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Bienvenue sur le site officiel de Christian Fatton!

Vous êtes sur le site d’un coureur passionné de course à pied d’ultra qui se plaît d’essayer de repousser ses limites.

L’amitié trouvée en course et de nouveaux défis sportifs sont mes moteurs. J’ai la chance de pouvoir compter sur de nombreux amis, mes enfants, ma famille ou ma femme pour me ravitailler lors de ces grosses compétitions. Merci sincèrement, je leur dois la plupart de mes meilleurs résultats lorsqu’une assistance est autorisée.

Je vous laisse aussi découvrir mes poèmes dont les idées me sont venues souvent en courant. Au travers des menus, vous apprendrez ainsi à me connaître un peu mieux et vous invite à me contacter.

Dans la mesure de mes moyens, j’essaierai de répondre à vos attentes.La course à pied, malgré mon esprit compétitif, est pour moi un espace de rencontre et de partage amical. C’est pour moi souvent un lieu festif plein de joies diverses.

Je vous souhaite de bons moments sur mon site, mais n’oubliez pas l’heure de votre entraînement!

Dernières News :


2004 du 26 avril au 5 mai, ViAragon de 7 etapes, 425 km au total.

La ViAragon est une course par étapes de 7 jours sur 425 km. Elle démarre à Urdos, sur France, avant de passer la frontière pour rentrer en Espagne par le Col Somport, dans les Pyrénées. Elle prend fin en Castille La Mancha, après avoir traversé l’Aragon. 25 coureurs au départ, dont 7 femmes. La plus petite étape est la 1ère avec 46.4 km, la plus longue fait 75.7 km, la 6ème. Chaque jour, les plus lents partent 1 heure avant les plus rapides, de sorte que les stands de ravitaillement ne doivent pas rester ouverts trop longtemps et cela réduit aussi le temps des arrivées, un peu plus groupées. 21 classés final.

Étape 7 de la ViAragon de Calatayud à Fuente de Vadillos 56.1 km 1000 D+

Va dit l’os et va dit l’articulation et va dit la pompe alors comme j’avais dit à Gwen hier soir au souper je suis parti en échappée dès le départ. Ok, après 220 m Markus et Gwen m’ont dépassé et on peut même dire déposé. Ça montait d’entrée à un bon pourcentage sur environ 2 kms. Suffisant pour moi aussi pour ne pas être le Yo qui joue au yoyo comme hier matin. Je voulais faire ma course et donc ne pas être avec quelqu’un tout près qui me remonte en descente et moi qui redescend ma position au classement en montée. L’effet yoyo quoi.

La route était parfois de très mauvaise qualité question granulométrie des cailloux dans l’asphalte. Mon pied n’aimait pas trop, je cherchais les rares bandes réparées de meilleure qualité. À partir du R1, j’avais 4 minutes environ d’avance sur Fabrice Viaud et Christian Fouillet était hors de vue donc à plus de 5 minutes derrière. Avec les 2 déjà cités après le départ nous étions 5 à partir dans le groupe « rapide ». Seul Philippe et Hervé sont partis à 6h30, le gros de la troupe (et les sveltes et athlétiques) s’en est allé à 6h.

À partir du 16e km ça montait bien de nouveau. J’ai commencé à peiner un peu car le pied faisait mal et je tenais maximum 4 kms avant de devoir m’arrêter pour le refroidir. Autour du 20 e km une terrible descente à 13% s’offrait à nous mais ce n’était vraiment pas un cadeau. J’ai assuré à un petit 8.5 km/h et du coup au 25e, suite à un arrêt technique et refroidissement de pied, qui vois-je arriver ? Christian Fouillet ! Ça m’a fait l’effet d’un électrochoc ! Donc j’enclenche le turbo (ou ce qui était jadis ça) et je tente de recreuser un écart le plus vite possible pour ne plus être à vue.

Pour arrêter le temps j’aurais bien voulu bouffer une spécialité suisse, non pas du Torino (chocolat Camille Bloch qui était aujourd’hui mon ravito perso avec des gels pour non pas geler le chrono mais geler les hypo dans l’œuf du corps) non pas non plus du gruyère que j’aime mais une montre… sauf que ça doit stopper le temps une bonne fois pour toute et non pas seulement de la course. Le temps filait trop vite par rapport aux kilomètres avalés. Il faut dire qu’à 13% de pente ça va pas très vite quand on a déjà près de 400 kilos dans les jambes (kilomètres donc mais avec des jambes 2 x plus lourdes que d’habitude)

Après 5 h il me manquait 200 m pour avoir une moyenne de 8 km/h. À ce stade j’étais en haut de la dernière montagne à 1400 m d’altitude. Donc le final en descente était la dernière difficulté pour autant qu’on veuille bien ou qu’on puisse encore mettre les gaz à fond avec des bielles parfois récalcitrantes (mécanique des genoux). Ça a fonctionné mieux que j’osais l’espérer avec quelques kms à 11 km/h à la fin, pour espérer passer sous les 6 h40… avec les 40 mètres de trop 56.140 mètres contre 56,100 annoncés, je loupe le coup pour 6 secondes puisque je mets 6:40.05, une seconde devant Brad Pitt (voir photo d’arrivée de Gil)

Question potin du jour, la bécane de Stéphanie notre princesse démoniaquo s’est déjantée dans la première descente à 13%, au moment où elle me dépasse. Elle couinait le 2e jour, elle couinait grave avec sa chambre sortie (la bécane couinait je précise) chambre à air qui galère. Les gars l’air fort du vent les font aussi bien galérer. Le peneu (comme prononcent les Vaudois du gros de Vaud qui respectent en gros dévots leur accent) de la bécane à plat elle était happe là le téléphone pour appeler là l’aide nécessaire pour se faire embarquer. (on était dans un canyon mais je crois qu’elle a choisi l’auto plutôt qu’une embarcation)

Gwen gagne la dernière étape, Markus 2e , je finis 3e de l’étape. Fabrice Pellefigue avait encore beaucoup de peine à avancer, je le rattrape après 36 kms environ et lui prend encore 54 minutes jusqu’à l’arrivée sur les 20 derniers kilomètres. Il perd donc 1h 54 sur moi aujourd’hui.

Podium final 1. Markus Jörg 2. Gwen Quéant 3. Fabrice Pellefigue qui sauve sa place pour environ 40 minutes sur moi, 4e final.

Chez les femmes, 1. Laurence Fagnon 2. Isabelle Nedelec 3. Marie Jeanne Simon

Une toute belle course, au total 425 kms bien montagneux, de très beaux paysages, merci à Gil, merci aux accompagnants et bénévoles, merci à tous les participants coureurs et bénévoles pour la toute belle ambiance de la semaine, de très beaux souvenirs en perspective. Une très belle expérience humaine toute teintée d’amitié et de respect.

Étape 6 de la ViAragon entre Calatayud et La Molina de Aragon 75.7 kms et 1090 D+ annoncé.

C’était dur aujourd’hui, 1236 D+, 688 D-, donc surtout en montée.

Philippe et Hervé partent à 5h30, Bernard ne prend pas le départ.

À 6 h, 13 coureurs dont toutes les femmes.

7 à 7 h, Markus et Gwen prennent les devants, Fabrice Pellefigue a les 2 releveurs bien enflammés et traîne derrière, ça me fait mal pour lui, ça doit être dur physiquement et moralement. J’ai connu ça personnellement en 2009 lors de la TEFR Bari Cap Nord. D’un jour à l’autre tu passes de tout devant à derrière en perdant beaucoup de temps dans la douleur de chaque pas. Il faut vraiment en vouloir pour continuer. Bravo Fabrice !!!

Christophe qu’on rattrape au R2 à 28 km ne termine pas l’étape pour cause de releveurs enflammés. Je me demande si le fait de courir toujours à droite des routes en dévers ne peut pas favoriser ce genre de blessure.

Vent toujours mais moins fort aujourd’hui, jolie étape mais grande route au début avec longue ligne droite, pied qui a fait mal cette nuit et directement ce matin, 3x je mets de la crème hyper hydratante pour pied sur ma semelle mais je perds trop de temps (2 minutes) releveur qui me fait mal la nuit et problème sur les 38 premiers kms après un peu mieux, 3e aujourd’hui car Fabrice Pellefigue ne pouvait pas courir à son niveau ( les 2 releveurs bien enflammés). Au début je joue au yoyo avec Luc et André qui montent moins bien mais descendent mieux que moi. Fabrice Viaud à notre vue pour les 17 premiers kms puis il prend le large, moi perdant trop de temps pour essayer de régler mes problèmes et la forme n’est pas optimale non plus.

J’ai tenté d’accélérer depuis le R2, où je laisse derrière moi Luc, André et Fabrice Pellefigue pour rattraper Fabrice Viaud et le rattrape au R4, mais au R3 il repart quand je suis à 1 minute du ravito. Depuis le R4 où on repart en même temps, ça monte et j’en profite pour appuyer le rythme. Mais parfois j’ai l’impression d’avoir le tibia cassé avec une douleur vive. Fabrice P a un tape qui l’empêche de plier la cheville et j’essaye alors de modifier ma foulée pour simuler un tape et moins utiliser la poussée de la cheville. Mais je dois rester concentré et mon rythme n’est pas aussi rapide que hier. Je fais un final assez rapide depuis le R6 à 10 kms de l’arrivée car Christian Fouillet (parti à 6 h avec le 2e départ) a passé il y’a 56 minutes. Ça fait que je n’ai que seulement 4 minutes d’avance sur lui à 10 kms de l’arrivée. Ça m’a motivé à fond pour essayer d’être le 3e de l’étape mais ça risque d’être dur demain… où je vais devoir gérer au départ comme ces 2 derniers jours jusqu’à ce que la machine soit chaude et plus prompte à accélérer sur la 2e moitié. Demain 56 kms avec plus de 1000 D+, passage à 1400 m d’altitude. Aujourd’hui une 40 taine de kms sur les hauteurs vallonnées à 1000 m environ. Repas au bistrot et chambres d’hôtel, comme hier. C’est quand même plus agréable pour être un peu mieux.

ViAragon, étape 5, Fuendejalon-Calatayud 75.73 kms à mon gps pour 75.6 kms annoncé, 1187 D+

Il fait froid au départ, pas bcp plus que 5-6 degrés. Faux plat montant avant une dizaine de kms de montée pour passer le 1er col. Je suis Fabrice Viaud à 100 ou 200 m, selon comme il met la pression, moi je monte tout en contrôle sans m’exciter, Jean-Michel et Laurence suivent pas trop loin jusqu’au 1er ravito au 15.2 km. Fabrice Bellefigue, Gwen et Markus ont rapidement disparu de notre vue. Nous étions 7 à partir à 7 h du matin.

Premier départ à 5h30 pour 5 coureurs. 11 coureurs à 6 h.

