice et je me remets en route. Petit détour par l’entrée d’une belle propriété qui en vaut le coup d’oeil. Il fait nuit juste après, c'était déjà limite en arrivant au ravitaillement pour encore voir quelque chose sans allumer la lampe. Dans la petite montée qui nous éloigne du bord de rivière et du village, un petit air frais m’invite à enfiler ma veste verte-fluo très légère, mais si agréable. 9 kms plus loin, j'entends quelques voix derrière moi et j'aperçois 2 frontales en me retournant. Fred et Damien reviennent. J'ai enroulé aussi bien que j'ai pu ma couverture de survie autour de mes épaules et de mon cou. Mon pied me fait mal à chaque pas.

J'ai l'impression, de nuit, d'aller plus vite qu'avant. Avant, j'étais encore à 6 km/h ou légèrement plus vite. Mais avec la nuit, il y a aussi des choses surnaturelles qui se passent. Ma montre avance plus vite, ou alors le temps tout simplement, car j'ai beau avoir l'impression d'aller plus vite, ma montre m'indique à présent des kms entre 11 et un peu plus de 12 minutes. Donc du 5 à 5.5 km/h. Si je crois avancer plus rapidement, en fait je ralentis...La réalité, est que je dois aussi m'arrêter plus souvent, ce qui ne change pas grand-chose, car si j'ai un peu moins mal en étant à l'arrêt, les douleurs sont immédiatement trop fortes quand je me remets en mouvement. En marche, en route quoi... route qui ne défile quasiment plus sous mes pieds, comme figée par la nuit. De jour, elle défilait quand même quand je regardais mes pieds. Autour du 114ème km en sortant d'un bled, Fred et Damien sont à nouveau là, je suis arrêté pour mon pied, je vais devoir redesserrer ma chaussure gauche. Fred m'aide à refaire mes lacets. Ils me demandent si je veux rester avec eux. C'est bien gentil mais je décline l'offre, je ne veux pas les ralentir, ils ne vont pas beaucoup plus vite, mais quand même, et moi je sens que j'arrive gentiment au bout de pouvoir supporter ces douleurs. Je ne veux pas être une encouble. J'espère toujours qu'en changeant de godasses, que ça aille mieux. Je vois leurs frontales s'éloigner gentiment sur 1 km puis d'un coup, je n'aperçois plus rien. La petite descente qui mène à Larchant (vieille belle ruine de l'abbatiale imposante au centre du village) me fait encore davantage mal au pied et je trébuche sur un gendarme couché, j'évite la chute de justesse. Les quelques mètres sur les pavés me font davantage mal, cette année, je suis moins admiratif de la ruine de l'abbatiale St-Mathurin. J'ai assez à faire à serrer les dents. J'attends impatiemment le ravitaillement. Une longue ligne droite suit le village, en forêt, enfin, j'imagine que c'est droit, mais je ne vois aucune lumière devant moi qui pourrait donner signe qu'un ravitaillement est bientôt là. Puis quelques frottements de pas et un souffle attirent mon attention derrière moi, c'est Özdem qui arrive. Il va bien plus vite que moi, il faut dire que je ne suis plus qu'à 4.5, voir 5 km/h depuis les 2 ou 3 derniers kms et ma montre s'accélère toujours plus, ainsi, mes kms prennent plus de temps ! Özdem me dit vouloir arrêter, il dit avoir reconnu ma démarche, mon boitement, c’est vrai que je tangue un peu, n’ayant plus trop d’équilibre redoutant de mettre trop de poids sur ma jambe gauche. Je lui dis que moi aussi, je dois me rendre à l'évidence, je ne peux plus supporter mon mal de pied que j'ai beaucoup de peine à poser. S'il fallait faire encore une vingtaine de kms, peut-être que j'y serais allé, ça m'aurait pris 4 à 5 heures, mais je ne me vois pas faire 85 kms avec ces douleurs. A 5 km/h, que je ne fais plus, cela ferait 17 h, à 4.5 km/h, quasi 19 h… à en crever. Je fais les 300 derniers mètres dans la voiture de Aure qui arrive quelques minutes plus tard, assistant Christian P. Aure m’a déjà demandé quelques kilomètres avant, si tout allait bien, car selon elle, j’avais pas trop l’air de bien aller. Özdem appelle Christian l’organisateur pour qu’il nous envoie une auto de rapatriement. J'attends au chaud dans l'auto de Aure, des spasmes nerveux dans le pied m'empêchant de m'endormir. Il est un peu plus d'une heure du matin. Puis arrivent Myriam et Jean-Pierre qui vont me ramener à mon hôtel amore à Moret et Özdem à l’arrivée.
Et là, après la douche, je constate n’avoir ni pantalon ni slip ou training de rechange… donc lessive au lavabo pour le short, qui va sécher durant la nuit sur le radiateur. Avoir quelque chose à me mettre qui ne pue pas trop en cas de sortie de l’hôtel. Mon sac d’habits est dans l’auto qui est au départ.

