100 km

Course qui demande vitesse relative et endurance, le mur se trouve pour moi aux alentours du 70 – 75ème kilomètre. Belle distance, courte par rapport à un 24 h, mais le rythme est soutenu, on n'a pas le temps de flâner, on est aussi raide et courbaturé à l'arrivée!

Ravitaillement:
Uniquement liquide avec des boissons isotoniques, éventuellement du thé chaud sucré, du coca si mal au ventre. Plus 2 à 3 gels de 70 g si tout va bien et jusqu'à 5 si ça se passe moins bien. L'estomac est pas mal secoué donc il faut être prudent. Parfois 1 ou 2 rondelles de banane mûre.

Rythme:
Il faut se connaître et calculer son rythme de départ en fonction d'un temps final réaliste.
Si je prévois maintenant 7h50, je pars sur un rythme de 7h35-7h40. Je rigole parfois de voir des gars pas trop entraînés qui se fusillent sur les 15 premiers kils, qu'on rattrape et qui finissent 2 à 4 heures plus tard. Cela doit les dégoûter ?

Mon 1er 100 kils fut celui de St-Estève en 1998. Parti beaucoup trop vite, (2h57 au marathon, 3h33.30 au 50 km) je vais connaître une grosse défaillance à partir du 76ème km.
Hypoglycémie avec voile noir et difficulté à marcher droit. Un gel va me sauver mais mon rythme va être de 57 minutes pour 10 km, ou 33 min pour la tranche des 5 km. Les 10 kms suivant seront un peu plus rapide en 53 min, mais je vais connaître le même problème dans la même montée au dernier tour, au 96ème kilomètre. Hypo et mal-être, malaise. Je serai content de finir en 7h55 pour mon 1er 100 km sous les 8 Heures. J'ai eu les pieds qui me brûlaient, la faute du débutant d'avoir mis des socquettes légères en synthétique ! J'ai trempé mes pieds dans des baquets d'eau pour les refroidir.
Temps de passage St-Estève: 42:05 au 10 km, 3ème tranche de 10 km en 41.30 !, 3:32:43 au 50 km, 5:09:53 au 70 km

J'ai juré que je n'en ferais plus, que je dirais aux copains de jamais courir de tels trucs, j'en ai couru 7 maintenant avec pleins d'autres courses bien plus longues encore… Comme quoi il ne faut jamais jurer de rien !

Aux 100 kms de Bienne en 1999, je partais quasiment sur les mêmes bases, car j'étais quitte de porter mes gourdes d'avoir plusieurs amis qui me suivaient à vélo pour l'assistance. Cela a mieux joué mais encore une fois un peu rapide au début, je cassais un peu à la fin sur les derniers 28 km. En effet, d'avoir bu une boisson frigorifiée, il faisait assez froid vers les 3h du matin, l'estomac se bloquait et je vomissais tout au 82ème km.



Temps de passage Bienne: 2:46:59 au 38.6km, 3:37:52 au 50 km, 4:15:50 au 58.9 km, 6:04:12 au 82.2 km, 7h39.46 au 100 km
Ravitaillé par une grosse équipe de copains, avec vélos, accompagnateurs en courant, auto-relais pour changer les ravitailleurs et refournir en boissons. Un team de choc.
Aux 100 kms de St-Vit en 2000, au Championnat de Franche-Comté, je terminais 2ème en 7h38.41, mon record actuel, derrière un Brésilien en ayant tablé courir sous les 7h30. Je passais aux 50 km en 3h40 environ soit un peu plus prudent au départ. Seulement, au départ, la pluie était de la partie avec un vent contraire et violent qui nous demandait davantage de force pour maintenir l'allure souhaitée. Pour courir à 13 – 13.5 km/h, j'avais l'impression parfois dans les rafales de devoir donner l'énergie comme si j'avais couru à 15 km/h. Dans ces conditions, ce fut difficile mais je tenais bon. J'y croyais ferme… jusqu'à l'approche du dernier tour, soit 80 km. Là, je perdais quasiment 5 min par tranche de 10 km et je finissais épuisé victime d'un malaise. J'avais encore le son, mais plus l'image. J'ai eu une grosse chute de pression artérielle à l'arrivée, d'avoir forcé encore les 2 derniers kilomètres pour absolument améliorer mon record d'une minute. Sans le vent, j'avais vraiment la forme pour descendre sous les 7h30 mais on doit faire avec la météo. C'est les aléas du sport de plein air !




Ravitaillé par mon ami Christian Flückiger. Ma course record en 7h38.41. Il n'a pas eu chaud sur sa bicyclette !

J'ai encore couru Millau sous une pluie battante en 2001, en 8h16 et 8ème rang final. Les jambes étaient dures et peu propices à faire un bon temps. Grégoire me ravitaillait et il a dû se changer, tellement il était trempé et il grelottait. Sur le vélo, cela n'allait pas assez vite pour avoir chaud.
J'ai souvent eu des temps difficiles sur la distance. Si le froid ne gêne pas trop, la pluie tue la musculature et le vent bouffe l'énergie fournie. Mais j’ai couru 5 fois sous les 8h pour 6 départs.

et Bienne à nouveau en 2004 avec ces temps de passage où je partais pour essayer de battre mon record:
2.48.52 au 40 km, 3.30.03 au 50km, 4.11.44 au 60 km, 5.55.21 au 80 km et 7.56.57 à l'arrivée des 100km, soit 2 heures pour les 20 derniers kils ! Mais la pluie me glaçait les muscles à partir du 75ème km. J’avais aussi des problèmes d’estomac et de diarrhée, au petit village de Kernenried ?