J’arrive juste derrière Fabrice au ravito et repars devant et lui prends environ 2 minutes que je reperds très rapidement en 2 kms de descente, j’arrive pas à courir vite les genoux sont comme bloqués, c’est mécanique, il me faut toujours 2 à 3 kms pour pouvoir me lâcher en descente. Ça sera ainsi jusqu’à la moitié au 3e ravitaillement en bas d’un petit col où j’arrive 1 minute après Fabrice Viaud. Au sommet du col au 30e km, le vent contraire est si fort que j’arrive péniblement à avancer, je trottine autant que je peux à ce moment mais ça me fatigue bcp et je trébuche à peine je commence à descendre et m’étale, tapant bien le genou et la paume de la main gauches. Ça pisse le sang et une belle frayeur car le genou fait mal et ça va durer quelques kms. Hématome à la main droite. Le releveur a commencé hier à me faire mal, je suis parti avec une socquette coupée pour la cheville gauche. La douleur s’accentue depuis le 20e km environ et surtout dans la descente arrivant au 38e km, ravito 3. Sébastien, l’ami de Laurence a des ciseaux et coupe 4 cm supplémentaire. Ça va mieux aller un moment et de là je me sens un peu libéré question difficulté de l’étape alors je mets les gaz pour la 2e moitié, l’arrivée me semble assez proche (38 kms) pour me le permettre. Une montée passe ainsi très bien sur une grande route et dans la descente de 4 kms environ le releveur recommence à faire mal. Au ravitaillement du 47e, Sébastien me recoupe 2 cm à ma socquette. Ça va mieux et je reprends mon rythme décidé. Je rattrape les coureurs de 5h et 6 h depuis le 22e km et là j’en rattrape 4 en peu de temps. À peine 5 kms après vers le 52e, douleurs aiguës au releveur à nouveau. J’enlève la chaussure et défait les lacets et passe la languette plus bas entre les lacets afin qu’elle ne me frotte pas la cheville. Douleurs différentes sur 400-500 m, puis quasiment plus rien jusqu’à l’arrivée 25 kms plus loin.

Nous rentrons dans un magnifique canyon avec bcp de vergers d’abricots et de poiriers, d’amandiers, selon ce que j’ai reconnu. Je rattrape à l’avant dernier ravito au 57e, Wilma, Marie Jeanne et Jos. Mon pied a réagi comme hier, 1er arrêt au 24e km. Problème technique d’estomac 3x aujourd’hui, j’essayais de combiner un arrêt pied en même temps… mais j’espère à chaque fois pouvoir faire au moins 4 kms. Puis sur la fin j’arrive presque à finir sans m’arrêter mais un sentier de 100 m de long bien caillouteux me fait me stopper immédiatement, la douleur monte en flèche. Arrivée un miles plus loin devant notre hôtel. Agréable d’avoir un lit après 3 nuits en gymnase sur un matelas. Luc et André que je vois à 6-7 minutes devant moi dans le dernier col à 10-11 kms de l’arrivée vont descendre comme des fous les 2 kms de descente alors que moi je dois m’arrêter 1 minute tellement mon pied brûle. Au dernier ravito du 67e ils ont 8 minutes d’avance. À l’arrivée il y’a 8 minutes. J’ai juste l’arrêt de la fin qui me coûte mes 40 secondes au minimum, ça veut dire qu’on était quasi à la même allure sur les 9 derniers kms.

Très belle étape aujourd’hui, une des plus belles mais le vent était de nouveau terrible, il nous stoppait par moment.

Demain de nouveau quasiment pareil

Étape 4 de la ViAragon Castejonde Valdejasa à Fuendejalon 61.3 km, 262 D+.

Autant dire que c’était quasiment plat. La pluie était présente pour le 1er départ à 6:30. À 7:30 c’était quasiment sans pluie mais avec du vent froid. Avec les centaines d’éoliennes qu’on a vu hier et aujourd’hui, ils commandent du vent 🤣🤣. Il nous a énervé et bien retenu car nous l’avions de face et par moment en rafale. C’est parti à 9.5 voir un peu plus vite pour Fabrice que je suivais à 50 m, Christian nous suivait. Devant Markus, l’autre Fabrice et Gwen nous ont rapidement lâché. À 10 kms je passe Fabrice qui ralentit un peu. Je serai 4e jusqu’à l’arrivée, en 7:09, 13 minutes devant Fabrice Viaud. Fabrice Pellefigue gagne l’étape en 6:12, 6 minutes devant Markus et Gwen en 6:45.

Bricolage de mes semelles plus ou moins réussi, je m’arrête pour la 1ere fois après 24 kms et en règle générale ensuite tous les 4.5 à 6 kms.

Longs bouts droits aujourd’hui, pas toujours le plus intéressant, bcp de champs de céréales pour les 20 premiers kils, assez monotone toute la journée.

Le peloton s’est aminci: Mireille s’est fracturé un poignet hier après 2 kms en chutant sur une route bien léprosée.

Jean-Michel M, n’a pas pris le départ ce matin.

La moyenne d’âge du peloton est celle de coureurs d’élite + 30 à 50 ans.

Bernard est le doyen avec 77 ans. Laurence est sauf erreur la plus jeune avec un peu plus de 50… mais tous des élites question ambiance, volonté et rage de courir, de participer. Il y’a un robocop, son surnom pour Philippe avec ses hanches métalliques.

Tous font partie des Tamalou pour ceux qui n’ont qu’1 ou 2 problèmes. il y’a aussi le groupe des Tapamalou, ou il est plus simple pour abréger la discussion de savoir ce qui va bien. Certains évoluent d’un groupe à l’autre.

La distance totale déjà courue en compétitions et le nombre des années n’est pas forcément synonyme de faire partie d’un groupe ou de l’autre. Plusieurs facteurs influencent l’appartenance à un groupe ou l’autre.

Mais on peut dire que la banane habille bien des visages, et remplit bien des estomacs aux ravitaillements.

Pour un potin supplémentaire, Stéphanie, notre princesse a cassé sa roue arrière de vélo avant hier. Enfin elle s’est disloquée au moyeu ( la roue pas la princesse)

La moitié des kilomètres sont fait en 4 étapes, il en reste 3 et donc les 2 prochains jours vont être costauds avec 75.6 ou 8 au menu avec davantage de D+.

Étape 3 de la ViAragon, 51.1 km 502D+, de Ayerbe-Castejon de Valdejasa

Un petit col sur la fin d’où on peut encore voir les Pyrénées au loin. Beau temps. Vallonné aujourd’hui depuis le 16e km. Je finis à nouveau 4e mais longtemps je n’ai pas cru que c’était possible. Après 400 m je change déjà de semelle, la no 1 ne me convenait pas. Du coup je me retrouve dernier avec 1 minute de retard. Je ne m’excite pas mais je constate que tout le monde avance à plus de 10 km/h, sauf Luc et André qui ont attaqué à 11 km/h. Je rattrape d’abord Laurence vers le 7e, puis Fabrice Viaud au 9, et Christian Fouillet au 11e. Au ravito du 14.6 km, Isabelle et Jean-Michel qui repart 30 secondes avant moi. Jusque là un bon 10 km/h, j’ai rattrapé la minute de perdue sur ce rythme. Mais ça va changer… pas que je me sente mal, mais trop de douleurs à mon pied gauche et aujourd’hui je n’ai pas envie d’avoir autant mal que hier alors je m’arrête, je mouille mon pied, je scotche un bout de semelle au milieu de la semelle dessous après 2 essais sans scotch pour voir si ça peut améliorer la chose et faire diminuer les douleurs. Tout ça entre le 22 et 25e km environ. Je revois donc arriver Isabelle qui me dépasse et Fabrice et Christian à 50 m. Je reprends rapidement Isabelle. Ça à l’air d’être efficace mon collage. Mais j’ai complètement perdu de vue Jean-Michel. Grâce à une longue ligne droite, je le revois à 3-4 minutes et avec un meilleur pied je reviens à 2 minutes environ au R2 (2e ravito) du 28e km. Je reviens ensuite plusieurs fois à moins d’une minute, à 30 secondes même mais je dois quand même à nouveau gérer une douleur brûlante sous le gros orteil et je manque même de tomber dans le bas côté en remettant la chaussure après arrosage. C’est ainsi jusqu’au 38e km où je retrouve plusieurs coureurs, Jean-Michel, Luc et André, Mimi et Christophe, partis les 2 à 7:h30 comme 12 autres coureurs coureuses. À 8h30 nous étions 11 à partir. Grâce au petit col, 7 kms plus haut dont les 4 derniers kms sont les plus pentus, j’arrive sans le chercher vraiment à faire un trou sur Jean-Michel, Luc et André qui marchent parfois. Les 6 kms de descente m’obligent à m’arrêter 2 fois pour mon pied, avant avec la côte j’ai pu faire 9 kms sans m’arrêter hormis pour le ravito. En descente j’essaye de porter la semelle de hier mais ça ne va pas mieux , à 2 kms de l’arrivée je dois refaire un arrêt ça brûle trop.

Derrière ça va arriver régulièrement sans qu’il y ait de gros écarts aujourd’hui entre les coureurs du groupe de 8h30. Laurence fait une belle remontée, finissant devant Isabelle. Luc et André tout près du 12 km/h en descente, ils avaient la niaque les Francs-Comtois aujourd’hui. Photo prise par Gilles vers le 6-7e km et mon bricolage du jour pour espérer avoir moins mal demain.

Je vais essayer de pas trop souffrir et donc faire un peu comme aujourd’hui, sur les 61 kms au programme avec très peu de D+. Car les étapes 5 et 6 sont à 75.7 kms chacune et j’espère que mon pied ne soit pas trop enflammé avant.

Étape 2 de 59.8 kms de la ViAragon de 425 kms au total entre Urdos (F) et Puente de Vadillos. Aujourd’hui Jaca-Ayerbe, 59,8 kms officiel, 59.9 à mon gps Suunto. (pour souligner sa précision.) Une côte de 8 kms après le 1er km fait en descente. Puis une vingtaine en descente sur une route très peu fréquentée. Temps couvert mais très agréable pour courir. Depuis le 30e kms un peu de plat jusqu’au 35 et après du vallonnement avec quelques assez longues côtes de 2 kms qui demandent de l’énergie après des kms faciles. Hier soir j’ai bricolé la semelle no 2 qui n’allait pas hier sur les 4 kms quand je l’ai utilisé. J’ai tout fait avec, hier j’ai couru avec la semelle no 3, mais si les douleurs ont été supportables, depuis le 14e km quand ça commence à faire mal jusqu’au 35, ( la pause faite au ravito du 30e m’a permis de tenir jusqu’au 35 mais j’avais bien mal depuis le 25e) après j’ai vraiment eu de fortes douleurs mais je voulais aller jusqu’au prochain ravitaillement et je croyais qu’il était vers le 40, mais il était à 41.6 kms. J’arrose mon pied sorti de la chaussure et pour 4 kms je vais vraiment être soulagé mais ça recommence et je l’arrose à nouveau pour tenir jusqu’au ravitaillement du 50e. En gros je tiens 3 kms sans trop de douleurs puis je serre les dents pour tenir 1 ou 2 kms de plus. Ce n’est pas dur j’ai dû m’arrêter au 54e et au 59e, là je tenais plus alors que je savais qu’il ne restait plus qu’un kms jusqu’à l’arrivée. Une fois que c’est enflammé c’est rapidement douloureux.