Je me doute à présent que mes Topo ne conviennent plus à mon pied gauche, comme plusieurs autres savates, pourtant neuves, qui semblent aller au magasin, puis une fois réellement utilisées pour courir, commencent à me faire mal après 1 ou 2 km dans le pire des cas, voir même moins parfois, ou alors dès les 20 ou 30 kms. Les seules qui m’ont permis de faire quelques bonnes courses sur 50 km, 6 h et les 100 kms des Mines Réjouies cet hiver, étaient des vieilles Mizuno, mais un peu petites qui ont fini par me donner une inflammation sur le tendon du gros orteil, à force de recroqueviller les orteils pour enlever de la pression sous les articulations entre l’avant-pied et les orteils. Les Saucony carbone utilisées aux 100 km de l’Ardèche m’avaient aussi permis de courir sans trop de douleurs. Sur 205 kms, ça me faisait un peu souci de les utiliser depuis le départ, car il me semblait que des maux dans la colonne cervicale et dorsale venaient depuis que je les utilisais à l’entraînement. Mais à Tullins, c’était déjà moins satisfaisant question absence de douleur. Pour mon prochain défi sur 230 km, la Tortour de Ruhr, vu qu’une voiture suiveuse est obligatoire, je vais pouvoir changer de chaussures plus rapidement en cas de problème. Je partirai avec les Saucony carbone.
Et si ça ne va pas mieux, je me contenterai à l’avenir de distances plus courtes, jusqu’aux 100 kms. A voir. Comme ces fleurs de mon jardin.

 

Pour bien finir ce week-end sportif et culturel si on prend la peine de se renseigner sur les sites remarquables vus durant la course, il faut une touche de culinaire.
Excellent repas mitonné par Marie, du tout fait maison, des tablées sympas, 2 sorties de tables précipitées pour aller applaudir les derniers arrivants, bien courageux d’avoir tenu le coup malgré les nombreuses heures. L’ultra, c’est avant tout mental plus que physique, quand ça devient dur. Bravo à Christian et Marie, aux bénévoles, aux coureurs, et merci pour ces sympathiques moments passés ensemble. C’est aussi ça qui nous fait y revenir, malgré qu’on en bave, parfois, plus que de raison. Alors… A bientôt !

News postée le : 17.04.2024

2024.04.06 Les 6 h de l'Isere ? Tullins

En vacances après les 100 kms de l'Ardèche en France, nous nous sommes arrêtés à Tullins sur la route du retour pour participer aux 6 heures. Nous avons fait une semaine sans courir, mais avec 3 jours de randos et un peu plus de 2000 m de D+ pour quand même faire monter un peu les puls et faire travailler le cardio.