Au petit matin, le long de l'Aar vers Büren an der Aare. En 2005, je ravitaille Claude Robert sur 70 km. Il fera 8h12 pour son premier 100 km, en réalisant 2 tranches de 50 km identiques, à 1 minute près. Il est une horloge bien réglée !
Winschoten en 2005, au Championnat d'Europe où j'ai abandonné après 60 km, victime de diarrhées, de vomissements et de grelotter en plein soleil. Je me doute d'avoir bu de l'eau souillée que des enfants nous tendaient, vu la chaleur qui faisait ce jour là. Les maux ont été très violents et rapides après l'ingestion d'un gobelet d'eau alors que jusque-là, je ne buvais que des boissons isotoniques. J'étais dans les temps habituels pour être sous les 8 heures… mais voilà!


 
Winschoten, Championnat d'Europe 2005, chaud et humide
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St-Estève en 2005 :
50 km en 3.41 et victoire en 8.08.23, dans un fort vent contraire sur le plateau lors de l'aller et avec un refroidissement contracté la semaine avant.

 

Aux 100 km de St-Nazaire les Eymes en 2006, mon plan de partir un peu plus prudemment a fonctionné en partant sur un rythme de 45 min au 10 km, soit 7h30 aux 100 km, puisque j'ai fait 7h49.19. J'avais l'espoir de faire 7h40 -7h50. Je refaisais enfin un bon 100 km, malgré le froid de ce jour là.
Temps de passage St-Nazaire les Eymes: 1.10.37 au 16km, 3.04.56 au marathon, 3.49.48 au 50

Ravitaillé par Grégoire et son amie, j'étais dans de bonnes conditions de ravitaillement puisqu'ils me suivaient à vélo et ils pouvaient me ravitailler à la demande. Temps frais mais bonnes conditions

Cette année 2008, j'ai planifié Kienbaum-Grönheide (Berlin) pour être bien accompagné par d'autres coureurs vu que c'est le Championnat d'Allemagne et qu'il va me servir pour préparer les 48 heures de Surgères du 16 au 18 mai. Je vais essayer de passer en 3.44 au 50 km en espérant m'approcher des 3h30. Je saurai à l'arrivée si le tempo était trop rapide dès le départ ?

7 avril 2008: Cela ne s'est pas super bien passé ce week-end à partir du 60ème km. Jusque là, ça allait super, j'étais hyper régulier en 44 minutes environ pour les tranches de 10 km durant 50 km, puis 45 minutes du 50ème au 60ème km mais ensuite j'ai été dégoûté avec un nouveau gel avec un nouveau goût et composition. L'écoeurement m'a empêché de me ravitailler. J'ai couru en état d'hypoglycémie durant 25 km....et ai vomi, je n'arrivais plus à m'alimenter, bien qu'essayé, ce qui sur un 100 km est impardonnable pour la forme et le rythme. Après 60 km les réserves glucidiques sont épuisées et si on ne peut pas se ravitailler, on court à la catastrophe.
Du coup, je perds 50 min et je gicle des 10 premiers à la 24ème place du général. Je n'ai pas voulu abandonner, je dois apprendre à gérer de telle crise en prévision de mes 48h. Mais ça démotive aussi pour forcer sur la fin quand tu es à plus de 30 minutes de ce que tu pourrais espérer. J'ai fait 8h23.09 au lieu des 7h35 -7h40 souhaités et faisables. Je ne pense pas avoir pris un départ trop rapide.

Cela ira mieux aux 12 et aux 48 heures, je l'espère et il le faut... J'ai fait l'erreur de prendre le 3ème gel, à partir du 59ème km, sans avoir essayé à l'entraînement ce nouvel arôme et sa nouvelle composition. J'aurais aussi dû prendre du sel plus vite même si ce n'est pas la raison majeure, mais ça aide à lutter contre l'écoeurement des produits sucrés.

On apprend toujours...malheureusement pas toujours de manière positive pour le résultat. J'ai peut-être eu trop de confiance après mon 50 km qui s'était bien passé et négligé d'essayer ce gel avant.
C'est certainement cela qui me déçoit le plus, de faire encore parfois des erreurs évitables.
A moi de prouver que je peux faire mieux prochainement.

 


 

0-10 km: 43.50  10-20 km: 44.17, 20-30 km: 44.0, 30-40 km : 44.20, 40-50 km: 44.51, 50-60 km: 45.50
60-70 km: 50.49, 70-80 km: 1:04:37, 80-90 km: 1:03:39, 90-100 km: 57.31
Après avoir corrigé un peu mon allure des 10 premiers kilomètres un poil trop rapide, j'étais régulier et dans les temps de passage souhaités. Dès le 70ème je suis vraiment en état hypoglycémique et c'est le début de ma (faim) fin. Je vomis quand j'essaie de manger lors de la boucle 16 qui m'amène au 80ème km.

Le temps final a été corrigé à 7h23.09. Ils nous ont annoncé qu'ils avaient eu des problèmes de chronométrage. J'ai aussi vu un temps de 8h22.44, puis 8h23.44 et finalement 8h23.09, mais ça revient au même quand on aimerait courir en 7h40 environ….

 

 

Ravitaillé par Julia, elle m'a toujours bien encouragé et m'aide aussi à rester positif quand ça va moins bien. Elle m'a proposé des tucs salés, qui passent parfois mais là, ça n'a pas joué. Courir jusqu' à la chambre chercher de la pommade contre les échauffements, contrôler les temps de passage au début, pour m'en tenir à mon rythme et ainsi ne pas partir trop vite. Comme elle connaît bien les ultras et la course, cela est très souvent bien fondé et m'aide aussi. Elle m'a déjà ravitaillé sur plusieurs grosses courses et elle est aussi bien fatiguée après, cela demande aussi de l'énergie.

 
Malgré la déception, Julia me fait garder la bonne humeur!