Magnifiques paysages de canyons avec des kayakistes, de montagnes rouges en forme de pics, des genêts en bordure de route en début d’étape au parfum assez fort comme hier, quelques belles bandes de coquelicots bien rouges en bordure de route et de champ.

La voie de chemin de fer qui allait jadis en France (qui n’a plus été exploitée côté français) et dont la gare transformée en hôtel côté espagnol est un dernier vestige visible, avec quelques ponts toujours intacts, était en partie empilée vers le 35e km de notre étape. Une grosse grosse montagne de traverses de chemin de fer en béton pour être plus précis. Je n’ai pas vu de rails, probablement qu’ils ont aussi été enlevés et refondus, c’est du moins à espérer.

Petit rayon de soleil sur les 10 derniers kms qui font tout de suite monter la température. Mais j’ai couru toute la journée en t-shirt avec des manchons et les jambes à l’air. À demain

1er jour sur 7 étapes de la viAragon, Urdos-Jaca 46.4 kms dont 14.6 de montée pour passer le col frontière Somport. En Espagne je constate qu’ils ont une bonne descente, le rouge est à l’honneur sous mon pied qui chauffe et en général sur les tables. C’est aussi la 2e fois que je rentre en Espagne en courant et effectivement c’est toujours par une descente. Et en France aussi le rouge est à l’honneur, la montée jusqu’au col nous donne des couleurs au visage, mon pied s’échauffe depuis le début de la route plus raide après environ 7ou 8 kms et à table ils savent bien lever le coude. Il n’y a pas à dire, le régime méditerranéen a du bon. C’est clair qu’il ne faut pas exagérer pour désinfecter la gorge, mais santé à vous tous quand même.

Après la grosse descente du col, le sentier de St. Jacques était au programme avec plusieurs tronçons de cailloux difficiles à courir, des fois ça a même ressemblé à un lit de rivière à sec et si c’était sympa de ne pas suivre la route, mon pied avait bien de la peine et plusieurs arrêts ont été nécessaires, sans doute un arrêt de trop puisqu’à 400 m de la fin je me fais rattraper par Isabelle qui me prend quelques secondes. J’étais parfois avec Christian Fe…. Les 3 premiers nous ont mis la patée, environ 40 minutes. J’étais pas trop content de voir que mon pied m’a quand même bien fait mal depuis la moitié. J’espère que ça ira mieux les jours prochains, vu qu’il n’y aura plus que de la route.

La neige recouvre bien les sommets et le paysage était joli. Nous traversons Canfranc-Estacion où une ancienne gare a été transformée en hôtel. La particularité est que c’était la 2e plus grande gare d’Europe, 241 m de long et transformée en un 5 étoiles. Voilà, j’ai appris quelque chose aujourd’hui, l’ambiance est parfaite, à demain

La ViAragon est une course par étapes de 7 jours sur 425 km. Elle démarre à Urdos, sur France, avant de passer la frontière pour rentrer en Espagne par le Col Somport, dans les Pyrénées. Elle prend fin en Castille La Mancha, après avoir traverser l’Aragon. 25 coureurs au départ, dont 7 femmes. La plus petite étape est la 1ère avec 46.4 km, la plus longue fait 75.7 km, la 6ème. Chaque jour, les plus lents partent 1 heure avant les plus rapides, de sorte que les stands de ravitaillement ne doivent pas rester ouverts trop longtemps.

News postée le : 13.05.2024

2024.04.13 et 14 Ultrabellifontain de 205 km, Fontaine-le-Port (vers Fontainebleau)

Ultrabellifontain de 205 km, samedi 13 avril. Pour une boucle qui tourne autour de Fontainebleau, par des jolies petites routes de campagne, des tronçons dans cette forêt célèbre pour ses blocs de grès à escalader. Et nous avons compris pourquoi nous croisons des gens avec de gros matelas pliés en deux et portés comme des sacs touristes. En cas de chute, cela va amortir le choc. Quand ils grimpent leurs blocs, donc, pas quand ils marchent. (Quoique… ça peut servir aussi)

Revenons à nos affaires. Au départ, tout se passe bien pour moi, je fais causette avec Ray et Alex sur les 14 premiers kms forestiers.

Arrivés au 1er ravito du 21ème, ils repartent quand j'arrive. Mon pied gauche se manifeste déjà. Il commence à faire chaud que je ne suis pas encore arrivé au 2ème ravito et j'ai hâte d'y arriver. On n’a pas choisi d’aller à l’école, mais sois-y sur l’Ecole. Enfin, Soisy sur Ecole est le village bordé par la rivière Ecole où juste au-dessus se trouve le ravitaillement.

 

Alex et Ray ne sont étonnamment qu'une bonne centaine de mètres devant moi, dans la petite montée qui nous y amène. Quand j'arrive quasi en même temps que Stéphane et Damien, qui me rattrapent, Ray vient de repartir. Nous sommes 5 au ravito, car Alex est toujours là et Julia se pointe aussi juste quelques mètres derrière. Je repars le premier, Julia me rattrape 1 km plus loin, ainsi qu'Alex, Damien, Stéphane. Une belle chute sur le petit chemin 1 km plus haut va me laisser quelques marques aux paumes des mains avec un genou écorché et des douleurs aux poignets, encore présentes 2 jours après. Puis c'est Stéphane que je rattrape 1 km plus loin, arrêté momentanément pour une cheville foulée dans un nid de poule. Il commence vraiment à faire chaud.

 

Autour du 44ème km, je suis tout étonné de voir 2 coureurs à peut-être 500 m devant, qui partent sur la droite. Je me souviens de l’an passé qu’à un moment donné, effectivement, nous partons sur la droite. Le premier doit être Ray, en noir, mais qui peut donc bien être le 2ème aussi en noir ? Je regarde assez attentivement, ils avancent, puis d’un coup ils semblent être arrêtés. Et là…. Je réalise que mes 2 coureurs à 500 m environ sont en fait 2 corneilles qui ne sont qu’à une cinquantaine de mètres dans un champ de terre, dépourvu de végétation… Coup de chaud, hallucination, ou quoi ?

 

Mon pied s'enflamme plus que d'habitude, les petites pauses lui permettent juste de tenir 3 à 4 kms avant de devoir à nouveau le soulager par un arrêt. Vers le 56ème kms, 3 coureurs me rattrapent en peu de temps. (Popol, Christophe et Nicolas ? Je n’ai pas bien vu qui c’était, j’étais en train d’aller m’asseoir sur une glissière de sécurité en bois, pour faire une pause pour mon pied, sans avoir su que j’étais en train d’être rattrapé.) Je suis presque à sec, bien déshydraté alors que j’avais 1.5 l à boire, Christophe me propose de me donner quelque chose, que je refuse, ne voulant pas le priver de boisson. Je vais gérer par petite gorgée ce qu'il me reste pour les 5 à 6 km jusqu'au prochain ravitaillement. De là, je repars avec 1.5 l et un bon fond de bouteille de coca de 5 à 7 dl. J'ai bu sur place plus d'un litre, entre du coca, de l’eau et un café.

12-13 km plus loin, à Milly la Forêt, je crève à nouveau de soif, et je décide de finir les 4 dl qu'il me reste des 2.2 litres que j'avais emporté. Je sais qu'il y a des magasins sur la place de la ville, pour y avoir acheté l'an dernier un chausson à la viande dans une boulangerie. Cette année, je vais m'acheter 1 grosse pomme Golden (grosse envie en les voyant) 1.5 l de coca et 7.5 dl d'eau Hépar et pars réhydraté à l’assaut des derniers kms avant le prochain ravito, 8 kms plus loin. C’est le 4ème, ils sont distancés de plus ou moins 20 kms, donc nous sommes au 80ème km. J'ai déjà tout avalé mes boissons de Milly (et Milly jolie, je repars vers l’essentiel, avancer dans ce qui est ma vie. Clin d’œil à Emilie Jolie de Philippe Châtel). Je rebois bien sur place et je repars avec 1.5 litres dans mes 2 gourdes, plus ma bouteille d’eau de 7.5 dl pleine de coca, soit 2.25 litres. Avec la chaleur, j'ai de la peine à m'alimenter avec du solide qu'il faut mâcher. Donc riz au lait, banane et ça repart. 3 biscuits bâtonnets aux noisettes sortis de mon sac ont failli me faire vomir en pleine chaleur. J'avais essayé une rondelle de salami, j'ai dû recracher une partie qui bien que plus que mâchée ne voulait pas descendre. Un bout de fromage avait déjà été très difficile d'avaler autour du 22ème km. Depuis le 60ème km, je m'arrête environ chaque 3 km pour faire redescendre la pression de mon pied gauche, qui me brûle. Depuis le 80ème, j'essaye de tenir autant mais n'y arrive plus, c'est plutôt 2 kms et les douleurs me font aussi bien ralentir. De plus, ces arrêts me font perdre bien du temps. Je me concentre sur le rythme pour malgré les arrêts, essayer de faire au moins du 6 km/h. Donc un km parcouru doit faire dans les 9 minutes car avec un arrêt, ça me fait tout de suite 10 minutes le km. A ce rythme, je me mets déjà à calculer que j'en aurai pour 33 heures minimum, vu qu'en début de course, j'étais à 9.5 km/h sur les 40 premiers kms. Dans ma tête, je dois tenir au mieux jusqu'au 100ème km pour pouvoir changer de chaussures, qui m'attendent dans mon drop bag du ravito. A Milly, lorsque j'ai fait mon arrêt magasin, Fred m'a dépassé car j'arrive derrière lui au ravito du 80ème. Damien est là aussi. Fabrice également mais il me dit être arrivé en auto, ayant arrêté à Milly-la-Forêt, en panne d’énergie. Je repars après avoir avalé du riz au lait et fait le plein de mes gourdes, une banane en main. Pas même 1 km plus loin, arrêt déjà pour délacer mes chaussures et donner de l'air aux pieds. Les arrêts sont souhaités mais j'essaie de les repousser de quelques centaines de mètres. Vers le 93ème Fred et Damien me rattrapent, ils n'étaient pas loin derrière moi depuis 3 km. Ce qui m'a motivé pour tenir plus longtemps pour mon pied mais finalement une douleur trop vive m'arrache un cri et me stoppe net alors que j'essayais, enfin j'espérais, pouvoir rester dans le sillage de Fred et Damien. Ils me demandent en gros ce qu'ils peuvent faire pour moi... c'est sympa, mais je leur dis d'aller pour eux, j'essaye de gérer au mieux mon pied avec mes pauses. Et 2 km plus loin, je réalise que dans mon drop bag du 100ème, il n'y a qu'une petite frontale pour le cas où je serais plus lent que prévu et que mes chaussures de rechange sont dans mon gros drop bag du 120ème km. Un coup dur, car ça signifie que j'ai encore 25 à 26 km à parcourir avant de pouvoir espérer avoir moins mal au pied avec d'autres savates. Je vais perdre de vue mes 2 compagnons 2 à 3 kms plus loin alors qu'il y a un long bout droit pour voir loin devant. Et peu avant le ravitaillement du 100ème km, je les revois à une centaine de mètres environ devant moi. J'ai conscience au ravitaillement que je ne dois pas trop pétouiller, donc je remplis mes gourdes, m'équipe de ma frontale, prend les 3 gels à la caféine prévus pour la nuit, essaye de manger 2 petits financiers fait par Marie l’organisatrice et je me remets en route. Petit détour par l’entrée d’une belle propriété qui en vaut le coup d’oeil. Il fait nuit juste après, c'était déjà limite en arrivant au ravitaillement pour encore voir quelque chose sans allumer la lampe. Dans la petite montée qui nous éloigne du bord de rivière et du village, un petit air frais m’invite à enfiler ma veste verte-fluo très légère, mais si agréable. 9 kms plus loin, j'entends quelques voix derrière moi et j'aperçois 2 frontales en me retournant. Fred et Damien reviennent. J'ai enroulé aussi bien que j'ai pu ma couverture de survie autour de mes épaules et de mon cou. Mon pied me fait mal à chaque pas.