La météo est toute différente de ces derniers jours, avec jusqu'à 26 degrés. Donc, il a fallu s'adapter à la chaleur, c'est toujours relatif, ça dépend des différences de température. J'ai eu chaud, je me suis arrosé plusieurs fois la tête et le dos.
Vu que dans une semaine, ce sera 205 km avec l'Ultra Bellifontain vers Fontainebleau, à Fontaine-le-Port, cette course est juste faite histoire de faire tourner les jambes sans trop taper dans le lard. But avoué, 60 km. Je pars donc à un peu plus vite que 10 km/h, le tour fait exactement 1000 m, donc c'est facile de se régler. Toute la semaine, j'avais mal au pied gauche, j'ai porté 3 chaussures différentes avec essais de plusieurs semelles durant nos randos, mais le pied enflammé n'a pas trouvé le bon mélange pour ne pas avoir mal. J'ai pris le départ avec ce que je crois être le meilleur pour moi, les Saucony carbon, comme le week-end passé. Dès le départ, ça fait mal, mais je sais qu'il me faut parfois 2 à 3 km pour que ça passe et que le pied se fasse à la semelle choisie. Effectivement, ça va mieux ensuite jusqu'à 1h30-1h45 de course. il faut dire qu'il y a 2 contours en demi-tour assez marqué à chaque tour et ça ne me convient pas spéclalement, car ça appuie fort pour tourner. Et tout d'un coup, les douleurs deviennent trop fortes et je change de semelle, passant à celle de la semaine dernière des 100 kms. Au début, ça va un peu mieux mais le pied doit aussi s'adapter... puis ça fait toujours un peu trop mal aux demi-tours. Je mouille mon pied plusieurs fois, ça tient environ 7 à 8 km et je répète à nouveau l'opération. Du coup, mon 10 km/h n'est même plus tenu depuis la 2ème heure, je passe les 30 km en 3h03. Je n'ai pas assez bu au début ni assez mangé et une baisse d'énergie s'ensuit aussi. J'ai un réel creux avec mon pire km fait à 7 km/h, en raison d'un arrêt mouillage de pied. Vers 4h40 ou 4h50 de course, je rattrape un gars qui donne l'apparence d'avoir mon âge, donc de ma catégorie. Je m'arrête pour voir à quoi nous en sommes. Il a 3 km d'avance sur moi, mais il peine. Cela me motive et me fait adopter un rythme nettement plus rapide à nouveau. Je veux le rattraper. J'y reprend 1 tour, à 30 minutes de la fin, j'y reprend le 2ème tour et j'accélère alors franchement davantage et lui prend le 3ème tour à 8 minutes de la fin, où je passe définitivement devant. Il me reste 5 minutes 15 pour boucler le dernier tour, je ne pense pas y arriver mais je mets moins 5:05 pour le finir, je lève le pied juste avant la ligne, presque arrêté, je regarde derrière et ne le voit pas, je passe la ligne, 5:10 pour le tour, officiellement. j'ai gagné une place 1er de ma catégorie et de la sienne, soit premier des 60 ans et plus. Ces catégories changent d'un pays à l'autre, et l'année où on change de catégorie, des fois je suis classé par exemple avec les 60 ou avec les 65 ans. C'est pas toujours pareil et c'est difficile de s'y retrouver.
En Ardèche, j'ai été déclaré 1er des 65 ans et plus, et dans la liste des résultats allemands du DUV, qui tient les statistiques mondiales, je suis classé 3ème avec les 60 ans et plus. Donc, il ne faut pas trop calculer et y aller à fond du début à la fin et après on regarde ce que ça donne. Si on est compétiteur, si on s'en fout, c'est différent, et moins important. 
Voilà, au final, j'ai juste 56 kms, ils ne mesuraient pas les mètres restants, on était classé selon nos tours complets dans le temps des 6 h et quelques minutes de plus éventuelles pour finir le dernier tour. J'avais 500 m de retard sur la personne devant moi, donc de toute manière je n'aurais pas réussi à la rattraper, pour les quelques 06 secondes qu'il me restaient et avoir le droit de faire un tour supplémentaire, ça n'aurait rien changé. J'aurais bien voulu être plus proche des 60 km, mais quand j'ai vu que ça n'allait pas trop bien, j'ai pas cherché à forcer plus que de raison, sachant aussi que le cumul de mes courses n'aident pas à trouver la meilleure forme. Et les 205 km de la semaine prochaine sont plus importants. J'espère améliorer ma performance de l'an passé, donc je ne cherchais pas à me fatiguer inutilement en forçant coûte que coûte. Si je vais à fond la dernière demi-heure, à près de 12 km/h pour le dernier tour, c'est tout simplement que je me sentais mieux et ça fait toujours plaisir de finir fort, c'est motivant pour la suite de finir sur de belles sensations.
Julia fait une course de métrononome à nouveau et gagne chez les femmes avec 62 kms, sans trop chercher à forcer, 3ème scratch H/F, en remontant au classement des femmes et du scratch, comme à chaque fois.Sans être cassée à l'arrivée. Moi j'avais des crampes, j'avais oublié de mettre du sel dans mes boissons. J'ai pris du sel après avoir vidé une chaussure de son gravier, et remarqué que je chopais une crampe dans le bras et la jambe, je connais ça... donc j'y ai immédiatement remédié en prenant du sel. A bientôt.