J'ai l'impression, de nuit, d'aller plus vite qu'avant. Avant, j'étais encore à 6 km/h ou légèrement plus vite. Mais avec la nuit, il y a aussi des choses surnaturelles qui se passent. Ma montre avance plus vite, ou alors le temps tout simplement, car j'ai beau avoir l'impression d'aller plus vite, ma montre m'indique à présent des kms entre 11 et un peu plus de 12 minutes. Donc du 5 à 5.5 km/h. Si je crois avancer plus rapidement, en fait je ralentis...La réalité, est que je dois aussi m'arrêter plus souvent, ce qui ne change pas grand-chose, car si j'ai un peu moins mal en étant à l'arrêt, les douleurs sont immédiatement trop fortes quand je me remets en mouvement. En marche, en route quoi... route qui ne défile quasiment plus sous mes pieds, comme figée par la nuit. De jour, elle défilait quand même quand je regardais mes pieds. Autour du 114ème km en sortant d'un bled, Fred et Damien sont à nouveau là, je suis arrêté pour mon pied, je vais devoir redesserrer ma chaussure gauche. Fred m'aide à refaire mes lacets. Ils me demandent si je veux rester avec eux. C'est bien gentil mais je décline l'offre, je ne veux pas les ralentir, ils ne vont pas beaucoup plus vite, mais quand même, et moi je sens que j'arrive gentiment au bout de pouvoir supporter ces douleurs. Je ne veux pas être une encouble. J'espère toujours qu'en changeant de godasses, que ça aille mieux. Je vois leurs frontales s'éloigner gentiment sur 1 km puis d'un coup, je n'aperçois plus rien. La petite descente qui mène à Larchant (vieille belle ruine de l'abbatiale imposante au centre du village) me fait encore davantage mal au pied et je trébuche sur un gendarme couché, j'évite la chute de justesse. Les quelques mètres sur les pavés me font davantage mal, cette année, je suis moins admiratif de la ruine de l'abbatiale St-Mathurin. J'ai assez à faire à serrer les dents. J'attends impatiemment le ravitaillement. Une longue ligne droite suit le village, en forêt, enfin, j'imagine que c'est droit, mais je ne vois aucune lumière devant moi qui pourrait donner signe qu'un ravitaillement est bientôt là. Puis quelques frottements de pas et un souffle attirent mon attention derrière moi, c'est Özdem qui arrive. Il va bien plus vite que moi, il faut dire que je ne suis plus qu'à 4.5, voir 5 km/h depuis les 2 ou 3 derniers kms et ma montre s'accélère toujours plus, ainsi, mes kms prennent plus de temps ! Özdem me dit vouloir arrêter, il dit avoir reconnu ma démarche, mon boitement, c’est vrai que je tangue un peu, n’ayant plus trop d’équilibre redoutant de mettre trop de poids sur ma jambe gauche. Je lui dis que moi aussi, je dois me rendre à l'évidence, je ne peux plus supporter mon mal de pied que j'ai beaucoup de peine à poser. S'il fallait faire encore une vingtaine de kms, peut-être que j'y serais allé, ça m'aurait pris 4 à 5 heures, mais je ne me vois pas faire 85 kms avec ces douleurs. A 5 km/h, que je ne fais plus, cela ferait 17 h, à 4.5 km/h, quasi 19 h… à en crever. Je fais les 300 derniers mètres dans la voiture de Aure qui arrive quelques minutes plus tard, assistant Christian P. Aure m’a déjà demandé quelques kilomètres avant, si tout allait bien, car selon elle, j’avais pas trop l’air de bien aller. Özdem appelle Christian l’organisateur pour qu’il nous envoie une auto de rapatriement. J'attends au chaud dans l'auto de Aure, des spasmes nerveux dans le pied m'empêchant de m'endormir. Il est un peu plus d'une heure du matin. Puis arrivent Myriam et Jean-Pierre qui vont me ramener à mon hôtel amore à Moret et Özdem à l’arrivée.
Et là, après la douche, je constate n’avoir ni pantalon ni slip ou training de rechange… donc lessive au lavabo pour le short, qui va sécher durant la nuit sur le radiateur. Avoir quelque chose à me mettre qui ne pue pas trop en cas de sortie de l’hôtel. Mon sac d’habits est dans l’auto qui est au départ.

Je me doute à présent que mes Topo ne conviennent plus à mon pied gauche, comme plusieurs autres savates, pourtant neuves, qui semblent aller au magasin, puis une fois réellement utilisées pour courir, commencent à me faire mal après 1 ou 2 km dans le pire des cas, voir même moins parfois, ou alors dès les 20 ou 30 kms. Les seules qui m’ont permis de faire quelques bonnes courses sur 50 km, 6 h et les 100 kms des Mines Réjouies cet hiver, étaient des vieilles Mizuno, mais un peu petites qui ont fini par me donner une inflammation sur le tendon du gros orteil, à force de recroqueviller les orteils pour enlever de la pression sous les articulations entre l’avant-pied et les orteils. Les Saucony carbone utilisées aux 100 km de l’Ardèche m’avaient aussi permis de courir sans trop de douleurs. Sur 205 kms, ça me faisait un peu souci de les utiliser depuis le départ, car il me semblait que des maux dans la colonne cervicale et dorsale venaient depuis que je les utilisais à l’entraînement. Mais à Tullins, c’était déjà moins satisfaisant question absence de douleur. Pour mon prochain défi sur 230 km, la Tortour de Ruhr, vu qu’une voiture suiveuse est obligatoire, je vais pouvoir changer de chaussures plus rapidement en cas de problème. Je partirai avec les Saucony carbone.
Et si ça ne va pas mieux, je me contenterai à l’avenir de distances plus courtes, jusqu’aux 100 kms. A voir. Comme ces fleurs de mon jardin.

 

Pour bien finir ce week-end sportif et culturel si on prend la peine de se renseigner sur les sites remarquables vus durant la course, il faut une touche de culinaire.
Excellent repas mitonné par Marie, du tout fait maison, des tablées sympas, 2 sorties de tables précipitées pour aller applaudir les derniers arrivants, bien courageux d’avoir tenu le coup malgré les nombreuses heures. L’ultra, c’est avant tout mental plus que physique, quand ça devient dur. Bravo à Christian et Marie, aux bénévoles, aux coureurs, et merci pour ces sympathiques moments passés ensemble. C’est aussi ça qui nous fait y revenir, malgré qu’on en bave, parfois, plus que de raison. Alors… A bientôt !

News postée le : 17.04.2024

2024.04.06 Les 6 h de l'Isere ? Tullins

En vacances après les 100 kms de l'Ardèche en France, nous nous sommes arrêtés à Tullins sur la route du retour pour participer aux 6 heures. Nous avons fait une semaine sans courir, mais avec 3 jours de randos et un peu plus de 2000 m de D+ pour quand même faire monter un peu les puls et faire travailler le cardio.

La météo est toute différente de ces derniers jours, avec jusqu'à 26 degrés. Donc, il a fallu s'adapter à la chaleur, c'est toujours relatif, ça dépend des différences de température. J'ai eu chaud, je me suis arrosé plusieurs fois la tête et le dos.
Vu que dans une semaine, ce sera 205 km avec l'Ultra Bellifontain vers Fontainebleau, à Fontaine-le-Port, cette course est juste faite histoire de faire tourner les jambes sans trop taper dans le lard. But avoué, 60 km. Je pars donc à un peu plus vite que 10 km/h, le tour fait exactement 1000 m, donc c'est facile de se régler. Toute la semaine, j'avais mal au pied gauche, j'ai porté 3 chaussures différentes avec essais de plusieurs semelles durant nos randos, mais le pied enflammé n'a pas trouvé le bon mélange pour ne pas avoir mal. J'ai pris le départ avec ce que je crois être le meilleur pour moi, les Saucony carbon, comme le week-end passé. Dès le départ, ça fait mal, mais je sais qu'il me faut parfois 2 à 3 km pour que ça passe et que le pied se fasse à la semelle choisie. Effectivement, ça va mieux ensuite jusqu'à 1h30-1h45 de course. il faut dire qu'il y a 2 contours en demi-tour assez marqué à chaque tour et ça ne me convient pas spéclalement, car ça appuie fort pour tourner. Et tout d'un coup, les douleurs deviennent trop fortes et je change de semelle, passant à celle de la semaine dernière des 100 kms. Au début, ça va un peu mieux mais le pied doit aussi s'adapter... puis ça fait toujours un peu trop mal aux demi-tours. Je mouille mon pied plusieurs fois, ça tient environ 7 à 8 km et je répète à nouveau l'opération. Du coup, mon 10 km/h n'est même plus tenu depuis la 2ème heure, je passe les 30 km en 3h03. Je n'ai pas assez bu au début ni assez mangé et une baisse d'énergie s'ensuit aussi. J'ai un réel creux avec mon pire km fait à 7 km/h, en raison d'un arrêt mouillage de pied. Vers 4h40 ou 4h50 de course, je rattrape un gars qui donne l'apparence d'avoir mon âge, donc de ma catégorie. Je m'arrête pour voir à quoi nous en sommes. Il a 3 km d'avance sur moi, mais il peine. Cela me motive et me fait adopter un rythme nettement plus rapide à nouveau. Je veux le rattraper. J'y reprend 1 tour, à 30 minutes de la fin, j'y reprend le 2ème tour et j'accélère alors franchement davantage et lui prend le 3ème tour à 8 minutes de la fin, où je passe définitivement devant. Il me reste 5 minutes 15 pour boucler le dernier tour, je ne pense pas y arriver mais je mets moins 5:05 pour le finir, je lève le pied juste avant la ligne, presque arrêté, je regarde derrière et ne le voit pas, je passe la ligne, 5:10 pour le tour, officiellement. j'ai gagné une place 1er de ma catégorie et de la sienne, soit premier des 60 ans et plus. Ces catégories changent d'un pays à l'autre, et l'année où on change de catégorie, des fois je suis classé par exemple avec les 60 ou avec les 65 ans. C'est pas toujours pareil et c'est difficile de s'y retrouver.
En Ardèche, j'ai été déclaré 1er des 65 ans et plus, et dans la liste des résultats allemands du DUV, qui tient les statistiques mondiales, je suis classé 3ème avec les 60 ans et plus. Donc, il ne faut pas trop calculer et y aller à fond du début à la fin et après on regarde ce que ça donne. Si on est compétiteur, si on s'en fout, c'est différent, et moins important. 
Voilà, au final, j'ai juste 56 kms, ils ne mesuraient pas les mètres restants, on était classé selon nos tours complets dans le temps des 6 h et quelques minutes de plus éventuelles pour finir le dernier tour. J'avais 500 m de retard sur la personne devant moi, donc de toute manière je n'aurais pas réussi à la rattraper, pour les quelques 06 secondes qu'il me restaient et avoir le droit de faire un tour supplémentaire, ça n'aurait rien changé. J'aurais bien voulu être plus proche des 60 km, mais quand j'ai vu que ça n'allait pas trop bien, j'ai pas cherché à forcer plus que de raison, sachant aussi que le cumul de mes courses n'aident pas à trouver la meilleure forme. Et les 205 km de la semaine prochaine sont plus importants. J'espère améliorer ma performance de l'an passé, donc je ne cherchais pas à me fatiguer inutilement en forçant coûte que coûte. Si je vais à fond la dernière demi-heure, à près de 12 km/h pour le dernier tour, c'est tout simplement que je me sentais mieux et ça fait toujours plaisir de finir fort, c'est motivant pour la suite de finir sur de belles sensations.
Julia fait une course de métrononome à nouveau et gagne chez les femmes avec 62 kms, sans trop chercher à forcer, 3ème scratch H/F, en remontant au classement des femmes et du scratch, comme à chaque fois.Sans être cassée à l'arrivée. Moi j'avais des crampes, j'avais oublié de mettre du sel dans mes boissons. J'ai pris du sel après avoir vidé une chaussure de son gravier, et remarqué que je chopais une crampe dans le bras et la jambe, je connais ça... donc j'y ai immédiatement remédié en prenant du sel. A bientôt.

News postée le : 07.04.2024

2024.03.31 Les 100 km de l'Ardeche ? St-Peray

Dimanche de Pâques à St Peray, à 7 h du matin sous une pluie battante et avec un vent à décorner les bœufs 189 coureurs sur un peu plus de 200 inscrits prennent le départ des 100 kms d’Ardeche.Le parcours légèrement modifié pour les 5 premiers kms en raison de passages à gué inondés. Ce n’est pas la grosse euphorie pour beaucoup mais voilà… l’organisation a monté une grosse tente pour 300 personnes le jour avant, pour les repas d’avant et d’après course, il faut lui faire honneur pour sa réactivité par rapport aux prévisions météorologiques. Un tout tout grand bravo et mille merci à Laurent et Isabelle et leurs bénévoles, pour cette organisation maintenue et pour la qualité qu’ils nous offrent. L’ambiance est toujours sympa grâce à ça.

Heureusement le temps s’améliore dans la matinée, grosse averse vers 12:30 pour nous refroidir un peu car on ‘a un peu chaud avec nos habits longs . Vent très fort pour finir la course. Gros mérite à tous ceux qui vont avancer durant la nuit avec en plus du vent, de grosses trombes d’eau.

Julia fait une course de métronome et finit 3e de sa catégorie, 5e femme, 21 du scratch h/f en 9:43.53

Pour ma part, j’ai mis 10:45:32, 38 e scratch, 31 e homme et 1er de ma catégorie, ce qui m’a fait plaisir. Pas à me plaindre de mon pied jusqu’au 60e kms ( avec toujours les orteils recroquevillés) puis quelques arrêts pour le refroidir et des passages à travers quelques flaques d’eau. C’est le quadriceps droit qui m’a un peu freiné car il travaille en compensation davantage que le gauche, et le lake zuri de la semaine passée avait laissé quelques traces. Je suis dans le sillage de Julia jusqu'au 12ème km avec un tempo régulier. Je saute les premiers ravitaillemements, comme elle, car nous avons 2 gourdes sur nous, une pleine et l'autre avec un fond de sirop. Je bois relativement peu sur les 20 premiers kms. Je passe devant Julia du 12 au 18ème km, sans que j'aie eu l'impression d'accélérer. Je me mets dans le dos d'un coureur pour me protéger des rafales de vent contraire. Il faiblit, je le dépasse et me poste derrière un autre mais ça a l'air de le déranger et il accélère, auparavant nous étions ensemble et nous avons échangé quelques mots. Au 20ème km, arrêt pour libérer la tripaille, je perd de vue Julia qui était juste 10 m devant moi. Je ne la reverrai plus avant le demi-tour au km 52.5. J'ai un petit coup de moins bien depuis le km 40 environ, je le vois avec mon rythme qui baisse un peu. Il faut dire qu'on remonte la vallée de l'Eyrieux, presque plate mais en faux-plat montant sans moyen de phase de repos, ça finit par user. Au demi-tour, je ne demande pas mon sac de décharge, j'ai encore des gels en réserve, ma pélerine, mon imperméable, je ne pense pas avoir besoin de la frontale, donc je ne perd pas de temps et entame le retour. Je vais remonter de 12 rangs et en perdre 1 sur les 5 derniers kms, un coureur assisté d'un vélo. Et je le perd de vue avec un arrêt pour libérer la tripaille pour la 3ème fois. Il m'est revenu dessus alors que j'étais arrêté à 20 km de l'arrivée pour refroidir mon pied, puis après nous nous sommes dépassés et redépassés quelques fois, lui devant, puis moi et ainsi de suite. Au retour, je saute un ravitaillement en raison du fort vent contraire et je veux en profiter. Comme ce sont des bourrasques et que le secteur suivant n'est pas en forêt, ça peut m'aider. Sur les 4 coureurs arrêtés, je ne reverrai que celui avec qui on se dépasse à tour de rôle. J'arriverai à garder un avantage sur les autres.

J'ai pris le risque de courir avec des Saucony Carbon, qui déroule bien vu la forme de la chaussure qui m'empêche de plier le pied. Cela fait 3 semaines que je les teste, c'est assez dur mais toutes mes autres chaussures ne me convenaient pas depuis cette semaine. C'est toujours compliqué après une compétition, car le pied est enflammé plusieurs jours.

Nous sommes contents et c’est ça le principal, j’étais avec un petit groupe jusqu’au 52e kms, certains vont perdre 2 h sur moi jusqu’à l’arrivée et je remonte malgré tout de 11 places.

Super ambiance, avec nombre d’amis retrouvés, et discussions à n’en plus finir jusqu’à tard dans la nuit.

Le vainqueur Florian Robin, d’Annecy, en 7:16 était le vainqueur des 50 kms des Mines Réjouies, il a dit que ça lui avait fait une super préparation. (Mon petit coup de pub 🤣🤣🤣). Florian fait le speaker pour quelques heures, et donc pour mon arrivée. A bientôt

News postée le : 07.04.2024

2024.03.23 Lake Zuri 106 km (trail)

Lake Zuri 100, trail de 106 kms et 3270 m D+, ça avait bien commencé avec la météo, avec la forme, puis tout a changé, neige, grésil, forte pluie, vent parfois violent et pied gauche qui s’enflamme toujours d’avantage depuis le 15e kms. C’est d’abord désagréable sans que ça coûte trop sur le rythme puis ça commence avec des arrêts repos ou refroidissement pour faire descendre la douleur depuis le 35e km.

Et sur les derniers 45 kms les arrêts deviennent toujours plus fréquents car c’est vraiment douloureux. La descente finale, même pas raide qui mène au lac de Zürich est un supplice.

Malgré tout, je reste toujours principalement focalisé sur l’objectif: finir la course. Ne pas rester focalisé sur la douleur, mais la rendre supportable avec les arrêts qui font revenir le sang comme coupé à l’endroit des appuis de chaque pas.

Notre première course en mode navigation. Quelques erreurs mais ça s’est mieux passé que ce que je redoutais. Julia reste avec moi pour les 45 derniers kms, son gps n’indique plus de trace sur la fin. Tout de même une fois environ 7 à 10 minutes de perdues à rechercher le parcours vers le 49e km. Beaucoup peine à rester debout dans quelques descentes très raides et très boueuses, sans bâton de trail.

Belle découverte de la région élargie entourant le lac de Zürich, par les sommets. Beau parcours mais difficile avec la météo pourrie. Très bonne organisation, pâtes et bière à l’arrivée vraiment très appréciées.

Nous étions très contents d’être finisher. Julia toujours en délicatesse avec une cheville n’a pas cherché à performer coûte que coûte. Moi j’ai essayé mais ça devient vraiment compliqué de performer normalement avec les douleurs du pied. Donc je dois accepter ce qu’il m’est possible de faire avec ces freins… ne pas trop réfléchir et avancer le mieux possible.

Les chaussures utilisées étaient celles qui me convenaient le mieux il y’a quelques mois, mais actuellement je ne sais plus trop quoi porter, alors que je teste sans arrêt des chaussures avec plusieurs semelles orthopédiques. En plus, je croyais que c'était une course sur chemins blancs, et non dans la boue comme nous avons eu sur de nombreuses descentes bien raides et avec le choix des chaussures pour chemins blancs, sans crampons bien marqués, j'ai vraiment eu de la peine à descendre en évitant les chutes. J'ai cassé 2 bouts de noisetier pour avoir 2 cannes sur lesquelles m'apuyer. Mais je n'avançais réellement pas. J'étais au sommet de la plus haute bosse avec plusieurs coureurs depuis un moment, que j'avais même réussi à rattraper grâce à l'ascension de 2 bons kms bien raides et je finis 2 heures derrière eux... c'est un peu rageant. 

À l’image d’un arc en ciel, il peut y avoir du soleil lorsqu’il pleut, c’est pareil pour mes sensations parfois merdiques, j’ai quand même encore l’envie de courir et l’espoir que ça ira mieux bientôt. Alors à bientôt

News postée le : 07.04.2024

2024.03.09 Les 100 km de Turin

2024.03.09 Les 100 kms de Turin
Parc Rufini, où nous avions participé au championnat du monde des 24 h en 2015. Pour ce week-end, c’est aussi le théâtre d’un 8 h et d’un 24 h, la boucle des CM 2015 a été changée, elle fait 1013 mètres et tourne autour du stade, entièrement sur route. Un carré, entièrement asphalté, avec 2 côtés bien larges qui facilitent des dépassements. Des hélices nous dépassent régulièrement, Yvan Penalba Lopez gagne les 100 km en 6h54. Julia va gagner chez les femmes en 9h45. Je vais gagner ma catégorie, mais impossible de savoir pour le moment, tant que les résultats ne sont pas publiés, combien nous étions dans ma catégorie. Il manque de la densité dans le peloton, vu les 3 épreuves organisées.
Avec quelques 7 minutes de retard, le départ est donné à 10h07, en raison du show d’appeler chaque athlète par son nom, photos etc… qui prend plus de temps que prévu.