News postée le : 07.04.2024

2024.03.31 Les 100 km de l'Ardeche ? St-Peray

Dimanche de Pâques à St Peray, à 7 h du matin sous une pluie battante et avec un vent à décorner les bœufs 189 coureurs sur un peu plus de 200 inscrits prennent le départ des 100 kms d’Ardeche.Le parcours légèrement modifié pour les 5 premiers kms en raison de passages à gué inondés. Ce n’est pas la grosse euphorie pour beaucoup mais voilà… l’organisation a monté une grosse tente pour 300 personnes le jour avant, pour les repas d’avant et d’après course, il faut lui faire honneur pour sa réactivité par rapport aux prévisions météorologiques. Un tout tout grand bravo et mille merci à Laurent et Isabelle et leurs bénévoles, pour cette organisation maintenue et pour la qualité qu’ils nous offrent. L’ambiance est toujours sympa grâce à ça.

Heureusement le temps s’améliore dans la matinée, grosse averse vers 12:30 pour nous refroidir un peu car on ‘a un peu chaud avec nos habits longs . Vent très fort pour finir la course. Gros mérite à tous ceux qui vont avancer durant la nuit avec en plus du vent, de grosses trombes d’eau.

Julia fait une course de métronome et finit 3e de sa catégorie, 5e femme, 21 du scratch h/f en 9:43.53