Mon objectif, essayer de passer sous les 10h, soit faire 16 minutes de mieux qu’aux 100 km des Mines Réjouies. Durant 6 à 7 tours, mon GPS me montre que je suis un peu trop rapide. Je dois essayer de me calibrer et prendre le bon tempo. Puis, mon GPS se dérègle complètement et courant toujours sur les mêmes bases, mon GPS mesure des kms aléatoires, soudainement trop long et de ce fait les chronos deviennent tout faux, et inutilisables pour un rythme régulier.

Dès lors, je ne consulte plus ma montre. J’essaie de me repérer avec le chronométrage officiel, par tranche de 5 tours. Jusqu’au 40ème km, ça marche plus ou moins bien et je suis dans les chronos souhaités, à savoir sur une base finale de 9h50. La 2ème moitié est toujours plus difficile, mais j’essaye de courir le plus régulièrement possible le plus longtemps possible. Toutefois, mon pied gauche, commence à chauffer… je cours comme d’habitude avec ma semelle préférée, la No3 et mes Mizuno, qui m’ont permis ces derniers temps de faire plusieurs bonnes courses. La régularité du tracé, toujours plat, n’est pas pour convenir au mieux à mon pied, qui préfère parfois avoir des appuis différents, avec de petites bosses, léger dévers, descentes pour modifier les foulées, donc les appuis.

Ça commence à chauffer et malgré mon recroquevillement des orteils ou malgré le fait de courir sur le côté extérieur du pied quand ça chauffe trop, ça devient de plus en plus pénible. Et d’un coup, je m’arrête dans l’avant-dernier angle, à 400 m environ de mon stand. Une bonne quarantaine de secondes qui me permettent de refaire circuler le sang sous le pied, et que la sensation de brûlure s’atténue. Julia me rattrape 1 ou 2 tours plus tard. On discute brièvement, pour savoir comment on se sent. Aux 50 kms et quelques selon le tableau d’affichage, je suis encore dans la possibilité de courir en un peu moins de 10 h, mais j’ai déjà perdu du temps, de m’arrêter et de courir avec des douleurs, qui me font quand même ralentir. Et depuis là, je vais vraiment commencer à galérer. Le tendon du gros orteil gauche s’enflamme, dessus le pied. Je m’arrête et donne du jeu au laçage, mais le pied va rester douloureux encore bien 2 heures de temps.

Dessous, ça brûle, je fais un arrêt socquette, pour passer du semi-synthétique, assez fin à du semi-synthétique davantage coton et plus épais. 2 socquettes éprouvées et parmi mes favorites, qui ne serrent pas trop. Au fil des tranches de 10 km qui passent, je calcule toujours pour voir où cela me mène en projection pour mon chrono final. Des arrêts trempages deviennent de plus en plus fréquents, et même parfois je dois m’arrêter avant mon stand et mouiller le pied gauche grâce aux nombreuses flaques d’eau, toujours plus abondantes et étendues. Il pleut depuis les 5 h de course, assez finement, mais sûrement et la température est de 6 degrés. Les boissons que j’ai l’habitude de boire sont glacées. J’ai plusieurs fois de mauvaises sensations à l’estomac, après avoir bu. 2 arrêts WC vont encore me faire perdre du temps jusqu’à l’arrivée.

A 25 km de la fin, j’opte de changer de chaussures, tellement j’ai mal dessous et dessus. Avec les nouvelles, qui sont plus rigides sur le devant du pied, j’ai moins mal pour quelques tours. Ceci est aussi peut-être dû au fait que ce changement qui me fait perdre 3 minutes, donne du répit à mon pied. En effet, aller à l’auto, à une quinzaine de mètres, enlever mes chaussures, remettre les nouvelles sans mon chausse-pied (perdu depuis la dernière course, ou égaré) avec ma souplesse légendaire, surtout après plusieurs heures d’effort où ça commence à tirer un peu partout, j’ai un peu de peine à me baisser, pour enfiler et lacer mes godasses. Je ne lâche rien, mais ce petit répit me fait du bien mentalement, car ça me permet de souffler un peu et d’avoir moins mal.

Quelques tours plus tard, je rattrape une Suédoise et on discute en courant sur 3 tours, avant que je lui dise devoir m’arrêter pour mon pied. Elle a 5 tours d’avance sur moi. Je vais la rattraper quelques fois, mais sans vraiment savoir combien de fois, car des fois, avec mes arrêts trempage de pied, je ne vois pas bien qui je dépasse dans la zone ravitaillement où plusieurs athlètes sont arrêtés. Elle fait quelques tours à bas rythme, marchant courant en doudoune blanche, qui attire l’attention. Il ne fait pas très chaud et il pleut toujours. Mon rythme a aussi bien chuté, en plus de perdre souvent du temps, dont 2 fois au stand officiel pour compléter d’eau chaude mon sirop glacé. Mais leur eau est juste tempérée. A 2 tours de la fin, elle me dépasse à un bon rythme (sans doudoune) juste avant le passage du chronométrage. Là je réalise, que nous sommes dans le même tour. Alors, j’accélère et Julia, qui me proposait une brochette de pâte (les 2 tours avant, j’en avais profité pour manger à chaque fois une dizaine de pâtes) ne comprend pas tout de suite pourquoi je ne les prends pas, car le tour d’avant j’y disais que je me sentais mal tellement j’avais faim. Je change radicalement mon tempo, et je remonte gentiment derrière la jeune Suédoise, assez nouvelle dans l’ultra-fond. Mon but est de maintenir l’écart durant un tour et demi et de jouer au filou et de la prendre au sprint sur les derniers 300 ou 400 m. A voir comment ça se présente. Le tempo est élevé pour moi, je me dis que le sprint va être dur. Elle accélère aussi franchement à 600 m de l’arrivée, puis encore à 300 m, à chaque fois elle me prend quelques mètres, à chaque fois au prix d’un dur effort je reviens à quelques mètres mais elle relance… et au dernier contour, à environ 150 m de la ligne, je suis vraiment bien positionné pour boucher les 6-7 m dans cette dernière ligne droite, mais je vais vite me rendre compte qu’à force de relancer, moi je suis plus qu’à fond et commence à me sentir mal, elle a plus de réserve que moi et elle s’envole… je finis par couper un peu mon effort, pas totalement mais quand même.

Suite au podium féminin, Julia est 1ère en 9h45, Anna est 3ème en 11h30, on discute les 3, Julia, Anna (20 ans) et moi. Elle me dit qu’elle m’entendait revenir et me tenait sous contrôle, chaque fois que j’arrivais trop près elle essayait d’en remettre une couche. Elle a magnifiquement géré, j’ai fait je crois tout juste aussi pour tenter la dépasser, mais elle était plus forte. J’aime bien ces caractères combatifs, on s’est fait plaisir les 2. Ces 2 derniers tours ont été de ce fait palpitants et ils ont passé très vite. Il aurait fallu qu’on soit ainsi à 20 km de l’arrivée… mais plusieurs essais de relance m’étaient rapidement très pénibles, je n’avais pas la même force que ces derniers week-ends et mon pied m’a bien causé des soucis. Mes derniers 6 h de la Patat’Off où j’ai couru davantage de km que planifié, afin de pas trop me fatiguer en vue des 100 km de Turin m’ont aussi coûté la fraîcheur manquante.

Je remarque que pour une cinquantaine de km, ça va plus ou moins bien pour mon pied, après ça devient de plus en plus compliqué avec les douleurs qu’il me procure. Rétrospectivement, mon temps aux 100 km des Mines Réjouies prend davantage de valeur, même si j’avais déjà été gêné à devoir gérer ces sensations de brûlure, qui m’obligent à des pauses ou des trempages. Alors, j’essaye de rester positif, et de m’adapter à ce que mon pied veut bien me laisser pouvoir faire. Question adaptation de mes semelles, j’essaye toujours d’améliorer, mais des fois c’est contre-productif. Chaque semaine, à chaque fois que je m’entraîne, j’essaye toujours de savoir quelle semelle peut aller avec quelle chaussure, car d’infimes différences font que chaque semelle ne va pas forcément avec chaque chaussure que je désire mettre en compétition. Et des essais sur 10 à 15 km, où ça va de manière potable, ne veulent pas dire que ça ira ainsi après 20 ou 30 ou 40 km, ou plus. Quoi que j’aie réussi avec mes semelles, passé les 30 km, quand ça va bien jusque-là, après c’est l’inconnue pour la gestion car le dessous du pied s’enflamme, à l’endroit nécrosé par les staphylocoques dorés et l’articulation des orteils opérés par ostéotomie. A force de boiter, je suis aussi crispé du haut du corps et hier sur les 15 derniers km, et encore jusqu’à aujourd’hui, ma clavicule et mon épaule gauche me font mal. A n’y pas comprendre grand-chose.

Voilà, voilà…et comme dit et fait mon ami Jacques Flament, qui croche, pour reprendre mes termes, je croche aussi ! Alors ? A bientôt !

News postée le : 10.03.2024

2024.03.02 Les 6 h de la Patat'Off, Vesoul

les 6 h de la Patat'Off de Vesoul, m'ont réussi mieux que je n'osais l'espérer. Je n'avais pas trop envie de me défoncer, mais 60 km était dans mon viseur... mais sitôt le départ, je suis parti trop vite pour ce rythme, du style 11 km/h et j'ai assez bien tenu, puisque je totalise 63.8 km. Je m'arrête 2 x 1 minute en tout cas, pour changer de semelle gauche et recoller un bout de caoutchouc sous une semelle pour décharger le gros orteil, le pied chauffait trop. Je m'arrête aussi pour tremper mon pied 4 fois, c'est 20 secondes à chaque arrêt. Donc 3 à 4 minutes d'arrêt... je finis mon 29ème tour après 5h59.14 secondes, il me restait donc 46 secondes et je n'ai pas continué, le 2ème je l'ai vu en arrivant au parking, il passe avec une minute d'avance et le 3ème à ce moment c'était moi, mais grosse erreur de ma part, j'aurais dû continuer pour combler ces 46 secondes à disposition, car je finis 4è, le suivant derrière moi ne s'est pas fait prier pour continuer et me dépasser ainsi. Bon, j'étais très content de mon kilométrage, qui est sur la même lancée que mes derniers 50 km de HaWei, j'ai été un peu moins régulier, car des moments, ça chauffait bien sous mon pied. J'ai essayé une semelle nouvelle, qui n'est pas encore au point après quelques km. Cette semaine, j'étais en plein bricolage pour essayer d'adapter d'autres semelles à mon pied gauche. Mais la forme s'améliore... et c'est là l'essentiel et ça me motive...

Julia, que je vois apparaître à une heure de la fin, vers le parking où on faisait un aller-retour m'a remotivé afin qu'elle ne me rattrape pas. Nous faisons 3 tours quasi à la même vitesse avant que je remette les gaz pour les 3 derniers tours (6.6 km) et me mettre hors de sa portée... Et je rattrape 2 coureurs, le futur 3ème qui passe à ce moment 4ème.. et les lâche, mais je ne savais pas à ce moment-là où ils en étaient au classement. Juste avant de voir Julia, je venais de demander aux organisateurs, s'ils pouvaient me dire où était Julia ? Car avec mes arrêts semelle et trempage, ainsi que quelques kms plus lents quand ça chauffe un peu trop, je me disais bien qu'elle allait réapparaître depuis derrière. Je ne sais pas s'ils m'ont compris, j'ai pas entendu de réponse, mais en sortant du parking, Julia arrivait, donc elle avait environ 150 m de retard. Au final, Julia gagne chez les femmes avec 63.51 km,

Une belle journée, belle petite course avec bien de la concurrence cette année, c'était bien sympa comme d'habitude à Vesoul.

News postée le : 05.03.2024

2024.02.24 Les 50 kms de HaWei (Hardtsee Weiher)

Aux 50 kms de Ubstadt-Weiher, ou 50 de HaWei, pas de palmiers ni de cocotiers comme à Hawaï mais un peu de vent contraire à nous ébouriffer et surtout à nous prendre parfois une vingtaine de secondes sur ces kilomètres du tracé ( fin du tour et 2 premiers du tour) et donc aussi soufflant dans le dos, pour chaque tour de 5 kms autour du lac de Hardtsee Weiher. 342 participants, ce qui fait que de petits groupes se forment parfois.

J’espérais tenir un rythme de 5:40 au km, mais j’étais plus rapide sans me sentir mal. Donc j’ai essayé de tenir le rythme naturel qui me donnait 5:31 au km, cela sur les premiers 5-6 tours puis ça a passé en 5:32 sur 2 tours environ et de nouveau en 5:31. Mon dernier tour est le plus rapide et j’arrive à descendre sur la moyenne de 5:30 pour les 50 kms grâce au tout dernier km, le plus rapide de ma course, motivé pour rattraper un copain à 350 m de la ligne d’arrivée. La différence entre mon tour le plus lent, le 4e et le plus rapide le dernier où 10e est de 75 secondes. Mon pied brûlait à partir de la fin du 4e jusqu’au 6e à me demander comment faire pour ne pas perdre trop de temps… et j’ai commencé à courir sur l’extérieur du pied afin de soulager le milieu et le gros orteil, et ça m’a vraiment aidé. Je finis 1er de catégorie en 4:35:38, passant en tête après 5 ou 6 tours. Je cours 12 minutes plus vite qu’à Rodgau il y’a 1 mois.

Julia gagne aussi sa catégorie en 4:23:18, 5e femme toutes catégories, avec encore plus de régularité. Seulement 50 secondes entre le tour le plus lent, le 1er et le plus rapide, le 6e.

Une toute belle journée pour nous. Comme aux Mines Réjouies, ravitaillement avec 4 gels de 35 g Sponser et 6 bouteilles de 5 dl, coca ou sirop, salés. Ce sont 2 carburants qui me conviennent bien ces temps, pas de problème d'estomac en course. Cette dernière semaine je n’avais aucune courbature suite aux 100 kms, mais quelques sérieux problèmes de transit trop rapide… si j’ose dire et fréquents. Ça m’a empêché de courir autant que j’aurais voulu, peut-être que ça à payer finalement? Toujours étrange de constater que la forme ne tient pas toujours à des règles strictes et contrôlées, contrôlables. Et c’est tant mieux!!!

News postée le : 01.03.2024

2024.02.17 Ma perf' aux 100 km des Mines R?jouies

Les 100 et 50.8 km des Mines réjouies ont vécu... Merci infiniment à vous les coureurs d'être venus passer une belle journée, vos commentaires sympathiques nous font très plaisir. Que vous ayez eu vous du plaisir est très important pour nous. Bravo pour vos performances, pour votre ténacité, une pensée pour ceux qui ont dû arrêter avant la ligne d'arrivée sur blessure ou pour éviter que cela revienne...

Une immense reconnaissance et de grands MERCIS à nos amis Pascal, Claude, Philippe, nos bénévoles, chronométreurs, aides, têtes pensantes et prenant une part très active et très appréciée dans l'organisation de notre course.
Cette année, 40 inscriptions, 37 personnes au départ, 4 abandons, les statistiques de la course nettement améliorées. Grâce à vous.
De très belles performances, une magnifique ambiance grâce à nos bénévoles et aux coureurs du 50 km qui une fois à l'arrivée sont restés un bon moment à encourager les coureurs du 100 kms.
Cela nous faisait très plaisir.
récupération à toutes et tous  A l'année prochaine

Et un merci à nos partenaires

#LBG Génie Civil, #Mauler Vins, #Apex, #Lase R services, #La Bâloise Bank SOBA, #Marti-Sports Neuchâtel, #Salomon, #Café des Mines-Goût et région, #Raiffeisen, #Lenzlinger Etiquettes

Et ici, ma course des 100 km des Mines réjouies en tant que coureur, cette fois. La dernière semaine, j'ai eu 1 ou 2 nuits un peu perturbée par des insomnies... d'organisateur. Mais j'ai bien pu dormir de jeudi à vendredi. Je me sentais en forme, mais c'est toujours aléatoire de savoir si ça va aller sur 100 km...

J'avais l'objectif de me rapprocher le plus possible des 10 h, en prenant un départ un peu au-dessus de 5:50 au km, mais normalement je voulais même 5:55 au km, pour subir le moins vite possible les effets de la fatigue. Après 50 km, ma moyenne était de 5:55, j'avais déjà un peu faibli, mais j'avais bon espoir de garder un tempo sous les 6 minutes même en faiblissant insensiblement.

J'ai 7 minutes de différence entre mon tour le plus rapide et le plus lent, qui comporte un arrêt soin et refroidissement de plus de 2 minutes, donc, pour moi, c'était assez réussi, question régularité.

Mon pied m'a quand même joué de mauvais tours, car après 8 et 10 tours, je devais m'arrêter pour changer la semelle gauche et refroidir mon pied, brûlant et très douloureux, notamment sous le gros orteil, et au centre, c'est 2 fois 2 minutes-2:15 de perdu, je le voyais au km suivant avec le temps passé pour le km effectué. Le premier arrêt je le fais exactement au 19è km, ça me coûte au minimum 30 secondes. Puis ce sera encore 4 ou 5 arrêts d'une trentaine de secondes, dont 3 fois pour tremper mon pied dans une des fontaines au long du parcours.

Ces arrêts, plus nombreux sur la 2ème moitié vont me faire chuter ma moyenne kilométrique, les jambes venaient aussi plus lourdes et c'était d'autant plus difficile de relancer pour rester sous les 6 minutes... Finalement, cela me donne 10h16.06, j'étais content car c'est 37 minutes plus vite qu'à Amiens en octobre 2023. J'ai jamais rien lâché, malgré que ça m'énervait quand même de perdre du temps pour mon pied, je revenais une fois à un peu plus d'une minute de Céline, mais je savais devoir m'arrêter et les 2 bonnes minutes de perdues ont recreusé le trou. Finalement, nous allions quasi à la même vitesse, je termine 2:45 derrière elle et j'étais déjà content de ne jamais exploser. Je ne me ravitaille qu'avec du liquide, sirop ou coca salé, 1 bouteille 0.5 l par tour de 8.2 km, et j'ingurgite 7 gels. Estomac impeccable, jamais trop écoeuré, et la carburation a une constance, car l'énergie du gel produit très vite son effet. De ce point de vue, c'était parfait. J'ai l'accompagnement sur quelques tours d'un bénévole à vélo, un ami de longue date, et il me porte ma gourde, et on discute, ce qui me fait oublier parfois les problèmes de pied, ou de genou... Belle ambiance avec beaucoup d'encouragements à notre passage de chaque tour. Météo pluvieuse au départ, puis temps assez idéal pour courir, sec, sans vent, ni trop chaud, ni trop froid.

Et grâce à quelques fusées qui ont bifurqué sur le 50 km au lieu de faire 100... problème de motivation ou autre, je finis 3ème H (5ème avec les F) des 100 km... petit cadeau qui fait plaisir.

photo de Nicolas Galliano, après environ 70 km

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News postée le : 23.02.2024

2024.01.24 50 km de Rodgau/D

Rodgau 50 km, samedi 27, enfin un résultat qui redonne confiance. Après quelques courses courues sous les déluges de fin 2023 et début 2024 puis à Jegenstorf sur 12 h par temps sec, probablement aussi avec de la fatigue suite aux 50 km de Grüntal et ses 900 m de D+, ces 3 résultats me donnaient un peu du souci. Ils n'étaient clairement pas bons, même si j'ai toujours lutté et que je n'ai jamais baissé les bras, justement pour limiter la casse. Pour une fois, mon pied gauche ne m'a pas trop fait souffrir, ce qui aide aussi beaucoup. Le coup de poker a été d'essayer à nouveau mes mizuno de 2021 le mardi avant la course sur 21 km, en terrain vallonné avec 450 D+ et tout s'était bien passé, donc j'ai pris le départ avec ces chaussures et étonnamment ça allait toujours bien.

Parti pour tenter de passer sous les 5 h, au vu de mes performances des dernières courses pas terribles, je me sentais mieux que prévu et pour chaque tranche de 10 km, j'allais un peu plus vite. Seule la tranche de 30 à 40 est légèrement moins rapide, mais je me rattrape nettement pour les 10 derniers kms, les plus rapides. Les 5 derniers sont en constante augmentation de vitesse, ce qui m'a particulièrement réjoui. J'aurais pu faire mieux avec le recul, mais je ne regrette rien pour autant, ça m'a rassuré, c'est là l'essentiel. J'étais qu'à 2 minutes du 1er, à 1 minute du 2ème. De finir 3è, sur le podium de ma catégorie en 4h47, était déjà bien mieux que ce que j'osais espérer avant la course. Mais ces 2 minutes qui me sépare de la 1ere place, j'aurais dû pouvoir les effacer, si j'y avais cru plus vite. J'espère pouvoir confirmer cela prochainement sur les 100 kms des Mines Réjouies, le 17 février.

Julia gagne sa catégorie en 4h28, elle vraiment en constante augmentation de vitesse pour chaque 10 km. Mais nous faisons les 2 bien nettement une course en négatif split. Si je doublais mon temps, cela aurait fait 4h52, donc je gagne 5 minutes...