Pour ma part, j’ai mis 10:45:32, 38 e scratch, 31 e homme et 1er de ma catégorie, ce qui m’a fait plaisir. Pas à me plaindre de mon pied jusqu’au 60e kms ( avec toujours les orteils recroquevillés) puis quelques arrêts pour le refroidir et des passages à travers quelques flaques d’eau. C’est le quadriceps droit qui m’a un peu freiné car il travaille en compensation davantage que le gauche, et le lake zuri de la semaine passée avait laissé quelques traces. Je suis dans le sillage de Julia jusqu'au 12ème km avec un tempo régulier. Je saute les premiers ravitaillemements, comme elle, car nous avons 2 gourdes sur nous, une pleine et l'autre avec un fond de sirop. Je bois relativement peu sur les 20 premiers kms. Je passe devant Julia du 12 au 18ème km, sans que j'aie eu l'impression d'accélérer. Je me mets dans le dos d'un coureur pour me protéger des rafales de vent contraire. Il faiblit, je le dépasse et me poste derrière un autre mais ça a l'air de le déranger et il accélère, auparavant nous étions ensemble et nous avons échangé quelques mots. Au 20ème km, arrêt pour libérer la tripaille, je perd de vue Julia qui était juste 10 m devant moi. Je ne la reverrai plus avant le demi-tour au km 52.5. J'ai un petit coup de moins bien depuis le km 40 environ, je le vois avec mon rythme qui baisse un peu. Il faut dire qu'on remonte la vallée de l'Eyrieux, presque plate mais en faux-plat montant sans moyen de phase de repos, ça finit par user. Au demi-tour, je ne demande pas mon sac de décharge, j'ai encore des gels en réserve, ma pélerine, mon imperméable, je ne pense pas avoir besoin de la frontale, donc je ne perd pas de temps et entame le retour. Je vais remonter de 12 rangs et en perdre 1 sur les 5 derniers kms, un coureur assisté d'un vélo. Et je le perd de vue avec un arrêt pour libérer la tripaille pour la 3ème fois. Il m'est revenu dessus alors que j'étais arrêté à 20 km de l'arrivée pour refroidir mon pied, puis après nous nous sommes dépassés et redépassés quelques fois, lui devant, puis moi et ainsi de suite. Au retour, je saute un ravitaillement en raison du fort vent contraire et je veux en profiter. Comme ce sont des bourrasques et que le secteur suivant n'est pas en forêt, ça peut m'aider. Sur les 4 coureurs arrêtés, je ne reverrai que celui avec qui on se dépasse à tour de rôle. J'arriverai à garder un avantage sur les autres.

J'ai pris le risque de courir avec des Saucony Carbon, qui déroule bien vu la forme de la chaussure qui m'empêche de plier le pied. Cela fait 3 semaines que je les teste, c'est assez dur mais toutes mes autres chaussures ne me convenaient pas depuis cette semaine. C'est toujours compliqué après une compétition, car le pied est enflammé plusieurs jours.

Nous sommes contents et c’est ça le principal, j’étais avec un petit groupe jusqu’au 52e kms, certains vont perdre 2 h sur moi jusqu’à l’arrivée et je remonte malgré tout de 11 places.

Super ambiance, avec nombre d’amis retrouvés, et discussions à n’en plus finir jusqu’à tard dans la nuit.

Le vainqueur Florian Robin, d’Annecy, en 7:16 était le vainqueur des 50 kms des Mines Réjouies, il a dit que ça lui avait fait une super préparation. (Mon petit coup de pub 🤣🤣🤣). Florian fait le speaker pour quelques heures, et donc pour mon arrivée. A bientôt

News postée le : 07.04.2024

2024.03.23 Lake Zuri 106 km (trail)

Lake Zuri 100, trail de 106 kms et 3270 m D+, ça avait bien commencé avec la météo, avec la forme, puis tout a changé, neige, grésil, forte pluie, vent parfois violent et pied gauche qui s’enflamme toujours d’avantage depuis le 15e kms. C’est d’abord désagréable sans que ça coûte trop sur le rythme puis ça commence avec des arrêts repos ou refroidissement pour faire descendre la douleur depuis le 35e km.

Et sur les derniers 45 kms les arrêts deviennent toujours plus fréquents car c’est vraiment douloureux. La descente finale, même pas raide qui mène au lac de Zürich est un supplice.

Malgré tout, je reste toujours principalement focalisé sur l’objectif: finir la course. Ne pas rester focalisé sur la douleur, mais la rendre supportable avec les arrêts qui font revenir le sang comme coupé à l’endroit des appuis de chaque pas.

Notre première course en mode navigation. Quelques erreurs mais ça s’est mieux passé que ce que je redoutais. Julia reste avec moi pour les 45 derniers kms, son gps n’indique plus de trace sur la fin. Tout de même une fois environ 7 à 10 minutes de perdues à rechercher le parcours vers le 49e km. Beaucoup peine à rester debout dans quelques descentes très raides et très boueuses, sans bâton de trail.

Belle découverte de la région élargie entourant le lac de Zürich, par les sommets. Beau parcours mais difficile avec la météo pourrie. Très bonne organisation, pâtes et bière à l’arrivée vraiment très appréciées.

Nous étions très contents d’être finisher. Julia toujours en délicatesse avec une cheville n’a pas cherché à performer coûte que coûte. Moi j’ai essayé mais ça devient vraiment compliqué de performer normalement avec les douleurs du pied. Donc je dois accepter ce qu’il m’est possible de faire avec ces freins… ne pas trop réfléchir et avancer le mieux possible.

Les chaussures utilisées étaient celles qui me convenaient le mieux il y’a quelques mois, mais actuellement je ne sais plus trop quoi porter, alors que je teste sans arrêt des chaussures avec plusieurs semelles orthopédiques. En plus, je croyais que c'était une course sur chemins blancs, et non dans la boue comme nous avons eu sur de nombreuses descentes bien raides et avec le choix des chaussures pour chemins blancs, sans crampons bien marqués, j'ai vraiment eu de la peine à descendre en évitant les chutes. J'ai cassé 2 bouts de noisetier pour avoir 2 cannes sur lesquelles m'apuyer. Mais je n'avançais réellement pas. J'étais au sommet de la plus haute bosse avec plusieurs coureurs depuis un moment, que j'avais même réussi à rattraper grâce à l'ascension de 2 bons kms bien raides et je finis 2 heures derrière eux... c'est un peu rageant. 

À l’image d’un arc en ciel, il peut y avoir du soleil lorsqu’il pleut, c’est pareil pour mes sensations parfois merdiques, j’ai quand même encore l’envie de courir et l’espoir que ça ira mieux bientôt. Alors à bientôt

News postée le : 07.04.2024

2024.03.09 Les 100 km de Turin

2024.03.09 Les 100 kms de Turin
Parc Rufini, où nous avions participé au championnat du monde des 24 h en 2015. Pour ce week-end, c’est aussi le théâtre d’un 8 h et d’un 24 h, la boucle des CM 2015 a été changée, elle fait 1013 mètres et tourne autour du stade, entièrement sur route. Un carré, entièrement asphalté, avec 2 côtés bien larges qui facilitent des dépassements. Des hélices nous dépassent régulièrement, Yvan Penalba Lopez gagne les 100 km en 6h54. Julia va gagner chez les femmes en 9h45. Je vais gagner ma catégorie, mais impossible de savoir pour le moment, tant que les résultats ne sont pas publiés, combien nous étions dans ma catégorie. Il manque de la densité dans le peloton, vu les 3 épreuves organisées.
Avec quelques 7 minutes de retard, le départ est donné à 10h07, en raison du show d’appeler chaque athlète par son nom, photos etc… qui prend plus de temps que prévu.

Mon objectif, essayer de passer sous les 10h, soit faire 16 minutes de mieux qu’aux 100 km des Mines Réjouies. Durant 6 à 7 tours, mon GPS me montre que je suis un peu trop rapide. Je dois essayer de me calibrer et prendre le bon tempo. Puis, mon GPS se dérègle complètement et courant toujours sur les mêmes bases, mon GPS mesure des kms aléatoires, soudainement trop long et de ce fait les chronos deviennent tout faux, et inutilisables pour un rythme régulier.

Dès lors, je ne consulte plus ma montre. J’essaie de me repérer avec le chronométrage officiel, par tranche de 5 tours. Jusqu’au 40ème km, ça marche plus ou moins bien et je suis dans les chronos souhaités, à savoir sur une base finale de 9h50. La 2ème moitié est toujours plus difficile, mais j’essaye de courir le plus régulièrement possible le plus longtemps possible. Toutefois, mon pied gauche, commence à chauffer… je cours comme d’habitude avec ma semelle préférée, la No3 et mes Mizuno, qui m’ont permis ces derniers temps de faire plusieurs bonnes courses. La régularité du tracé, toujours plat, n’est pas pour convenir au mieux à mon pied, qui préfère parfois avoir des appuis différents, avec de petites bosses, léger dévers, descentes pour modifier les foulées, donc les appuis.