La météo était très froide au départ, mais rapidement idéale pour courir. Tout fut parfait, jusqu'à la rencontre d'après course avec de nombreux coureurs dans la salle des résultats, autour d'une belle mousse... même alkoolfrei !!! A bientôt

News postée le : 04.02.2024

2024.01.06 S1 Trail La Corsa della Bora, IT, ainsi que la course des 8 h de la St-Silvestre et la Gruental Winterultra 50 km

Pour finir l’année, nous avons couru le 28 décembre un 50 km avec 900 m D+ à Gruental en Forêt-Noire, il fallait en garder sous la semelle pour pouvoir enchaîner avec les 6 h pour Julia et les 8 h pour moi à Cinisello Balsamo (Nord de Milan), sous la pluie le 31 décembre, la course de la St Sylvestre. À Gruental mon plan d’y aller sur la retenue a été perturbé par Julia qui m’a rattrapé au 3e tour, je la distancie sur la fin du tour de 12.5 kms en descente mais elle me rattrape après 3 kms du 4e et dernier tour, je m’accroche et j’arrive au prix d’aller plus vite que prévu de la lâcher en montée assez douce, puis j’accélère davantage pour rattraper 1 coureur en fin de montée, lieu du retour pour 5 km de parcours descendant jusqu'à l'arrivée, puis encore 2 coureurs à 400 m de la fin. Résultat j’avais des courbatures et les jambes fatiguées au départ de la course de la St-Sylvestre. D’entrée je remarque que j’ai les jambes lourdes et que cette fois si je ne gère pas comme il se doit mon effort, je risque de piétiner après quelques heures. Après une heure, il fallait être motivé pour au fil des heures, supporter la pluie et passer dans les flaques d’eau toujours plus grandes et profondes. Mais j’arrive à finir la dernière heure sur le meilleur rythme que j’ai eu durant ces 8 h. Un changement d’habits m’ a fait perdre l’équivalent d’un km à 2h 30 de la fin environ, mais c’était nécessaire car j’avais trop froid. Et cette météo était rétrospectivement du gâteau en comparaison des 57 kms et 2200 D+ de la course de la Bora, vers Trieste, avec passage en Slovénie. (Nom de la bise dans cette région) Dès le départ aux confins de l’Italie, la pluie nous a accompagné. Nous avons couru intégralement sous la pluie et avec des sentiers pleins d’eau et de boue où il n’y a pas de cailloux. Car quand il y en a, bien dressés et entourés de boue, il faut être équilibriste pour rester debout, tant les appuis sont imprévisibles et glissants. Le parcours était vraiment très difficile tout le long, jusqu’à l’arrivée où juste avant on court encore dans les rochers du bord de mer et ensuite sur les galets de la plage. Nous avons fini mais c’était un des trails les plus pénibles qu’on ait fait en raison des sentiers ressemblant davantage à des ruisseaux et avec les bains de boue, qu’il était souvent impossible d’éviter. L’eau rentrait dans les chaussures par dessus malgré mes guêtres. Selon les organisateurs, ça a été l’édition la plus difficile qu’ils aient eu. J’étais devant Julia jusqu’au 39 e kms mais je me suis trompé de parcours sous un déluge d’une quinzaine de minutes car avec la tête penchée en bas j’ai pas vu un contour à l’équerre avec un changement de sentier. Je descendais en prenant garde d’éviter le plus possible le sentier transformé en ruisseau, mais les hautes herbes qui le bordaient ne facilitaient pas la chose et souvent mes pieds finissaient au fond de ce ruisseau. Puis finalement c’est 3 coureurs qui avaient fait la même erreur que moi, revenant en arrière qui m’ont arrêté et m’ont dit qu’on était faux et qu’il fallait faire demi tour, on a perdu 15 minutes environ (750 m x 2 =1500 m à environ 6 km/h) et une bonne vingtaine de places. Julia était étonnée de ne plus m’avoir vu et d’être devant moi à l’arrivée (on avait fait 2 kms ensemble entre le 14 et 16e kms). Question erreu de parcours, je perds déjà 2 minutes au 18è km, suite à la traversée d'une route, où la police nous aide à traverser mais pas à nous diriger... Julia arrive au moment où avec le petit groupe avec lequel j'étais nous repartons sur le bon sentier. Puis je me trompe encore autour du 41ème km, dans un village peu avant le ravitaillement, aussi un contour à l'équerre en pleine descente, je vais tout droit, m'arrête 50 m plus bas et cherche sur la route de droite puis de gauche avant qu'une coureuse m'appelle et me fait remonter. Encore bien 2 minutes. Encore une erreur après le dernier ravitaillement situé à 5 km de l'arrivée, peu après un contour à angle droit, on monte un terril de cailloux, puis plus de marquage, une bande au sol en travers du sentier, qui théoriquement veut dire que ce n'est pas là le bon sentier, comme juste avant de tourner. Je fais plusieurs sentiers qui mènent jusqu'à la cassure de la pente, nous sommes sur une crête et c'est ensuite sans sentiers là en bas, sans marquage. Un coureur arrive, il cherche aussi, puis me dit, là-bas il y a des balises... j'en avais bien vu une mais j'ai cru que c'était notre sentier qu'on venait de suivre, en fait on faisait un retour en arrière à quelques mètres d'intervalle de l'autre. Là, j'ai bien perdu 3 minutes et la balise au sol en travers avait dû tomber et avait barré le chemin sans que ce soit voulu. L'aventure....

Avec le déluge j’étais limite avec la température corporelle et mon genou droit m’a donné quelques soucis d’abord musculaires puis articulaires avec des douleurs durant 1h 30 environ, puis c’est mieux allé à la fin pour les derniers kms.
Avec ce déluge, le froid m'a bien saisi aussi mais je ne me voyais pas m'arrêter sans avoir un couvert pour enfiler ma pélerine. Ce n'est qu'à l'avant-dernier poste de ravitaillement, à 10 km de la fin, que j'arrive à l'enfiler avec de l'aide. Le sac fera office de ceinture pour éviter qu'elle flotte au vent et se déchire.

Avec les cailloux sur les crêtes rocheuses, c’est très technique et pas facile du tout, surtout pour mon pied droit que je ne peux pas lever et pour le gauche toujours douloureux. Et le gros orteil qui semble avoir de l’arthrose complétait mes douleurs de dessous le pied. C’est encore durant plusieurs jours que le gros orteil s’est manifesté. Même au repos. Le trail est un bon exercice pour parfaire sa condition de base et ça fait travailler davantage de muscles que la route mais ça me fait davantage de mal que les courses sur les terrains moins techniques et moins en dénivelé. Dommage car j’aime bien les montées et le fait de découvrir des régions par les sentiers. Mais je devrai peut-être limiter ce genre d’effort si je veux durer dans l’ultra. J’ai pu ouvrir mon compteur kilométrique pour 2024, après avoir dépassé mon but de 2023 de 350 kms pour totaliser 3800 kms (et 42’350 kms à fin 2023 sur mon total DUV) en 38 compétitions d’ultra terminées, 1 km vertical en sus et 1 abandon sur un trail de 170 kms.

J’espère pouvoir être sur cette même dynamique pour 2024. Le plus important pour moi à présent est d’éviter les blessures qui m’empêchent de courir. Les résultats sont ce qu’ils sont, de toute façon les records personnels sont de l’ordre du passé, j’apprécie à présent davantage l’ambiance et l’échange avec les autres coureurs. Je me fais plaisir en fin de course en finissant fort si possible et en grattant quelques places, pour le fun de ne rien lâcher…Je n’arrive plus à tenir des rythmes effrénés aussi longtemps qu’avant. Ah l’âge… freine le halage dont on se demande d’où il vient quand on est plus jeune, et justement il vient du fait d’être jeune et entraîné, après on est entre ainés dans le peloton même si on est toujours entraîné.

À bientôt

 

 

News postée le : 11.01.2024

2023.12.16 & 17 Barcelone, 24 h sur piste

24 hores d’ultrafons en pista de Barcelona, l’ultrafons : mucho mas che correr….. oui l’ultra marathon c’est beaucoup plus que courir, et j’en ai refait une cruelle expérience ce week-end.

J’ai pris un départ intelligent à 9 km/h dans l’espoir de me rapprocher des 200 kms après mes 178 de Monaco du mois de novembre.

Au bout d’une heure j’ai compris que ce rythme m’endormait et j’ai essayé de courir plus vite mais ça n’allait pas.

Le pied a fait aussi un retour en arrière depuis une quinzaine et je dois recommencer avec l’eau pour le refroidir ou avec les arrêts. Et l’énergie n’était pas là, bref j’ai galéré autant physiquement que mentalement car j’ai dû me motiver continuellement pour rester en piste. J’avançais pas et les petits arrêts, aussi rares qu’ils étaient n’aidaient pas à ajouter du kilométrage. Je voulais au moins 150 et j’ai vu que j’allais pas y arriver si j’accélérais pas drastiquement, ce que j’ai commencé à faire à la dernière heure mais d’abord trop tendrement puis à la dernière demi-heure plus nettement puis au dernier quart d’heure très franchement pour finir à fond sur les 5 derniers tours … le dernier juste pas terminé. Et grâce encore une fois avec le fait de m’arracher sur la fin j’arrive au moins à faire juste plus que le minimum du minimum que je voulais avec 150,763 km, 1er de cat, 46e sur 120 grâce surtout à ceux qui sont plus rapides mais qui s’arrêtent une fois qu’ils ont quelques problèmes… l’ultra c’est beaucoup plus que courir. Julia fait une belle remontée au classement grâce à une régularité pour être 5 e femme, 2e de cat, 8 du scratch. Le froid de la nuit a été très froid puisqu’il y avait du givre sur les matelas de saut en hauteur.

J’ai aussi pris le temps de m’occuper de faire la queue ppour avoir des pâtes pour Claire et pour Julia, aidé Claire avec un gel quand elle n’arrivait plus rien manger, qui toutes 2 avaient envie de pâtes mais pas de temps pour s’arrêter et d’autres petites aides pour Julia, ceci vers la moitié de la course. Sur les dernières 8 h je ne tenais plus à perdre de temps car mon rythme multiplié par les heures restantes me donnait au maximum 150 ou moins… et j’ai aussi dû lutter avec une grosse baisse de rythme contre l’envie de dormir déjà vers minuit et surtout entre 5 et 7 h du matin. Je restais malgré tout sur mes jambes pour avancer coûte que coûte… l’ultra c’est bien plus que courir et là ça devient vraiment dur.

Il y a une semaine, le 9 décembre, j'ai fait un tour du Lac de Bienne avec l'Ile Saint-Pierre, ce qui fait 50 km, en compétition organisée par Startschuss - Marco Jaeggi. Nous étions une dizaine à vouloir faire 100 km, 2 tours, mais un seul a réussi ce pari... sous la pluie et le froid qui se sont invités après 35 km environ pour moi. D'avoir le dos mouillé avec le reste du corps, j'avais très froid mais surtout des douleurs dorsales, dans les os et les muscles. Je ne me voyais pas faire un tour supplémentaire dans ces conditions et j'ai mis la flèche, nous pouvions être classés parmi les 50 km. Quand la santé est trop mise à contribution, vaut mieux être à l'écoute de son corps, déjà que j'avais chopé la grippe après Monaco, c'était pas la peine d'attraper à nouveau un refroidissement ou autre. Je suis de plus en plus sensible au froid et à l'humidité, mon corps n'aime pas ça du tout...A Barcelone il faisait moins que zéro vu qu'il y avait du givre sur les matelas, mais c'était sec, ce qui change tout.

À la prochaine

News postée le : 22.12.2023

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Dernières mises à jour :

21.08.2022:

- 2022.07.23 au 30 Crossing Switzerland, Julia au Crossing Switzerland en photos 390 km
- 2022.07.23 Crossing Switzerland, classements par points et final