Ça commence à chauffer et malgré mon recroquevillement des orteils ou malgré le fait de courir sur le côté extérieur du pied quand ça chauffe trop, ça devient de plus en plus pénible. Et d’un coup, je m’arrête dans l’avant-dernier angle, à 400 m environ de mon stand. Une bonne quarantaine de secondes qui me permettent de refaire circuler le sang sous le pied, et que la sensation de brûlure s’atténue. Julia me rattrape 1 ou 2 tours plus tard. On discute brièvement, pour savoir comment on se sent. Aux 50 kms et quelques selon le tableau d’affichage, je suis encore dans la possibilité de courir en un peu moins de 10 h, mais j’ai déjà perdu du temps, de m’arrêter et de courir avec des douleurs, qui me font quand même ralentir. Et depuis là, je vais vraiment commencer à galérer. Le tendon du gros orteil gauche s’enflamme, dessus le pied. Je m’arrête et donne du jeu au laçage, mais le pied va rester douloureux encore bien 2 heures de temps.

Dessous, ça brûle, je fais un arrêt socquette, pour passer du semi-synthétique, assez fin à du semi-synthétique davantage coton et plus épais. 2 socquettes éprouvées et parmi mes favorites, qui ne serrent pas trop. Au fil des tranches de 10 km qui passent, je calcule toujours pour voir où cela me mène en projection pour mon chrono final. Des arrêts trempages deviennent de plus en plus fréquents, et même parfois je dois m’arrêter avant mon stand et mouiller le pied gauche grâce aux nombreuses flaques d’eau, toujours plus abondantes et étendues. Il pleut depuis les 5 h de course, assez finement, mais sûrement et la température est de 6 degrés. Les boissons que j’ai l’habitude de boire sont glacées. J’ai plusieurs fois de mauvaises sensations à l’estomac, après avoir bu. 2 arrêts WC vont encore me faire perdre du temps jusqu’à l’arrivée.

A 25 km de la fin, j’opte de changer de chaussures, tellement j’ai mal dessous et dessus. Avec les nouvelles, qui sont plus rigides sur le devant du pied, j’ai moins mal pour quelques tours. Ceci est aussi peut-être dû au fait que ce changement qui me fait perdre 3 minutes, donne du répit à mon pied. En effet, aller à l’auto, à une quinzaine de mètres, enlever mes chaussures, remettre les nouvelles sans mon chausse-pied (perdu depuis la dernière course, ou égaré) avec ma souplesse légendaire, surtout après plusieurs heures d’effort où ça commence à tirer un peu partout, j’ai un peu de peine à me baisser, pour enfiler et lacer mes godasses. Je ne lâche rien, mais ce petit répit me fait du bien mentalement, car ça me permet de souffler un peu et d’avoir moins mal.

Quelques tours plus tard, je rattrape une Suédoise et on discute en courant sur 3 tours, avant que je lui dise devoir m’arrêter pour mon pied. Elle a 5 tours d’avance sur moi. Je vais la rattraper quelques fois, mais sans vraiment savoir combien de fois, car des fois, avec mes arrêts trempage de pied, je ne vois pas bien qui je dépasse dans la zone ravitaillement où plusieurs athlètes sont arrêtés. Elle fait quelques tours à bas rythme, marchant courant en doudoune blanche, qui attire l’attention. Il ne fait pas très chaud et il pleut toujours. Mon rythme a aussi bien chuté, en plus de perdre souvent du temps, dont 2 fois au stand officiel pour compléter d’eau chaude mon sirop glacé. Mais leur eau est juste tempérée. A 2 tours de la fin, elle me dépasse à un bon rythme (sans doudoune) juste avant le passage du chronométrage. Là je réalise, que nous sommes dans le même tour. Alors, j’accélère et Julia, qui me proposait une brochette de pâte (les 2 tours avant, j’en avais profité pour manger à chaque fois une dizaine de pâtes) ne comprend pas tout de suite pourquoi je ne les prends pas, car le tour d’avant j’y disais que je me sentais mal tellement j’avais faim. Je change radicalement mon tempo, et je remonte gentiment derrière la jeune Suédoise, assez nouvelle dans l’ultra-fond. Mon but est de maintenir l’écart durant un tour et demi et de jouer au filou et de la prendre au sprint sur les derniers 300 ou 400 m. A voir comment ça se présente. Le tempo est élevé pour moi, je me dis que le sprint va être dur. Elle accélère aussi franchement à 600 m de l’arrivée, puis encore à 300 m, à chaque fois elle me prend quelques mètres, à chaque fois au prix d’un dur effort je reviens à quelques mètres mais elle relance… et au dernier contour, à environ 150 m de la ligne, je suis vraiment bien positionné pour boucher les 6-7 m dans cette dernière ligne droite, mais je vais vite me rendre compte qu’à force de relancer, moi je suis plus qu’à fond et commence à me sentir mal, elle a plus de réserve que moi et elle s’envole… je finis par couper un peu mon effort, pas totalement mais quand même.

Suite au podium féminin, Julia est 1ère en 9h45, Anna est 3ème en 11h30, on discute les 3, Julia, Anna (20 ans) et moi. Elle me dit qu’elle m’entendait revenir et me tenait sous contrôle, chaque fois que j’arrivais trop près elle essayait d’en remettre une couche. Elle a magnifiquement géré, j’ai fait je crois tout juste aussi pour tenter la dépasser, mais elle était plus forte. J’aime bien ces caractères combatifs, on s’est fait plaisir les 2. Ces 2 derniers tours ont été de ce fait palpitants et ils ont passé très vite. Il aurait fallu qu’on soit ainsi à 20 km de l’arrivée… mais plusieurs essais de relance m’étaient rapidement très pénibles, je n’avais pas la même force que ces derniers week-ends et mon pied m’a bien causé des soucis. Mes derniers 6 h de la Patat’Off où j’ai couru davantage de km que planifié, afin de pas trop me fatiguer en vue des 100 km de Turin m’ont aussi coûté la fraîcheur manquante.

Je remarque que pour une cinquantaine de km, ça va plus ou moins bien pour mon pied, après ça devient de plus en plus compliqué avec les douleurs qu’il me procure. Rétrospectivement, mon temps aux 100 km des Mines Réjouies prend davantage de valeur, même si j’avais déjà été gêné à devoir gérer ces sensations de brûlure, qui m’obligent à des pauses ou des trempages. Alors, j’essaye de rester positif, et de m’adapter à ce que mon pied veut bien me laisser pouvoir faire. Question adaptation de mes semelles, j’essaye toujours d’améliorer, mais des fois c’est contre-productif. Chaque semaine, à chaque fois que je m’entraîne, j’essaye toujours de savoir quelle semelle peut aller avec quelle chaussure, car d’infimes différences font que chaque semelle ne va pas forcément avec chaque chaussure que je désire mettre en compétition. Et des essais sur 10 à 15 km, où ça va de manière potable, ne veulent pas dire que ça ira ainsi après 20 ou 30 ou 40 km, ou plus. Quoi que j’aie réussi avec mes semelles, passé les 30 km, quand ça va bien jusque-là, après c’est l’inconnue pour la gestion car le dessous du pied s’enflamme, à l’endroit nécrosé par les staphylocoques dorés et l’articulation des orteils opérés par ostéotomie. A force de boiter, je suis aussi crispé du haut du corps et hier sur les 15 derniers km, et encore jusqu’à aujourd’hui, ma clavicule et mon épaule gauche me font mal. A n’y pas comprendre grand-chose.

Voilà, voilà…et comme dit et fait mon ami Jacques Flament, qui croche, pour reprendre mes termes, je croche aussi ! Alors ? A bientôt !

News postée le : 10.03.2024

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